Étude sur le décrochage : pas que du négatif

La stratégie d’intervention Agir autrement (SIAA) mise en place par le Ministère de l’éducation du Québec pour lutter contre le décrochage scolaire n’a pas marché, selon le rapport d’évaluation du Groupe de recherche sur les environnements scolaires  qui réunit des chercheurs de l’Université de Montréal, de l’UQÀM, de l’Université du Minnesota et du Cégep de Lanaudière.

Le climat dans les écoles et la socialisation des élèves s’est certes améliorée, mais le décrochage, lui, a continué d’augmenter.

Pourtant, la lettre ouverte écrite par les chercheurs en accompagnement de ce rapport se termine sur une note très positive. En voici le dernier paragraphe:

Compte tenu de l’ampleur des efforts consentis, les effets de la SIAA paraîtront mitigés, voire décevants.

Par contre, ses retombées dans la lutte que le Québec mène depuis plus de 20 ans au décrochage scolaire devrait être jugés beaucoup plus favorablement. En effet, la SIAA se distingue de plusieurs façons des initiatives passées.

Une différence de taille ? Elle a fait l’objet d’une évaluation en profondeur.

Contrairement aux nombreux plans qui se sont succédé depuis le début des années 1990, et grâce à la volonté du ministère et de l’ensemble des acteurs du réseau, il est cette fois possible d’identifier ce qui a moins bien fonctionné, les actions à maintenir, à redresser ou à abandonner. Pour une rare fois en éducation, au Québec, nous nous sommes donnés les moyens d’apprendre de l’expérience est ainsi d’éviter de répéter les mêmes erreurs.

Voilà enfin un grand pas de franchi dans la bonne direction.

Autrement dit, même si la stratégie n’a pas marché, pour la première fois on s’est vraiment donné les moyens de comprendre pourquoi avant d’essayer autre chose au petit bonheur la chance. Avouez que c’est quand même une bonne nouvelle !

Ceci dit, c’est tout un défi que les chercheurs lancent au ministère. Voici, selon eux, les facteurs qui expliquent l’échec de cette stratégie et sur lesquels il va falloir travailler:

– la mobilité du personnel

– les compréhensions variées et la complexité de la stratégie

– la mobilisation limitée de l’équipe-école et la centralisation de la stratégie autour des directions

– un processus de planification peu mobilisant et trop administratif

– un développement professionnel qui tarde à soutenir le changement de pratique en classe

– une animation et un soutien aux changements au mieux timides au sein de plusieurs commissions scolaires

– la valorisation, par les décideurs et praticiens, des connaissances issues de la recherche.

On n’est pas au bout de nos peines !

Laisser un commentaire