En rediffusion – Aux origines du sida: la vaccination en cause ?

EN REDIFFUSION – BILLET PUBLIÉ LE 8 DÉCEMBRE 2011

Dans son livre The origins of aids, le Dr Jacques Pépin, épidémiologiste à l’université de Sherbrooke, raconte comment, selon lui, le virus du sida s’est propagé dans le monde en partie à cause des campagnes de santé menées dans les colonies françaises et belges en Afrique noire.

Mais il ne faudrait surtout pas en déduire que ces campagnes ont fait plus de mal que de bien, ni s’en servir comme argument pour démontrer que la vaccination massive peut être hautement nuisible.

Selon Jacques Pépin, qui est aussi professeur en microbiologie et infectiologie et a longtemps travaillé en Afrique, le virus du sida existe depuis plusieurs centaines d’années.

Son premier porteur humain est probablement un chasseur de brousse du Congo, infecté en dépeçant un animal lui-même infecté. Ce chasseur est mort quelques années plus tard sans avoir été soigné, peut-être après avoir transmis le virus à sa femme. Pendant des années, le sida est ainsi resté confiné à des cas individuels.  

Tout a changé avec la colonisation, alors que les chasseurs malades ont commencé à être vus dans des cliniques de santé.

Comme les médicaments n’étaient pas toujours efficaces, on soignait les patients par voie intraveineuse avec des seringues et des aiguilles réutilisables. Objectif : faire reculer des maladies comme la lèpre, la tuberculose ou la syphilis, qui faisaient des ravages.

À cette époque, on doutait encore de l’existence même des virus et les médecins n’étaient pas conscients des risques de transmission de maladies d’une personne à une autre par voie intraveineuse.

Les seringues étaient nettoyées, mais probablement pas toujours bien stérilisées. Le virus s’est alors transmis d’une personne à l’autre comme cela se passe toujours aujourd’hui entre toxicomanes qui gèrent mal leurs seringues.

Dès lors, l’urbanisation, la prostitution et les guerres ont permis au virus de se propager. Selon Dr Pépin, il aurait été emmené aux États-Unis via Haïti.

Dans le Congo des années 1960, en pleine guerre de décolonisation, les fonctionnaires belges ont été remplacés en catastrophe par 4 500 Haïtiens envoyés par les Nations Unies.

L’un d’eux aurait contracté le VIH en Afrique pour le ramener en Haïti, destination prisée par les Américains pour le tourisme sexuel, qui l’auraient à leur tour ramené aux États-Unis.

Peut-être que l’épidémie de sida est un effet secondaire des campagnes de santé coloniales, mais celles-ci ont certainement permis à leur époque de faire reculer bien d’autres maladies.

Au bout du compte est-ce que ça a été bénéfique ou nuisible? Ça prendrait bien des études pour pouvoir répondre…

Au temps des colonies, les médecins croyaient certainement bien faire en soignant les malades avec des seringues pas très propres. Les critiquer en retournant à cette époque avec les connaissances scientifiques d’aujourd’hui n’aurait aucun sens.

En lisant le livre de Dr Pépin, certaines personnes risquent pourtant de penser que les campagnes de vaccination d’aujourd’hui transmettent peut-être toutes sortes de maladies inconnues par des moyens qu’on n’a pas encore découvert.

C’est très peu probable, mais possible. On s’en reparlera dans 50 ans.

En attendant, il ne fait aucun doute que la vaccination est aujourd’hui ce que l’on a trouvé de mieux pour prévenir une multitude de maladies infectieuses !

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Au début de l’épidémie, dans les années 80, le lobby du sida disait que Montréal était la ville nord-américaine qui comptait le plus de femmes sidéennes. C’était le San Francisco féminin. C’était vrai. Mais exagéré un peu beaucoup.

Le but était de faire peur au monde et monter les subventions pour la recherche.

La réalité était que le nombre était relativement petit (quelques cas par année au début des années 80, et une dizaine à la fin de la décennie; je parle bien de sida féminin) et que c’était des Haitiennes et des Québécoises qui avaient fait des sextrips à Haiti (après, elles sont allées en République Dominicaine).

Merci au doc Pépin d’avoir remonté la filière