Du courant sur mesure

Les réseaux électriques sortent de la grande noirceur. Munis de systèmes intelligents, ils aideront les consommateurs à réduire leur facture ! Bienvenue au 21e siècle…

Photo : iStockPhoto
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Si Alexander Graham Bell nous rendait visite, il ne reconnaîtrait pas la téléphonie moderne, avec ses appareils cellulaires et ses antennes sans fil. Thomas Edison, lui, ne serait pas dépaysé : le réseau électrique a à peine évolué depuis 100 ans !

Les géants de l’électricité, de l’informatique et des télécommunications veulent donc le rajeunir. Équipé de capteurs électroniques, relié à des systèmes de communication (comme Internet) et des logiciels de commande à distance, ce « réseau intelligent » (smart grid) échangerait de l’information avec les gestionnaires et les usagers. En examinant l’état de santé de l’équipement, il aiderait à prévenir les pannes. En mettant le doigt sur nos péchés énergétiques à la maison – laisser le chauffe-eau de la piscine allumé toute la nuit, par exemple -, puis en envoyant des consignes à nos appareils électriques, il contribuerait à réduire notre consommation, surtout aux heures de pointe. Du coup, on pourrait éviter la construction de futures centrales !

Le gouvernement Obama a réservé 4,5 milliards de dollars pour bâtir un réseau plus intelligent. L’actuel enchevêtrement de petits réseaux construits de façon indépendante, à la va comme je te pousse, est au bout du rouleau. Le réseau québécois, dont Hydro-Québec est le seul maître d’œuvre, est mieux placé pour accéder à un niveau d’intelligence supérieur.

Futé, le compteur

Le compteur intelligent permettra aux usagers de connaître leur consommation d’heure en heure, et aux gestionnaires du réseau de moduler le prix de chaque kilowattheure (kWh) en fonction de son coût de production. Le prix atteindrait son maximum dans les périodes de pointe. Cette mesure pourrait pousser les ménages à réduire leur consommation de 5 % à 10 %, par exemple en programmant leur lave-vaisselle pour qu’il démarre lorsque le prix du kWh baisse sous un certain seuil. Dans le cadre du projet-pilote Heure juste, mené à Saint-Jean-sur-Richelieu, Sept-Îles, Val-d’Or et Trois-Rivières, Hydro-Québec teste un système tarifaire dans lequel le prix du kWh varie selon l’heure et la saison. La société prévoit doter tous les Québécois de compteurs intelligents, mais aucun échéancier n’a été annoncé. En Ontario, tous les ménages auront leur compteur intelligent d’ici la fin de 2010. Hydro One, le plus important fournisseur d’électricité chez nos voisins, a déjà équipé un million de ses 1,2 million de clients.

L’argent qui tombe du toit

Le compteur intelligent mesurera la quantité d’énergie produite par les clients dont la maison est équipée, par exemple, de panneaux solaires. Cela facilitera la vente de l’énergie produite en surplus par les usagers, car elle serait acheminée dans le réseau pour alimenter les voisins.

Mon auto ne dort jamais

Le réseau ne pourra suffire à la demande si tous les futurs propriétaires de voitures électriques rechargent leur batterie à 18 h, en rentrant à la maison. Le réseau intelligent permettra de programmer la recharge pendant la nuit. Les batteries des voitures pourront stocker de grandes quantités d’énergie. Les gestionnaires du réseau et les usagers puiseront dans ces réserves, pendant la pointe de consommation par exemple.

AU NORD, IL Y A DU NOUVEAU

Réservoirs et barrages

Les infrastructures sont conçues pour répondre à la demande en périodes de pointe, même si celles-ci ne surviennent que quelques heures par année, en janvier, à l’heure du souper. En aidant les consommateurs à diminuer la consommation durant ces périodes, les réseaux intelligents permettraient d’éviter la construction de barrages.

Centrales

Entraînés par les turbines, les alternateurs forcent le mouvement des électrons et produisent du courant. Des capteurs peuvent « écouter » leurs vibrations et détecter ce qui ne tourne pas rond. Un message d’alarme est alors envoyé au technicien : il est temps de procéder à l’entretien préventif. Ces gadgets électroniques préviennent les pannes et les arrêts pour entretien, qui s’avèrent souvent inutiles. Quelques alternateurs d’Hydro-Québec sont déjà munis de ces capteurs.

Postes de transformation

Des capteurs peuvent détecter l’état de santé des transformateurs, disjoncteurs et sectionneurs des postes de transformation aux quatre coins de la province. Ils relaient l’information vers des logiciels intelligents et alertent les autorités quand une panne survient, ou juste avant qu’elle survienne.

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