Des légumes livrés au boulot !

Après avoir investi les quartiers résidentiels avec leurs camionnettes remplies de paniers de légumes frais, les fermiers du Québec débarquent dans les entreprises cet été. Au grand plaisir des employés !

Des légumes livrés au boulot !
Photo : iStock

Fini l’épicerie après le boulot : les légumes vous sont livrés au bureau ! Cet été, une centaine de fermes membres du réseau d’agriculture soutenue par la communauté d’Équiterre transporteront leurs récoltes dans plus de 40 lieux de travail et autres points de chute au Québec.

L’agriculture soutenue par la communauté existe au Québec depuis 16 ans et le réseau, qui comprend des fermes biologiques ou en attente d’accréditation, entamera sa troisième année de partenariat avec des entreprises. Celles-ci s’engagent auprès d’une ferme désignée par Équiterre à fournir un endroit pour la distribution des paniers, à faire connaître la formule et à aller chercher un maximum d’inscriptions.

Les employés reçoivent 20 paniers de légumes bio, à raison d’un par semaine tout l’été. Ils doivent payer à l’avance leur abonnement, ce qui permet aux fermiers d’acheter graines et semis. Ils acceptent ainsi de partager avec la ferme les risques que la saison ne soit pas clémente et que les récoltes soient moins nombreuses.

Caroline Pouliot, une employée de Standard Life, achète ses légumes de la ferme Glenorra depuis que celle-ci a commencé à livrer ses paniers dans le stationnement de l’entreprise, il y a deux ans. «Nos enfants ont ainsi une nourriture saine, explique-t-elle. Et j’échange avec mes collègues des recettes pour apprêter les légumes moins connus.»

Il faut, bien sûr, apprivoiser le chou kale, le topinambour, le panais et le radis noir, mais les livraisons contiennent aussi des tomates, concombres et laitues diverses. De six à douze variétés de légumes sont livrées chaque semaine selon le calendrier de récoltes.

Parmi la quarantaine d’entreprises partenaires cet été, il y a Standard Life, l’Hôtel-Dieu de Lévis, Rona, Gaz Métro, Bombardier, Ubisoft, le ministère des Transport à Châteauguay et la STM. «C’est une facette de la responsabilité sociale des entreprises. Elles ont tout avantage à devenir des éléments multiplicateurs de l’agriculture soutenue par la communauté afin d’offrir un choix d’aliments sains à leur employés et de projeter une image verte, positive», explique Isabelle Joncas, chargée de projet à Équiterre.

Pour Standard Life, qui en est à sa deuxième année de livraison de paniers, cette initiative s’insère dans le programme de développement durable. «Nos employés gagnent à découvrir les légumes biologiques. Récupérer un panier dans un point de chute ordinaire constitue un défi pour les gens occupés, car les heures et les lieux de livraison n’accommodent pas tout le monde», précise Élaine Comeau, directrice, Continuité des affaires et environnement chez Standard Life. Une quarantaine d’employés se sont abonnés cette année. 

Manger bio n’est pas seulement l’affaire de la population des quartiers branchés des grandes villes. Environ 26 000 personnes de toutes les régions du Québec consomment des aliments biologiques et locaux grâce au réseau de l’agriculture soutenue d’Équiterre, qui compte une centaine de fermes et 375 points de chute.

À la mi-mars, des milliers de semis d’oignons étaient déjà en croissance dans les serres de la ferme Glenorra, à Ormstown. En plus des 300 paniers destinés à des ménages, trois entreprises et deux centres de la petite enfance se verront livrer les légumes de Julie Tardif et Ian Aldridge. Ce jeune couple dans la trentaine aura, en plus de leur fille et de leur garçon de trois et cinq ans, 300 familles à nourrir par semaine!

«Assurer la diversité et la quantité des légumes, c’est beaucoup d’organisation», explique Isabelle Joncas. Lors de mon passage à la ferme Glenorra, le temps était au repiquage des concombres et à la taille des semis d’oignons. Tout en plantant les piquets autour des futures laitues et tomates, Ian Aldridge résumait son expérience en quelques mots: connaissances, chimie, mathématiques, logique, et… sueur!