Et si le docteur Barrette ne savait pas qu’il était devenu ministre ?

Jugeant que la confrontation actuelle ne mènera nulle part, le Dr Alain Vadeboncœur suggère au ministre Gaétan Barrette de reprendre le dialogue avec les médecins et de travailler avec eux à la recherche de solutions pour améliorer le système de santé. 

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Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Quand le docteur Gaétan Barrette s’est levé au fond de la salle, les mains sur les hanches et un sourire aux lèvres, il débordait de sa confiance habituelle. Un murmure a parcouru l’assemblée. Il allait se passer quelque chose. Les médecins ont fait silence ; on aurait entendu une sonde échographique vibrer. Le spectacle allait commencer.
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Le tribun a ouvert en murmurant : «Bon, ce soir, je vais être gentil…» Après une pause, pendant laquelle il savourait son effet, le discours a démarré. D’abord doucereux, le ton est monté graduellement, devenant peu à peu cinglant. Ma foi ! On aurait dit mon parrain, Michel Chartrand, réincarné en médecin.

Salve après salve, c’était une démonstration implacable. Plus il parlait, plus ses mots étaient durs, jusqu’à ce paroxysme où il pointa longuement son index accusateur. Puis, au bout de 30 longues minutes, il avait terminé. Il ne souriait plus.

En face de lui, à l’autre bout de la salle, le docteur Yves Dugré, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) depuis 2001, avait le visage renfrogné. Nous avons compris que le président des radiologistes avait gagné la bataille.

Quelques semaines plus tard, le 13 novembre 2006, le docteur Yves Dugré démissionnait pour cause de maladie, et Gaétan Barrette lui succédait à ce poste occupé depuis sans opposition, jusqu’aux élections provinciales de 2014 — sauf pour une sabbatique, à l’été 2012 —, question de tâter une première fois de la politique avec la CAQ.

La productivité du radiologiste

Président des radiologistes, puis de mon syndicat professionnel, le docteur Barrette répétait souvent son maître mot, qui allait marquer sa carrière syndicale : la productivité — une vertu qu’il souhaitait d’autant plus transformer en espèces sonnantes qu’elle s’accordait bien à sa formation en radiologie.

Un scan cérébral prenait jadis plus d’une heure à compléter. Il fallait ensuite imprimer les films, les accrocher sur des rétroprojecteurs (devenus folkloriques), puis les examiner un par un. Laborieux.

Depuis, tout s’est incroyablement accéléré : réalisées en quelques minutes, les images d’aujourd’hui apparaissent à l’écran de n’importe quel ordinateur — par exemple, dans celui du salon des radiologistes, ce qui est fort pratique la nuit.

Il n’y a donc pas de surprise à cette solution productiviste proposée, son projet de loi 20, visant à régler la question de l’accès au médecin de famille : il suffit d’aller plus vite et de travailler plus fort, voilà tout. C’est comme avec un scan : il faut juste dire «Manon, pèse su’l piton», finalement. Et ça marche — ou pas.

Parce que, comme le rappelait mardi matin le Collège des médecins, il ne faut pas seulement le dire : il faut aussi disposer en première ligne des ressources — personnel, informatique, système de rendez-vous, etc. — pour y arriver. Il y a donc loin de la coupe aux lèvres.

Je me souviens des représentants de spécialités moins techniques, qui reprochaient parfois au radiologiste sa fixation sur la productivité. Comme ce psychiatre, qui lui avait une fois lancé : «Gaétan, t’as bien beau être plus productif avec tes scans, qui vont de plus en plus vite, mais moi, mes patients, ils parlent encore à la même vitesse qu’avant.» Ce qui avait fait sourire tout le monde, incluant celui qui était visé, qui savait être bon public.

Le nouveau président voulait aussi parler d’argent, sans gêne et publiquement, et prendre pour objectif le revenu des médecins canadiens — la parité canadienne, comme il disait, son second mantra. À ce chapitre, on peut dire qu’il a gagné son pari.

Le pouvoir du président

Étant alors moi-même président d’une des associations de la FMSQ, l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMUQ), j’ai côtoyé le radiologiste, puis le président.

J’ai souvent discuté avec lui de notre système de santé, des problèmes qui l’affligent et des solutions possibles. Je dois l’admettre, il avait d’intéressantes idées. J’ai aussi appris à connaître le redoutable négociateur, ayant dû négocier avec lui la première entente de la nouvelle spécialité de médecine d’urgence.

Né pour diriger, il affirmait n’avoir jamais couru après le pouvoir, et qu’on était chaque fois venu le chercher pour lui proposer des mandats, parce qu’il livrait la marchandise — ce qui n’est pas tout à fait faux.

Il est vrai que certaines de ses propositions avaient la précision et l’efficacité d’un scalpel, comme cette «formule de répartition» entre les spécialités, tenue aussi secrète que la recette de poulet frit du colonel Sanders. Tout le monde s’est rallié à son modèle, qui a permis de réduire quelque peu l’écart de revenu entre les spécialités.

Mais c’était surtout un fin stratège. Quand le vent de la contestation montait à la FMSQ, il réussissait à manœuvrer — c’est un euphémisme — pour rallier la majorité des spécialistes à sa cause et faire taire les opposants.

Communicateur percutant, il en imposait tout aussi facilement : par ses idées, par la dureté de ses mots et par l’imprévisibilité du personnage qu’il s’amusait à incarner — parce que ce spécialiste des images savait jouer avec la sienne. Connaissant bien ses dossiers, il contrait les arguments à coup de formules dévastatrices, d’humour abrasif et d’arrogance bien dosée.

Sur la scène publique, le personnage faisait un peu moins l’unanimité auprès de ses pairs, certains remettant en question l’à-propos de déclarations publiques parfois livrées à l’emporte-pièce.

Le président devenu ministre

Puis, un matin d’avril 2014, vous connaissez l’histoire : le président est devenu ministre.

À mon avis, le pouvoir ne l’a pas tellement transformé. J’ai même parfois l’impression qu’il n’a pas encore réalisé qu’il est maintenant le ministre de la Santé et des Services sociaux… et cela pourrait bien être son plus gros problème.

Même si, contrairement à de nombreuses personnes, je pense qu’il souhaite vraiment améliorer le fonctionnement du système de santé, il semble encore apprécier un peu trop les effets oratoires, les arguments déstabilisateurs — parfois simplistes — et les moqueries lancées à ses adversaires et ses collègues. C’est qu’un ministre et un syndicaliste, c’est tout de même un peu différent.

Comme président de la FMSQ, créer un rapport de force avec «l’adversaire» — le gouvernement — faisait certes partie de son mandat, et il ménageait rarement ceux qui, aujourd’hui, sont ses voisins sur les banquettes ministérielles.

Mais dans le conflit actuel, cette attitude vindicative pourrait se retourner contre lui, surtout par son attitude avec les médecins de famille. Parce que le nouveau ministre trône — le mot n’est pas trop fort — à la tête du ministère le plus vaste du gouvernement, où l’on retrouve les plus gros budgets, les plus complexes problèmes de gestion, les enjeux humains les plus importants et les groupes de pression les plus corsés, notamment ces médecins si difficiles à contrôler.

Il n’est pas surprenant que ce projet de loi 20, apparemment conçu en vase clos, ait engendré une telle onde de choc dans la profession médicale, un effet d’abord amplifié par de nombreux commentateurs se réjouissant de voir — enfin ! — les médecins remis à leur place. Le ministre prend pourtant beaucoup de risques et pourrait, à terme, déstabiliser le réseau de la santé. J’y reviendrai bientôt.

Par son attitude (qui est bien un choix, parce que l’homme ne laisse rien au hasard), il risque de bloquer toute possibilité de retravailler un jour avec la profession médicale, ce qui n’est pas idéal quand il faut améliorer l’organisation des soins médicaux — le vrai défi de son mandat.

Il y a pourtant des exemples plus inspirants : en Colombie-Britannique, par exemple, le gouvernement s’est associé aux médecins pour travailler en continu à l’amélioration du système de santé, notamment en abordant ces questions difficiles — mais universelles — de l’accès à la première ligne. Et il réussit beaucoup mieux à améliorer les choses, sans engager de dépenses majeures.

Diriger, c’est bien ; inspirer, c’est mieux

Il me semble que le spectacle a assez duré. D’autant plus que le jeu du personnage principal semble parfois défaillir. Dans les coulisses, on se pose des questions. À quand le prochain coup de théâtre ? Comment se terminera la pièce ? Vivement un entracte, qu’on puisse se rafraîchir un peu.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux pourrait en profiter pour essayer d’abaisser le niveau de confrontation, prendre du recul, mieux comprendre les réactions de ses pairs — je n’ai jamais vu les médecins aussi désemparés, découragés et en colère tout à la fois — et commencer à planifier une sortie de crise. Bref, jouer son rôle de ministre.

Parce que je suis certain qu’il souhaite, comme chacun de nous (et surtout comme nos patients), améliorer l’accès à la première ligne — et avec cela, l’ensemble des soins médicaux —, il est temps de renouer avec le dialogue et la collaboration.

C’est qu’un ministre de la Santé ne doit pas seulement diriger, il doit aussi inspirer — ce qui est le plus difficile.

Des centaines de milliers de personnes qui œuvrent avec lui dans le réseau de soins, 22 552 sont médecins. Et chacun d’entre eux représente soit une partie de la solution, soit un obstacle, que le ministre ne pourra pas toujours faire semblant d’ignorer.

*

J’avais envoyé, en 2012, mon bouquin Privé de soins au président de la FMSQ. Il l’avait peut-être lu, je ne sais pas. Je vous laisse sur les quelques paragraphes qui ouvrent la troisième partie, où je commente brièvement les défis ardus que doit affronter un ministre de la Santé :

Il faut simplement soigner…

Une idée simple inspire notre système de santé public : il faut collectivement prendre soin de nos malades. Sur cette base s’érige tout l’édifice. En théorie du moins.

En pratique, qui voudrait se retrouver ministre de la Santé et diriger ce réseau complexe, tiré dans tous les sens par les lobbys, secoué par des crises, critiqué par les commentateurs et ausculté par les experts, enjeu de tous les impératifs partisans et mal aimé par un peu tout le monde — et devoir assumer, malgré le tumulte, l’immense responsabilité d’offrir aux citoyens des soins de qualité, pertinents et accessibles ? L’énormité du défi évoque le mythe de Sisyphe !

D’où, peut-être, la tentation de le réduire à des paramètres inspirés par le monde des affaires : indicateurs de performance, critères d’efficience et objectifs de coût/efficacité — au risque de la dénaturer. Comment garder vivant le souci du patient dans ce contexte ? Cette dérive de la gestion publique ne se limite pas à l’univers de la santé : c’est un large mouvement qui tend à réduire l’art de gouverner à des techniques de gouvernance.

Dans le système de santé, les orientations sont décidées d’en haut, cela va de soi : dans le bureau du ministre. Ou même souvent de plus haut, on s’en doute. Mais les soins se donnent en bas, sur le terrain : à domicile ou dans le bureau du médecin, dans l’ambulance ou la salle de choc, au bloc opératoire ou aux soins intensifs, à l’unité de soins ou au centre de longue durée. Physiquement, administrativement et opérationnellement, la distance entre la tête dirigeante et ce corps agissant est immense ; il faut cependant que le courant passe, parce que les soins en dépendent.

Mais comment un ministre s’assure-t-il de la qualité des soins prodigués alors qu’il en est si éloigné ? La réponse est dans la question : n’y pouvant rien par lui-même, devant entièrement compter sur le savoir-faire collectif considérable des gens du réseau, son rôle est de mettre en place les conditions qui leur permettront de bien répondre aux besoins de chaque patient – un principe de gestion d’ailleurs aussi simple que l’idée même qu’il doit servir.

*

C’est qu’il ne s’agit pas seulement de prouver qu’on a raison : il faut aussi essayer de travailler ensemble, ce qui est aujourd’hui le vrai défi de ce radiologiste devenu président, puis député, puis ministre de la Santé et des Services sociaux. C’est donc à vous de jouer, Monsieur le ministre.

Alors qu’on apprend, ce matin même, que la plus grande réforme jamais réalisée en santé (les mégafusions du projet de loi 10) pourrait être adoptée sous le bâillon, on se prend presque à souhaiter que le ministre Gaétan Barrette ait raison et que tout le monde se trompe, ce qui serait tout de même surprenant. Sinon, ça va vraiment aller bientôt de travers.

* * *

À propos d’Alain Vadeboncœur

Le docteur Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé de clinique à l’Université de Montréal, où il enseigne, il participe aussi à des recherches sur le système de santé. Auteur, il a publié Privé de soins en 2012 et Les acteurs ne savent pas mourir en 2014. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter (@Vadeboncoeur_Al), et il a aussi son propre site Web : alainvadeboncoeur.com.

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57 commentaires
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Docteur, croyez-vous que le risque est réel, si le projet de loi 20 est adopté, que de nombreux médecins passent à la médecine privée (hors RAMQ)?
Je ne comprends pas que le Dr. Barrette semble tellement peu soucieux de cette possible conséquence.

C’est toujours difficile à évaluer d’avance. Mais comme un certain mouvement est déjà amorcé, particulièrement dans certaines régions, l’effet net sera probablement une accélération. Le ministre a le pouvoir de limiter ceci, mais ce n’est pas si évident, les dispositions sont assez limitées et doivent être renouvelés. Donc oui, c’est une crainte qu’on peut avoir. Merci du commentaire.

Avec M. Couillard comme PM, il ne serait pas surprenant que le privé profite de la situation et que ce soit voulu.

Ça doit faire au moins 15-20 ans et peut-être plus que le gouvernement « discute » avec les médecins pour améliorer l’accès aux soins. Et rien n’a bougé. On n’a toujours pas de service rapide aux urgences, on meurt toujours dans les corridors et on n’a pas plus d’entrée à un médecins de famille pour la plupart des Québécois.

T’sais j’veux dire…un m’ment donné faut passer aux actes et nous avons le privilège d’avoir (enfin!) un ministre de la Santé qui a du guts, de l’envergure et qui n’utilise pas la langue de bois. Y’en a marre des comités, des tables de concertation, des chantiers et autres artifices très appréciés par la gauche mais qui ne servent en fait qu’à acheter du temps. Fini de niaiser avec le puck!

Quoique je trouve Monsieur Barette un peu bully, il a mon appui à 110%!

Oui, vous avez raison, on n’a pas eu le courage d’agir. La faillite, particulièrement évidente de l’accessibilité aux soins de première ligne est évident. Il l’était déjà à la fin des années 60 alors que le « Rapport Castonguay » dénonçait l’absence d’un véritable régime de santé cohérent, des énormes dépenses réalisées dans les soins secondaires et tertiaires et dans la faiblesse des investissements en prévention et dans les soins de santé primaire. Pour prendre soin de cette lacune, on a créé les CLSC contre lesquels les omnipraticiens ont entrepris une lutte à finir. Non seulement n’a-t-on pas terminé le réseau des CLSC mais en pratique on a tout lâché en faveur des cabinets privés, des cliniques privées ensuite et enfin dans un ensemble de mesures de renforcement de ceux-ci les GMF. Il est maintenant évident que c’est une faillite. Nous avons propulsé le nombre et la rémunération des médecins omnipraticiens à des niveaux non seulement inégalés ici au Canada mais à toutes fins utiles dans le monde dans bien des cas.

Ce qui est aussi évident, c’est que la médecine de première ligne ne peut plus être confiée qu’aux seuls médecins. Il faut une équipe et une gradation de la réponse. Dans cette équipe, il faut utiliser le médecin non pas à la porte d’entrée mais en référence quand la problématique dépasse la compétence des premiers intervenants, en particulier de l’infirmière clinicienne.

Or Barette, n’a aucun plan d’action. Personne ne sait où il s’en va, s’il le sait lui-même. On constate quoi? Des coups de gueule, des coups de volant intempestifs dans toutes les directions. La création d’un régime de santé avec un ministre omnipotent, un renforcement du fonctionnariat et une centralisation des pouvoirs au niveau central au dépens du local et régional. Or la santé, ça se passe… localement, près des gens. Tout ce qu’on retient, c’est la volonté de botter le derrière à tout le monde.

Il est évident que nous avons besoin d’action et que le courage d’agir a été gravement absent. Mais il y a une sacré différence entre faire des sparages sans que personne ne sache ou comprenne, sans que l’action soit validée et partagée et agir… intelligemment avec une acceptabilité préalable d’une part significative du milieu de la santé. Présentement, Barrette agit seul en désaccord avec à peu près tout le monde. Le peu d’appui qu’il a procède souvent de la crainte, de la peur de se voir trancher le coup par ll’Omnipotent lui-même.

Nous ne sommes pas à la « lutte au Forum » . Oui, les omnipraticiens (et d’autres) n’ont pas livré la marchandise promise et payée à gros prix mais ce qu’il faut faire ne devrait pas découler de vindicte, de la vengeance, de la détestation comme c’est évident actuellement. Barrette semble se complaire dans le « fais le souffert!!! »… Castonguay a agi et son action nous a procuré une avancée sans précédent au Québec qui a fait de notre système de santé un système longtemps considéré comme le plus avancé au monde. Il n’a pas réussi cela en agissant avec grossièreté et en gueulant après tout le monde. Il a agi posément et efficacement en s’appuyant sur ceux qui étaient là, à son époque. L’éléphant dans le magasin de porcelaine est en train de tout détruire. Il est temps, plus que temps de l’envoyer au zoo. La santé qui constitue le service public le plus coûteux et le plus important pour la population (avec l’éducation) n’a pas besoin de ça. Nous avons collectivement besoin d’un ministre courageux apte à compter sur la majorité du réseau, apte à compter sur le jugement des autres, aptes à conjuguer le meilleur pour aller de l’avant dans une direction clairement connue ayant un minimum et idéalement un maximum d’adhésion..

TOUS les Ministres de la Santé du Québec, TOUS jusqu’à date ont « réussi » le tour de force de nous donner moins de services tout en facturant plus cher. Le peuple a pompé des centaines de Milliards de $ en santé et le service à la clientèle est de moins en moins accessible, à la limite de la parodie.

Je répète, Monsieur Barette est le SEUL à avoir l’énergie et la connaissance du système requises pour changer les choses. Le SEUL et il est délicieux, voire jouissif de voir le rigide establishment médical commencer à gigoter et à s’affoler devant ce qui semble être ce que ces prima donna considèrent du haut de leur savoir, un coup d’État.

Je comprends l’amertume des médecins. Imaginez, un des leurs, qu’ils considéraient il n’y a pas si longtemps comme suffisamment visionnaire et professionnel pour négocier leurs conditions et leurs émoluments avec le gouvernement, leur faire faux bond et décider qu’il en a marre d’abuser du système actuel et de défendre le petit peuple… Et en plus, il apporte des solutions qui, si le monde médical avait eu ne serait-ce qu’une once de bonne volonté, être appliquées il y a bien longtemps.

Le réforme ne sera certainement pas parfaite et je vois d’ici le lobby médical et les journalistes de gauche (en existe-t-il d’autre sorte?) utiliser quelques exemples soigneusement choisis pour nous faire pleurer sur le sort de certains malades « victimes » de la réforme en omettant soigneusement de nous rappeler que c’est TOUT le Québec qui croupit actuellement sous le poids de l’indifférence des groupes de pression médicaux.

J’appuie Monsieur Barette à 110%!!!

Si tout cet épisode aboutissait sur le maintien du statuquo, je serais aussi déçu de vous. La « crise » actuelle doit être une occasion d’avancer. Les médecins doivent bouger, je suis bien d’accord. La « solution » proposée m’apparaît insuffisante ou à la limite erronée, mais elle offre une occasion de brasser la cage et de trouver les solutions. A suivre.

Le problème, c’est que Barrette ne fait pas qu’ajuster les choses. En fait, c’est une entreprise de démolition du réseau dans sa forme actuellle laquelle est en continuité avec le passé. Il démolit et reconstruit une structure très centalisée et s’appuyant sur de véritabl;es fonctionnaires qu’il a en mains et désigne. Il fait fi des réalités locales, d’administrations de proximité et même des réalités régionales en faisant des ensembles sans liens organiques jusqu’à présent. J’ai personnellement étudié l’organisation comparée des régimes de santé en occident et je ne connais pas, dans des pays ayant un système de santé comparables en termes de développement, une tel bricolage. C’est de l’ « expérimentation » pour être gentil. Ni la France, ni l’Italie qui sont assez centralisés n’ont rien s’y approchant. Personne n’a vu un tel bricolage ailleurs. Il faut comprendre qu’après Barrette, alors que nous verrons cet échaffaudage s’effondrer il sera difficile de replacer les choises. Remettre le dentifirce dans le tube ne se fait pas. De plus, le simple bon sens exige un minimum de prudence. Brasser la cage ne garantit rien. Il ne s’agit pas de brasser la cage, il faut y aller avec méthode et avec des hypothèses qui se tiennent. Cela devrait être compréhensible à ceux qui sont convaincus d’une démarche raisonnée et scientifique. Réformer la santé d’un pays comme le Québec ne peut être confié au hasard!!!

La loi 20 est proprement inutile présentement. Il y aurait moyen de faire évoluer les choses au niveau régional sans pour autant tout centraliser en fait à Québec dans le bureau du Ministre comme c’est la volonté de Barrette. Les établissements d’une région peuvent se réapproprier collectivement, par exemple, le niveau de coordination régionale. Je n’élabore pas car l’espace ne le permet pas..

De plus, ce dont on a réellement besoin et qui est urgent est de réformer le niveau des soins de santé priomaire. Il n’y a dans les sparages de Barrette aucune proposition et vision claire, aucun plan connu. Sans tout jeter à terre, il y aurait là aussi moyen d’avancer vers de nouveaux modèles de distribution et d’organisation des services autour d’équipes multidisciplinaires. Nous avons une expérience précieuse en domaine en psychiâtrie. Nous avons aussi des exemples ailleurs, aux É.U., en Europe, en Grande-Bretagne. Il y a de quoi pour s’appuyer. se donner 5 ans pour mettre véritablement un régime public de soins de santé primaires, multidisciplinaire dans son approche est réaliste et faisable. Nous aurions du le faire il y a 20 ans certes mais on ne refait pas le monde d’un claquement de doigts et avec des projets vagues reposant sur la volonté d’un seul homme. Avant d’un cbrasseur de cage, nous avons besoin d’un brasseur d’idées doté d’une réelle volonté et de capacité de changement. On ne peut pas, confier la moitié du budget d’un état à un hurluberlu en espérant que son brassage de cage fera tomber du bon côté la pièce de monaie qu’il lance en l’air! Et c’est ce que le Gouivernement actuel faire permet à Barrette!

Je suis tout a fait d’accord avec Francois et il devrait même prendre le ministère de l.éducation parce que Mr Bolduc fait vraiment pitié,
plus sans vie que lui tu meurs.

Le comportement de Barrette n’a absolument rien de surprenant . Il était hautement prévisible. Il agit dans la suite de ce qu’il a toujours été. Primo, il est marqué par ses traits de personnalités. Tout est centré sur lui-même. Il est sa seule référence dans l’action. Il aurait pu agir en se référant effectivement aux forces du milieu en écoutant les diverses pistes de solutions venant des syndicats médicaux, de travailleurs, des hauts dirigeants, des cadres intermédiaires, des autres professionnels du milieu etc… Il a plutôt commencé son règne d’abord en refusant des les rencontrer (les dirigeants) pour ensuite les menacer dans un discours, le premier, qu’il leur a tenu, Il aurait pu aussi se pencher vers la population. Écouter et retenir la vision des associations de bénificiaires, les organismes bénévoles, le public en général etc… Il ne l’a pas non plus fait. Il aurait pu faire aussi appel aux expertises qui consacrent leur vie à justement étudier l’organisation des services de santé. Non, il n’ a consulté personne.

Substantiellement, René Lévesque, dans une réflexion sur l’exercice du pouvoir a dit que plusieurs croient faussement que le pouvoir permet de réaliser enfin sa propre vision des choses. Il n’en est rien, Dans une démocratie et non dans une dictature, le pouvoir s’exerce par l’art du compromis. Diriger, c’est négocier une voie commune entre les diverses volontées d’aller en avant pour la société. C’est la faire avancer en fonction de ce qu’elle est et veut plutôt qu’en fonction de ce qu’on est et veut. Tout le contraire de la démarche de Barrette.

Secundo, Barrette a une vision en tunnel de la santé. Il voit les choses d’en bas, du sous-sol presque, là où physiquement se trouve un département de radiologie! Ce n’est pas un défaut mais cela ne prépare pas à voir d’en haut. Tout au plus a-t-il une vision… cérébrale du travail des autres. Que sait-il vraiment de la Santé publique, du quotidien, de l’infirmière en psychiâtrie? Que sait-il vraiment de l’immense complexité, des nuances quasi infinies retrouvées dans un seul établissement, de ce qui se vit chaque jour dans les diverses unités de soins qui sont pourtant toute la réalité de l’infirmière et du malade. A-t-il conscience de la complexité d’un régime de santé, de ses articulations, de ses inter-actions. Il est permis d’en douter quand on voit comment il agit en désarticulant le réseau comme il le fait sur la base d’une prise
de guides par le Ministre lui-même lui permettant, croit-il, de peser sur le bouton pour que ça se passe comme il le veut. Or ce n’est pas comme ça que ça marche. Il l’apprendra certainement d’ici à quelques mois, bien avant la fin de son mandat. Barrette ignore presque tout de la réalité, je dirais organique, de l’univers de la santé. Il n’a qu’une lorgnette de radilogiste et de chef syndical limité à une profession pour voir l’immensité de l’univers et il croit être en mesure de lutter contre les lois qui le gouvernent actuellement pour en imposer d’autres qu’il croit les meilleures.

Ce qu’il prépare pour le Québec, c’est d’abord une révolte de plus d’une centaine de milliers de personnes ont toutes choisies de vivre et consacrer leurs vies pour le bien-être des autres. Ce qu’il prépare aussi, c’est un échec et surtout un immense dégat. Il faudra, après son départ, tout rebâtir, cette fois, avec les victimes amochées et désabusées de son action grossière. Oui, il aura laissé sa marque, la marque de la dictature d’un égocentriste.

Vous avez tellement raison ! Il faut vraiment être aveugle pour ne pas être capable de « voir venir » la suite des choses. Barrette va peut-être même réussir ce que le Parti Québécois ne réussirait probablement pas, lui-même : de couler le Gouvernement libéral de Couillard. C’est un allié objectif, dont il ne faudrait surtout pas sous-estimer l’efficacité… Et dire que les électeurs de son comté l’ont préféré à la si honorable Mme Ouda-Pépin… Le Québec de tous les Barrette, François 1, et autres pittbulls n’a pas fini de « traîner la patte » au dernier rang de tous les états du monde ! — on est assurément une partie très représentative du Tiers-monde, ici même, n’est-ce pas? À chaque fois que j’entends ou que je lis le Docteur Alain Vadeboncoeur, je me dis que le monde est donc mal fait ! Lui, il sait m’inspirer, lui il est un vrai modèle pour sa profession. Lui, il ferait sans doute un excellent ministre de la Santé et des Services cociaux… Mais il est bien trop occupé ( et préoccupé ) par le soin des vrais malades, et de la population du Québec… lui…

Merci pour le commentaire, mais je ne suis sans doute pas fait pour la politique. J’ai du respect pour ceux qui plongent, croyez-moi. Et je pense que tout n’est pas perdu, que le Dr Barrette a des intentions louables. Mais je doute de l’efficacité de ses choix et des moyens qu’il utilise.

J’espère que vos prédiction (ou les miennes) ne se réaliseront pas. Contrairement à vous, je pense que le Dr Barrette a une assez bonne connaissance du réseau, certainement bien supérieure à la moyenne des médecins et des gens. Mais sa vision est effectivement « productiviste » et cela peut être un problème. Merci pour votre commentaire.

Je ne crois pas que Barrette ait autrement qu’une connaissance intellectuelle du réseau. Il connait et a été formé en radiologie. On peut lui reconnaître une comnnaissance de l’action syndiacale. Mais il n’a rien dirigé si non un Département et une polyclinique. Un médecin spécialiste ou non n’a aucune préparation pour gérer un établissement et encore moins un réseau. Pas plus qu’un pilote de Boeing 747 ne sait, par essence, diriger une compagnie aérienne ou qu’un pilote automobile soit capable de gérer General Motors ou qu’un journaliste gère Québécor, un enseignant gérer le Ministère de l’Éducation. Oui, il a étudié longtemps mais il ne sait rien et n’a rien appris en dehors de sa profession. En fait, on peut constater que le meilleur Ministre de la Santé que le Québec ait connu ne fut pas un médecin. Ce fut un actuaire de formation ayant une longue expérience de la gestion dans le monde de l’assurance : Claude Castonguay. Non pas qu’une personne ayant une formation en médecine, en soins infirmiers ne puisse devenir Ministre de la santé. C’est possible mais cela prend plus, une formation complémentaire en gestion, en administration publique, en gestion de la santé, une connaissance étendue de l’organisation de la santé ailleurs, dans d’autres pays. Une connaissance pratique de la gestion des hommes, des entreprises est aussi absolument nécessaire. Voilà des profils possibles pour un ministre de la santé.

Barrette n’a rien de cela. Pas l’ombre d’une autre qualification. L’ambition ne suffit pas même si elle s’exprime avec une détermination farouche qui l’a fait pourchasser cette fonction en étant candidat de la CAQ d’abord et du PLQ ensuite. Il y a quelque chose dans ce parcours et dans cette façon de faire qui est en soi inquiétante.

Depuis des lustres que nous injectons de l’argent et des améliorations aux conditions de travail des médecins et rien ne change. Moi j’en ai marre de tous ces petits roitelets et le ministre Barette est entrain d’essayer la seule méthode qui n’a pas été essayé: la méthode forte .Ce qui ne fonctionnera peut-être pas mais au moins il aura essayé autre chose que la cajolerie, les tables rondes sans fin et qui ne donnent rien. Heureusement que les cliniques Apple Tree s’en viennent. J’ai déjà consulté dans une des ces cliniques à Ottawa (devinez pourquoi! du côté du Québec pas de cliniques de disponibles et 24 heures d’attente à l’urgence.J’y ai même rencontré un médecin qui acceptait la carte d’assurance-maladie du Québec. J’ai attendu 20 minutes.) Pourtant ils en ont des malades chroniques et des vieillards. Alors comment s’appelle le problème de nos petits princes et princesses, serait-ce mauvaise volonté et/ou paresse.
Je m’excuse auprès des médecins dévoués qui travaillent parfois trop mais il y a une masse de réfractaire qui font honte à votre profession

Bien d’accord avec vous..Les médecins veulent profiter davantage de leur vie de famille, bien sur ils en ont le droit,Mais,,pourquoi avoir choisi la médecine.Leur métier ce n’est pas du neuf à cinq comme les fonctionnaires.A chaque année de nouveaux médecins arrivent et pourtant impossible d’en trouver .Bizarre …

Le problème d’avoir un MD de famille s’améliore, celui de l’accès est plus difficile. Il y a beaucoup de choses à faire, je suis bien d’accord. A suivre.

Il y a probablement autant de manières de pratiquer (des bonnes et des pires) qu’il y a de médecins. Ce que vous décrivez peut se faire dans notre cadre, d’ailleurs de plus en plus de cliniques le font. Mais nous sommes loin du compte, je suis bien d’accord. Par contre, jeune partage pas votre vision noire des choses: ça bouge tout de même, les guichets d’accès inscrivent beaucoup de patients, la vaste majorité des patients vulnérables ont un MD. Je suis d’accord qu’il y a encore un coup de barre à donner, mais de la bonne manière. Espérons que le dénouement de tout cela sera positif. Merci du commentaire.

Le plus surprenant c’est que le Ministre oublie que pour réussir le changement il faut mettre autant de temps à le préparer qu’à le réaliser. En somme, en regard du changement la précipitation est mauvaise conseillère.

Lorsque je le vois à la télé, j’ai la même réaction que si c’était un certain M. Harper. J’ai envie de vomir, de lancer des objets… bref, je change de poste.

Pas moi. Mais j’espère que le Dr Barrette va changer son approche et livrer des solutions à la mesure de sa capacité d’agir, qui est grande.

Il me semble que depuis plusieurs années les médecins décident du fonctionnement du système alors que les ministres n’ont jamais réussi à changer quoi que ce soit! On nous chante le manque de médecins alors qu’avec le système informatique du réseau de la santé tout les québécois et québécoises auraient un médecin!! On passe notre temps à injecter de l’argent dans le système de santé qui coûte de plus en plus cher et JAMAIS, mais au grand JAMAIS, une réforme dans la gestion bureaucratique se fait. Pourquoi, est-ce que les médecins cette fois-ci n’écouteraient ce que le docteur Barrette a à dire? Je crois qu’il est grand temps que les médecins s’assoient et remettent en question leur façon de faire au profit de la population et non de leur poche!

Je suis pleinement d’accord avec vous. C’est ce que j’écris depuis longtemps. Mais la confrontation ne fonctionnera pas et n’aboutira pas à ce que vous souhaitez, que je souhaite et surtout, que les patients veulent.

Je reconnais là le fruit d’une réflexion sérieuse et honnête. Bravo pour cet article rempli de bons sens et d’objectivité.

Il semble que vos collègues et vous soyez sensibles à la nécessité d’améliorer l’accessibilité aux services des médecins de famille. Alors, comment se fait-il que votre fédération n’ait pas proposé des correctifs à ce problème persistant . Pourquoi avoir attendu un projet de loi pour vous manifester?

Si vous parlez de la FMOQ, ce n’est pas « ma fédération », mais je suis d’accord avec vous qu’il y a une stagnation dans la profession médicale et que les choses doivent bouger. Par contre, la FMOQ propose effectivement des solutions comme l’accès adapté, effectue des formations, négocie des éléments intéressants. Est-ce dans la bonne direction? Sans doute. Suffisant? Probablement pas. Si la crise actuelle peut permettre d’avancer vraiment, ça sera un dénouement heureux.

Merci Dr. Vadeboncoeur, la raison ne triomphe pas à tout coup. On peut spéculer sur la « vraie motivation » de votre ex-président,quant à moi je n’arrivepas à m’y retrouver….Le « pouvoir » une piste…….

Peut-être, qui sait. Mais la détérioration du réseau de la santé ne favorisera pas sa pérennité au pouvoir…

Excellent article. Si le ministre docteur Barrette devient malade il ira assurément dans le privé .

Je ne lui souhaite pas, mais toute personne vraiment malade va au public, le privé ne soigne qu’à la marge, surtout des gens peu malades, chez nous.

Incidemment, la question que vous soulevez est capitale. Je crains beaucoup que Barrette et le Gouvernement Couillard ne l’escamotent. Pire qu’on se retrouve dans une sitation de fait que nous ne voulons pas et sans débat public. Il y a moyen de passer en douce le baillon à l’ensemble de la population entre autres en permettant à des situations de se concrétiser!

Quelle place le privé doit il avoir en santé au Québec? Quelle doit être les resssources que nous devons lui fournir et à quelles conditions? Devons-nous permettre à un réseau privé parallèle au public, à l’américaine en quelque sorte, se constituer au réseau public? En fait, tant en éducation qu’en santé, que dans les transports (et ailleurs) nous sommes, en douce, à revoir le rôle instrumental de l’État québécois. Le Gouvernement actuel prend déjà des tangeantes qui devraient nous inquiéter, le tout sur des bases idéologiques qui ne correspondent pas à la vision traditionnelle des Québécois que les Québécois ont supportée depuis 1960.

Si 20 ans de discussions et de meetings ne produisent rien, c’est sans doute qu’on a le système de santé parfait, le meilleur au monde qui répond toujours aux besoins d’un patient. Les automobilites américains on essayés ça dans les années 1960 – ils ont tous fait faillite ou presque. Médecins, etc. , qui gérez ce système, si vous êtes pas capable de l’améliorer, allez chercher quelqu’un qui pourra!! Ça presse, vos concitoyens et patients meurent trop tôt.

Je ne comprends pas très bien votre lien avec les automobilistes américains. Pour ce qui est du système, certaines parties fonctionnent bien, l’accès, moins bien. Par ailleurs, nos concitoyens ont une espérance de vie comparable à celle de la plupart des pays qui, comme nous, offrent des soins de qualité et une couverture publique large, en plus de tous les déterminants sociaux de la santé.

Ce que je m’explique difficilement, c’est ce qui a tant changé dans la pratique depuis les dernières années? Pourquoi avoir besoin de l’approbation ou de discuter avec le ministre pour améliorer l’accès des patients? Vous êtes là catégorie de professionnels à laquelle on accorde le plus d’importance et de budget, j’ai l’impression qu’on fait du surplace.

Vous avez raison, je suis d’accord que les médecins pourraient soigner différemment, se concentrer sur les patients plus malades, donner un meilleur accès, changer leur pratique pour mieux répondre au besoin. J’ai abondamment écrit là-dessus. Espérons que le contexte actuel permettra d’accomplir cela.

Si le docteur Vadeboncoeur continuerait à faire sa job de médecin au lieu de faire de la politique comme lors du printemps 2012, il y aurait peut-être moins d’attente dans tout le système de santé. C’est bien beau les discussions mais les médecins veulent toujours protéger leurs acquis comme tous les syndicats. En éducation, il y a eu beaucoup de discussion avant de faire une réforme majeure et le résultat est un échec complet.

Merci de m’apprendre que j’ai fait de la politique, je n’étais pas au courant. Si vous parlez plutôt de prendre parole ou d’écrire publiquement, j’ai toujours défendu l’importance pour les médecins d’occuper, comme tout le monde, leur place dans la vie publique, donc dans la cité, ce qui est effectivement la racine du mot « politique ». Ce n’est pas demain que je vais arrêter, croyez-moi.

Moi j’aimerai vraiment qu’on revoit le mode de rémunération des méedecins. Toutes les conférences auxquelles j’assiste, ce que j’entend à propos de la 1ère ligne rappelle toujours que le mode de remunération à l’acte est l’obstacle MAJEUR au partenariat infirmière-médecin en 1ère ligne. Meme constat à l’hopital. La volonté de travailler pour servir la population ne devrait pas être une option pour un médecin mais un devoir, comme ça l’est pour les infirmiers. Cela abaisserait bien des tensions et ameliorait le climat de travail et inspirerait davantage de respect de la population enver les medecins. La clinique Mayo en est un très bon exemple. Quand les médecins avoueront ils qu’ils sont (trop) grassement payé dans un système de santé public? Les incitatifs financiers n’ont pas amelioré l’accessibilité aux méedecins de famille, alors où se trouve la solution? Dans le partenariat selon moi. J’aimerai entendre la voix des médecins extenués en 1ere ligne, qui ne fournissent pas à la demande de la population. Est-ce que l’argent est vraiment le seul moteur de la motivation au travail? Négocier des augmentations de 34% en 8 ans versus 3 % en 5 ans pour tout le reste des travailleurs de la santé est-ce juste et surtout est-ce UTILE? Je m’interroge très serieusement sur la volonté des médecins à vouloir ameliorer le système de santé. Regardez en Ontario le virage qu’ils ont pris. La facturation est desormais mixte. Les cliniques avec infirmière praticienne fonctionnent bien. Le corporatisme diminue. Et la menace de la fuite aux USA est employée à tour de bras mais quands on va en Nouvelle-Angletterre on se rends compte que les médecins là-bas sont bien moins choyés qu’au Québec et que les étudiants en medecine envient les québecois qui reviennent de leur fellowship avec une place assurée dans le réseau de la santé.

Le texte de Monsieur Vadeboncoeur est une excellente pièce de manipulation. Retour du bonhomme sept heure. Toutefois, il n’est pas le seul à rejouer ce scénario « manipulatoire » usé.
Monsieur Vadeboncoeur, comme un certain nombre de ses collègues, ne se rend pas compte, peut-être, qu’il ajoute de l’huile sur le feu de l’opinion publique négative par rapport aux médecins. Les patients qui son devenus clients en veulent pour leur argent.
Au lieu de continuer à personnaliser et instrumentaliser les problèmes à résoudre, au lieu de continuer à rendre les autres, l’autre, responsables de leurs déboires, si déboires il y a, au lieu de proposer des solutions, les médecins devraient obligatoirement relire et méditer cinq minutes chaque jour le texte de leur serment d’Hippocrate. Ce serait l’amorce du changement d’attitude attendu des médecins.

Monsieur Vadeboncoeur est capable de se d.fendre seul. Mais je dois dire que je suis particulièrement frappé par son ouverture d’esprit, par les question qu’il pose et se pose avec honnêteté. Il est loin de nuire aux médecins et de les dénigrer. Son questionnement, s’il réussit à faire cheminer les médecins ne leur sera que salutaire. Oui, il dérange, oui il leur dit de se mettre à jour parce qu’il est conscient que la médecine de demain ne sera définitrivement la médecine déjà connue. Le rôle du médecin est appelé à se transformer beaucoup et il aura une autre place que celle qu’il a aoccupée depuis 150 ans. Pourquoi? Parce que le monde change, parce qu’il n’est plus seul sur la patinoire, parce qu’il dépennd maintenant pour pratiquer son métier de ce que la société attend de lui et non plus seuilement les individus. Le médecin change aussi parce que la médecine change, qu’elle n’est plus réservée aux seuls médecins, parce que la connaissance se diffuse, s’étend et s’étend à d’autres que les médecins. Il ne pourra plus bientôt prétendre à pouvoir être le seul à poser un diagnostique et surftout à le poser seul. Voilà ce que Vadeboncoeur ressent probablement. Ce qu’il dit me semble à moi le cri du coeur d’un homme qui aime profondément son métier, ses apatients, sa société et il veut contribuer à sauver ce métier à travers les tempêtes qui le confrontent. Chapeau.

Madame vous témoignez de cette faôn de voir la santé de demain que partagent beaucoup d’autres professionnels de la santé que les médecins. Il y a plusieurs dizaines de milliers d’infirmières qui pensent comme vous et qui sont des témoins importants du fonctionnement réel, concret et quotidien de notre régime de santé. Ce que vous soulevez, cela se soulève aussi en france, aux É.U., en Grande Bretage, en Scandinavie. En fait partout dans le monde où les systèmes de santé sont ‘évolués ». Mon expérience personnelle m’a aussi permis de le constater… en Afrique, là où j’ai vu des infirmières « cliniciennes » autochtones agir bien avant que le terme existe. En fait, il y a 35 ans. Le syustème de santé, particulièrement au niveau des soins de santé primaires, de la première ligne, ne peut plus reposer sur les seuls médecins. L’infirmière est appelée à être le pivot d’une équipe de soin et le point de contact principal avec la population. Le médecin omnipraticien y jouera un rôle crucial de par son compétence mais pas le rôle principal. Il y a aussi une importante place pour un tel modèle au niveau des soins spécialisés, en santé mentale par exemple, en gériatrie etc…

Voilà ce que devrait être normalement l’objet de la réforme de la santé. Or on assiste à quoi à un power trip d’un Ministre qui « brasse la cage », démolit les institution du réseau et qui cherche les omnipraticiens dans le coin. C’est avant tout une entreprise de démolition et de règlements de compte alors que cela devrait être une entreprise de création, et de construction. je vous invite à occuper encore plus de place dans ce débat public. Nous avons besoin de questionnements comme les vôtres.

J’ai toujours beaucoup de plaisir à vous lire. D’abord une question pourquoi appel-t-on médecin de famille les médecins généralistes? c’est un nom qui leur a été donné dans les années 70 dans les CLSC qui se voulait des soins intégrés.
Qu’elle fausseté que d’employer se vocabulaire!!! les médecins ne pratiquent en rien une médecine de famille. J’ai du consulter malheureusement depuis deux ans des médecins et aucun ne m’a posé une question sur ma vie familiale et aucun c’est préoccupé de ma situation. j’ai 75 ans.
Je suis désolée de ne pas entendre les infirmières, ni les syndicats ni ordre des infirmières, ce seront les infirmières et les autres soignants qui seront affectés par ces nombreux changements dont il est difficile de connaitre l’ampleur. J’ai travaillé 45 ans dans le système de santé et tous les changements qui ont été fait au cours de ces années, les infirmières ont subies elles n’ont jamais été réellement consultées.
Que savons nous la part des Sages-femmes des infirmières praticienne la place qu’elles occuperont? à part des mots. Il y a trente ans que l’on parle de donner plus de pouvoir à celles-ci nous en sommes encore à des miettes.
Les médecins ont toujours eu la grande part du gâteau et ils continueront. Je n’ai aucune compassion pour les revendications des médecins mais la façon de faire du Dr Barrette n’améliora en rien la qualité des soins.
Louise G 4 février

ce que je trouve désolant dans la façon du Dr Barrette de mener ses dossiers c’est qu’il aura réussi à faire haïr de la population une profession qui au contraire est au sommet du don de soi. Bien sûr il y aura toujours des exceptions comme dans toutes les autre professions. Comment se fait-il que nous traitions les médecins, de roitelets, d’enfant gâté, de fainéants? Le BON docteur Barrette y aura contribuer. Quel triste constat…Diviser pour régner.

Et si on replaçait le tout à l’essentiel: le patient comme centre moteur du système de la santé. Un peu simpliste me dira-t-on. Effectivement. J’ai l’impression que depuis vingt-cinq ans, on ne parle que de structures hospitalières. Qu’on ne parle de compétition entre les différents ordres pour une augmentation de meilleurs salaires, qu’on ne parle de l’omniprésence tentaculaire du collège des médecins. Le problème des médecins généralistes a été crée de toutes pièces par le Collège des Médecins. Et le projet de loi 20 me semble encore parler de structure et du je menfoutisme obsessionnel de Barrette. Après moi, le déluge. Ce serait bien que les différentes professions et ordres professionnels de la santé cessent de se compétitionner entre elles et aillent dans une direction: le respect du serment d’Hypocrate et replacer le patient au coeur de sa mission. Ce serait bien que le ministre cesse sa confrontation. Il est au service du Ministère et non pas le ministère à son service. Mais ça, ce n’est pas demain la veille que l’on verra cela.

Bonjour M. Vadebonceur,

Je suis enbtièrement d’accord avec votre article…Ce que j’aime moins, c’est de dire que M. Barette, en début de texte, est un syndicaliste. En tout cas, il ne représente pas pour moi l’idée que je me fais de la cause syndicale , qui avait, avouons-le dans les années 79, des idées infiniment plus nôbles que d’arracher des M$ pour améliorer le sort des gens qui l’ont élu…Par respect pour le Journal, je fais preuve de retenu envers ce grossier personnage..pour le reste, sachez que j’aime bcp ce que vous représentez, un défeuseur des droits collectifs.

Mon père et mon parrain n’auraient sans doute pas jugé qu’il correspondait à leur définition de « syndicaliste » non plus. Mais si on prend le terme « syndicaliste » comme militant d’un syndicat, et qu’on accepte que la FMSQ est bien un syndicat professionnel qui défend les intérêts (pas seulement financiers) de ses membres, alors Dr Barrette répond bien à cette définition large du syndicaliste.

Mes collègues et moi, professionnelles du MSSS, on ne comprend pas le tsunami qui s’en vient. On ne comprend pas que tant d’argent va être dépensé alors qu’on manque de ressources partout. Des économies a longs termes? Comment? Le projet va coûter tellement cher que le réseau s’en sentira pour des années! Je ne peux pas parler de l’accès au médecin de famille car la situation est trop complexe. Mais pour les services des partenaires de la 1ière ligne, les différents professionnels, c’est dans la créativité et les initiatives locales que la solution se trouve. Mais avec tout ces bouleversements au niveau des gestionnaires, tout est figé. On attend, on ne prend plus de décisions. Résultat: plusieurs sont démotivés, désengagés…. malheureusement, on jette de la poudre aux yeux de la population qui ne sait pas ce qui se passe vraiment! Moi et mes collègues, des professionnelles du MSSS, on ne comprend pas.

C’est souvent l’effet de ces vastes réformes. Si je comprends bien la suite des choses, le tout (PL10) sera complété le 1er avril…

Très bien dit , votre analyse est juste. Il faut des personnes comme vous, dans le milieu, pour expliquer les vrais problèmes.

Merci du commentaire. Si ça peut aider à comprendre le contexte, ce qui est si important, tant mieux.

Vous décrivez le ministre de la santé et des services sociaux Gaéan Barette dans toute la splendeur de son incompétence politique et de son insignifiance humaine.

Comment deux médecins un à la tête du pays et l’autre en charge de la santé peuvent ignorer autant ce que qu’est un système de santé?
Être médecin je serais gêné d’être représenter par si peu de QI.

Continuons avec des médecins de familles qui ne sortent plus de leur bureau et ne font plus d’urgences, des CLSC qui n’ont même pas un médecin attitré. De plus, impossible de d’être prit en charge par un médecin près de chez soi si vous être fiché dans une ville lointaine.
Continué aussi M. Barrette à prendre l’argent du public et à la donner au privé. Bravo