En rediffusion – Des sciences intensives en 6ème année ?

EN REDIFFUSION – BILLET PUBLIÉ LE 15 FÉVRIER 2012

Alors que les Québécois discutent de l’implantation d’un programme d’anglais intensif en 6ème année du primaire, j’ai une autre suggestion à faire au gouvernement Charest : un programme intensif… de sciences !

On ne cesse de nous le répéter: nous vivons dans une société du savoir, qui dépend pour assurer son avenir de la capacité de sa population à savoir aborder des problématiques complexes.

On a besoin de beaucoup plus d’employés mieux formés, de moins de décrocheurs, de citoyens plus éclairés, de générations futures qui compteront plus d’ingénieurs, de programmeurs, de scientifiques et de médecins…

Mais ça coince. Malgré tous les efforts, de moins en moins de petits Québécois sont attirés vers les sciences, comme l’expliquaient récemment les chercheurs de Montréal et Sherbrooke qui ont mis sur pied la Chaire de recherche sur l’intérêt des jeunes à l’égard des sciences et de la technologie.

Rêvons un peu et imaginons un an de sciences au primaire. Les autres matières ne seraient pas abandonnées, loin s’en faut.

On peut faire du français en sciences : apprendre l’étymologie, les suffixes et préfixes (éco, bio, méga, nano…), la différence entre le conditionnel, le passé et le futur…

On peut faire évidemment plein de maths.

On peut aussi faire beaucoup d’anglais, puisque cette langue est celle par excellence de la communication scientifique à travers le monde. Plutôt que de l’anglais pour l’anglais, visitons des expos virtuelles de l’Exploratorium, les pages de science de la BBC et écoutons Discovery Kids.

La science est aussi une formidable porte d’entrée sur l’histoire des idées et des civilisations, puisque chaque période de l’humanité a été marquée par de grandes découvertes scientifiques et innovations technologiques: imprimerie, machine à vapeur, conquête spatiale…

On peut beaucoup parler d’éthique en science, discuter de clonage, du climat, des nanotechnologies… et de l’impossibilité pour la science de démontrer que Dieu existe ou qu’il n’existe pas.

Avec les sciences, on peut découvrir beaucoup d’histoires inspirantes, expérimenter, apprendre à repérer ses erreurs et à se montrer rigoureux (essayez de faire de la chimie ou de la robotique à peu près, ça ne marche pas !)

On sait depuis longtemps que l’enseignement des sciences est problématique au primaire, principalement du fait du manque de compétences des profs.

Donnons-leur l’occasion de s’y mettre une bonne fois pour toutes avec un programme intensif en sciences!

Au secondaire aussi, la place occupée par les sciences dans le programme est bien trop limitée.

Comme le rappelait récemment mon collègue Yannick Villedieu dans une discussion sur l’analphabétisme scientifique à Bazzo.tv, les petits Québécois ont un an (le secondaire 3) pour apprendre la biologie !

Coment voulez-vous ensuite qu’ils ne tombent pas dans le panneau de ceux qui prétendent que la sudation extrême purifie l’esprit ?

Plutôt que de saupoudrer, mettons le paquet dès le primaire en sciences pour permettre à nos enfants de comprendre très tôt comment fonctionne le monde dans lequel ils vivent.

On augmentera ainsi nos chances d’en faire des esprits éclairés, un petit peu mieux outillés pour résister aux idées toutes faites, aux charlatans et démagogues. Even if they speak english.

Ça vous inspire ?

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Bien sûr que non. Les sciences c’est beaucoup trop élitistes. En plus, cela déforme le cerveau.

Blague à part, les nouveaux manuels de formation en science au secondaire élimine quasiment toute forme de calcul mathématique (Les math c’est élitiste ne l’oublions pas). Alors, je ne suis pas trop optimiste.

Yvan Dutil, PhD
candidat PVQ, Jean-Talon

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