Enfin débarrassés de l’amiante ?

Le Québec pourrait enfin se rendre à la raison et revoir sa position sur l’amiante, d’après La Presse. Évidemment, l’information a été immédiatement démentie par le bureau du premier ministre Jean Charest, mais force est de reconnaître que celui-ci commence à manquer d’arguments.

Cela fait déjà plusieurs années que scientifiques et médecins ont tranché sur la dangerosité de l’amiante: qu’il soit chrysotile ou amphibole, l’amiante est un produit cancérigène.

Il cause principalement des mésothéliomes (cancers de la plèvre ou du péritoine), des cancers du poumon et des amiantoses (ou asbestoses), apparaissant de 10 à 20 ans après l’exposition.

L’incidence de toutes ces maladies est en hausse au Québec, où on observe certains des records mondiaux en la matière. Les fibres d’amphibole, particulièrement nocives, ont été interdites en 1980. Mais elles font encore des ravages, notamment dans l’industrie de la construction.

L’Institut national de santé publique du Québec a déjà rendu 13 rapports au gouvernement du Québec dénonçant les méfaits de l’amiante.

Depuis 2003, il lui demande notamment de réviser la norme d’exposition à l’amiante en milieu de travail, parmi les plus permissives au monde. Les quantités d’amiante dans l’air autorisées au Québec sont dix fois plus élevées qu’aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France, et même 100 fois plus qu’aux Pays-Bas ou en Allemagne.

Voyez la lettre ouverte écrite récemment par 13 scientifiques qui pressent Québec de revoir sa position.

Le Canada est le seul pays industrialisé à persister à défendre ardemment le chrysotile, interdit dans plusieurs pays. Il ne serait pas nocif quand on l’utilise avec précaution et qu’on l’emprisonne dans des produits comme l’amiante-ciment, prétendent les fabricants.

Mais selon l’INSPQ, rien ne prouve actuellement que les travailleurs québécois sont adéquatement protégés.

Et c’est probablement pire dans les pays utilisateurs de ces produits, qui sont presque toujours exportés. En 2001, déjà, deux chercheurs de l’Université Nehru, à New Delhi, publiaient dans la très sérieuse revue scientifique internationale Industrial Health un article sur les ravages causés par l’amiante en Inde, là où aboutit la plus grande partie du chrysotile québécois.

C’est bizarre, Québec fait confiance aux scientifiques de l’INSPQ pour la grippe, mais pas pour l’amiante.

Je persiste à ne pas croire au complot pour la première. Pour l’amiante, mettons que l’obstination de Québec à défendre l’industrie du chrysotile est pour le moins troublante.

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Libre à l’Inde ou aux autres pays acheteurs de ne pas importer notre amiante. Rien ne les oblige à l’acheter. Mais je ne vois pas pourquoi nous refuserions de leur en vendre. Il faut penser, aussi, aux travailleurs de Thetford-Mines: des concitoyens qui ont, aussi, des droits, des enfants, des maisons, des chalets, une vie. Une vie aussi importante que celle des gens de Montréal, de Québec ou de Sherbrooke.

Rappelons que tous les pays qui s’opposent à toute utilisation ou commerce de l’amiante ont leurs propres intérêts. Notamment: 1) aucune mine d’amiante sur leur territoire; 2) des industries qui rêvent de prendre la place de l’amiante si celle-ci devenait interdite partout. Ces pays pensent à EUX avant tout. Pourquoi le Québec n’aurait-il pas le droit, lui ausi, de penser à LUI avant tout, comme EUX?

Il n’y aucune contradiction à ne pas utiliser soi-même un produit qu’on vend à d’autres. Tout comme il n’y a aucune contradiction à laisser des compagnies fabriquer et vendre au Canada des cigarettes et des boissons alcoolisés même si les dommages causés par ces substances sont fort connus et dépasse de nombreux ordres de grandeur les dommages causés par l’amiante.

Il me semble qu’il y a tellement de dossiers tellement plus importants auxquels nous pourrions nous intéresser. Quand les autres veulent interdire l’amiante, au moins ils ont la sagesse de ne pas se tirer dans le pied. Ceux, au Québec, qui veulent interdire l’exportation de notre amiante, choisissent de tirer dans le pied de plusieurs de leurs concitoyens. Je ne suis pas sûr qu’ils seraient du même avis si le tir traversait leur propre pied à la place…

Surtout que cette industrie est rendue moribonde. Il ne reste plus de mine en exploitation ou une seule si je ne m’abuse.

Si vous suiviez l’actualité vous sauriez que le gouvernement a clairement indiqué la semaine dernière qu’il n’était pas question de revoir sa position sur l’utilisation sécuritaire de l’Amiante.

Que la rencontre du 21 septembre n’avait aucun lien (aucun rapport) avec la position du gouvernement.

Vous aimez ça dire n’importe quoi hein?

L’amiante, c’est dangereux pour celui qui l’extrait, la pose ou l’enlève.
Si, dans les murs d’une bâtisse, on a mis de l’amiante en 1972, et que cet amiante est recouvert de plâtre ou de tout autre recouvrement, vous pouvez y aller sans crainte, vous n’aurez pas un cancer.

La mine Bell de Thetford est femée depuis 2008 et l’économie de Thetford est très diversifiée. Elle ne repose plus que sur l’exploitation de l’amiante. Donc, l’argument suivant : « Il faut penser, aussi, aux travailleurs de Thetford-Mines» ne tient pas la route.

Toute la production d’amiante (chrysotile) au Canada se fait à Thetford-Mines: dans la mine lac d’Amiante, qui est située à 5 ou 6 km de Thetford-Mines (à mi chemin entre Sherbrooke et Québec). Elle produit de 60,000 à 200,000 tonnes d’amiantes par an. De plus, de nombreuses personnes, à Thetford-Mines, sont des pensionnés de compagnies minières.

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