Des millions à l’eau pour lutter contre la salicaire ?

Canadiens et Américains dépensent en vain des millions de dollars pour tenter de débarrasser leurs milieux humides de la salicaire pourpre, alors que cette plante est loin d’être le redoutable envahisseur qu’on imagine.

C’est tout du moins ce que croit Claude Lavoie, professeur à l’université Laval, qui vient de publier une étude originale à ce sujet. Le biologiste a comparé 907 articles publiés dans les médias depuis 20 ans au sujet des dommages causés par la salicaire pourpre à 38 publications scientifiques analysant précisément les perturbations induites dans les milieux colonisés.

Sa conclusion: on a largement exagéré les effets négatifs de cette plante introduite accidentellement en Amérique du nord vers 1800, et qui affectionne particulièrement les milieux humides perturbés.

«Certaines espèces indigènes peuvent souffrir de la présence de la salicaire, mais il est exagéré de dire qu’elle a causé la disparition d’autres espèces ou qu’elle a un impact négatif important sur les habitats humides», dit Claude Lavoie dans cet article qui résume son étude.

Selon le chercheur, tout est parti d’un rapport du US Fish and Wildlife Service, publié en 1987, qui dressait une liste alarmante des effets de la salicaire pourpre sans s’appuyer sur de solides études scientifiques.

Par la suite, les gouvernements ont lancé des campagnes d’information et de lutte contre cette plante qui ont été abondamment publicisées, alors que les études scientifiques qui démontraient un impact modéré de la salicaire n’ont pas été rapportées.

Résultat, la salicaire draine des ressources démesurées par rapport à l’ampleur réelle des problèmes qu’elle cause, croit le professeur Lavoie. Voyez ici un document de 1992 à ce sujet, encore donné en référence sur le site du gouvernement fédéral consacré aux espèces envahissantes… Ou bien ici, les conseils drastiques que vous donne Rona pour éliminer cette plante de vos jardins.

Selon Claude Lavoie, mieux vaudrait dépenser tout cet argent à protéger les milieux humides des perturbations humaines…

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Après la publication du rapport américain, les médias commencent à s’intéresser à cette espèce et le ton des reportages est résolument alarmiste, a révélé son enquête. Pendant ce temps, les études scientifiques qui rapportent peu ou pas d’impacts de la salicaire passent sous le radar des journalistes; une plante exotique qui cache derrière sa beauté des intentions diaboliques fait évidemment de la bien meilleure copie.

Cet extrait a tout dit.