Étiquettes nutritionnelles: un grand coup de Santé Canada

Le médecin blogueur d’Ottawa Yoni Freedhof, spécialiste de l’obésité, décerne la palme de l’inutilité à la dernière campagne multimédia de Santé Canada, intitulée «Le % de la valeur quotidienne», visant à aider les Canadiens à décoder les étiquettes nutritionnelles sur les emballages des aliments.

Vous allez voir, c’est renversant.

«5% VQ ou moins, c’est peu ; 15% VQ ou plus, c’est beaucoup».

Voilà. C’est tout! Grâce à cet outil révolutionnaire, vous savez maintenant faire de meilleurs choix. À condition de savoir que %VQ correspond au pourcentage de la valeur quotidienne.

C’est ce que Santé Canada appelle dans son communiqué en anglais, une «Major Nutrition Labelling Initiative» et en français, plus raisonnablement, une «Initiative d’étiquetage alimentaire».

Exercice pratique maintenant.

Vous avez le choix entre le yoghourt A qui affiche 5% de lipides et le B qui en contient 15%. Vous voulez maigrir, votre indice de masse corporelle indiquant un excès de poids. Lequel choisissez vous?

Le A? Erreur! Car je ne vous ai pas dit pour quelle quantité de yoghourt ce pourcentage a été calculé dans les deux cas, puisque les fabricants sont libres de choisir la taille de la portion pour laquelle ils indiquent des % de valeur quotidienne.

Imaginons que sur l’étiquette du A, on vous donne la valeur pour 100 g et sur le B, pour 175 g. Habituellement, vous prenez deux à trois cuillers à soupe de yoghourt à la fin du souper.

Lequel est le meilleur maintenant? Je vous rappelle que vous êtes dans un rayon d’épicerie, et que vous n’avez pas le droit de sortir votre calculette…

À la place de cette campagne futile, Santé Canada aurait pu décider une bonne fois pour toutes d’harmoniser la notion de portion pour qu’on puisse réellement comparer deux produits semblables entre eux.

Dernier détail qui a son importance: si vous voulez maigrir, couper seulement dans les lipides ne sert pas à grand chose.

Un seul chiffre compte vraiment: celui des calories. Santé Canada aurait peut-être pu le rappeler, en cette période d’épidémie d’embonpoint et d’obésité…

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De toute façon MMe Borde, le 5% d’une personne de grande taille genre armoire à glace deviendra le 10% de la délicate petite dame.

Ridicule comme indication.

Mais ce qui n’est pas ridicule c’est votre demande pour uniformiser la notion des portions.

En matière de nutrition, rien ne sert de se fier aux gouvernements ou à l’industrie alimentaire, fions-nous donc à la nature elle-même. Plus un aliment est proche de l’état dans lequel la nature produit les éléments qui le composent, mieux ça vaut. Moins il est transformé, rafiné, degraissé, etc. mieux ça vaut. Lait entier, grains entiers, fruits entiers. Elle est là la santé !

Comme nutritionniste, la chose qui m’importe le plus sur une étiquette d’aliment : la liste des ingrédients. C’est vraiment là qu’on peut voir à quel point un aliment a été trafiqué. Comme le mentionne M. Braun, moins un aliment est transformé, meilleur il est pour la santé. Ma grand-mère (qui n’avait pas de diplôme en nutrition) appellait ça le gros bon sens. Elle avait parfaitement raison.