Faut-il avoir peur… des pestes animales ?

Sans danger pour les humains, ces virus contagieux peuvent coûter très cher aux éleveurs, qui réclament de meilleurs contrôles aux douanes.

Photo : Frank Sommariva / Getty Images

L’industrie du porc est en alerte : une épidémie de peste porcine africaine menace le monde entier. Le virus est mortel pour les cochons d’élevage, et très contagieux. Il est potentiellement ruineux pour les éleveurs, en raison de la mortalité due à la maladie, mais aussi des abattages massifs nécessaires pour contenir le virus et des interdictions d’exportation qui frappent souvent les régions touchées. Les populations de sangliers sauvages sont également à risque.

Les humains, eux, n’ont rien à craindre pour leur santé, car ils sont insensibles au virus en cause, l’asfivirus, qui n’a aucune parenté avec celui à l’origine de la peste humaine. L’asfivirus est originaire de l’Afrique, où les phacochères et les tiques qu’il infecte sans les tuer lui servent de réservoir.

Depuis les années 1950, quelques éclosions de peste porcine africaine sont survenues dans différentes régions du monde et ont été rapidement endiguées. Mais l’épidémie actuelle fait redouter le pire : repéré en 2007 en Géorgie, le virus se répand de l’Europe à la Chine, où, pour tenter de couper court à sa propagation, un million de cochons d’élevage ont été abattus dans les derniers mois. En Belgique, la découverte de sangliers infectés, en septembre 2018, a incité les autorités à interdire toute activité humaine dans de vastes forêts durant l’automne. La France et le Danemark installent des kilomètres de clôtures et tuent des centaines de sangliers sauvages afin d’empêcher que le virus ne se propage.

Les humains, eux, n’ont rien à craindre pour leur santé, car ils sont insensibles au virus en cause, l’asfivirus, qui n’a aucune parenté avec celui à l’origine de la peste humaine.

L’Amérique du Nord est — pour l’instant — épargnée. Sachant toutefois que le virus peut survivre des mois dans un simple saucisson, et que les humains peuvent servir de vecteurs et le transmettre aux porcs, les producteurs réclament des contrôles renforcés aux douanes.

Plusieurs maladies animales portent le nom de « peste » sans avoir avec celle-ci d’autre point commun que le fait d’être très contagieuses. La peste porcine classique, par exemple, tue certains cochons en quelques jours, alors que d’autres ne tombent même pas malades. Ce virus — qui n’est pas apparenté à l’asfivirus — est présent partout dans le monde, sauf en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais là où il est endémique, un vaccin prévient les dégâts.

La peste des petits ruminants, pour sa part, fait des ravages en Afrique et en Asie, où bon nombre d’éleveurs n’ont pas suffisamment d’argent pour vacciner chèvres et moutons, qui constituent souvent leur seul moyen de subsistance. Elle tue 30 millions d’animaux par an. Les Nations unies espèrent l’éradiquer d’ici 2030, tout comme elles ont réussi à éliminer la peste bovine, en 2011.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie