Deux petits bonheurs: courir et conduire électrique

La conduite électrique a quelque chose d’aussi parfaitement zen que la course à pied: rouler sans grondement de moteur, sans bruit de changement de vitesse, sans cliquetis. Juste le souffle continu du vent et le bruit de roulement. Le calme, un vrai anxiolytique.

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Photo: Pixabay

Conduire une voiture électrique me procure un petit bonheur assez semblable à celui de la course. Les deux activités sont en effet beaucoup plus près l’une de l’autre qu’on ne peut le penser. Je vais tâcher de vous expliquer pourquoi.

D’abord, comme pour la course à pied, les excès de vitesse ne sont jamais conseillés quand on conduit électrique, surtout s’il faut se rendre loin. Dans ces circonstances, je dois conduire raisonnablement, garder une vitesse moyenne, utiliser le mode de compression afin de récupérer le maximum d’énergie et suivre les signaux d’économie d’énergie que m’envoie ma voiture.

La conduite électrique a aussi quelque chose d’aussi parfaitement zen que la course à pied: rouler sans grondement de moteur, sans bruit de changement de vitesse, sans cliquetis. Juste le souffle continu du vent et le bruit de roulement. Le calme, un vrai anxiolytique.

Le silence de la conduite est aussi apaisant que celui de la course. Il faut dire que je choisis de ne pas écouter de musique en courant. J’aime mieux me faire bercer par les bruits environnants, juste mon souffle, celui du vent, le bruissement des feuilles et les chants de ti-oiseaux.

De même, plus je cours doucement, en suivant ma respiration plutôt que ma montre, plus je vais durer longtemps. Si j’accélère trop rapidement, je risque de manquer de souffle et d’écourter le trajet prévu. De plus, je me suis même déjà blessé en exagérant. Je suis donc maintenant plus modeste dans mes ambitions.

La santé de l’environnement

Si la course est excellente pour la santé, la voiture électrique a le même effet sur l’environnement. Il est vrai que de construire une voiture électrique demande au départ plus à l’environnement, notamment en raison des batteries au lithium, mais par la suite, le bilan s’inverse.

Par exemple, dans un contexte européen, l’empreinte environnementale totale est de 10 à 24 % moins élevée pour la voiture électrique par rapport à la voiture à moteur thermique, essence ou diésel. Plus la voiture électrique est conduite longtemps, meilleur est son bilan.


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Et lorsque des énergies renouvelables servent à la production de l’électricité, comme c’est le cas au Québec, le bilan est encore plus positif. Une voiture électrique conduite pour 200 000 km présente un bilan environnemental global de près de 30 % supérieur à celui d’une voiture thermique.

Plus de voitures électriques pourraient donc améliorer la santé… des coureurs, en diminuant la pollution locale, causée notamment par les émissions toxiques des voitures, microparticules ou gaz nocifs, toutes choses nuisibles à la santé pulmonaire et cardiaque.

Humaniser la voiture

Après une course, il faut marquer un temps d’arrêt, se reposer, reprendre ses forces, de manière à ne pas trop solliciter nos articulations et permettre à nos muscles de se régénérer. La petite vie de la voiture électrique ressemble donc à celle du coureur, puisqu’on la branche la nuit pour lui permettre de reprendre la route le lendemain.

La relation du conducteur avec sa voiture électrique ressemble à celle du coureur avec son corps: il doit écouter les signaux et devenir un peu maniaque d’économie d’énergie, surtout en longue distance. Tous deux doivent gérer au plus près l’apport d’énergie pour se rendre au but.

Voilà un des plaisirs de la conduite électrique: voir l’autonomie s’accroître en améliorant sa conduite, comme lorsqu’on améliore sa technique de course. L’observation des flux d’énergie qui entrent et sortent alternativement des batteries correspond à l’attention portée au niveau de fatigue du coureur.

Enfin, la voiture électrique, contrairement à la croyance populaire, démarre toujours, même par très grand froid, comme le coureur à qui il suffit de mettre une jambe devant l’autre pour avancer — même si ça demande un peu plus de courage à – 20 degrés.

Planifier ma route

Comme à la course, il faut aussi planifier sa distance en conduite électrique. Mais il faut savoir que 90 % des gens parcourent moins de 70 km par jour en automobile.

L’autonomie un peu limitée de ma voiture ne m’empêche donc à peu près jamais de vaquer à mes occupations habituelles. L’été, cette autonomie grimpe à 150 km environ, tandis que l’hiver, surtout par grand froid, elle tombe à environ 90 km. C’est toutefois bien assez pour moi.

Je peux donc comparer l’autonomie de ma voiture purement électrique à celle de ma course, assez limitée selon les standards courants, mais suffisante pour me permettre de bien m’entraîner.

Économiser?

Courir est un sport vraiment économique, alors qu’on peut craindre les coûts de la voiture électrique. Pourtant, à long terme, conduire une voiture électrique permettrait d’économiser.

D’abord, comme le modeste coureur que je suis, ma voiture électrique n’a pas besoin de beaucoup d’entretien. Parce qu’un tel moteur ne comporte pas d’huile, il est beaucoup plus simple et fonctionnel qu’un moteur à essence.

Mis à part un changement de pneus deux fois par année, je n’ai pratiquement rien à faire, ce qui n’est pas plus compliqué que de changer de souliers de temps en temps — plutôt rarement, dans mon cas. Alors, sans essence, ni bougies, ni huile à moteur, finies les visites régulières au garage.

Rouler électrique serait moins cher à long terme — même s’il faut dépenser davantage au moment de l’acquisition. Plusieurs raisons expliquent cela, notamment l’électricité, qui coûte de cinq à six fois moins cher que l’essence au kilomètre.


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À long terme, la conduite électrique reviendrait de 7 à 30 % moins cher que la conduite à essence, prix d’achat et subvention du gouvernement compris. Mais il est vrai que les prix doivent baisser pour permettre à plus de gens de se procurer une voiture électrique.

Voici ce que calculait Daniel Breton en répondant à la même question:

«Combien on économise avec un véhicule électrique? Si vous faites le choix de vous procurer une voiture hybride et/ou électrique efficace, vous verrez vos coûts d’énergie (essence et/ou électricité) diminuer de 40 à 80 %!

Ainsi, une fois que vous vous serez acheté une voiture hybride comme une Prius, une hybride rechargeable comme une Volt ou une voiture 100 % électrique comme une Leaf, vous paierez environ 900 $ de moins avec une Prius qu’avec une voiture à essence de même catégorie (intermédiaire) ou un petit VUS qui consomme en moyenne 9 l/100 km; environ 1 200 $ de moins avec une Volt; 1 600 $ de moins avec une Leaf, PAR ANNÉE, en calculant à partir d’un kilométrage annuel de 20 000 kilomètres à 1 $ le litre.»

Vieillir

Même le vieillissement à venir de ma petite voiture électrique ne me pose pas de problème. Elle risque en effet de perdre un peu d’autonomie à long terme. Mais on ne sait pas encore vraiment combien, puisqu’on manque de recul à cet égard.

Par contre, on sait déjà qu’il n’y a pas beaucoup d’usure des freins, parce qu’on les utilise assez peu, en raison de la compression électrique. Il sera intéressant de comparer, dans quelques années, la vitesse de vieillissement des véhicules électriques à celle des voitures à essence d’aujourd’hui.

* * *

Branchez-vous

Je ne voudrais pas oublier de vous parler de Branchez-vous, qui tiendra sa quatrième édition annuelle à partir de cette fin de semaine (16 et 17 avril) à Montréal. Il faut dire que je suis un peu biaisé, puisqu’on m’a demandé d’agir comme porte-parole bénévole cette année. D’autres activités auront aussi lieu les 7 et 8 mai à Gatineau, les 28 et 29 mai à Lévis et le 18 juin à Drummondville.

L’événement, qui vise à faire connaître, promouvoir et acquérir le goût de la conduite électrique, est soutenu par du financement public (provincial et municipal), associatif (Association des véhicules électriques du Québec) et privé (constructeurs, promoteurs de véhicules électriques, etc.).

C’est d’ailleurs à Branchez-vous 2014 que j’ai fait mon «virage» électrique. J’y avais essayé avec mon fils une douzaine de véhicules et jasé avec des propriétaires et des passionnés. J’ai alors eu un vrai kick pour une petite voiture électrique. Ce qui fait que depuis février 2015, je conduis presque exclusivement électrique, à mon plus grand bonheur.

Alors si ça vous dit, venez faire un tour samedi et dimanche au circuit Gilles-Villeneuve, pour essayer vous aussi des voitures électriques et venir jaser à des passionnés et des connaisseurs qui pourront vous en dire beaucoup plus long que moi!

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« Une voiture électrique conduite pour 200 000 km présente un bilan environnemental global de près de 30 % supérieur à celui d’une voiture thermique » Curieuse formule ! Les voitures à moteur à explosion polluent beaucoup et constituent une des principales causes d’émissions de GES. Mais les voitures électriques sont «supérieures» !

Et comme les pays dont l’électricité provient surtout de sources non-polluantes et renouvelables sont peu nombreux, il faut plutôt retenir que «dans un contexte européen, l’empreinte environnementale totale est de 10 à 24 % moins élevée pour la voiture électrique par rapport à la voiture à moteur thermique».

Les pollutions émises, dont les GES, par notre mode de vie ne sont diminuées que marginalement par les autos électriques. Les autos électriques font partie d’une nouvelle mythologie qui masque la nécessité de changer en profondeur notre mode de vie, notre relation aux marchandises, notre habitat et nos transports.