En rediffusion – Intimidation : vos enfants vous imitent

EN REDIFFUSION – BILLET PUBLIÉ LE 2 DÉCEMBRE 2011

L’émotion suscitée par le suicide de la jeune Marjorie Raymond a remis l’intimidation et la violence à l’école sur le devant de la scène.

Sur toutes les tribunes, des gens dénoncent ce phénomène et plusieurs demandent des sanctions plus sévères pour les intimidateurs… comme si l’intimidation était un fléau galopant contre lequel tous les moyens sont bons.

Mais y a-t-il vraiment plus d’intimidation et de violence dans les écoles qu’avant? Ou est-ce notre seuil de tolérance qui baisse et nos moyens d’investigation et de dénonciation qui augmentent?

Je n’ai trouvé aucune étude qui permette de dire si l’intimidation et la violence à l’école sont plus ou moins fréquentes qu’avant. Logique, car la plupart des études sur ce sujet sont très récentes (moins de 10 ans).

Les enquêtes sur l’étendue de l’intimidation, comme celle réalisée par l’Institut de la statistique du Québec en septembre dernier, n’ont pas été répétées à plusieurs années d’écart pour qu’on puisse dégager une tendance.

Actuellement, les recherches sur ce sujet portent surtout sur les ressorts de l’intimidation et la mise au point et l’évaluation de programmes d’intervention.

En 2009, le Groupe de recherche sur les environnements scolaires de l’université de Montréal a préparé un rapport sur la violence au secondaire, sur lequel s’appuie entre autres le plan d’action pour prévenir et traiter la violence à l’école du MELS. En voici un extrait:

Ce rapport confirme une évidence : il y a de la violence dans les écoles. Comment pourrait-il en être autrement, l’école étant un microcosme de sa société. Y en a-t-il beaucoup, trop? La réalité dépeinte doit-elle nous préoccuper ou nous inquiéter? Les réponses à ces questions sont nécessairement difficiles, car relatives à des normes qui sont d’abord morales, à l’image des valeurs d’une société ou de celles des individus.

À l’échelle de la société, le taux de crimes violents ne cesse de baisser. C’est moins évident pour les petits méfaits, comme le fait d’utiliser son téléphone cellulaire en conduisant même si l’on sait que c’est interdit parce que dangereux pour soi et pour les autres.

C’est probablement la même chose dans les écoles. Comme le montre cette excellente publicité contre la violence chez les jeunes… vos enfants vous imitent!

Tout cela n’enlève rien à l’infinie tristesse du drame de Marjorie Raymond. En sa mémoire, nous devrions tous nous interroger sur notre propre comportement en société plutôt que de militer en faveur de peines sans cesse plus sévères quand on sait qu’elles ne servent à rien.

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