Détox #2 : Votre espresso, c’est par la bouche ou le colon ?

Dans ce second billet du temps des Fêtes, le docteur Alain Vadeboncœur poursuit son exploration des thérapies «détox», qu’il juge un peu trop farfelues.

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Photo : Getty Images

Toxines, toxines, toxines.

TOXINES !
Sante_et_science

Avez-vous eu peur ? Si oui, vous n’avez sûrement pas lu mon billet précédent, tant pis pour vous. Quoi qu’il en soit, poursuivons, surtout qu’on va parler de lavements, un sujet toujours appétissant…

Il y a beaucoup de sous-produits biologiques éliminés par le foie, mais les théoriciens de l’auto-intoxication prétendent aussi qu’une foule de ces «toxines» s’accumulent jour après jour dans notre système. D’autres ajoutent que c’est l’exposition quotidienne aux additifs alimentaires, au gluten, au fluorure, à la viande (ouache), au smog, aux composants des vaccins, aux OGM, etc., qui pose problème.

Pour ce qui est des toxines d’origine interne, il est à peu près impossible de savoir de quoi on parle vraiment sur les sites qui proposent des détox. Par ailleurs, sans nier que certains toxiques environnementaux soient de plus en plus présents et qu’on puisse conséquemment en accumuler des quantités indésirables, prôner en réponse les cures «détox» est une position encore plus floue que ces substances qu’on prétend ainsi éliminer.

De toxines à «détox»

En disant le mot «toxines», admettons-le, on pense tout de suite à «détox», un autre mot tout à fait à la mode actuellement, et porteur de toutes les promesses possibles — même celle de la vie (quasi) éternelle, ce qui n’est pas peu dire.

Il s’agit souvent de concepts assez vagues pour convaincre à peu près toutes les stars d’Hollywood que la «détox», c’est important, incluant Chris Martin and Gwyneth Paltrow (c’est tout dire). On applique en effet les mots toxine et «détox» à un peu n’importe quoi, comme ici :

«Pour purifier son organisme et chasser les toxines, il faut adopter le régime détox ! Quels aliments privilégier ? Quels mets éviter absolument ? Voici 10 conseils pour chasser les mauvais ingrédients et prendre de bonnes habitudes.»

Sur ce site par ailleurs très utilisé et plutôt bien fait, on expose une foule de trucs pour favoriser la bonne santé, justifiant tout dans cette section par des affirmations incluant toujours le mot «toxine» :

«Les fruits et légumes sont les premiers alliés du régime détox. (…) Certains ont même une véritable réputation détox : artichaut et radis noir notamment.»

«Pour chasser les toxines, il faut commencer par un bon transit.»

«Pour chasser les toxines, il faut les drainer hors de notre organisme. Pour cela, il faut boire !»

«Le régime détox s’applique aussi aux bonnes matières grasses et notamment les fameux oméga 3 : huile colza, de noix et poisson…»

«Il existe des aliments qui incarnent le régime détox par excellence. C’est le cas de la soupe. Non seulement elle combine les avantages des légumes ( vitamines, antioxydants…) mais elle permet aussi de s’hydrater.»

«Outre les nombreuses toxines de la fumée de cigarettes, elle augmente aussi les radicaux libres.»

En effet, il faut encourager la consommation de fruits, de légumes, d’huiles végétales, de poissons et même de soupe, tout en luttant contre la constipation, la déshydratation et le tabagisme. Excellent programme d’ailleurs.

À ce compte-là, tout fait partie de la philosophie «détox», incluant la lecture, aller chercher son courrier, voter et faire du bungee. Personne ne peut dire le contraire, en tout cas. Nous sommes tous des détoxifieurs, c’est évident. Tout comme monsieur Jourdain, dans Molière, disait de la prose sans même le savoir.

Et, bien entendu, tout cela peut améliorer votre énergie, diminuer votre fatigue et peut-être même éloigner les rhumes !

Quoi faire de ces milliers de sites populaires qui proposent leur «cure détox» en bonne et due forme, à toutes les sauces, et pour régler tous les problèmes imaginables au moins quelques fois par année ?

«Le seul moyen que l’on ait pour s’en débarrasser est de faire une détox une ou deux fois par an et de consommer des aliments les plus naturels possible, en y alliant si possible une activité sportive, qui va permettre d’éliminer les toxines plus efficacement.»

On promet souvent de régler ainsi une foule de symptômes, généralement assez vagues, et s’appliquant à tout et n’importe quoi comme n’importe qui, pour peu qu’on ne «file» pas. Par exemple, parce qu’on a eu une mauvaise journée au travail — une autre forme d’intoxication :

«Désintoxiquer votre corps suite aux abus peut vous aider à retrouver votre énergie, éloigner les infections et les moments de fatigue.»

Il faut noter l’utilisation prudente du verbe «peut» ; c’est déjà ça. Mais que le radis noir et le pissenlit de banlieue puissent régler nos problèmes avec le stress au travail, les épidémies de grippe et la pollution ambiante m’apparaît un peu tiré par les cheveux — si on en a, évidemment.

La cure détox semble être un must pour tous ceux qui qui s’intéressent de près ou de loin (plutôt de loin, dans ce cas) à la santé et aux soins, dont le Reader’s Digest (qui, comme son nom l’indique, traite aussi de digestion) :

«Nos 5 recettes détox du printemps. Adieu lourdeurs, aigreurs ou nausées dues à l’excès d’un repas, voici quelques conseils faciles pour manger léger ce printemps !»

Dr Oz lui-même — dont une étude sérieuse vient de démontrer la faiblesse scientifique — adore également le concept de détoxification, dont il fait abondamment la promotion, ce qui n’a aucun rapport avec les revenus ainsi engendrés.

La dérive des plaques tectoniques mucoïdes

Une des théories les plus étonnantes est que les résidus toxiques qui s’accumulent dans l’intestin empoisonnent notre corps.

Or, cette vision pour le moins particulière du fonctionnement intestinal ne repose en fait sur rien d’autre que du vent, pour ne pas dire du gaz. Il serait d’ailleurs bien surprenant que ces résidus s’accumulent année après année sans mener à l’explosion, une forme d’ailleurs assez radicale de détoxification.

Certains sites promettent d’ailleurs pas loin de la vie éternelle, par exemple celui-ci, qui établit un lien entre ces «plaques mucoïdes» de l’intestin et la mortalité précoce de l’espèce humaine :

«Des chercheurs affirment que nous pourrions vivre 150 voire 300 ans, si nous n’empoisonnions pas nos cellules par une multitude de toxines. Dans une expérience menée en laboratoire, ils ont cultivé des cellules de cœur de poulet qui ont vécu pendant 29 ans, alors qu’un poulet a une espérance de vie de 7-8 ans. Le jour où un étudiant chargé de changer l’eau des cellules les a oubliées, elles sont mortes… dans les toxines de leur propre métabolisme !»

Je doute que les gastroentérologues aperçoivent souvent au bout de leur coloscope de telles plaques mucoïdes toxiques. Ce qui ne veut pas dire que l’intestin n’a pas de sécrétions mucoïdes, mais quand on peut dire tout et son contraire, aussi bien mettre le paquet.

Au fait, c’est peut-être un psychiatre qu’il faudrait consulter pour prendre en charge ces contenus redoutables :

«Outre les déchets matériels, la plaque mucoïde renferme également des pollutions symboliques: peurs, croyances limitantes, conditionnements, compulsions, etc. Le corps a en général des réticences à lâcher cette plaque mucoïde. Il est déstabilisant pour l’inconscient et les mémoires cellulaires de se séparer de ce qui pouvait représenter une structure.»

La «détox» n’est pas sans risque

Mais si les «régimes détox» font du bien et ne causent pas de maladies, où est le problème ? Surtout qu’il est tout à fait possible que certaines personnes éprouvent grâce à elles certains effets positifs. Peut-être aussi que la science est en retard — même si c’est plutôt improbable.

Et si une thérapie plus ou moins nébuleuse agit en potentialisant l’effet placebo — qui doit être assez considérable quand on se fait irriguer le colon à la caféine, surtout s’il s’agit d’un double expresso — et n’est pas vraiment risquée, pourquoi ne pas l’encourager ?

Pour diverses raisons. D’abord, la question éthique me titille toujours un peu : est-il simplement acceptable de raconter n’importe quoi avec pour objectif de vendre, souvent à fort prix, un peu d’effet placebo ?

Céder à ces facilités, n’est-ce pas aussi abandonner notre esprit critique ? Il faut aussi considérer le risque que certains patients abandonnent des traitements efficaces pour des lubies à l’efficacité douteuse.

Il est par ailleurs improbable que des modifications simples de la diète, comme l’ajout de quinoa ou de chou, soient autre chose que parfaitement inoffensives. Après tout, ce genre de «détox» à niveau homéopathique ne peut faire de mal. Manger moins de junk food est sûrement une autre bonne idée.

Mais certaines «thérapies» plus complexes comportent des risques pouvant affecter la santé des patients fragiles. On peut citer les lavements du colon à la caféine, associés à des infections, des perforations rectales et des problèmes d’électrolytes. Il y a même eu des décès ! Les injections de produits vitaminés sont aussi plutôt risquées et à déconseiller.

Par ailleurs, beaucoup de produits «détoxifiants» contiennent des laxatifs — comme le séné, l’hydroxyde de magnésium et le cascara (puisqu’il faut bien nettoyer les toxines intestinales) — ou des diurétiques (puisqu’il faut bien pisser nos toxines), pouvant causer de la déshydratation et des troubles des électrolytes chez les patients fragiles. La flore intestinale normale pourrait en être affectée.

Si certaines diètes «détox» entraînent une perte de poids rapide, il s’agit habituellement de pertes d’eau et de fonte musculaire, deux effets bien documentés.

Quoi faire, alors ?

D’accord, votre temps des Fêtes ayant été généreusement arrosé, votre foie s’est donc engorgé (de lipides, généralement, c’est-à-dire de gras, ce qui peut conduire à la longue à la stéatose hépatique). Vous avez été plutôt sédentaire et vous avez mangé trop de tourtière. Que faire, alors ?

Je le répète, il est improbable qu’une diète «détox» ait des effets positifs en elle-même et selon les principes qu’elle propose.

Il est surtout temps de se remettre à bouger, de diminuer un peu l’alcool et de manger sainement, en soi toujours de bonnes idées. Même si ça ne coûte pas cher, que c’est plate à raconter dans un party de bureau et qu’on ne fait pas la couverture de Star système avec ça.

Cela dit, pas plus fou qu’un autre, je vous proposerai dans ma dernière chronique trois cures infaillibles, scientifiquement testées sur moi-même et mon chat. Il s’agit de techniques en instance de brevet CDH, BPH et TOW, que je compte commercialiser en 2015.

Mais chut ! C’est un secret !

 

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Pour entendre parler de toxines, de virus, d’hypocondrie, de palpitations, d’homéopathie, de colliers de noisetier et de plein d’autres sujets intéressants, amusants, rassurants ou déprimants, ne manquez pas notre conférence grand public, à moi et au Pharmachien : «Deux hommes en blanc». C’est le 21 janvier prochain, à 18 h 30, au Centre Saint-Pierre, à Montréal. Si vous voulez des informations ou acheter des billets, c’est en cliquant ici.

 

* * *

À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, où il enseigne, il participe aussi à des recherches sur le système de santé. Auteur, il a publié Privé de soins en 2012 et Les acteurs ne savent pas mourir en 2014. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter :@Vadeboncoeur_Al.

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13 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Le mépris n’a jamais donné de crédibilité aux propos, c’est plutôt le contraire … Le ton utilisé dans les chroniques du dr Vadeboncoeur ne me convainc malgeureusement pas …

Bonjour Suzanne. Nous allons bien nous entendre, je n’aime pas du tout le mépris, moi non plus. Je n’ai pas l’habitude d’en mettre dans mes textes non plus. Vous seriez bien aimable de m’indiquer où il y en a dans mon texte pour que je puisse corriger le tout. Joyeuses fêtes à vous!

si vous n’êtes pas convaincue des cures de jus (détox) prenez au moins le temps de lire les milliers de témoignages des gens qui on retrouver leur santé (abondonné leur médication chimique) sur leur site ou youtube du Dr Morse, Thierry Casasnovas, Joe Cross, Jason Value etc……. au lieu de prendre des produits chimique que vous prescriver à tour de bras qui ne fait que soulager un symptôme parce qu’il n’y a aucune guérison je préfère un Bon Jus Vert !!
En passant Doc et pharmachien dans vos cours universitaire vous n’avez Jamais suivi de cours sur la nutrition n’est-ce pas ??

Bonjour Mme Chantal,

Votre message m’interpelle car je suis diététiste-nutritionniste (donc à l’université, j’ai eu principalement des cours de nutrition!).

Je suis aller voir vos références. Voici un résumé de mes impressions. J’espère qu’elles contribueront à vous éclairer.

Dr. Morses. Il veut nous faire payer pour avoir le «privilège» d’acheter ses produits naturels. Il charge 350$ et 500$ pour des DVDs appelés «detox miracle». Sans parler de sa formation à 850$. Il nous parle de «God’s products made with pure love».. Ok je décroche. En science, vaut mieux éviter la foi et les sentiments.

Thierry Casanovas. Recommande le crudivorisme, ok le cru ça peut avoir du bon (le «JUSTE DU CRU» par contre, c’est inutile, compliqué et risqué). «Le cru, ça guérit le cancer» ok je décroche, sinon le cancer on n’en ferait plus un cas et mon bureau ne serait pas rempli de gens qui ne mange ni fruit ni légume.

Joe Cross. Recommande les jus pour maigrir. Ok je décroche sur la méthode mais je reconnais que de passer de 310 lbs à 210 lbs, tout en intégrant de l’activité physique dans sa vie, ça peut faire sentir mieux (donc le jus est une (mauvaise) méthode parmi tant d’autres pour maigrir, mais l’accomplissement de la perte de poids comme tel peut être bien). Remarquez, lui-même ne recommande pas cette diète à long terme, sans parler du fait qu’en 2013 il avait apparemment repris 30 lbs (mais aucun lien avec la detox?!)

Jason Value. Recommande de boire des jus/smoothies, ok super. Il veut vendre une formation a 1199 livres sterling pour devenir un «Independent Natural Juice Therapist». Non seulement je décoche, mais je me désole d’autant d’arnaque.

Faites attention madame Chantal. C’est bien de vouloir garder l’esprit ouvert, mais il faut rester conscient que pendant cet acte noble, plusieurs personnes tenteront d’en profiter pour ouvrir votre portefeuille (contrairement à Dr. Vadeboncoeur). Je comprends qu’il est tentant d’adhérer à des solutions qui semblent claires, simples et définies. Mais malheureusement, en nutrition (et en santé en général), les solutions miracles n’existent pas. Je vous conseille de vous méfier de quiconque prétend le contraire (surtout quand il vous demande de l’argent en échange).

Enfin, vous questionnez la formation en nutrition des médecins et des pharmaciens, alors permettez-moi de questionner la votre. Je doute que la nutrition et la science en fasse partie. Sinon, entre autre, vous sauriez que des témoignages, aussi nombreux et positifs soient-ils, ne pourront jamais servir de preuves d’efficacité des traitements en santé (une chance !).

Cordialement,
Marie-Noël Geoffrion , Dt.P.

Je vous aime bien Docteur,tout ce que vous dites m’intéresse..Un gros merci et heureuse de vous réentendre.Une jeune grand maman de 82 ans.

Ne pensez-vous pas que le succès constant de tous ces sites qui font la promotion de la santé et de ces « cures détox » qu’en toute apparence en même temps vous décriez et dont vous faites simultanément la promotion par vos liens hypertextes ; ne croyez-vous donc pas que ce succès vient en grande partie des carences du système médical qui ne permet pas de donner aux citoyens, la possibilité d’entretenir avec le médecin de son choix, une relation de confiance solide et durable ?

Ainsi, ne faudrait-il peut-être pas s’étonner « outre mesure » que les gens aillent naturellement chercher à se conforter ou bien se réconforter en se tournant vers une multitude de toutes autres ressources.

Accessoirement, que préconisez-vous — hormis une lecture assidue de votre blogue et l’assistance à vos conférences…, — pour ramener les usagers vers un peu plus de raison et à toutes fins pratiques vers les bienfaits de la médecine traditionnelle ?

Je dois dire que certains de vos propos me subjuguent, un seul exemple suffira. Vous écrivez ceci : « Peut-être aussi que la science est en retard — même si c’est plutôt improbable. » À ce titre vous excellez en l’art de dire une chose et puis son contraire.

Quelques journalistes reprochent la même chose au gouvernement Couillard (un gouvernement de médecins). Est-ce le propre de la science médicinale de procéder en ces quelques sortes ?

Finalement vous écrivez ceci : « On peut citer les lavements du colon à la caféine, associés à des infections, des perforations rectales et des problèmes d’électrolytes. Il y a même eu des décès ! »

La page web à laquelle vous nous référez (il n’est pas possible à moins d’être abonné de lire l’article dans son intégralité), fait état de deux décès en deux ans de deux personnes probablement atteintes du cancer et d’une combinaison de facteurs diététiques incluant des lavements avec de la caféine. En cette occurrence et compte-tenu que l’information n’est pas complète. Il m’apparait impossible de relier le décès de ces deux personnes aux seuls lavements.

À tout le moins vos deux textes auront eu l’insigne avantage de me fort enjouer. Ce qui disons-le commence bien l’année.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année toute en santé.

Bonjour

Vous posez beaucoup de bonnes questions.

Vous avez certainement en partie raison quant à l’impact de la non-disponibilité des soins de santé. J’ai tout de même tendance à penser qu’il s’agit surtout d’un mélange de reliquats de croyances populaires anciennes, d’anecdotes personnelles et d’un filon probablement très rentable.

Je pense qu’il faut se renseigner, et que les gens, peut-être les adolescents, devraient avoir une certaine formation quant aux problèmes de santé courant.

« Peut-être aussi que la science est en retard — même si c’est plutôt improbable. » Disons que c’est une manière polie de dire qu’il n’est pas impossible que certaines affirmations détox soient vraies, mais que c’est fort peu probable.

Quant aux risques de complications, vous avez raison, l’information est incomplète, néanmoins des risques mineurs ou majeurs sont rapportés pour beaucoup de ces « traitements », alors que bien souvent, aucun avantage n’est démontré.

Ceci dit, il ne s’agit pas de se fier aveuglement à la médecine, qui a aussi ses limites et même ses torts. Il s’agit surtout d’éviter de s’aveugler de pseudo-solutions que rien ne justifie.

Au plaisir et merci pour le commentaire approfondi.

Alai

Pour avoir utilisé les avenues médicales: Allergologue, gastro-entérologue sans qu’on ne règle mes problèmes, je conclus qu’en terme de problèmes digestifs, la médecine « main stream » n’est pas actuellement à la hauteur pour aider les problèmes des personnes aux prises avec intolérances alimentaires.

Actuellement les médecins n’ont pas de solutions à ces problèmes. Ayant eu des tests sérologiques positif et une biopsie négative pour la détection de la maladie cœliaque, on m’a retournée à la maison en me disant : Vous n’avez rien ma petite Madame. Et si j’ai mal au ventre quand même on me répond les yeux au ciel : Stress sans doute.

Souffrir de maux de ventre intenses quotidiennement peut handicaper sérieusement la vie de quelqu’un.

Alors, les personnes aux prises avec ces problèmes ne peuvent que s’astreindre à retirer des aliments de leur alimentation pour déterminer l’aliment qui cause le problème. Le gluten est un aliment qui cause des problèmes à beaucoup de personnes et le retirer apporte un soulagement.

J’ai moi-même retiré le gluten de mon alimentation et ma vie est transformée. Je peux maintenant passer une journée sans souffrir de douleur, diarrhée, douleur articulaire. Mais je dois subir en contrepartie le petit sourire en coin de trop de médecins, et me faire dire que c’est une mode. Même réaction de la famille et des amis, alors, je n’en parle plus et je ne mange peu à l’extérieur de chez moi et lorsque je le fais, je m’attends à avoir mal au ventre et je l’accepte.

Je ne suis pas atteinte du syndrome du Münchhausen, je ne suis pas masochiste non plus et je ne suis pas quelqu’un qui suit les modes, ni en matière de consommation, ni en matière de santé. J’adore, les pâtes, pâtisserie et pains et je m’ennuie vraiment de ne pas en manger. En contrepartie, depuis que je suis sans gluten, je n’ai plus les maux de ventre, étourdissements, faiblesse, maux de tête et articulaire incapacitant et tout ce qui va avec. Alors, j’ai fait un choix. Je ne mange plus de gluten. Malgré tout de temps en temps je réessaye, dans l’espoir que c’était psychologique. Malheureusement, lorsque je triche, les maux de ventre reviennent.

J’aimerais vraiment que tout ceci soit psychologique et je me ferais soigner avec joie par tout psychiatre qui promettrait de me permettre de manger du gluten et autre aliments qui me cause des problème en échange d’une thérapie pour régler ma « névrose » qui me fait avoir mal au ventre.

Cependant, même si la médecine ridiculise trop souvent actuellement la tendance au sans gluten ou à toute autre retrait d’aliments avec des additifs chimique, je suis convaincue qu’un jour on découvrira un test qui prouvera ce que les personnes aux prises avec ces problèmes de santé savent déjà : Ce n’est pas psychologique!

C’est pourquoi, je trouve ça dommage quand on laisse entendre que le fait de manger sans gluten est seulement une mode. Peut-être pour ceux qui l’essaie une fois ou deux, mais ceux qui persistent à ne pas manger de gluten, je suis convaincue (et c’est mon cas) que c’est parce que les bénéfices en terme de diminution de la douleur et de tous les symptômes, surpassent le sacrifice. Et c’est un sacrifice car, manger sans gluten est beaucoup moins agréable et beaucoup plus coûteux et compliqué!

Même si on n’utilise pas le terme détox, on ne peut que remarquer que certains aliments sont difficiles à digérer et créent des malaises et que d’autres au contraire semblent bénéfiques.

Pour ma part, les sulfites, nitrites et agents de conservation de toutes sortes me provoquent de sévères crises d’urticaire et difficultés respiratoires et des dérangements digestifs.

Le gluten me cause des problèmes sérieux de digestion, même si je dois vivre avec le petit sourire en coin et sceptique de certains, si j’ose en parler.

Même le café m’affecte si j’en prends régulièrement.

Il est donc évident que certains aliments me causent des malaises et sont « toxiques » pour moi.

Toutes les personnes qui ont des intolérances doivent vivre avec le scepticisme de leur entourage et de certains membres de la profession médicale et ça peut être lourd à vivre.

Au point de faire le choix de ne pas en parler pour ne plus subir de jugement.

Je pense que c’est un peu comme pour les personnes qui souffraient de douleurs chroniques dues à la fibromyalgie et qui se faisait traiter par leurs médecins, il y a pas si longtemps, comme des malades imaginaires ou des toxicos à la recherche de médicaments. Ces personnes ont vécu l’humiliation, la souffrance et le manque de support médical et de leur entourage.

En ce moment, ce sont les personnes aux prises avec des intolérances alimentaires de toutes sortes qui semblent être victimes de ce jugement négatif et de l’étiquette d’hypocondriaque.

Pourtant, vivre avec des malaises dus aux aliments peut être un cauchemar, parce qu’on ingère des aliments 3 fois par jour. Lorsqu’on réagit mal à certains aliments et que les symptômes sont handicapant, on est prêt à tout pour cesser de souffrir. Une diète avec des aliments qui ont peu de chance de provoquer des réactions est alors une bouée de sauvetage. Peu importe le nom qu’on lui donne

Bonjour Dr Vadeboncoeur,
Au sujet de la ZÉOLITE dont je vous ai fait part dans mon commentaire dans votre article précédent, je tiens à vous dire que les propriétés physicochimiques de ce minéral sont connues depuis longtemps. Ce minéral est utilisé dans de nombreux domaines:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Zéolithe

À Cuba et en Chine, la zéolite est utilisée dans l’alimentation animale pour prévenir certaines maladies intestinales, notamment chez les volailles et chez les porcs. Au Japon, il est utilisé pour absorber le Césium dans l’eau de mer à la suite du désastre nucléaire à Fukushima. La zéolite est également utilisée pour filtrer l’eau des bassins de pisciculture, car elle retient les produits azotés des déchets des poissons. Mon épouse et moi prenons la zéolite en poudre depuis plusieurs mois. Comme mon épouse souffre de la maladie de Crohn, elle a constaté un changement radical. Elle n’a plus de malaise et sa digestion s’effectue normalement. Quant à moi, suite à une analyse sanguine, mon taux de cholestérol est revenu à un taux normal, alors que mon médecin voulait me prescrire des statines.
Ceci dit, je dois vous avouer que je n’ai jamais entrepris de cure de détoxification proprement dite avec jus de légumes et de fruits. Lorsqu’une personne s’alimente normalement, j’entends par là consommer des aliments de qualité diversifiés et éviter le plus possible les produits moins nutritifs (croustilles, plats congelés, sucreries, etc.). Depuis plus de 20 ans, j’ai banni totalement les viandes rouges et je ne m’en porte que mieux. Par contre, je consomme la plupart des autres viandes. En général, dans le repas principal du midi, notre alimentation comprend environ trois quarts de légumes divers et un quart de viande. Au cours des autres repas, nous mangeons divers fruits, noix variées et autres. Ce qui est très important, c’est prendre des repas à des heures régulières et, surtout, de bien mastiquer chaque bouchée. Autrement dit d’appliquer le régime Fletcher. Harold Fletcher (1849-1919) insistait sur l’importance de la mastication, ce qui lui a valu d’être surnommé « Le Grand Masticateur ». Les personnes qui mangent très vite sans mastiquer suffisamment peuvent avoir des brulements d’estomac et elle force ce dernier à un surcroit de travail qui peut aller jusqu’à provoquer la somnolence.

Les fameuses purgations… sont basées sur les croyances médicales d’une autre époque, lorsqu’on croyait que les maladies étaient reliées à la mauvaise circulation des «humeurs», définies comme les différents fluides de l’organisme: sang, bile , lymphe, liquide céphalo-rachidien, etc.

Alors on tentait de déboucher les tuyaux. On faisait des saignées et des purgations.

C’était aussi un temps où on était souvent mieux de mourir sans médecin qu’avec un médecin. Les traitements archaïques étaient souvent bien pire que de ne pas être traité du tout. La médecine a bien avancé depuis, avec la méthode scientifique, mais certaines méthodes et croyances archaïques continuent de nous hanter avec les médecines alternatives, et bien des gens profitent de la crédulité humaine pour s’en mettre plein les poches.

Je pense qu’on devrait donner des cours supplémentaires en santé et en biologie dans nos écoles primaires et secondaires. Je suis sûr que ça aiderait bien des gens lorsqu’ils sont malades, et que ça aiderait à combattre les croyances farfelues de toute sorte qui circulent sur la santé.

Qui aurait cru qu’un article par une personne aussi respectée chez nous puisse provoquer une telle avalanche de réactions si ridicules?