Faut-il avoir peur… des traînées dans le ciel?

Les longues traînées blanches que les avions laissent dans leur sillage sont-elles toxiques? Oui, croit une frange de la population. Pas du tout, rétorquent les scientifiques.

Photo: Unsplash/Pixabay
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Les traces laissées dans le ciel par les avions seraient-elles en réalité de longues traînées de produits chimiques que des gouvernements ou des entreprises largueraient en secret dans l’atmosphère, dans un dessein malveillant? Les tenants de cette théorie conspirationniste étonnamment populaire le croient dur comme fer.

Lors d’un sondage mené en 2011 auprès de 3 015 Américains, Canadiens et Britanniques représentatifs de la population, 2,6 % des personnes interrogées s’étaient dites persuadées de l’existence de ces chemtrails (les traînées chimiques) et 14 % y croyaient au moins partiellement.

Certains des multiples sites Internet qui ont contribué à populariser cette idée avancent que l’épandage secret de produits chimiques servirait à modifier le climat par géo-ingénierie, à trafiquer les cultures et même à réguler la population! Aux États-Unis comme au Canada et en Europe, des groupes de citoyens déposent régulièrement des pétitions demandant aux élus de faire enquête sur ces prétendus épandages aériens secrets.

Une étude originale fournit de nouveaux arguments à leur opposer. Après s’être aperçu que cette théorie n’avait jamais fait l’objet d’une étude scientifique sérieuse, Steven Davis, climatologue de l’Université de Californie à Irvine, a entrepris de la mettre à l’épreuve. Il a d’abord recensé les principaux arguments avancés par les sites Web militant en faveur de l’existence des chemtrails. Il les a ensuite soumis à près de 400 chercheurs ayant publié les études les plus reconnues depuis 20 ans sur la chimie de l’atmosphère et sur la déposition au sol ou dans les lacs et océans de matières provenant de l’atmosphère.


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Au total, 77 scientifiques rattachés principalement à des universités de partout dans le monde (dont le biogéochimiste Nicolas Bélanger, de la TÉLUQ) ont accepté de commenter les images et arguments soumis.

Parmi eux, 76 ont affirmé n’avoir jamais observé quelque preuve que ce soit de l’existence des chemtrails au cours de leur carrière. Le dernier expert a dit avoir relevé un niveau anormal de baryum dans une zone où il n’était pas censé en trouver, sans pouvoir se l’expliquer. Il a donc reconnu n’avoir aucune explication meilleure que cet épandage secret à fournir (ce qui ne signifie pas qu’il juge cette explication plausible, soit dit en passant).

Quatre photos de chemtrails considérées comme des preuves irréfutables par les conspirationnistes ont été soumises aux 77 chercheurs. Tous ont pu expliquer sans problème les images présentées sans avoir eu besoin de recourir à une quelconque activité secrète: il s’agit, selon eux, de banales traces de condensation de la vapeur d’eau laissées par des avions qui ont ensuite été déformées par divers phénomènes atmosphériques naturels bien connus et décrits dans la littérature scientifique.

Les traits interrompus, par exemple, s’expliquent par le passage des avions dans une zone d’air plus ou moins sec. Les lignes courbes viennent soit des changements de direction des avions, soit d’avions militaires, acrobatiques ou de recherche adoptant des trajectoires non rectilignes.

Dix-huit experts ont dit avoir l’impression, tout comme les conspirationnistes, que les traînées d’avion tendent à persister plus longtemps aujourd’hui qu’auparavant. Mais tous ont attribué ce possible phénomène au fait que les moteurs d’avion sont généralement plus gros et plus performants que par le passé, et que les avions circulent à plus haute altitude.

Steven Davis a également soumis aux chercheurs trois analyses que des sites conspirationnistes présentent comme la preuve que des dépôts anormaux de produits chimiques se retrouvent au sol, dans des sédiments ou sur la neige. Pour chacune de ces analyses, un ou deux experts ont reconnu ne pas être en mesure d’expliquer les données soumises. Tous les autres ont trouvé une autre explication plausible, par exemple la pollution industrielle ou même les variations naturelles de ces «produits chimiques», qui sont en fait des éléments constitutifs de la croûte terrestre.


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Finalement, les 28 experts en dépôts atmosphériques ont dû se prononcer sur la technique d’analyse d’échantillons proposée par un site conspirationniste aux internautes pour récolter la «preuve» d’une expérience de géo-ingénierie menée à notre insu. Aucun d’eux n’a estimé la méthode appropriée, et 17 ont précisé qu’elle ne pouvait en aucun cas aboutir à un résultat fiable (mélanger l’eau de surface avec les sédiments, comme il est préconisé, ne fait qu’augmenter artificiellement la concentration en métaux et n’est pas représentatif de ce qui pourrait tomber du ciel).

Conclusion: la théorie des chemtrails ne tient vraiment pas la route. Il existe des explications bien plus simples et plausibles aux traînées dans le ciel et aux prétendues anomalies de dépôts d’éléments chimiques provenant de l’atmosphère.

Avec cette étude publiée dans la revue Environmental Research Letters, Steven Davis et ses collègues ne comptent pas faire changer d’avis les personnes persuadées de l’existence des chemtrails. Mais ils espèrent que les gens qui hésitent à y croire trouveront dans cette analyse des arguments qui pourraient les ramener à la raison.

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13 commentaires
Les commentaires sont fermés.

est-ce que c’est vrai que ces avions forteresses qui volent à très haute altitude (50 000 pieds) et laissent deux traînées blanches derrière eux (huit moteurs à réaction) transportent des armements nucléaires ? Il est connu qu’ils peuvent transporter huit missiles-air Cruise et ont une autonomie de 34 heures dans les airs. Utilisés pour détecter les attaques de missiles sur le Canada et les É.U.A.

Wow, y en a qui en fument du bon…….Quand on observe bien attentivement, on se rend compte qu’il s’agit de «contrails» un phénomène bien connu (et naturel)…..de condensation des gaz chauds des moteurs d’avion en altitude.

Une chance que le ridicule ne tue pas……

je n’ai pas écrit que les traces blanches contenaient des armements nucléaires, j’ai demandé si ces avions transportent des armements nucléaires 24h/24h . Vous répondez à un commentaire sans même le comprendre.

S’il ne tue pas il devrait ! Nous aurions beaucoup moins de stroumph psychiatrisé à lire ou écouter. Non mais comment ne peut-on pas comprendre un phénomène aussi simple me dépasse et j’ai 6 pieds 2 🙂 Pour ce qui est des forteresses à huits moteurs qui ne laisse que « 2 » trainées blanches démontre à quel point c’est ridicule. En passant , le Concorde volait en moyenne à 55,000 pieds et était certifié pour 62,000 pieds. Un forteresse qui peut ont une autonomie de 34 heures provient d’une hallucination ou désordre mental profond que se soit à 20 ou 50 millies pieds. Les 2 trainées qui suivent l’avion à quatre moteurs sont probablement des prostitués qui sont resté accroché à l’avion :-))) Ceci a fait éclater de rire bien des personnes à qui j’ai envoyé l’article en leur indiquant de lire le premier commentaire.

J’imagine le design et la longueur des ailes d’une forteresse qui pourrait accommoder huit moteurs. Il faudra refaire la largeur des pistes et surtout leur longueur. Imaginez le poids du JET-A d’un aussi gros bolide qui transporte des charges époustouflantes avec autonomie de 34 heures.

Le plus gros transporteur est présentement le Antonov 225 qui n’existe qu’en deux copies seulement. Il a des ailes de 290 pieds avec 6 moteurs, pèse 640,000 kg au décollage (maximum), une capacité de 300,000 kg de JET-A-1 et limité à 36,000 pieds. Son autonomie lorsque vide mais avec le plein est de 15,100 km mais de seulement 2,500 km lorsqu’il décole avec le maximum de cargaison, soit 30% de son autonomie à vide.

Le seul avion qui eut 8 moteurs fut le Spruce Goose, fait en bois par Howard Hugues en 1947 fit un seul vol sur une distance de 21 mètre avec 36 passagers à 135 km/heure.

Dou dou dou dou ! Thème bien connu de E.T. repris par Rock et Belles Oreilles.

Il parle surement des B-52 stratofortress, qui ont effectivement 8 turboréacteurs ( en « nacelle » de 2, d’accord, mais 8 quand même), alors faite vos devoirs, il a plus d’un modèle d’avion à 8 moteurs….

Les B-52 fut construit par Boeing en 1946, à l’aide de 6 trubo-propulseurs et convertis en jet 4 moteurs au début des années 50 (de 52 à 61). En 2014 il n’en restait que 33 servant à la formation des futurs pilotes de Galaxy C-5. La USAF a commencé à utiliser des 747 pour faire ce travail parce qu’ils ne peuvent plus trouver de pièces pour les moteurs des B-52 après avoir canibaliser les 740 qui furent produits sous différentes configurations.

De plus l’avionic des B-52 n’était plus conforme dès 1979 avec un ordinateur dont la puissance n’était que de 480Kb (c’est 100 fois moins qu’un Intel i7 de deux génération précédant les PC d’aujourd’hui. Lla USAF devait changer constamment des éléments de vols pour finalement installer un système entièrement mis à niveau en 2001 basée sur un système de Raython / IMB / Intel.

Rappelons que le B-52 fut l’avion le plus problématique de tous les appareils construits dans l’histoire de l’aviation. La très grande majorité furent relégués à leur démantibulation immédiatement après la guerre du Vietnam pour faire un stock de pièces. Une facture de 5.7$ milliards US sur 28 années.

Bien sûr que ce sont des traînées chimiques que ces chemtrails. Même que ce gaz est synthétisé en altitude par réaction chimique entre un alcane et de l’oxygène; parmi les produits de la réaction, il y a émission de cette molécule appelée dihydrogénure d’oxygène. Les spécialistes disent que cette molécule forme un brouillard visible sous forme de trainées blanches. La molécule , de masse molaire est de 18 g et sa formule brute est H2O

Laissez moi ajouter que cette molécule peut être fatal si elle est inhaler en trop grand quantité, Particulièrement lorsqu’elle est sous sa forme liquide. 🙂

Ces théories datent de bien avant l’internet. Je me souviens d’une année particulièrement pluvieuse des années 70. Mes parents étaient convaincus que les avions, probablement l’aviation canadienne menait-elle alors beaucoup de manœuvres dans notre région, « semaient » en quelque sorte la pluie.