Des cliniques qui ne font plus leurs frais… accessoires

À la suite de l’abolition des frais accessoires, certaines cliniques médicales ont annoncé qu’elles cesseraient leurs activités. En répondant à une question du gastroentérologue Michaël Bensoussan, le Dr Alain Vadeboncœur nous aide à y voir plus clair.

«Mon cher Alain Vadeboncœur, même si je partage ton point de vue sur le côté totalement anarchique des frais accessoires tels qu’ils étaient faits, as-tu une solution pour les endoscopies digestives dans le privé, qui sont désormais toutes supprimées? Car plus financées par lesdits frais. Les listes d’attente déjà “over chargées” des hôpitaux vont exploser

C’est le sympathique Dr Michaël Bensoussan, gastroentérologue à l’hôpital Charles-LeMoyne et participant à l’excellente série De garde 24/7, qui m’a posé cette question sur ma page Facebook, à la suite du partage de mon récent texte, qui expliquait l’abolition des frais accessoires. Comme je lui ai promis une réponse, la voici donc.

 

Photo Facebook. Dr Michaë l Bensoussan en tournage pour la série télévisée 24/7 de Télé-Québec (lundi 19h30).
Le Dr Michaël Bensoussan en tournage pour la série télévisée De garde 24/7, à Télé-Québec. (Photo: Facebook)

Mon cher Michaël,

Ta question touchant les frais accessoires est pertinente et même cruciale pour la suite des choses. Je vais donc te répondre de mon mieux et avec tous les détails requis.

En résumé, à la suite de l’abolition de ces frais, décidée avec un peu d’aide par le ministre Gaétan Barrette, on a mentionné la fermeture prochaine de cliniques médicales spécialisées, notamment celles de gastroentérologie. Il semble que leur «modèle d’affaires» même, fondé sur la perception de frais accessoires substantiels — des centaines de dollars par examen —, ne permette plus d’assurer leur viabilité.

Décriés par plusieurs organisations, dont Médecins québécois pour le régime public, qui en avait fait son cheval de bataille ces dernières années, ces frais ont même fait l’objet de recours collectifs, de plaintes au Collège et à la RAMQ ainsi que de contestations juridiques.

Je ne peux m’empêcher tout d’abord d’éprouver un certain malaise, puisque le «modèle économique» lui-même semblait vicié. N’était-il pas curieux de le construire sur ces bases fragiles? On ne pouvait passer à côté du débat qui faisait rage depuis des années, non? Même l’Assemblée nationale avait adopté, en juin 2013, à l’unanimité, une motion demandant au ministre de la Santé de les interdire. Personne n’était au courant?

J’imagine qu’on misait sur l’habitude, l’impunité ou même une normalisation éventuelle de ces frais, idée popularisée par le ministre de la Santé Gaétan Barrette lui-même en 2015, avant son virage remarqué sur ce sujet.

Je reconnais les difficultés de répondre à la demande. Je reconnais aussi que les listes d’attente sont trop longues pour la gastroscopie et la coloscopie, par exemple, même si le problème semble varier d’une région à l’autre au Québec et qu’il paraît surtout concentré dans la région de Montréal.

Sans doute que ces médecins voulaient offrir à leurs patients un service qui n’était pas assez accessible dans les hôpitaux, mais on ne peut nier que le chemin choisi était risqué. Fallait-il pour autant que les patients assument les coûts des frais accessoires, même si c’est contraire à la loi? N’y avait-il pas d’autre option?

Inclure les frais dans les tarifs

D’après ce que j’ai pu lire, les tarifs remboursés par la RAMQ pour les examens endoscopiques en gastroentérologie sont similaires, que l’acte soit pratiqué à l’hôpital (où le personnel et les instruments sont financés par l’hôpital — ou nos fondations) ou en clinique (où les médecins doivent se procurer eux-mêmes les équipements). Dans un tel contexte, pas facile d’offrir le service en clinique sans puiser dans sa propre poche.

Gastroscopie. (Photo: Open-I)

Mais ce n’est pas la norme, Michaël, et il existe des contre-exemples connus. Ainsi, la partie publique de la radiologie hors hôpital (radiographies, lavements barytés, mammographies, etc.) se trouve dans une situation similaire à celle de la gastroentérologie: les examens nécessitent des appareils coûteux et du personnel qualifié.

Ces frais «accessoires» de radiologie sont pourtant couverts depuis longtemps par le régime public d’assurance (la RAMQ). Les patients n’ont pas à payer pour accéder à ce service. Et ces sommes provenant de l’enveloppe de la rémunération des radiologistes, donc celle de la FMSQ, elles sont donc intégrées à leur revenu.

En médecine familiale, c’est vrai aussi, puisque les sommes versées pour les examens réalisés dans les cliniques sont augmentées de 30 % pour couvrir les frais engagés (secrétariat, dossiers, immeubles, etc.), ce qui est logique et défendable. Ces sommes sont, elles aussi, comprises dans la rémunération des médecins de famille.

Offrir un service spécialisé en dehors des structures publiques n’est pas nécessairement idéal, mais si ce service est couvert par la RAMQ, l’équité d’accès est au moins respectée. Cela n’était pas le cas en ce qui concerne les cliniques de gastroentérologie, en raison du niveau faramineux des frais exigés. Alors pourquoi ne pas avoir opté pour une approche similaire à celle de la radiologie? On peut non seulement le déplorer, mais surtout — et c’est le plus important —, on aurait pu éviter cette crise si tout le monde avait fait preuve de bonne volonté dès le départ.

La question qui tue

Parce que honoraires majorés, négociés à même les enveloppes de rémunération des spécialités, auraient pu être introduits ces dernières années, à même les importantes hausses qui ont été les nôtres. Voilà tout. Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait?

Comme il est ici question d’une négociation, je vois deux raisons possibles: ou bien les médecins n’ont pas demandé cette majoration, ou bien le gouvernement l’a refusée. Dans les deux cas, les motivations ne peuvent être qu’ambiguës. Si les médecins ne l’ont pas demandée, c’est qu’ils s’attendaient peut-être à pouvoir continuer à imposer ces frais aux patients, sachant que la pratique était «tolérée». Cette position, difficile à défendre, repose sans doute sur le laisser-faire chronique des gouvernements à cet égard.


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Si c’est plutôt le gouvernement qui a refusé de l’accorder, peut-être cela montre-t-il qu’il ne souhaitait pas développer ces pratiques, étant plutôt à l’aise avec l’idée que les patients continuent de payer eux-mêmes des frais pourtant contraires à la loi?

Quoi qu’il en soit, ce «modèle d’affaires» ayant été bâti sur des fondations douteuses, on peut difficilement s’émouvoir aujourd’hui devant la fermeture possible de cliniques devenues «non rentables», pour la simple raison que les frais interdits… le seront devenus réellement. Sauf que les patients risquent d’écoper de cette diminution de l’offre de services, surtout que notre ministre, pour dire le moins, démontre une certaine habilité à engendrer plus de confrontation que de collaboration, ce qui n’aide en rien.

Comme je ne peux nier que ces cliniques ont pu servir de soupape à l’offre publique de services, dont la croissance n’a pas suivi le rythme de la demande pour certains examens, je suis d’accord avec toi qu’on doit s’inquiéter d’une baisse de l’accès en cas de fermeture de cliniques, à moins que le gouvernement ne rehausse l’accès dans les établissements hospitaliers pour compenser — ce qui n’est pas une tendance, on en convient.

Que faire maintenant?

Mais la situation actuelle laisse tout de même deux solutions praticables.

D’un côté, la FMSQ pourrait effectivement déplacer certaines sommes vers ces services, s’ils sont requis pour assurer l’accès. Cette négociation pourrait sans doute se faire rapidement, puisque tout le monde autour de la table connaît bien les enjeux.

Surtout qu’on comprend que le pourcentage de la rémunération requis serait plutôt marginal. Il y a fort à parier que c’est beaucoup moins que le pourcentage de la rémunération des radiologistes attribué à la “composante technique” ou encore au 30 % ajouté pour les visites en cabinet des médecins de famille.

De l’autre côté, puisqu’il défend sur toutes les tribunes l’importance d’améliorer l’accès aux soins de santé, le ministre pourrait choisir d’augmenter l’offre publique dans les établissements pour ces services.

Tout cela doit se faire au nom de l’intérêt des patients, c’est une question de bon sens, Michaël. Un bon sens qui aurait dû prévaloir depuis longtemps, de part et d’autre de l’échiquier, puisque les problèmes étaient largement prévisibles.

Sur le fond, tu conviendras que la question des frais accessoires est simple: comme il s’agit de services assurés par le système public de santé, ce n’est pas au patient de payer et ce n’est surtout pas un prétexte pour pousser par en-dessous l’idée d’un système à deux vitesses.

Voilà, mon cher Michaël, pendant que je programme mon enregistreur pour la série De garde 24/7, à ne pas manquer.

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Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal.

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Je me demande pourquoi, l’ophtalmologiste charge encore 10$ pour des gouttes lors de l’examen de ma mère de 88 ans. (polyclinique de Trois-Rivières)

Il est possible qu’il y ait un délai supplémentaire de une ou deux semaines avant l’application du nouveau règlement.

Je viens en effet de constater que la loi entre en vigueur le 26 janvier 2017 seulement. On verra au prochain rendez-vous. Merci.

Dr Vadeboncoeur, il est assez illusoire que soit escamoté dans ce débat la notion de coût de revient. Quel est le coût de revient d’une endoscopie en milieu hospitalier? Tous les frais directs et indirects, incluant le fond de pension, de l’infirmière, du salubriste, du préposé, des travailleurs de buanderie, des techniciens en désinfection, le coût des endoscopes, de la portion administrative, de l’amortissement et l’entretien de l’équipement, des frais de pharmacie pour les médicaments de sédation etc etc. Combien coûte une endoscopie? Pas simplement l’acte médical mais tout ce qui entoure sa prestation? Si c’est comme le cas des chirurgies alors que le ministre fait des projets pilotes avec, publlication dans la Gazette officielle à l’appui, une méthodologie de calcul de coûts de revient avec une tolérance de 10% de profit et que ces-dits projets serviraient à « benchmarker » le coût des chirurgies hospitalières et qu’au fond le gouvernement ne sait même pas combien coûte une procédure chirurgicale ou technique, qui est en mesure de dire qu’un service extra-hospitalier coûte trop cher par rapport à un service supposément gratuit. Car il est là le vice et à la limite la malhonnêteté intellectuelle. Demandez à tous les payeurs de taxes et d’impôts, i.e, ceux qui en paient s’ils considère la facture fiscale qu’ils doivent supporter et dont un pourcentage substantiel sert à débourser les services parfois inutiles ou inefficaces à coûts exhorbitants et impossibles à déterminer s’ils ne préfèrent pas payer 450$ pour leur examen et qu’on cesse de dire que ces dollars vont dans les poches des médecins. C’est de la pure démagogie. La honte est que si honoraires RAMQ inclus une endoscopie en privé coûte 500$ et que le même examen coûte 800$ tout inclus à l’hôpital est que les grands penseurs philosophes et dogmatiques que vous êtes, d’un altruisme et d’une grandeur d’âme infinie comme celle du Dr Barrette alors tout ce débat truqué autour d’une pseudo-gratuité des services mènera à une baisse de l’accessibilité. Des scopes à 2 têtes visitant simultanément en 4K 2 boyaux digestifs ça n,existe tout simplement pas. La question est posée, combien coûte tout frais confondus une endoscopie à l’hôpital? Et si la scopie à 500$ était un deal… Foutue Loi de la santé canadienne… 50% à 23% de financement en 30 ans…

Cher monsieur Tremblay. D’abord, vous auriez avantage à soigner vos arguments plutôt que vos insultes, puisque votre capacité en procès d’intention me paraît inversement proportionnelle à celle de porter de juger calmement les choses, mais je me trompe peut-être, qui sait? D’abord, vous présumez que l’examen coûte plus cher à l’hôpital avec de savantes hypothèses, mais rien n’est moins sûr, puisqu’il y a aussi des économies d’échelles dans un établissement, que ce soit sur le coût des fournitures ou encore les coûts de gestion. Je n’ai jamais dit non plus que ces montants allaient dans les « poches des médecins », bien qu’il y a eu quelques exemples démontrés de tels abus. Par ailleurs, les expériences portant sur des procédures beaucoup plus complexes, soit des chirurgies (Rockland MD) n’ont pas été concluantes et n’ont pas montré, justement, que les coûts étaient inférieurs hors des établissements. Si cette démonstration était faite, alors je serais tout à fait prêt à examiner la question de la fourniture de services hors des établissements, malgré les autres problèmes potentiels, mais justement, sans cette démonstration, je n’en vois pas l’intérêt. Il serait d’autre part tout à fait approprié de faire exactement comme je le dis le cas échéant, c’est-à-dire d’inclure ces frais dans les tarifs médicaux. Bref, votre commentaire plein d’énergie m’apparaît manquer de matière. Bonne soirée quand même.

Bon matin quand même! Dr Vadeboncoeur. Vos avez les insultes faciles… Il est rarissime de vous voir répondre sur ce ton. Pourtant. La question de base se résume à quel est le coût de revient d’une endoscopie à l’hôpital. Et puisque cette donnée fondamentale est manquante, qui, vous, moi ou quiconque peut tirer quelques conclusions? Ainsi, avec la démonstration que les coûts en établissement sont supérieurs, vous seriez prêt à examiner la question? Vous êtes influent Dr Vadeboncoeur, élevez le débat, demandez au Ministre combien ça coûte tout frais directs et indirects confondus ou encore demandez à M. McSween qui écrit dans les pages de L’actualité, comptable et pédagogue rigoureux. Ce propos vous apparaît plus calme? Procès d’intention??? Décidément…

Bonsoir à nouveau. Désolé, mais je pensais bien que « malhonnêteté intellectuelle », « pure démagogie » et « dogmatique » était plutôt du registre des insultes. Mais passons. Pour moi, la question de base n’est pas celle du coût, mais bien celle de l’équité d’accès, qui ne peut être respectée si des frais directs de 500$ sont chargés pour accéder à un examen. Par ailleurs, peu importe les coûts, ils doivent être couverts par le régime d’assurance publique et intégrés (à mon avis) dans la masse déjà négociée. Pour ce qui est des coûts, la seule pertinence de cette question est de savoir si, dans un régime équitable, où les frais pris en charge par l’assurance publique sont intégrés dans la masse, on pourrait augmenter de manière substantiel le nombre d’examens globaux réalisés en les maintenant en dehors des établissements. Par ailleurs, il faudrait aussi tenir compte des effets pervers potentiels d’accroître cette capacité hors établissement. Enfin, il faudrait jouer à livres ouverts, s’agissant d’un enjeu public. Mais comme nous ne connaissons pas bien les coûts et qu’il est douteux qu’ils soient vraiment inférieurs hors-établissements, pour le moment, l’important est de régler la question de l’équité et de la couverture publique de ces actes. À plus long terme, on verra. Bonne soirée.

Désolé si vous vous êtes senti interpellé par ces « mots » . Le dogme employée comme vérité incontestable empêche la réflexion rationnelle. La démagogie est autre chose. Il faut avouer que c’est péjoratif dans cette époque de rectitude. Cela dit, il y a un fardeau de la preuve inversé basé sur le précepte de l’équité qui encore une fois n’inclut pas une analyse rationnelle et objective des coûts réels de revient en hôpital. De cela, tous sont coupables de raccourcis. Honnêtement, quel est le coût réel d’un tel examen en milieu hospitalier, tous frais pris en considération. Ne tronquons pas la vérité simplement pour justifier un modèle essoufflé. On peut bien démoniser la prestation privée et faire des figures de style telles, risques publics, profits privés, vient un temps où la recherche d’un du maintien du statut quo au nom d’une équité inéquitable devient insoutenable. Alors, il faut comme vous dites, régler ou plutôt définir les paramètres de l’équité et de cette couverture publique et en effet, se tourner rapidement sur le futur puisque la pérennité du système actuel est en cause. C’est la résistance et de désir de statut quo qui risque de tout détruire les bases de ce système honorablement pensé à ses origines mais qui n’a pas su s’adapter aux réalités du 21è siècle. Amen.

Bonjour Dr Vadeboncoeur,

Vous posez de bonnes questions.

Le cout hospitalier d’endoscopie a été évalué objectivement il a environ 5 ans à $188 par cas (donc probablement plus cher maintenant). Ceci n’inclut le cout d’acquistion des scopes ($40000 chaque) ni de l’infrastructure de clinique (qui peut couter environ $1000000 ou plus pour avoir une standard hospitalier). Ceci présume un volume d’endoscopies de probablement plus que 70 cas par semaine (le cout par procédure diminue si on augmente le nombre de procédures). C’est pour cela que Dr Barrette a récemment offert 4.7M pour 25000 endoscopies (4.7M divise par 25000 = $188).

Le cout REELLE de faire une endoscopie en privé est REELLEMENT $500 (ou meme un peu plus) quand ont fait environ 1250 cas par année. Si les cliniques privées fonctionnes à plus que 70 cas par semaine, le cout diminuera à peut etre à $350 par cas, mais pas beaucoup moins. A mon avis, le cout hospitalier et idem ou plus si on inclut le cout des scopes et de l’infrastructure.

Le cliniques privées aimeraient bien fonctionner sans charger au patients, car ils auront plus de débit. Mais il faut malheureusement couvrir les couts techniques, qui sont REELES et REELLEMENT hauts.

Siils ne peuvent pas facturer aux patients, et ne gouvernement couvre pas les frais, il reste 2 options: 1) fermer — avec diminution d’acces ou 2) se desafillier ponctuellement quand les MDs travaillent en privé, et facturer le frais technique + honoraires du medecin au patient. Ceci fera un systeme encore plus a 2 vitesses car seulement les gens pouvant payer encore plus cher pourront y avoir accès.

Notez aussi que les medecins qui travaillent en endoscopie privée travaillent deja au MAX en public, et ont partie ces cliniques pour pouvoir travailler plus — a cause d’un besoin évident de plateaux techniques supplementaires et non-dispo en public. Ses MDs ne font pas plus d’argent par cas en privé, mais ils font plus d’actes, donc leur rémuneration augmente.

Ca me fera plaisir e’en discuter avec vous de vive voix si vous avez besoin de précisions supplementaires.

Merci pour les informations, sauf que je ne vois pas bien comment vous en déduisez que les coûts sont plus élevés au public. Pour le reste, je vous réfère à mon commentaire ci-haut sur les enjeux. Par ailleurs, ce qui est moins connu, c’est que l’attente est très variable dans le réseau et au Québec, plusieurs établissements et régions ayant apparemment peu d’attente pour les copies digestives, notamment le CHUM, à ce qu’on m’a dit. Enfin, tout ceci devrait se faire en toute transparence pour bien évaluer les enjeux d’accès et les coûts engendrés. Bonne soirée.

Il n’y a pas tant de variabilité dans les listes d’attentes. Aussi, la demande d’endoscopie est probablement artificiellement réduit par le fait que les GPs savent que c’est souvent tellement dificile d’avoir une endoscopie (surtout les gastroscopies), qu’ils demandent meme pas, et essaye de se débrouiller avec des examens barytes (ce qui est nettement sub-optimal). Au CHUM, il y a plus que 2000 personnes qui sont hors delai « acceptable ». Aussi, la definition de delai « acceptable » est tres subjectif. Par exempls, si votre FIT test est positif, voulez vous attendre jusqu’a 3 mois (ou plus) pour voir si vous avez un cancer?

Voilà encore une fois. On ne peut souligner la déduction d’un coût supérieur en privé lorsqu’on ne connaît pas le coût au public.
Je comprends que le disque saute… Mais, au fait, combien coûte réellement une endoscopie, touts frais directs et indirects, tous, pas seulement ceux qu’on veut inclure dans une méthodologie pour prouver un point, combien coûte l’endoscopie? Un sain débat justifie une réponse exacte et précise. Sinon, tout le monde parle inutilement et tente de faire valoir un point avec un « flaw » majeur.

Ma réponse initiale vous a donné le cout REEL dans les centres extra-hospitaliers. Pour les hopitaux, une analyse indépendante a donné un cout OPÉRATIONNEL de $188. Pour le cout CAPITAL INTRA-hospitalier, l’analyse ne semble pas avoir fait.
Grosso modo, le cout est probablement sensiblement comparable dans les 2 endroits, si on fait le meme volume.

Pourquoi ne pas trovuer le moyen de laisser les patients avoir le choix d’aller gratuitement a l’hopital ou dans une clinique? Les horaires des cliniques sont plus flexibles, c’est plus tranquil que l’hopital, peut etre plus proche se leur maison, etc. Ca laissera plus de place dans les unités des hopitaux pour les patients plus malades, hospitalises, de l’urgence, etc.

Bonjour Docteur, je présume que le gouvernement a en main le coût réel d’un examen au public pour pouvoir offrir $188 au privé. Comme il s’agit d’une négociation, le gouvernement offre un minimum et les médecins impliqués doivent avoir eu aussi le vrai coût, avant profit, pour le même examen. Attendons de voir le résultat et si des cliniques ferment, le gouvernement pourrait acheter des appareils à rabais pour offrir les services dans les hôpitaux ou même ré-ouvrir les cliniques en les attachant à des centres hospitaliers!

Comme j’ai deja repondu:

Le cout REEL est environ $500 (pas de profit). Les gens semblent penser qu’on vehicule des mensonges.

Si les cliniques ne peuvent pas facturer aux patients, et ne gouvernement couvre pas les frais, il reste 2 options: 1) fermer — avec diminution d’acces ou 2) se desafillier ponctuellement quand les MDs travaillent en privé, et facturer le frais technique + honoraires du medecin au patient. Ceci fera un systeme encore plus a 2 vitesses car seulement les gens pouvant payer encore plus cher pourront y avoir accès.

Le gouvernement offre $188 par cas aux hopitaux (pas aux cliniques), et c’est a voir s’ils vont accepter de les faire a ce prix, car ca risque d’augmenter les deficits des hopitaux aussi (car ce prix est vieux et le prix intra-hospitalier est nettement plus haut que $188 si on inclut le cout d’acquisition et de remplacement des instruments).

J’habite en Ontario et je ne comprends rien à votre système et aux commentaires de votre ministre de la santé que je qualifie de débiles. Au mois de novembre, j’ai passé mon examen médical et mon médecin de famille m’a recommandé de passer une échographie. Le semaine suivante, je rencontrais le technicien à sa clinique. Gratuit!

Dans ce débat, je me demande souvent: Comment ça fonctionne ailleurs au pays… avec
cette même loi canadienne ?

Mais pourquoi faut-il déterminer ce que ça coûte au public pour déterminer ce que ça coûte au privé? Dans un contexte de régime public où les salaires sont garanties par l’État il ne devrait pas y avoir de profits indus dans la livraison du service. Soit que les gastroentérologues pratiquant en milieu hospitalier sont trop payés, soit que ceux qui préfèrent une plus grande liberterté professionnelle ne le sont pas assez pour couvrir cependant seulement les coûts réels moyens d’une clininique en prestations privées moyenne.
Jacques Tremblay
Sainte-Luce, Qc

Cher homonyme,

La vérité est que monsieur Joe Public qui paie ses taxes et impôts paie possiblement trop cher son service public… Quel est le coût réel d’une endoscopie au public? Personne ne donnera la réponse, soit, parce qu’elle n’est pas connue ou qu’on préfère la taire… Un modèle comptable fidèle à la réalité pourrait le déterminer. Veut-on le faire vraiment? Bien sûr que non car ça ouvrirait la porte à toutes sortes d’analyses complémentaires indésirés de groupes d’intérêts…

Les gastros font exactement le meme montant par patient en prive et au public. Le prive offre seulement la chance de travailler plus.

Je suis tanné de voir que le souci primordial des certains médecins est le porte-monnaie et non la santé du monde. Ils ont eu des augmentations plus que substantielles dans les dernières années et encore plus pour les médecins spécialistes. Plusieurs font plus d’un million de revenu par années. Parfois on débat le coût de l’appareil mais tout le temps qu’ils engrangeaient les frais accessoires, ces appareils sont payés. On dit qu’un appareil à endoscopie ou colonoscopie coute 40,000$. Chaque examen coûte environ 515$ avec la lenteur des examens donnés en milieu hospitaliers….. ça fait longtemps qu’elles sont payées et que dire des coûts d’une consultation à la clinique privée Avenir MD où il est patient : 110 $ pour les 15 premières minutes, 25 $ les 5 minutes additionnelles. Soit une moyenne de 9 $ la minute pour une consultation de 20 minutes, sans compter les 75 $ de frais d’ouverture de dossier.
On se plaint que le système de santé coute cher, il faudrait peut-être que les médecins soient moins avides. Où bien qu’on s’en aille directement vers un système de santé privé comme aux US; parce que plusieurs paient des assurances mais tels acte n’est pas couverts… et abolir la RAMQ. Point à la ligne.

Les medecins qui ont ouvert des cliniques l’ont fait pour voir plus de patients (car ils utilisent aux max deja les plateaux publics disponibles a eux dans les hopitaux publics). C’est sur qu’en voyant plus de patients, ils font plus d’argent. Mais les frais accessoires couvre seulement les couts de la procedure. Il n’y a pas de profit sur les frais accessoires pour l’endoscopie. Mais si les couts ne sont pas couverts, et les honoraires RAMQ du medecin sont MOINS que le cout de la procedure, le MD perd de l’argent avec chaque cas. Donc mieux de simplement travailler seulement a l’hopital, et donc voir moins de patients globalement. Ce n’est pas normal qu’un systeme de santé universel demande aux intervenants (medecins, infirmieres, etc.) payent en plus leur equipement de travail — surtout si le cout de l’equipement est plus que le revenu qu’il genere. Est-ce qu’on demande au commis de bureau d’une compagnie de payer leur telephone, chaise et stylos? Non. En plus, si cout de cela etait plus que leur salaire, pensez vous qu’ils continueraient de travailler pour cette compagnie? Non. Ils feront d’autre chose. On cherche seulement a trouver un moyen equitable de couvrir les couts — pas plus. Vous pouvez trouver ca injuste, mais les augmentations que les spécialistes ont recu (grace a Dr Barrette…) etait pour ratrapper la moyenne canadienne pour des honoraires professionnels — pas pour payer leurs equipements.

Il est temps de nettoyer l’ensemble du système. Primo, il faut au Québec un système privé, totalement privé avec des professionnels de la santé qui y travaillent exclusivement. Donc, plus personne ne mange à deux auges. Par privé, on entend que le Gouvernent n’y verse pas un cent à moins qu’il ait des rapports contractuels pour y acheter des services comme il le fait pour des ingénieurs ou électriciens. Bien sûr il faudra tenir compte de la priorité du secteur public et autres éléments. Par exemple, une région démunie de tel genre de professionnel dans le public, un permis ne saurait être accordé alors au privé.

Secundo, il faut établir un régime public complet alors que le régime actuel ne l’est pas. En clair, le cabinet privé pour les médecins ou physiothérapeutes, psychologues etc. n’existe plus à moins que ceux-ci aient pris la voie du secteur privé ci-haut décrite. Bien sûr, il faudra une période de transition ne serai-ce que parce que le public ne dispose ni des lieux ni des équipements souvent requis. Par contre, à terme, il faudra en venir ne plus avoir le régime biscornu actuel. Pour les médecins en particulier, ils devront devenir, s’ils ne choisissent pas le secteur privé… pur et dur des employés de l’État avec une carrière dans un réseau où ils auront des postes à remplir à la grandeur du Qué.bec et selon les besoins du Québec. Somme toute comme la vaste majorité des professionnels de la santé actuels. Il n’y aura toutefois pas que les médecins de visés. On n’a qu’à penser aux multiples cliniques de physiothérapie, de psychologie distribuées partout.sur le territoire.Pour les médecins, cela signifie aussi une rémunération sur des principes différents qui devra tenir de la cohérence nécessaire avec la fonction publique. Encore là, il faudra plusieurs années pour en arriver à normaliser tout cela.

Dans un tel scénario de restructuration majeure, les situations farfelues actuelles pourront être redressées. Je pense aux coûts de la médecine pour ne pas dire des médecins, qui n’a plus de rapports avec le travail accompli eu égard à ce qui se fait ailleurs dans le monde développé, Etats-Unis exclus bien sûr. Je pense aussi au paradoxe qui existe dans la médecine générale où le nombre toujours croissant ne réussit pas à suffire à la demande. Le regroupement des médecins et des professionnels de la santé aura aussi l’avantage de faciliter la révision des pratiques qui se doivent de devenir des pratique interdisciplinaires très différemment articulées.

Voilà ce qui me semble un des grands ménages à faire. C’est un changement de paradigme qui, s’il avait été fait, dès l’implantation des régimes d’assurance maladie et hospitalisation et les premières lois sur l’organisation des services de santé et sociaux auraient éliminé toutes les incohérences que nous vivons présentement et qui pèsent énormément sur les coûts de la santé et la disponibilité des services.

J’adore tous les combats intellectuels surtout lors qu’ils viennent d’éminents médecins et plus particulièrement de très éminents spécialistes, mais moi qui ne uis qu’un minuscule citoyen, j’ai de la difficulté à comprendre le fait qu’il soit moins cher de payer en double que de payer une seule fois!?! En effet, je pense, à moins que je ne me trompe, que je paie déjà largement mes soins de santé via mes taxes et surtout mes impôts, je me demande toujours pourquoi je devrais encore payer pour des services pour lesquels je suis suceptible avoir déjà payé?1? De plus, n’en voulez pas au pauvre docteur Barrette (encore un éminent spécialiste…(sic)), car il vous a tellement bien desservi au cours de sa vie professionnelle et politique, en vous beurrant, huilant, graissant de faramineuses augmentations de salaire (je m’excuse vous n’êtes pas des salariés!!!) tarifaires, et si ce n’était pas du méchant Trudeau qui a fait appliquer au Québec ce qui se faisait partout ailleurs au Canada, aux pauvres médecins québécois vous pourriez continuer à exploiter (méchant, il ne faut pas dire cela des éminents…) à charger des frais accessoires. Au fond, si des cliniques médicales doivent fermer, j’espère que nos hôpitaux feront une petite place aux éminents pour qu’ils puissent pratiquer (à tarifs réduits…) et que la population puisse continuer à être si bien traitée par ceux qui leurs veulent tant (leurs biens) de bien. J’ai quand même hâte que tous vos patients deviennent moins patients et qu’ils prennent leur destinée réellement en main. Mais, là je rêve, jamais ils ne feront de mal à leurs dieux!

La question est simple si des spécialistes au Québec veulent s’ investir dans l’ entreprise privée ; ils doivent sans aucun doute se positionner pour compétitionner le service gouvernemental et ce à moindre coût ou a coût égal !!! Alors les frais indirects n’ ont pas de place présentement dans cette INDUSTRIE ! Et je pense que le ministre doit défendre la population ! M. Vadeboncoeur la détaillite aigue est n’ a pas sa place!

Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est que nous sommes l’un des derniers pays du monde, mis à part Cuba et la Corée-du-Nord, à croire encore au système exclusivement public en santé. Pourtant, plusieurs pays civilisés arrivent à faire côtoyer les systèmes privés et publics pour le meilleur bien-être des citoyens.

Qu’est-ce que nous ne comprenons pas?

Il faut se rappeler que plusieurs « patients » québécois, à bout de « patience » vont se faire soigner en Ontario et en reviennent enchantés et il n’y a pas si longtemps, c’est notre propre ministère de la santé qui envoyait des centaines de nos patients québécois se faire traiter au USA.

Mais encore…???

Ce que j’ai écrit est VÉRIDIQUE et FACTUEL.

Votre commentaire, par contre…

« Je me demande pourquoi, l’ophtalmologiste charge encore 10$ pour des gouttes lors de l’examen de ma mère de 88 ans. »
tu peux réfuser le paiement. les goutes ca coute rien, c’est de l’eau. tu n’est pas obligée à payer. c’est une fraude et tu peux démander remboursement.