Éminence verte

Il analyse le cycle de vie des produits, du berceau au tombeau.

Photo : Mathieu Rivard
Photo : Mathieu Rivard

Tomate biologique importée ou arrosée de pesticides et cultivée localement? Sapin de Noël naturel ou synthétique? Ampoule incandescente ou fluocompacte ? À force de vouloir être « verts », des consommateurs bien intentionnés ne savent plus où donner de la tête. Des entreprises se posent aussi des questions sur l’impact environnemental de leurs produits. De plus en plus, elles se tournent vers Daniel Normandin, 49 ans, pour obtenir des réponses. « Il y a beaucoup de modes et de dogmes en matière d’environnement. Il est temps de mettre un peu de science là-dedans. »

Depuis le début des années 2000, ce biologiste de formation a contribué à lancer l’analyse du cycle de vie (ACV) des produits et services, qui s’impose désormais comme la mesure du développement durable. Avec son équipe du Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), groupe de recherche installé à l’École polytechnique de Montréal, il analyse chaque produit qu’on lui confie, du berceau au tombeau. D’où vient le métal qui a servi à fabriquer cet ordinateur? Combien de GES ont été émis pour l’extraire de la terre? L’ordi nécessite-t-il beaucoup d’électricité pour fonctionner? «On travaille avec d’immenses bases de données, qui tiennent compte de chaque composante», explique Daniel Normandin.

Le CIRAIG a déjà aidé Rona à déterminer quels produits ses magasins pouvaient mettre sur des présentoirs réservés aux produits verts; Liberté, à réduire l’impact de ses pots de yogourt; et Hydro-Québec, à y voir plus clair au sujet des ampoules. Bell Canada, Cascades et le Cirque du Soleil sont aussi clients. Total et d’autres sociétés étrangères se bousculent maintenant au portillon.

Ultimement, Daniel Normandin veut amener les entreprises à adopter des étiquettes environnementales, semblables aux étiquettes nutritionnelles. Les écoétiquettes indiqueraient la consommation d’eau et les émissions de GES associées à la fabrication, à l’utilisation et à la mise au rebut d’un produit. « Ça permettrait aux consommateurs d’y voir plus clair. »

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