Examen de français au secondaire : un test scientifique ?

L’expérience réalisée par Benoît Paquin pour dénoncer la faiblesse du nouvel examen de français au secondaire n’est peut-être pas scientifique, mais elle devrait quand même être scrutée en détail par les fonctionnaires du ministère de l’Éducation (MELS).

Ce professeur de français de l’école secondaire Jacques-Rousseau de Longueuil a donné à des élèves de début de quatrième secondaire  l’examen de français de fin de cinquième secondaire et constaté qu’avec la nouvelle grille de correction proposée par le ministère, la majorité des élèves passaient haut la main. Les détails dans cet article d’Ariane Lacoursière sur cyberpresse.

Cette expérience est-elle suffisamment solide pour prouver que l’examen est trop facile ? Non, car elle n’a effectivement rien de scientifique.

Pour que cela soit le cas, il faudrait au minimum qu’elle ait été répétée plusieurs fois ou réalisée sur une plus grande population d’élèves, et que le professeur ne connaisse pas le niveau des élèves pour que ses corrections ne puissent pas être biaisées.

Ceci dit, le résultat de cette expérience est tellement inquiétant que cela vaudrait la peine de la réitérer pour lui donner des bases plus solides et infirmer ou non ses conclusions.

Cette histoire me rappelle celle des anatomopathologistes qui, l’an dernier, avaient lancé une étude «coup de sonde» portant sur l’analyse de tests de cancer du sein de quelques femmes pour dénoncer le manque de controle de qualité dans les laboratoires.

Le gouvernement a entendu ces spécialistes, mené sa propre enquête et conclu à la nécessité de changer les choses.

La qualité du français chez les jeunes mériterait peut-être qu’on prenne aussi au sérieux ce genre de coup de sonde quand il vient d’un enseignant.

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Retraité de l’enseignement collégial québécois et maintenant professeur de français – langue tertiaire au Mexique depuis 12 ans – je soupçonnais depuis longtemps les politiques du MELS de vouloir se « sauver la face » i.e. mousser artificiellement la prétendue réussite scolaire en réduisant subrepticement pour ne pas dire « à la cachette » les exigences aux examens dans leur facture ou dans leur correction.

Même si l’expérience relatée ici demeure limitée, au risque de passer pour paranoïaque, je présume que le PLQ va tout faire maintenant pour restreindre les études et recherches plus poussées qui pourraient révéler des failles systémiques dans son système d’évaluation, et ce à tous les niveaux.

Il est URGENT qu’on débarrasse l’Éducation, la Santé et les Services Sociaux du Québec de tous ces parasites qui nuisent à leur bon fonctionnement, qu’on applique de manière stricte et rigoureuse des critères efficaces d’évaluation sans aucune complaisance et ce, par des organismes indépendants. Il en va de l’avenir de la société québécoise et de tous les citoyens qui y vivent.

Dans le contexte actuel de l’éducation québécoise francophone déclinante, il faut rétablir dans toute sa rigueur initiale la loi 101, en étendre la portée à tous les individus et toutes les entreprises établis sur notre territoire, quels que soient leurs lieux de provenance et leurs langues d’origine.

Le seul état francophone d’Amérique du Nord mérite qu’on le défende bec et ongles… et s’il faut prendre les armes pour ce faire, je me porte volontaire illico.
La prochaine révolution ne sera peut-être pas si « tranquille »!

André Lacombe-Gosselin
Le joyeux retraité de Mazatlán
Ce vendredi, 8 octobre 2010.

Ça ressemble drôlement au l’autre qui, désirant diminuer le nombre de pauvres, a réduit le seuil de la pauvreté!

Ou a celui qui, voulant diminuer le nombre de chômeurs, a réduit l’accessibilité et la durée des prestations pour que les chômeurs deviennent des assistés sociaux!

Ainsi, pour augmenter le taux de réussite, modifions la grille d’évaluation! Pour diminuer les échecs scolaires… abolissons le redoublement!

Bien sûr, cette étude n’a rien de scientifique, du moins pas encore… mais entre vous et moi, ne croyez-vous pas que c’est précisément la motivation qui se cache derrière cette nouvelle grille d’évaluation?

On jase, là…

Il est intéressant de voir que la réaction de la journaliste est de dire que l’expérience n’a rien de scientifique ce qui est une erreur technique. La recherche qualitative va en profondeur pour comprendre un phénomène, ce qui est le cas ici. Ce qui ne serait pas scientifique, ce serait de prétendre que cette expérience est généralisable à tout le Québec. M. Paquin nous fait prendre conscience d’un phénomène intéressant, nous fait douter de la valeur des contrôles du MELQ. Cela a une réelle valeur scientifique et ça favorise la réflexion, bravo
Denis Proulx, Professeur à l’ENAP

Un Québécois sur 5 est analphabète fonctionnel, dit-on! La moitié des élèves à la Commission scolaire de Montréal est allophone et le français est leur troisième et parfois leur quatrième langue. Leurs parents ne comprennent, ni ne parlent la langue.

On subventionne à 60% les écoles privés et nous souhaiterions que la MELS maintiennent des critères élevés…partout?

À quand votre dernière visite dans une vraie école école secondaire multiethnique en milieu défavorisé???? Tous les jours nous sommes des centaines d’intervenants à aider des jeunes à apprendre et surtout, apprécier notre langue et ça pour moi, c’est bien plus qu’un examen bidon où on cherche seulement à épater la galerie avec des chiffres qui ne veulent rien dire!!! Donnons-donc à l’école publique les moyens d’aider les jeunes à se dépasser et commençons à les apprécier plutôt qu’à les juger. Vous seriez surpris de voir comme ils sont heureux de nous monter ce qu’ils peuvent réaliser et ce, peu importe le milieu ou les moyens dont ils disposent!!!

Les critères d’évaluation varient selon les pelleteurs de nuage en place au ministère. Je les met au défi de venir jouer un peu sur le terrain pour enfin chercher des solutions plus efficaces, quant à trouver, il reste un bien grand pas…