Des idées pour faciliter la fin de carrière des médecins

Théoriquement, 21 % des médecins prendront leur retraite dans la prochaine décennie. Alors qu’il en manque déjà ! Voici ce qui, selon eux, leur donnerait envie de rester en poste plus longtemps.

Le Collège des médecins et les fédérations qui représentent les omnipraticiens et les spécialistes ont mis de l’avant quelques idées pour faciliter la fin de carrière des médecins.

Certaines ont été accueillies plus froidement que d’autres par le ministre Yves Bolduc, qui compte surtout sur l’augmentation des admissions en médecine pour pallier la pénurie. « Grâce à l’augmentation des admissions, nous allons doubler le nombre de médecins qui vont sortir des facultés au cours des prochaines années », dit le ministre, confiant que la nouvelle entente signée avec la France va aussi faciliter l’entrée en pratique au Québec de collègues français.

Mais en attendant :

Du temps partiel à l’essai à l’hôpital

Faute de pouvoir réduire leurs activités professionnelles dans l’hôpital où ils ont toujours exercé, de nombreux spécialistes prennent leur retraite. Ou encore vont faire du dépannage à temps partiel dans de petits hôpitaux régionaux qui les accueillent à bras ouverts. Le ministère de la Santé a proposé à la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) de réaliser en 2009 un projet-pilote de service à temps partiel dans un établissement, un statut qui existe ailleurs dans le monde mais interdit au Québec — car perçu comme trop complexe à gérer en matière de rémunération et de gestion des gardes. L’expérience devrait avoir lieu dans une région intermédiaire ou éloignée, dans des secteurs comme l’orthopédie et l’obstétrique. Un médecin qui aspire à obtenir une pratique à temps partiel à cause de son âge et qui ne veut plus faire de garde va accroître la charge de ses confrères ou risque de mettre en péril la couverture de services. Cette question est encore non résolue.

Des infirmières dans les cabinets

De nombreux omnipraticiens seraient prêts à repousser leur départ à la retraite s’ils pouvaient exercer à temps partiel ou recevoir un soutien professionnel, de la part d’infirmières notamment.

Diminuer les frais d’exercice et de bureau

La Fédération des médecins omnipraticiens souhaite que les milieux de travail tout comme le gouvernement envisagent de réduire les dépenses d’exercice et de bureau des médecins qui oeuvrent à temps partiel.

« Il n’est pas facile pour un omnipraticien de continuer à mi-temps ou à un tiers de temps s’il doit faire face aux mêmes dépenses d’exercice et aux mêmes exigences de son milieu, soutient le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin. Il faudrait en arriver à permettre à un médecin de travailler trois demi-journées ou quatre journées sans être écrasé par ses frais de bureau. Il y a des aménagements à faire à ce niveau dans les milieux de travail. »

Et ce n’est pas le gouvernement qui les fera, affirme le ministre Bolduc. « Le médecin peut continuer à travailler deux jours par semaine s’il le désire, mais on ne paiera pas des frais de cabinet pour cinq jours à quelqu’un qui en travaille deux ou trois. » Aux cabinets privés donc de trouver des solutions.

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