Faut-il avoir peur du coronavirus MERS ?

Depuis deux semaines, la Corée du Sud est aux prises avec la plus importante éclosion de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), ce nouveau virus mortel découvert en 2012.

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Photo extraite d’une vidéo de l’AFP (source : YouTube).

Avec six morts et 87 personnes infectées, la Corée du Sud est aux prises depuis deux semaines avec la plus importante éclosion de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), ce nouveau virus mortel découvert en 2012.
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Le MERS va-t-il se propager dans toute l’Asie, voire le reste du monde ?

Masques et quarantaine

Dans les rues de Séoul, où se tient actuellement une conférence mondiale des journalistes scientifiques à laquelle je participe, la tension est palpable. D’innombrables personnes portent des masques, et on ne voit quasiment aucun enfant dans les rues — alors que 2 000 écoles sont actuellement fermées.

Plus de 2 500 personnes ont été placées en quarantaine, chez elles ou à l’hôpital. Les autorités ont annoncé qu’elles allaient surveiller leurs signaux de téléphone cellulaire pour repérer d’éventuels déplacements.

On a repéré le virus pour la première fois le 20 mai, chez un homme d’affaires qui était de retour d’un séjour au Moyen-Orient. Le voyageur a visité plusieurs hôpitaux avant d’être finalement diagnostiqué dans la salle d’urgence bondée d’un grand hôpital de Séoul.

Ce coronavirus est un proche parent de celui qui provoque le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), lequel a touché environ 8 000 personnes et fait 800 morts dans plusieurs pays — dont le Canada, en 2002-2003.

Jusqu’à présent, toutes les personnes contaminées l’ont été dans des hôpitaux. Lundi, le gouvernement a publié la liste des 29 établissements à travers le pays où l’on a rapporté des cas.

Les enquêtes en cours montrent que seules des personnes souffrant de symptômes sévères semblent avoir transmis le virus.

D’abord les malades

Le MERS est connu pour être beaucoup moins contagieux que le SRAS. Les personnes touchées sont avant tout des patients qui étaient déjà hospitalisés pour d’autres problèmes de santé — et non le personnel médical.

Mais les autorités ont désormais la preuve que le virus s’est transmis à distance entre deux malades, lesquels étaient hospitalisés dans deux chambres de part et d’autre d’un corridor.

On a retrouvé des traces du virus dans le filtre du système de climatisation de l’hôpital.

Néanmoins, les spécialistes coréens ne disposent encore d’aucune preuve qu’il pourrait se transmettre par la voie des airs. Des porteurs sains pourraient avoir transmis le virus d’un malade à un autre.

Malgré les mesures en place, il semble que les difficultés à faire respecter les protocoles de sécurité dans les hôpitaux (notamment les instructions sur le lavage des mains) aient pu jouer un rôle dans la transmission du virus, rapportent les autorités.

La suite

Il est encore trop tôt pour savoir si le nombre de cas va diminuer dans les prochains jours grâce aux mesures de sécurité qu’a adoptées la Corée du Sud. Mais les pays environnants s’inquiètent, et Hongkong a déjà demandé à ses ressortissants d’éviter les voyages en Corée.

Les journalistes scientifiques réunis à Séoul sont cependant nombreux à estimer, en se basant sur les avis des spécialistes coréens et étrangers, que le risque de contracter le virus en voyageant en Corée est infime.

À la conférence, d’ailleurs, personne ne porte de masque. Le risque de souffrir d’une insolation (il fait 34 degrés, aujourd’hui, à Séoul) ou d’être renversé par une voiture sont sans aucun doute très supérieurs à celui d’attraper ce virus !

Cependant, même s’il semble peu probable pour l’instant que cette éclosion dépasse les frontières de la Corée du Sud, elle montre qu’il reste énormément à apprendre sur les modes de transmission de ce virus émergeant, ainsi que sur la manière de minimiser le nombre de victimes.