Faut-il avoir peur… du transport en commun?

Les découvertes de chercheurs américains ont de quoi rassurer les usagers sur les populations de microbes dans le métro.

La station de métro Lionel-Groulx, à Montréal. (Photo: Société de transport de Montréal)
La station de métro Lionel-Groulx, à Montréal. (Photo: Société de transport de Montréal)

Les utilisateurs du transport en commun doivent-ils se méfier des microbes qu’ils pourraient croiser dans le métro ou l’autobus? Si vous êtes du genre à tenter de rester en équilibre en évitant tout contact avec les barres ou les poignées de peur d’attraper de dangereuses maladies, une nouvelle étude publiée dans une revue de l’American Society for Microbiology devrait vous rassurer.

Curtis Huttenhower et ses collègues de l’Université Harvard ont repéré les populations de microbes présentes dans le métro de Boston, qui transporte un million de personnes par jour. Ils ont analysé les brins d’ADN trouvés sur différents équipements dans cinq stations et dans les rames de trois lignes du métro pour dresser le portrait du génome de l’ensemble des micro-organismes présents, qu’on appelle le microbiome.

Les chercheurs n’ont observé aucune différence entre les lignes ou les stations qui desservent des populations riches, pauvres ou multiethniques. Les mêmes groupes de microbes se retrouvent aux mêmes endroits partout, et correspondent typiquement au microbiome des passagers. Autrement dit, la flore microbienne du métro est similaire à celle que l’on trouve dans les autres environnements bâtis, comme les maisons, les salles de classe ou les lieux de travail.


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Sur les barres et les poignées du métro, les chercheurs ont ainsi trouvé des virus et bactéries vivant habituellement sur la peau et dans la bouche. Sur les sièges, la flore vaginale et anale domine, mais les surfaces lisses, comme les sièges en plastique, abritent beaucoup moins de microbes que celles en tissu. La surface des écrans tactiles et des machines distributrices de billets héberge un mélange de microbes vivant sur la peau.

Les chercheurs n’ont pas trouvé trace de bactéries ou de virus particulièrement pathogènes. Ils ont repéré bien moins de gènes de résistance aux antibiotiques que ce que l’on retrouve typiquement dans l’intestin humain.

Même si la promiscuité favorise toujours l’échange de microbes entre personnes, les infrastructures de transports en commun, elles, ne représentent donc aucun danger particulier.

L’an dernier, une étude similaire menée dans le métro de New York avait semé la panique alors que les auteurs rapportaient y avoir trouvé des traces de peste et d’anthrax. Mais il s’agissait d’une erreur, et la mauvaise interprétation des données génomiques par les chercheurs a été corrigée depuis (mais pas les articles de journaux). Cette histoire a laissé des traces dans l’imaginaire populaire, et ces dangereux microbes font maintenant partie des mythes urbains des profondeurs, à côté des alligators dans les égouts.

Quelques autres chercheurs se sont penchés sur le microbiome des transports en commun dans les dernières années. Même si l’étude menée à Boston est la plus complète à ce jour, les résultats sont encore préliminaires. Les chercheurs ne savent pas encore, par exemple, si l’ADN qu’ils ont analysé provient de microbes morts ou vivants, susceptibles de coloniser les surfaces ou de se transmettre d’une personne à une autre.

D’autres études de ce type pourraient aider à suivre l’évolution du microbiome de la population, maintenant qu’on sait que celui qu’on trouve dans les transports en commun est représentatif des humains qui l’utilisent, et peut-être à repérer des microbes inhabituels.

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5 commentaires
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Sauf conditions particulières comme une personne au système immunitaire fragilisé à l’avance, il n’y a aucun problème à toucher aux surfaces en autobus ou autres endroits publics. On est habitués au contact de ces microbes. Je pense qu’il y en a qui capoteraient au nombre de bactéries qu’il y a dans leurs bobettes…

Mieux, c’est probablement cause de bonne santé, notre système immunitaire semblant avoir besoin d’être en contact régulier avec les microbes externes pour garder la santé. Les allergies et l’asthme seraient plus présents dans les sociétés et familles plus « propres » que dans celles un peu moins soucieuses de la propreté. Sans compter les quelques milliards de « bonnes » bactéries qu’on traîne sur notre peau et nos intestins…

Ceci démontre bien que le transport en commun permet d’entretenir le multiculturalisme… microbien, un modèle pour les usagers de ce mode de transport. ;-)))