Faut-il avoir peur… de la chimiothérapie?

Oui, le cancer est une maudite saloperie. Mais ce n’est pas une raison pour écrire des bêtises dans un livre, surtout qu’elles ne sont pas sans conséquences.

C2AGAC A girl getting chemotherapy for bone cancer in her leg. (Photo: National Geographic Creative/Alamy Stock Photo)
Photo: National Geographic Creative/Alamy Stock Photo

Le passage de la chroniqueuse Josée Blanchette à l’émission Tout le monde en parle dimanche dernier suscite de nombreuses réactions. Venue présenter son livre Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, la chroniqueuse du Devoir a affirmé que la chimiothérapie ne donne que 2 % de plus de survie, des propos qui risquent d’inciter les patients à tourner le dos à ce traitement, au grand désespoir de certains oncologues. Qui ont d’ailleurs rapidement réagi.

Qu’en est-il vraiment? Ce chiffre de 2 % est l’argument massue de tous ceux qui s’opposent aux méthodes standards de traitement du cancer. Il vient d’une étude publiée en 2004 par des chercheurs australiens dans la revue Clinical Oncology, dont la méthodologie a aussitôt été critiquée dans la même revue savante.

Ces chercheurs ont compilé les résultats d’études cliniques sur la survie à 5 ans pour 22 types de cancers. Ils n’ont pas regardé au-delà de cette échéance, même si des études ont montré que la chimiothérapie peut diminuer le risque de récidive survenant beaucoup plus tardivement. Elle ne fait peut-être aucune différence après 5 ans, mais peut-être qu’à 6, 10 ou 20 ans, elle «marche». Cette étude ne permet pas de trancher.

Ensuite, ils ont exclu de leur analyse certains cancers, dont les leucémies, pour lesquels on sait que la chimiothérapie est souvent efficace. Pourquoi? Bonne question à leur poser, puisqu’ils ne se justifient pas clairement. Voilà qui biaise le résultat. Plusieurs autres «détails» font que cette étude est grandement discutable.

Mais le principal problème, c’est qu’elle donne un résultat extrêmement simpliste, qui n’a pour seul mérite que de frapper l’esprit.

Il n’existe pas une maladie qu’on appelle le cancer qu’on traite avec un médicament qu’on appelle la chimiothérapie. Il existe des milliers de formes de cancers que l’on traite avec des centaines de combinaisons d’opérations chirurgicales, de radiothérapies et de chimiothérapies, chez des millions de gens ayant chacun une histoire de vie et un profil génétique différents, et avec des résultats extrêmement variables!

Parfois, la chimio sauve la vie, d’autres fois elle tue, et chaque cas est un cas particulier. Le vrai problème, c’est que les malades ne sont souvent pas en mesure de décider en toute connaissance de cause du risque qu’ils sont prêts à prendre, car ils ne disposent pas de toute l’information.

Dans son livre, que j’ai pris le temps de lire avant d’écrire ce texte, Josée Blanchette pose de fort bonnes questions sur le système de santé et son aptitude à prendre soin des Québécois. Elle dénonce avec raison le manque de moyens accordés à la prévention et à la santé publique, le corporatisme et le parti pris favorable envers les médicaments au détriment des autres techniques. C’est un cri du cœur qui va certainement aider le système de santé à évoluer.


À lire aussi:

Faut-il (encore) avoir peur… du VIH et de la tuberculose?


C’est aussi le témoignage déchirant d’une personne qui n’a vraiment pas eu de chance à la loterie de la santé, qui a essayé toutes sortes de stratégies pour s’en sortir, a vécu plus que sa part de souffrance et que l’on sent souvent fâchée, ce qui se comprend très bien.

Malheureusement, Josée Blanchette dit aussi d’énormes bêtises dans son livre, qui ne sont pas sans conséquences, car sa magnifique plume risque fort d’endormir le sens critique de ses lecteurs.

Son discours est rempli de contradictions. Les études? De la merde financée par Big Pharma quand elles servent à établir l’efficacité de la chimiothérapie, des preuves incontestables quand elles se penchent sur les thérapies complémentaires. La statistique est une pute, dit-elle, avant d’en abuser pour vanter les travaux du Dr Béliveau. Ne manger que ce que votre arrière-grand-mère reconnaîtrait comme un aliment devient une règle, aussitôt suivie d’une recette de probiotique, de boisson de soya et d’agar-agar. Les oncologues sont des pourris, mais certains sont quasiment des saints. La médecine est un art, mais ses ratés sont inadmissibles. Les États-Unis sont bien plus avancés que le Québec sur le plan des thérapies complémentaires, mais ils sont aussi les premiers à autoriser les plus coûteuses chimiothérapies. Je ne suis pas prête à croire n’importe quoi, mais la prière guérit parfois le cancer…

Que comprend-on de tout cela? Avant tout, que le cancer est une maudite saloperie, surtout quand il vous tombe dessus trois fois sans qu’aucune explication rationnelle puisse vous apaiser. Qu’on doit faire mieux pour en soulager les souffrances et, surtout, qu’on doit aider les malades pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairées en matière de traitement, avec lesquelles ils se sentent en paix. Comme dit Josée Blanchette, ils vont devoir prendre les décisions les plus difficiles de leur vie!

Mais bien des gens risquent de ne retenir de ce livre que le «pitch de vente» que Josée Blanchette a présenté à Tout le monde en parle: que Big Pharma est coupable de tous les maux, que la chimio est une arnaque, que notre système de santé est pourri et qu’il faut s’en détourner au plus sacrant.

Or, il n’y a pas, d’un côté, la méchante Big Pharma et des oncologues vendus, et de l’autre, des génies incompris, véritables saints qui ne veulent que le bien des malades, avec comme preuve à l’appui des témoignages criants de vérité. Il y a, des deux bords, des méchants et des gentils, et entre les deux un énorme précipice d’incompréhension dans lequel nous tomberons tous si on ne se décide pas à aborder ces questions avec plus de rigueur.

Big Pharma bâillonne tout, dit en substance Josée Blanchette, et les promoteurs des thérapies complémentaires n’ont pas les moyens de rivaliser. C’est en partie vrai. On a raison d’accuser Big Pharma de s’essayer plus souvent qu’à son tour à faire dire n’importe quoi à des études.


À lire aussi:

Faut-il avoir peur… de la labyrinthite?


Notre système reste beaucoup trop centré sur les médicaments, et même la psychologie, qui a fait ses preuves depuis belle lurette, n’a pas la faveur de nos gouvernements.

Mais il faut aussi amener beaucoup plus de rigueur dans l’analyse des thérapies complémentaires si on veut qu’elles fassent leur entrée dans le système de santé public. Il faut les étudier convenablement, et ne pas se contenter de multiplier les exemples anecdotiques selon lesquels elles fonctionnent. C’est un passage obligé si l’on veut qu’un jour nos autorités publiques, qui ne sont pas complètement irrécupérables même si elles sont pilotées par des médecins, les reconnaissent et leur fassent de la place.

Big Pharma n’est pas la seule à avoir les moyens de mener des études à grande échelle. Elle n’a pas la mainmise sur le monde des publications scientifiques. Des études parfois complètement farfelues récompensées par des IgNobel parviennent à être publiées. Pourquoi les défenseurs de multiples approches complémentaires ne font-ils pas cet effort?

Un exemple. Dans son livre, Josée Blanchette rapporte le témoignage d’une femme débarrassée de son cancer par la thérapie mise sur pied par le Gerson Institute, qui affirme sur son site avoir aidé des milliers de personnes à se défaire de cancers, diabète, arthrite, maladies cardiaques grâce à un régime à base de jus crus et bios et de suppléments. Avouez que ça fesse fort! Mais où sont les preuves?

Pas dans les études scientifiques en tout cas, puisque cet institut n’en publie pas. La base de données de publications scientifiques PubMed, qui compte 26 millions de références à des études en santé, signale en tout et pour tout seulement deux études complètement anecdotiques au sujet de cette cure. L’institut manque-t-il à ce point de moyens pour faire la preuve de ce qu’il avance? Vu les tarifs qu’il pratique et le nombre de gens qu’il aurait aidés à guérir?

Or, sans ces preuves scientifiques, de telles approches n’ont tout simplement aucune chance d’entrer dans nos hôpitaux. Elles continueront d’être réservées à ceux qui en ont les moyens ou qui sont désespérés.

Ou bien elles vont entrer par la petite porte dans nos hôpitaux, sans qu’on ait aucune preuve qu’on n’est pas en train de jeter l’argent par les fenêtres avec toutes sortes de techniques plus ou moins ésotériques.

Pour l’instant, devant ces traitements complémentaires, les malades n’ont aucun moyen de prendre une décision éclairée, pas plus qu’avec la chimiothérapie. Or, comme l’explique la Société canadienne du cancer, toutes les thérapies complémentaires ne sont pas sans danger. Et même si certaines ne sont pas dangereuses en soi, elles peuvent imposer des choix de vie contraignants et exigeants dont on n’est pas du tout sûr que les sacrifices qu’ils entraînent en valent la peine.

Je veux bien «acheter» la médecine intégrative vantée par Josée Blanchette. Mais pas les yeux fermés!

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

37 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Mme Blanchette dit sans doute des «bêtises»

Mais je connais quelqu’un qui a un cancer très grave, condamné donc, et qui au Québec aurait suivi un protocole pénible de chimio pour allonger sa vie. Au lieu de ça il est allé en Floride où un groupe d’oncologues qui ont fondé une clinique à Boca Raton lui ont soigneusement préparé un traitement à base de médicaments beaucoup plus légers et surtout un régime très strict visant à ne pas nourrir le cancer. Il n’est pas guéri évidemment mais sa vie est prolongée et d’une qualité bien meilleurs (il travaille toujours) que s’il avait suivi le traitement recommandé au Québec.

Pourquoi faut-il aller aux USA pour avoir accès à ce genre de traitement?

La clinique de Boca Raton n’est pas une enecdote, elle existe et a été créée par des oncologues (des vrais médecins) qui voulaient donner de meilleurs soins et une meilleure qualité de vie à leur patient.

Le système de santé (de brousse) Québécois est une honte et je ne vois pas pourquoi cela serait différent pour le traitement du cancer.

M. Brassard, c’est exactement ce que veut dire anecdotique dont on parle ici: rapporter un événement qui s’est produit pour quelqu’un. Si cela est intéressant pour commencer as-tu phénomène, cela n’a aucune valeur en terme de preuve. Il faut des protocoles où ni le patient ni l’expérimentateur ne sait si la personne testée est sur la médication ou un placebo, que ce soit fait sur beaucoup de gens, etc. Bref, un protocole long et complexe, mais dénudé de subjectivité.

Parce que des groupes comme ça, il en existe des centaines. Êtes-vous prêt, en tant que contribuable à rembourser toutes les techniques imaginables sans avoir la moindre assurance de succès?

A ma connaissance les médecins en question respectent tout à fait la méthode scientifique. D’ailleurs ils ne prétendent aucunement guérir un cancer de ce stade, seulement tenter d’offrir une meilleures qualité de vie pour le temps qui reste, et donner moins de chance au cancer de progresser avec une alimentation très contrôlée.

Beaucoup de patients à ce state refusent la chimio de toute façon, eux au moins ils ajoutent des éléments qui permettre d’aider un peu. Le système québécois n’aura jamais cette délicatesse, ic c’est ce qu’ils prescrivent (la chimio) sinon c’estr la morphine!

Utiliser l’anecdotique comme vous le faites comme le font certains est exactement l’erreur commise par Josée Blanchette. On peut tirer n’importe quelle conclusion loufoque en se basant sur quelques anecdotes.

Toutes catégories confondues, on survit beaucoup plus au cancer qu’auparavant (env. 60% en 2005 vs 40% en 1975). Il y a toutes sortes de bonnes raisons pour ça, mais la combinaison d’une plus grande efficacité des traitements combinée à une toxicité bien moindre de ces traitements est certainement un facteur important.

Le problème d’un discours comme celui de Josée Blanchette est qu’il laisse sous-entendre que les patients sont traités contre leur gré, sans tenir compte du contexte particulier de chaque patient. Non seulement c’est ridicule d’un point de vue éthique, mais c’est tout aussi ridicule d’un point de vue économique: avez-vous seulement idée combien coûte la chimiothérapie aux établissements québécois?

La décision de traiter ou pas un cancer est basée sur de multiples facteurs: la catégorie (tout le monde parle du cancer, mais il y a autant de maladies distinctes qu’il y a de types de cellules dans le corps humain (un indice: il y en a beaucoup)), l’atteinte, l’agressivité, l’état de santé du patient, le gain potentiel en terme de qualité de vie et en nombre d’année gagnées…

Monsieur Brasseur,
Vous écrivez : « Pourquoi faut-il aller aux USA pour avoir accès à ce genre de traitement? » Probablement parce que ce traitement n’a pas été validé dans une étude comparative.
Si ce groupe d’oncologues obtient des résultats si formidables, pourquoi ne les publie-il pas?
S’il possède des méthodes inédites pour améliorer le sort des personnes avec le cancer, il est irresponsable de sa part de ne pas les faire connaître.

Je souhaite à la personne dont vous parlez une longue vie. Malheureusement, en absence d’études comparatives sérieuses, nous ne saurons jamais quelle approche aurait été préférable ; la chimio ou le traitement alternatif.

Un témoignage de guérison ne vaut pratiquement rien en science, parce qu’on peut facilement y répondre par d’autres témoignages contraires. Par exemple, on a eu récemment cette jeune amérindienne atteinte de leucémie, qui a cessé ses traitements, même si cette chimio avait 75% des chances de la guérir et elle est décédée. http://www.ledevoir.com/politique/canada/429448/la-jeune-makayla-qui-refusait-une-chimiotherapie-est-decedee

Son arrêt de traitement fait suite à une histoire semblable, où des parents amérindiens ont été en cour pour empêcher le corps médical de traiter leur fille avec la chimiothérapie, même si la guérison était assurée par la chimio à 95%. Dans ce dernier cas, les parents ont gagné en cour, prétextant qu’ils préféraient utiliser leur médecine ancestrale. Cependant, au lieu d’utiliser la médecine ancestrale, ils ont emmené leur fillette en Floride pour je ne sais quel traitement de médecine alternative, avec le résultat final qu’elle est morte.
http://plus.lapresse.ca/screens/6666b1c5-2532-4419-8254-2ac595bb0cdd%7C_0.html

Certains cancers, comme les leucémies, répondent bien à la chimio. Mais les effets secondaires de ce traitement rendent les patients misérables. Par contre, on ne connait pas beaucoup d’autres alternatives. Celles qui sont proposées par les supposées médecines alternatives n’ont pas fait leurs preuves, et ne sont souvent pas mieux que la prière (peu importe le dieu), l’huile de St-Joseph, le jus d’orange ou l’eau de source. Mais ils vous couteront une fortune, parce que les charlatans exploiteront votre crédulité et qu’ils y voient de belles sources de revenus.

Avec les différentes maladies, on voit souvent des guérisons qu’on ne peut pas vraiment expliquer. Notre corps reprend assez souvent le dessus sur la maladie. L’effet placébo est aussi très important en médecine, et le fait de croire à l’efficacité d’un traitement, peu importe lequel et peu importe qu’il soit efficace ou non, aide à guérir. Alors, en absence de traitement médical reconnu, l’athée que je suis vous recommande l’utilisation de moyens peu couteux comme la prière.

M Belley
Chercheur en chimie médicinale et Sceptique

Il s’agit encore là d’un récit anecdotique. On ne peut pas se fier à des histoires comme ça pour prendre des décisions. Rien ne prouve que votre ami n’aurait pas eu la même (ou une meilleure!) durée ou qualité de vie s’il avait suivi un traitement fondé scientifiquement, ou même s’il n’avait rien fait du tout!
C’est ce que permet justement de vérifier la méthode scientifique, en comparant par exemple l’effet de différents traitements pour des patients qui se ressemblent. Ça permet de voir lequel est le meilleur.

Bravo Valérie Borde. La science éclaire. Heureusement que le journalisme scientifique existe.

Merci pour cet article qui remet les pendules à l’heure. J’ai envoyé un message à Radio-Canada, tellement en colère, que je fus beaucoup moins poli que vous.

Je crois que la chimiothérapie fait partie d’un groupe de traitement, contre le cancer, j’ai vu les biens faits de la chimio et aussi les effets néfastes de ce traitement sur l’humain, Il n’y a pas de traitement miracle pour le cancer et j’ai été très déçu des commentaires de Madame Josée Blanchette qui n’est pas selon objective dans son opinion…donc son livre sans ressent.

Madame Borde émet de sérieuses réserves à propos de la fameuse étude qui concluait en 2004 que la chimiothérapie n’avait que peu d’effet bénéfique pour le traitement de 22 types de cancer. Ce serait une bonne idée qu’elle informe ses lecteurs sur l’efficacité ou non de la chimio sur la base d’études mieux faites, si de telles études existent bien sûr.

En attendant sa recension d’études mieux faites, plus rigoureuses et plus complètes, il faut faire la part des choses et reconnaître une certaine valeur à l’étude citée. Si la chimiothérapie, pour 22 types de cancer, n’a pas augmenté la survie sur 5 ans, cela est significatif même si nous n’avons pas de données sur 10 ou 20 ans. Cela démontre que différents types de chimio pour 22 types de cancer n’arrivent pas à tuer les cellules cancéreuses de façon efficace. Si elles le faisaient, la mortalité sur 5 ans serait très nettement moindre avec la chimio que sans elle. Or cela ne semble pas être le cas. J’ai entendu et lu plusieurs fois que quand une personne, à la suite de traitements contre le cancer, avait une rémission d’au moins 5 ans sans détection de cellules cancéreuses, elle pouvait alors croire qu’elle avait de bonnes chances d’être guérie et que les risques de récidive étaient faibles.

Il serait bien que madame Borde continue son travail et nous communique les résultats d’études irréprochables sur l’efficacité réelle de la chimio sur 5, 10 et 15 ans pour des cancers répandus comme ceux du côlon, de l’estomac, du sein etc. Je sais que le taux de guérison des cancers du sein hormono-dépendants sont très bons puisqu’ils sont traités sans chimio, par hormonothérapie. Au contraire, les cancers du sein non hormono-dépendants sont de redoutables tueurs sur lesquels la chimio n’a que peu d’efficacité.

Moi j’ai eu un cancer du sein et je me considère guérie….je n’ai pas eu de chimio……je l’écris quand même mon commentaire car…cela fait plus de 20 ans……ils en guérissent des cancers….je n’étais pas d’accord avec ce qu’elle a dit ….pas au complet….

« Son discours est rempli de contradictions. Les études? De la merde financée par Big Pharma quand elles servent à établir l’efficacité de la chimiothérapie, des preuves incontestables quand elles se penchent sur les thérapies complémentaires. » Je suis entièrement d’accord, mais l’inverse est aussi vrai : les études sur les approches complémentaires sont de la merde pour la médecine conventionnelle, mais les siennes sont parfaites, en dépit de leurs failles. Le plus important dans tout ça c’est l’éthique : c’est ça qui fait de bons oncologues et de bons praticiens des approches alternatives.

Surtout a Radio Canada nous ne devrions pas permettre à des gens aussi con d’affirmer de telle stupidité. C’est à croire qu’il y a de plus en plus de survivant du cancer et que la chimio n’y est pour rien. Des folles comme cela influencent certaine personne qui pourrait en mourir. Guy A faut faire attention a tes invités, cette fois c’était pas fort.

Deux femmes, même cancer, même âge à peu de chose près. Survie : 5 ans. Une à l’hôpital à tous les 6 mois, avec 2 mois pour s’en remettre après chaque traitement. L’autre, à la maison avec ses enfants, parce qu’elle avait refusé les traitements. Vous trouverez de tout comme histoires personnelles. Et, au risque de vous décevoir, vous ne profiterez certainement pas d’un débat scientifique avec des journalistes, des corporatistes, et des gens en survie et une chroniqueuse en colère. Prenez la moitié des arguties de l’une et la moitié des autres., et ce sera toujours à vous de décider. Mais comme nous sommes dans une ère de jeunesse éternelle, de toute puissance de « l’information », vous déciderez toujours en état d’épuisement, d’incertitude, de crainte … Et je ne mentionne même pas l’influence votre tempérament sur votre décision.

C’est quoi le problème au juste ? Est-ce qu’une petite Josée Blanchette avec son petit livre pourrait ébranler les colonnes de la cathédrale médicale. Pas l’air ben ben solide la cathédrale. Ou est-ce qu’on ne nous permet plus de réfléchir par nous-même sans qu’on s’écrie « SACRILÈGE » ? On semble bien être passé des robes noires d’il y a 50 ans aux robes blanches d’aujourd’hui lesquelles commandent le même « respect » et dénigre le bon peuple ignorant à peu près de la même manière.

Pour en revenir plus directement au propos, à quoi nous serviraient toutes ces émissions et articles vulgarisés qui veulent nous informer ou instruire nous qui n’avons pas le loisir d’être ferrés en médecine (et cela s’applique à tous les autres nombreux champs du savoir) si on ne peut s’en servir pour se faire une idée de se qui se passe? Qui peut nier les intérêts immenses des big pharmas?
Il y a quelques année un article rapportait que les autorités gouvernementales de l’Inde avaient décidé d’informer tous les bureaux de brevets à travers le monde des médecines et remèdes traditionnels de leur pays afin d’éviter que des compagnies pharmaceutiques obtiennent des brevets sur ces produits ce qui se produisait à un rythme accéléré.
Faut être pas mal naïf pour croire en la bonne foi des big pharma.
Tout est dirigé vers GUÉRIR le cancer plutôt que de chercher les causes (eg fameux bisphénol et herbicides et insecticides de tous genre) – guérir surtout avec des traitements récurrents c’est payant mais pas la prévention.

Me semble aussi avoir écouté une émission où des « spécialistes » encore une fois disaient que les cancers revenaient après cinq ans en moyenne parce que c’est le temps requis pour les cellules souches de se remettre des traitements nauséabonds reçus et qu’elle reprenaient alors leur job de produire à nouveau des cellules cancérigènes.

Et puis tous ces articles sur des mauvais diagnostiques basés sur des radiographies hermétiques. Et encore d’autres sur des traitements préventifs alarmistes et inutiles.

Peut-on nous simples citoyens contribuables qui payons la facture à la fin, peut-on se demander avec sérieux si les traitements reliés aux cancer ne sont que des prolongements d’agonie ou, pire encore, que les « guérisons » le sont pour des cancers qui n’existaient pas au départ ?

Dés qu’on s’est mis à questionner les croyances naïves et nocives des robes noires on a signé pour le courage, le progrès et la fin de leur exécrable pouvoir.
Les robes blanches auraient-elles peur ?

Mme Blanchette a, selon moi, donné un coup de pied dans un gros nid de guêpes et çà n’a pas pris de temps que les guêpes se sont mises non pas à piquer, mais à mordre. Les médecins sont montés aux barricades avec tous les moyens qu’ils possèdesnt non seulement celui de l’argent ,mais également de leur pouvoir de contrôle sur notre bonne société québécoise. Il y en aurait long à dire sur ce sujet, mais ce n’est pas l’objet du présent texte. Je suis d’accord avec vous pour dire que Mme Blanchette à beurré large lors de son passage à Tout le monde en parle (et probablement dans son livre, que je ne lirai pas), mais son objectif était de faire réagir et réfléchir et, sur les bienfaits de la chimiothérapie, on peut dire qu’elle a très bien réussi. Il ne faut pas prendre tout pour du cash dans ce qu’elle a dit, mais il ne faut pas non plus tout rejeter. Bien que la chimio puisse sauver (sic) ou étirer plusieurs personnes et particulièrement les enfants (ce qu’elle a également mentionné), mais est-ce que tout çà en vaut réellement le prix pour la majorité des personnes traitées actuellement, j’en doute fort. Il y a cependant un point qu’elle a mentionné et sur lequel personne ne revient et c’est notre relation comme québécois, souvent d’appartenance judeo chrétienne, avec la mort. La peur de la mort et ce qui s’en rapproche, la grande vieillesse, effraient littéralement le québécois moyen prêt à tout faire, même souffrir intensément physiquement et psychologiquement afin de les retarder.Bon, je m’arrête, car je pourrais en parler longtemps ayant cotoyé ces divers secteurs de vie pendant plusieurs années. Quoi qu’il en soit l’idée est jetée et à nous de l’analyser froidement et d’en tirer non conclusions par nous-mêmes!

Les commentaires de madame Blanchette me rappellent un peu l’épisode aux États-Unis, où la comédienne Jenny McCarthy est soudainement devenue une experte des vaccins en donnant son opinion sur les vaccins qui, selon elle, causent l’autisme. Bien des gens aiment mieux croire l’opinion d’une comédienne (et ex-mannequin de Playboy) que des scientifiques qui consacrent leur vie à la recherche. Bien des familles ne croient plus aux vaccins avec certains résultats qu’on connaît : retour de certaines maladies chez les enfants en Californie, par exemple.

Tout à fait d’accord avec vous… On s’offusque du pouvoir des medecins tant qu’on est en santé ou lorsque ceux-ci ne peuvent plus rien pour nous. Entre les 2 on y croit… Drôle de savoir que lorsqu’on est atteint d’une bronchite on va jusqu’à payer pour un medecin en cabinet privé et qu’on ne consulte pas son curé, son coach de vie ou son étalagiste de la fruiterie du coin alors que pour une maladie à potentiel mortel comme le cancer on renie ceux qui ont passé des annees ã parfaire leurs connaissances sur le sujet, ceux qui doivent respecter des standards de pratique très élevés, ceux que l’ensemble des pays industrialisés reconnaît comme spécialistes, mais on s’en remet à de pseudo manitous qui guériront par l’imposition des mains, le jus de carottes ou la répétition de Mantras…
Je ne méprise pas la visualisation, les régimes alimentaires sains ni les professionnels qui supportent la médecine contemporaine ;physio, acupuncture, naturopathe et autres dans un processus thérapeutique complémentaire et collaborateur. De nombreux oncologues sont très ouverts à cette collaboration utile dans la recherche du mieux être pour le malade…
La fée des dents est efficace pour atténuer la douleur de la perte d’une incisive mais je m’en remets plus ã l’ibuprofène pour soulager l’extraction d’une dent de sagesse incluse….

C’est assez facile d’affirmer « il faut aider les patients à faire des choix éclairés », mais c’est impossible. Ce sont les longues années d’études des médecins qui leur permettent d’avoir cette information et cette compréhension (et le salaire aussi). Le temps alloué aux patients ne pourrait être allongé à ce point. Il faudrait qu’on admette la relation de pouvoir qui s’établit avec le partage des ignorances et connaissances entre le patient et son médecin. D’un côté le médecin ignore ce que fait la douleur chronique, les effets secondaires graves et les examens invasifs (sauf de rares exceptions), il est dans la plus complète ignorance des coûts réels de ses prescriptions et il prétend faire une analyse des risques : coût/bénéfice. Le patient ignore les fondements biologiques, les techniques médicales et les traitements possibles, il est donc incapable d’avoir un esprit critique (il faut des connaissances pour utiliser cette capacité). Le patient doit choisir entre l’obédience ou la méfiance. Si les médecins veulent de l’obédience, il va falloir une meilleure façon de calculer les coûts de l’inconfort des patients et les inclure dans le risque. Puisque si l’inconfort est trop grand, le patient perd confiance en l’institution et peut abandonner le traitement (même écrire un livre là-dessus). Dans une étude, ses données seraient exclues de l’analyse alors qu’elles sont de la plus haute pertinence, un échec du traitement.
Regardez les commentaires (ici et dans les conversations FB), toute anecdote semble suffire à trancher la réflexion, nous sommes bien loin d’un débat constructif.

@Elisabeth Doyon,
Je suis totalement en désaccord avec votre point de vue. Je n’ai pas besoin d’avoir fait un cours en médecine pour qu’on m’explique les effets secondaires d’une chimiothérapie et le pourcentage de réussite. Si je devais avoir un cancer, avant d’accepter une chimiothérapie je poserait ces 2 questions.

Quels sont les effets secondaires à court, moyen et long terme?
Quel est le pourcentage de succès de cette thérapie sur un horizon de 5 ans?

Pas de réponses convaincantes à ces 2 questions, pas de chimio.

De plus je ferais mes propres recherche sur le type de cancer en question pour connaître les réponses à ces 2 questions, je ne vois pas de raison de me fier à une seule personne.

Je crois qu’il manque une information fondamentale dans votre article : qui finance la recherche scientifique? et son corollaire : les recherches portant sur les thérapies complémentaires ou de rechange bénéficient-elles d’un financement suffisant pour qu’on puisse en tirer des conclusions? Je n’a pas la réponse mais j’ai, moi aussi, une anecdote (c’est tout ce qu’on a, à défaut de recherches appropriées, n’est-ce pas?) Il y a plus de 50 ans, quand j’étais enfant, mes parents ont fait la connaissance d’un naturopathe dont les recommandations correspondaient très précisément à ce que la science nous apprend aujourd’hui avec tambours et trompettes au sujet de l’importance de la nutrition en santé et des aliments qu’il faut privilégier. Jusqu’à tout récemment, il n’y avait (presque) personne pour financer des études susceptibles de mener… au marché de fruits et légumes. Il aura fallu passer par une dénaturation invraisemblable du contenu des assiettes et un véritable problème de santé publique lié à l’obésité pour que la science officielle s’y intéresse enfin. J’apprécie votre sens critique mais votre article me déçoit car il aurait dû, selon moi, dénoncer la faiblesse des recherches sur les thérapies complémentaires ou de rechange, au moins autant que les lacunes notées dans le libre de madame Blanchette. Ceci expliquant cela.

Citer la Société canadienne du cancer n’aide pas votre argumentaire. Le plus grand fournisseur de fonds $ à la SCC est la Pharma Johnson et Johnson , fabricants de la gomme Nicorette et des patches de nicotine . Donc …La SCC milite contre la cigarette électronique pour ne pas déplaire à son commanditaire sans tenir compte de l’avis de spécialistes tel que les réputés Dr Ostiguy , pneumologue , le Dr.Juneau directeur de la prévention de l’institut Cardiologique de Montréal et le Royal College of Physicians d’Angleterre reconnu comme des sommités en médecine . Donc on ne doit jamais faire confiance aux pharmaceutiques et c’est le $ qui mène.

On a tendance à donner la bénédiction sans confession à des oeuvres caritatives sans se rendre compte que souvent ces organisations ne sont que des paravents pour du lobbying . La Société Canadienne du Cancer dépendante des $ de Johnson en est un cas … autre exemple ,le Conseil de la Santé du Québec qui fait des recommandations santé. Or en consultant le conseil d’administration , on constate une représentante de la Société canadienne du Cancer ( tiens tiens encore eux ) ainsi qu’un représentant des recherches pharmaceutiques et un représentant de l’ordre des pharmaciens… croyez – vous vraiment que les recommandations du Conseil de la Santé du Québec sont objectives ?

Depuis hier dans les journaux: «L’utilisation de certains antibiotiques remis en question ».
On joue à un nouveau jeu:
Si Josée Blanchette avait écrit …
Donc, si Josée Blanchette avait écrit un livre sur la surprescription des antibiotiques il y a 2-3 ans, elle aurait subi le même bashing des médecins. Aujourd’hui, on n’enseigne aux médecins de ne plus en prescrire dans les cas bénins.
Je ne dis pas qu’elle a tord ou raison. Je trouve seulement aberrant qu’on n’ait plus le droit de remettre en question les « élites et sommités » de ce monde.
Une petite leçon d’histoire, médicale dans ce cas (la saignée, les électrochocs, quelqu’un?), devrait nous enseigner l’humilité et l’ouverture. Pas la totalitarisme intellectuel.
Les patients posent plus de questions après de telles entrevues? Tant mieux!

Et aussi, qui a lu son livre ici? Parce que son propos est beaucoup plus nuancé que ce qui est affirmé ici, autant dans l’article que dans les commentaires. Mais bon, toujours plus plaisant de lancer des roches plutôt que de réfléchir.

Merci madame Borde pour votre article, vous avez pris le temps de lire le livre en référence cela fait partie d’une bonne démarche journalistique.
Je vis avec un pronostic de cancer des os depuis août 2013. À tous les 6 mois je vis intensément de stress à chaque résultats d’analyses. la dernière fois, en juin, l’oncologue m’a parler de traitement de chimio bientôt… Ouf,
Dimanche dernier, J’ai écouté TLMP par exception pour cette rencontre avec J. Blanchette, j’en ai été ébranlé.
Aujourd’hui, votre article me permet de mettre en perspective son intervention… encore merci.

Le livre de Josée Blanchette fait parler!!!
Faut-il avoir peur de la chimiothérapie? J’ose dire que OUI…

Un enfant de 3 ans serait en mesure de comprendre qu’il est illogique qu’une infirmière prenne la précaution de mettre des gants pour se protéger d’une substance qu’elle s’apprête à injecter dans le bras d’une personne malade, probablement déjà intoxiquée et dont le système immunitaire est affaibli.

Une substance qui fait perdre les cheveux est-elle vraiment la meilleure option pour aider quelqu’un à se guérir?

C’est un peu comme d’envoyer une bombe au Napalm dans un jardin pour un problème de fourmis… OK fine… ça va tuer les fourmis… mais ça va prendre combien de temps avant que le jardin repousse?

Si on prenait vraiment le temps de regarder les faits, on verrait que la plupart des gens ne meurent pas de leur cancer… ils meurent des effets secondaires de la chimiothérapie…

Mais ça… on ne le dit pas à la télé…

Et si Radio-Canada confiait les émissions d’affaire publiques, comnme jadis, à de vrais professionnels de l’information et de l’interview, au lieu d’en faire faire du show biz par des comédiens et des bouffons recyclés ?

Merci Valérie de partager ta lecture de ce livre. Dommage que la démarche scientifique ne soit pas mieux comprise, cela éviterait bien des dérives. Il en va de même pour l’interprétation des études et la compréhension des statistiques.

Dans la lutte contre des maladies graves comme le cancer, les croyances supportantes jouent un rôle important pour se motiver à suivre des traitements difficiles. C’est en partie pour cela que ce livre frappe fort. Il résonne dans l’expérience de chacun et met en opposition l’intuition, qui est vue comme positive, et les sentiments négatifs associés au milieu médical.

Le problème avec le système de santé Québécois ce n’est pas que les traitements sont inadéquats (en autant que vous réussissiez à y avoir accès…), on peut supposer qu’il le sont. Même si on a pas toujours accès à la fine pointe de la recherche qui se fait aux USA…

Le problème c’est le manque d’attention de de respect offerts aux patients par des médecins qui se croient tellement importants qu’ils en deviennent arrogants. Vous avez droit à votre 15 minutes avec votre bon Dieu médecin, qui vous expliquera selon son humeur plus ou moins bien ce qui se passe et après basta, au suivant.

En 2015:
Aux États Unis le système de santé est le plus cher au monde à 9216$ et un des moins performant. Il se classe au 37ème rang.
Au Canada à 5692$, il est au 13ème pour sa performance.
Sources OMC et Health Outcomes Index.

Même Cuba est plus performant que les USA.

«Même Cuba est plus performant que les USA.»

À elle seule cette conclusion devrait suffire à vous faire douter des autres…

En tout cas elle ne décourage pas les dizaines milliers de Canadiens qui (malgré les coûts élevés) vont se faire soigner aux USA chaque année.

Et je suis sûr que vous n’aimeriez pas non plus vous passer de tous les traitements et médications inventés dans le système le «moins performants»…

etc…

Prenez le temps d’y réfléchir la prochaine fois que vous passerez des heures à attendre à l’urgence d’un hôpital Québécois sale et bondé, résigné à écouter chialer les employés de mauvaise humeur à propos de leur horaire…