Facebook rend-il dépressif ?

Facebook causerait la dépression, peut-on lire un peu partout aujourd’hui, à la suite de la publication hier d’un article dans la revue américaine Pediatrics (pdf en anglais)  sur l’impact des médias sociaux sur les jeunes.

Sauf que ce n’est pas du tout ce que prétend cette étude, qui n’en est d’ailleurs pas une!

Le document qui fait tant de bruit est un rapport clinique, publié par l’American Academy of Pediatrics, qui vise à conseiller les pédiatres en leur exposant ce que l’on sait de l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des enfants et des adolescents.

Il commence par ces mots (traduction libre) :

S’engager dans différentes formes de médias sociaux est une activité de routine dont la recherche a démontré qu’elle bénéficie aux enfants et aux adolescents  en améliorant la communication, les contacts sociaux et même des habiletés techniques.

On relaxe!

La recherche a confirmé que des comportements qui se produisent dans la vraie vie, comme l’intimidation ou l’expérimentation sexuelle, s’expriment fréquemment en ligne, et que les parents ont tendance à croire ce phénomène moins important qu’il ne l’est réellement.

La «dépression Facebook» est un nouveau phénomène que des chercheurs pensent avoir identifié en 2010. Cette forme de dépression se développerait chez des enfants ou des des adolescents passant beaucoup de temps sur des sites de médias sociaux comme Facebook.

 «On croit que l’intensité du monde en ligne pourrait être un facteur déclencheur de dépression chez certains adolescents», expliquent les chercheurs.

Remarquez les éléments de prudence (que j’ai mis en gras), dus au fait que les études sont encore embryonnaires à ce sujet, comme en témoignent les références dans le texte des chercheurs.

De là à en déduire que Facebook rend dépressif, il y a tout un monde!

Mais on aime tellement ça, se faire peur… Et puis c’est drôlement vendeur!

Selon ce qu’on en sait, les ados atteints de cette «dépression Facebook» seraient plus à risque d’isolement social et pourraient être tentés de se tourner vers des sites internet à risque, faisant la promotion de l’abus de drogues, de comportements agressifs ou autodestructeurs, dit-on.

D’où l’importance pour les parents et les pédiatres de prendre garde aussi à cet aspect de la vie des jeunes.

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