Des labos de haute sécurité pas si sûrs….

Les laboratoires où l’on étudie des microbes extrêmement dangereux sont-ils assez surveillés? Probablement pas, si l’on en croit un récent rapport de l’Agence de la santé publique du Canada et l’éditorial du dernier numéro du magazine scientifique Nature.

Selon l’ASPC, des laboratoires fédéraux de haute sécurité peinent à garder la trace des virus et bactéries qu’ils analysent. Premier visé, le réputé Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, d’où 22 flacons de matériel biologique auraient disparu plus tôt cette année.

En janvier, un scientifique y aurait volé des échantillons de gènes du redoutable virus Ebola, qui provoque des fièvres hémorragiques foudroyantes. Le labo ne s’est rendu compte du vol qu’au mois de mai, lorsque le scientifique en question a été arrêté alors qu’il tentait de passer aux États-Unis. Les détails sont ici.

Le labo de Winnipeg compte environ 400 employés. C’est une installation de niveau 4, le plus haut degré de biosécurité, exigé pour avoir le droit de manipuler des virus aussi dangereux que l’Ebola. C’est à Winnipeg qu’on a réalisé les premières analyses du virus A(H1N1) isolé au Mexique en avril.

L’ASPC recommande que chaque échantillon de matériel biologique, pathogène ou non, soit suivi à la trace depuis son arrivée dans le laboratoire jusqu’à son élimination ou sa livraison ailleurs.

L’éditorial de Nature est encore moins rassurant. Depuis le 11 septembre 2001, les laboratoires de haute sécurité se sont multipliés dans le monde au point qu’on ignore aujourd’hui combien il en existe sur la planète.

En Europe, le nombre de labos de niveau 4, comme celui de Winnipeg, devrait passer prochainement de 6 à 15 ou plus, et de 7 à 13 aux États-Unis, selon Nature.

Entre 2004 et 2008, le nombre de labos américains de niveau 3 est passé de 415 à 1362, selon un rapport du US General Accounting Office datant de septembre dernier(en pdf ici), qui insiste sur le fait qu’il en existe peut-être plusieurs autres non répertoriés.

Selon cet organisme, la multiplication anarchique de ces installations est très inquiétante, car elle accroît les risques de dissémination accidentelle et de vols. La prolifération des labos doit être contrôlée, affirme Nature.

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