En rediffusion – Statistique Canada nous plonge dans l’obscurantisme

EN REDIFFUSION – BILLET PUBLIÉ LE 14 FÉVRIER 2012

Les coupures récentes et futures du gouvernement fédéral à Statistique Canada sont en train de faire du Canada un pays de plus en plus obscurantiste, dans lequel on arrête de documenter par des études statistiques l’évolution d’une multitude de phénomènes sociaux ou économiques pour se fier plutôt aux intuitions.

Voyez cet article dans Le Devoir et écoutez le chercheur Pierre Noreau, président de l’Acfas, en entrevue à Maisonneuve en direct (à 22min37s) pour avoir une idée de ce qui est en train de se produire.

C’est un drame silencieux, qui aura pourtant des effets durables et bien réels sur chacun d’entre nous!

Malheureusement, dans l’imaginaire populaire, les statistiques n’ont pas la cote. On les voit comme rébarbatives, obscures, pas toujours fiables (on les associe souvent aux sondages en période électrorale…), voire inutiles.

Bref, qui a envie de descendre dans la rue pour des chiffres et des matheux?

Et pourtant. Les études statistiques sont fondamentales pour aider les chercheurs à dresser un portrait le plus juste possible de ce qui se passe dans le monde dans lequel nous vivons.

Elles leur permettent d’ébaucher des hypothèses, de vérifier des théories, de suivre l’évolution de divers phénomènes…

Tout cela sert ensuite à bâtir des politiques publiques qui ont les meilleures chances d’atteindre leurs buts, en s’appuyant non pas sur une vision idéologique de la société, mais sur des faits.

Un exemple (fictif, bien sûr…).

Vous êtes ministre de la sécurité publique et vous voulez savoir si votre pays doit se montrer plus sévère envers les jeunes contrevenants.

Exemple de vision idéologique: «le crime est l’ennemi absolu et les criminels ne méritent que la prison ! Durcissons les lois et l’ordre reviendra».

Exemple de vision éclairée par les statistiques: «Les statistiques montrent que le taux de criminalité ne cesse de diminuer. Les crimes sont surtout liés à la violence familiale et à la pauvreté, et se produisent surtout dans des quartiers défavorisés où le taux de chômage chez les jeunes est particulièrement élevé.»

Une politique éclairée mettra donc la lutte à la pauvreté, l’éducation et la revitalisation urbaine à son agenda.

Si elle est bien menée, elle a toutes les chances d’atteindre son objectif, les études statistiques ayant permis de repérer les véritables déterminants du crime.

L’idéologie, elle, est infiniment plus hasardeuse…

On aurait pu prendre des exemples dans tous les pans de la vie en société.

Vous voulez savoir combien il faudra de maisons de retraite dans 20 ans ? Si un tramway a des chances d’être rentable ? Si les immigrants peuvent facilement trouver du travail ? Si les crédits d’impôt aux entreprises sont efficaces ? Si les jeunes sont en bonne santé mentale ?

Depuis plusieurs décennies, Statistique Canada mène des enquêtes régulières sur tous ces sujets.

Le ministère fournit les données brutes aux chercheurs, qui peuvent les analyser.

À l’intention des décideurs en tout genre, analystes, politiques, journalistes, simples citoyens…  il publie aussi des analyses dans lesquelles les statistiques ont été «prédigérées» par ses spécialistes, pour les rendre sous une forme facilement utilisable.

Comme bien d’autres personnes, je m’en sers régulièrement.

Mais dans les derniers mois, Statistiques Canada n’a pas seulement raccourci le questionnaire du recensement de la population.

Le ministère a mis fin à plusieurs de ses enquêtes, et cessé de produire nombre d’analyses, sur la santé, le milieu de travail, la grossesse ou les jeunes, par exemple.

Exit, notamment, l’enquête longitudinale sur les enfants et les jeunes, qui depuis 1994 suivait le bien-être et la croissance des petits Canadiens de la naissance à l’âge adulte.

Non seulement on disposera donc à l’avenir de moins de chiffres sur ce qui se passe vraiment dans la société canadienne, mais on aura aussi moins de chances de pouvoir les interpréter.

Pour Pierre Noreau, le gouvernement Harper fait de l’«aveuglement volontaire» avec toutes ces coupures. Autrement dit, il conduit le pays avec les mains devant les yeux. Va-t-on finir droit dans le mur?

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Les décisions idéologiques de Harper ressemblent drôlement à la croyance. Croire sans preuve tout comme les religions. Voilà sur quoi il se base pour prendre des décisions qui vont du moins jusqu’à un prochain gouvernement nous amener dans un chemin qui est tracé sans fait vérifiablle, juste sur des discours idéologiques de droite qui galvaudent la réalité.
Lorsqu’on veut tuer son chien, on dit qu’il la la rage.

Harper est l’ennemi à abattre. L’obscurantisme planifié dont il fait preuve est rendu à un niveau qui donne non seulement mal au cœur mais qui invite à agir. Il faut instituer au plus vite un « impeachment » comme au États-Unis. Il faut destituer rapidement Harper. Ah! Oui, il y a une façon de s’en débarrasser… le Québec doit faire son indépendance.

Effectivement, le gouvernement Harper coupe non seulement dans l’analyse et la collecte de données statistiques, mais également entre autres dans divers systèmes qui avaient pour but de protéger la population contre les abus des grandes sociétés alimentaires (inspection des aliments avant l’entrée au pays, identification claire de ce que contient un emballage, etc), tout cela au nom d’un »assainissement » du budget. Mais cela est presque passé inaperçu au Québec, car nous étions pris par notre nombril, les revendications étudiantes.
L’idéologie et la religion ont un point en commun: ils sont basés sur on un système de croyances. Je n’ai pas besoin de preuves basées sur des faits vérifiables, car plusieurs pensent comme moi, donc j’ai raison et les autres ont torts, tu es avec moi ou contre moi, tu es un fidèle ou un infidèle. Pour faire le bien (quand on ne dessert pas strictement ses intérêts personnels), certains se pensent en droit de faire le mal, pusqu’il est pardonné par le système de croyances.
Voyez comme il est facile de passer du blanc au noir, de la lumière à l’obscurité en éclairant à sa façon un fait divers. On peut tout aussi facilement ridiculier, diaboliser et médire sur le compte de l’autre en manipulant l’information via les médias, tout médias confondu, incluant les rumeurs virtuelles du web…
Que le discours soit de gauche ou de droite, ils galvaudent tout deux la réalité. À chaque décision, chaque geste que nous posons comme individu, comme représentant de la communauté (eh, oui, messieurs dames politiciens-politiciennes, vous êtes sensés NOUS représentés et non pas nous convaincre du bien fondé de VOTRE idéologie), comme société, il y a toujours des impacts et un prix à payer. On se garde bien de nous informer sur ces derniers… Soit on le tait parce que la divulgation serait nuisible à l’atteinte de l’objectif idéologique, soit on ne le sait pas!

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