Faut-il avoir peur… de l’Halloween ?

Doit-on priver les petits de leur fête d’Halloween ? Toutes les activités ne présentent pas le même risque, explique notre chef de bureau science et santé.

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Même si l’Halloween est encore loin, la question est déjà sur bien des lèvres : on fête ou pas ? Pour l’instant, Québec n’a pas donné de recommandations officielles. Le ministère de la Santé indique que la fête aura lieu, mais qu’elle pourrait être un peu différente.

Qu’est-ce qui semblerait prudent ? Tout va dépendre, d’abord, de la circulation du virus dans la population à la fin octobre. Le nombre de cas repérés chaque jour a nettement augmenté depuis la fin août, passant d’une moyenne hebdomadaire de 162 cas au 1er septembre à 330 cas deux semaines plus tard. La suite de l’histoire dépendra du comportement de la population, mais aussi de la capacité à retrouver rapidement les personnes infectées, ce qui n’est pas encore au point.

Si, à l’approche de l’Halloween, les modèles prédisent que les hôpitaux sont à risque de déborder, il y a fort à parier que bien des activités seront interdites.

Cependant, toutes les festivités ne présentent pas le même risque. On peut déjà oublier les partys regroupant de nombreuses personnes, qu’ils aient lieu à l’intérieur ou dehors — même si la météo est plus clémente qu’en 2019. Plusieurs événements organisés par des municipalités ont déjà été annulés. D’autres activités, comme la visite du populaire Village hanté du Village québécois d’antan à Drummondville, ont été adaptées pour limiter la foule, avec des plages horaires à réserver.

Mais faudrait-il interdire ou déconseiller le porte à porte ? L’épidémiologiste Benoît Mâsse, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, croit qu’il y a peu de risques que de petits groupes de jeunes enfants passant l’Halloween avec leurs parents occasionnent des contagions, moyennant quelques précautions.

Les plus de 10 ans devraient porter un masque, et si deux familles sont ensemble, elles devraient respecter la distanciation physique. Évidemment, personne dans le groupe ne devrait avoir de symptômes associés à la COVID-19, ce que l’on peut vérifier avec l’outil d’autoévaluation des symptômes.

Si tout rassemblement devient déconseillé ou interdit d’ici le 31 octobre, on pourrait peut-être quand même laisser parents et enfants d’une même famille passer l’Halloween ensemble, croit Benoît Mâsse. La fête est importante pour les enfants, à qui on en demande déjà beaucoup !

Caroline Quach, pédiatre infectiologue à l’hôpital Sainte-Justine, craint cependant les attroupements devant les maisons les mieux décorées, et hésite encore à se prononcer. « Il va falloir que les gens fassent preuve de beaucoup de discipline pour que la fête reste sécuritaire », prévient-elle.

Dans tous les cas, pour limiter les risques, la personne qui répond à la porte devrait porter un masque. Et en isolement ou malade, on garde sa porte close !

La manipulation des friandises n’est pas susceptible d’occasionner une contagion, croit Benoît Mâsse, car on sait maintenant que la transmission par le biais d’objets contaminés a peu de risques de se produire. Pour mettre toutes les chances de son côté, on peut toujours laisser son stock de bonbons reposer quelques jours dans un coin de la maison sans y toucher avant de les distribuer.

L’hôte devrait idéalement se laver les mains ou utiliser un gel hydroalcoolique avant de donner les friandises à chaque petit visiteur plutôt que de les laisser piger dans sa réserve, qui risquerait de devenir un nid à microbes si tous les quêteurs n’ont pas les mains propres.

De retour à la maison, on peut aussi prévoir une petite réserve de bonbons pour satisfaire les enfants pendant quelques jours et laisser le reste des provisions reposer, le temps que toute éventuelle trace du virus en soit disparue.

Les déguisements ne posent pas de problème particulier. Les personnes en âge de porter un masque devront le faire partout où c’est obligatoire et pour le porte à porte. Par contre, rien ne prouve que les masques traditionnels d’Halloween, souvent en plastique ou en tissu fin, fassent barrage aux virus. On peut porter son masque en tissu ou chirurgical par-dessus ou en dessous de l’autre, ou bien opter pour un modèle avec un motif d’Halloween.

Aux États-Unis, les experts des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) viennent de donner leurs recommandations pour l’Halloween, en distinguant des activités sans risque, à risque modéré et à risque élevé. Le porte-à-porte est considéré comme risqué dans tous les cas. Les CDC conseillent plutôt que les personnes qui veulent donner des friandises s’installent sur le bord des terrains ou des rues, à bonne distance les unes des autres et qu’elles préparent des petits sacs de bonbons à distribuer aux quêteurs, qui devraient circuler à sens unique et attendre leur tour en respectant la distanciation. Quelques villes, comme Springfield au Massachusetts, ont déjà décidé d’interdire le porte à porte, et plusieurs autres l’ont sérieusement déconseillé. Dans le comté de Los Angeles, les autorités ont cédé à la grogne populaire et finalement autorisé le porte à porte, pour l’instant.

Quoi qu’il en soit, la docteure Mélissa Généreux, professeure de santé publique à l’Université de Sherbrooke, implore les Québécois de suivre les consignes de santé publique qui seront émises par les autorités pour l’Halloween. « Il faut se rallier à ce que nos décideurs conviendront comme étant le plus approprié à la fin octobre, en fonction de la situation épidémiologique et d’autres facteurs. On doit faire davantage confiance à nos autorités, car la méfiance entraîne des problèmes d’anxiété et de dépression en temps de pandémie », explique-t-elle, après avoir interrogé plus de 6 000 personnes sur ce qui occasionne du stress lors de cette pandémie.

AVIS À GÉOMÉTIRE VARIABLE

Voilà qui, à l’intar du gouvernement caquiste, dit tout et son contraire.

Les facteurs de risque sont si multiples que garantir leur gestion systématique tient de la pensée magique.

Il est préférable de fêter en famille et d’échanger de petites vidéos, je crois.

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Bien que la question soit légitime , Faut il avoir peur de l’halloween . Je suis étonnée de l’attente de directives gouvernementale relativement a ce sujet , une simple questionnement (responsabilisation) de chacun nous dicte clairement que nous ne pouvons pas fêter l’halloween comme avant, Car notre façon de festoyer appartient au monde d’avant (disparue) . Il me semble que c’est assez claire.

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