Du Tamiflu dans les rivières

Des chercheurs de l’université de Kyoto ont repéré des traces de Tamiflu, l’antiviral utilisé contre les virus de l’influenza, dans l’eau d’une rivière à la sortie d’une station d’épuration de la ville de Kyoto. Leur article scientifique est ici (en pdf).

La nouvelle est inquiétante, car c’est justement dans ces eaux chaudes que viennent batifoler les canards et autres oiseaux aquatiques¸qui peuvent éventuellement constituer des réservoirs de grippe aviaire.

Or mettre en contact ces virus avec de petites doses de Tamiflu est le meilleur moyen de les rendre résistant à ce médicament, le seul (à l’exception du Relenza) à pouvoir diminuer le risque de complications de la grippe.

Selon les chercheurs, la concentration de Tamiflu retrouvée dans l’eau pourrait être suffisante pour induire cette résistance, même si l’antiviral a disparu de la rivière sitôt la saison de la grippe terminée.

En 2008, 14% des virus en circulation en Europe étaient déjà résistants au Tamiflu, contre 1% les années précédentes. Et selon les Centers for Disease Control américains, la quasi-totalité des souches de grippe saisonnière H1N1 (pas la souche pandémique, heureusement) en circulation aux États-Unis l’hiver dernier étaient résistantes au Tamiflu.

Jusqu’à ce que la pandémie vienne brouiller les cartes, le Japon était de loin le premier consommateur mondial de Tamiflu.

Pour l’instant, l’OMS a rapporté seulement 28 cas de résistance du virus pandémique au Tamiflu, sur plus de 10 000 analysés. Mais elle recommande de réserver l’antiviral aux personnes qui en ont vraiment besoin, pour minimiser les risques que cette résistance se généralise.

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Les traces de l’antiviral proviennent-ils du rejet »naturel » (lire pipi et fécès) par les personnes ayant pris du Tamiflu ou de rejet à la source :lire mauvaise disposition de lots périmés soit par les pharmaciens, les hôpitaux ou les producteurs ou autres intermédiaires ?????

Je crois que la nature des sources de rejet est primordiale dans l’analyse de cette étude. Toutefois, il ne semble pas que cette étude en fasse mention.

Concrètement, la molécule, évacuée dans les urines des patients, survit à son passage en station d’épuration. Une des solutions serait l’exposition au soleil des molécules antivirales, qui divise sa concentration à chaque 3 semaines, ou développer un traitement à l’usine d’épuration d’eau.