Des microbes dans les sacs réutilisables

«Les sacs d’épicerie réutilisables pourraient poser un problème de santé publique». C’est en ces mots que l’Association canadienne de l’industrie des plastiques a récemment présenté l’étude (document pdf, en anglais) qu’elle a commandée à une firme de consultants visant à analyser le contenu en microbes de ces fameux sacs.

Évidemment, il n’y a pas de quoi paniquer. Même si elle s’en défend bien, l’association qui représente entre autres des fabricants de sacs de plastique à usage unique a tout intérêt à semer des doutes sur le bien-fondé des sacs réutilisables.Intriguée, j’ai quand même demandé à Jacques Goulet, professeur en microbiologie à l’Université Laval et spécialiste des questions d’hygiène dans l’industrie alimentaire, de me donner son avis sur cette étude. D’après lui, l’analyse des sacs a été menée selon les règles de l’art et elle reflète certainement bien la réalité. Voyons donc ce qu’elle a donné.

L’étude a porté sur 24 sacs réutilisables récupérés dans des épiceries de Toronto, n’ayant jamais été lavés par leurs propriétaires. Cinq d’entre eux étaient utilisés depuis plus d’un an, les trois quarts des sacs servaient une fois par semaine ou plus, et la moitié étaient utilisés à l’occasion pour transporter d’autres articles que les achats à l’épicerie.

Selon Jacques Goulet, les quantités de bactéries retrouvées dans les sacs indiquent qu’ils pourraient effectivement représenter un certain risque de contamination croisée entre aliments, ou entre des aliments ou d’autres objets qu’on aurait pu y placer (comme des souliers de sport…).  Plusieurs sacs renfermaient des moisissures, signe qu’ils offrent un milieu de vie particulièrement accueillant pour les microbes.

On n’y a trouvé ni salmonelle, ni E. coli, mais trois des sacs analysés contenaient des coliformes : le propriétaire de l’un d’eux, particulièrement peu ragoutant, a reconnu qu’il avait laissé du jus de viande couler dans son sac et ne l’avait jamais lavé par la suite.
Au total, 18 sacs contenaient moins de microbes que ce qui constitue la norme pour l’eau potable de Toronto (le rédacteur de l’étude, plus pessimiste que moi, dit que six sacs sur les 24 dépassaient cette norme…).

Conclusions : on devrait au moins laver régulièrement nos sacs réutilisables, les faire sécher retournés pour qu’ils ne restent pas trop longtemps humides à l’intérieur et ne pas les laisser traîner n’importe où.

Un minimum de prudence s’impose, donc. Mais pas question de retourner aux sacs de plastique à usage unique !

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• Un peu moins de liberté pour les Québécois « Un blogue Bleu Québec écrit :
1 juillet 2009 à 12:53
[…] dans cet article, on nous met en garde contre le danger des fameux sacs écolos que les épiceries et autres […]
• 4
Gaétan écrit :
1 juillet 2009 à 11:59
Bonjour Valérie, intéressant votre blogue.
Les chers Sacs.
Pour ma part, je dois vous dire que lors de l’arrivée de ce changement ¨dit vert¨je n’étais pas vraiment d’accord, et ce, pour une tout autre raison.
Je suis l’un des nombreux consommateurs à utiliser les sacs d’épicerie pour placer dans ma poubelle de cuisine et les autres paniers à ordure de la maison.
Je sais pertinemment bien que beaucoup de gens font de même.
Maintenant nous devons acheter les sacs à poubelles qui sont aussi faits de plastique.
Revenons à nos sacs d’épicerie en plastique.
En attendant d’avoir une meilleure solution.
Gaétan
• 3
Caro écrit :
1 juillet 2009 à 10:59
Très mauvaise idée ces sacs réutilisables.
Si c’ est pour rendre les gens malades je n’ en vois pas l’ utilité.
C’ est bien beau l’ écologie , mais au prix de la santé de la population.
Au début j’ étais à 100 pour 100 pour cette idée mais maintenant après tout ce que j’ ai lu sur le sujet je suis totalement contre.
• 2
Gilbert Duquette écrit :
26 juin 2009 à 6:50
Merci de nous indiquer le commanditaire de cette étude.
Je crois que tout article de journaux, revus et tout sujets aux info référant à de telles études devrait indiquer le ou les commanditaires de ces études tout comme le ou les commanditaires des sondages sont nommés.
• 1
Alexandre écrit :
25 juin 2009 à 22:16
Bonjour Valérie,
Un simple mot pour vous dire que j’adore votre blogue. Très souvent, je lis des articles dans les journaux et je me demande si la nouvelle est rapportée correctement.
Dans un premier temps, les études sont parfois financées ce qui peut influencer les résultats ou du moins la façon dont ils sont présentés. Ensuite, les médias préfèrent les nouvelles qui attirent l’oeil (lire: sensassionalisme) et sacrifiront de temps en temps des détails pourtant importants.
Enfin, tout ça pour dire que j’adore vous voir présenter l’autre côté de la médaille et aller chercher un deuxième avis chez des spécialistes de chez nous. C’est aussi, à mon avis, intéressant et pertinant lorsque vous nous donner un lien hypertexte ou une ressource où nous pouvons nous-même lire une étude X alors qu’aucune source ne nous est donnée dans les journaux.
Bonne journée,
Alexandre

En effet, Caro c’est dangereux pour la population.

à ce compte on devrait aussi utiliser des bobettes jetables, car les bobettes qui n’ont pas été lavées depuis un an seront aussi remplies de dangereuses bactéries.

Mais tout comme les bobettes, des sacs de tissus ça doit être lavé. Élémentaire Watson!

Vous vous souvenez des bons vieux sacs de papier? On les ré-utilisait pour les poubelles? et on enveloppait les déchets plus humides ou malodorants dans du papier-journal avant de les déposer dans les sacs. On pourrait donc conserver quelques journaux pour cet usage et utiliser le reste pour le recyclage.
On pourrait aussi modifier les sacs de papier (les raccourcir) pour les rendre transportables au bout des bras dans des filets comme on en utilisait autrefois en Europe. Les filets amassent moins de bactéries et de moisissures que les sacs en tissus variés et ne prennent pas de place dans le sac à main.