Faut-il (encore) avoir peur… des OGM ?

Selon diverses études, les OGM ne donneraient pas le cancer. Or, la recherche devrait plutôt se concentrer sur les conséquences qu’ils entraînent pour l’agriculture mondiale.

Photo : Fotografixx / Getty Images

Les OGM donnent-ils le cancer ? En 2012, une étude menée par un chercheur français avait semé tout un émoi en établissant un lien direct entre la consommation de maïs modifié génétiquement pour résister au glyphosate, l’herbicide le plus utilisé au monde, et la survenue d’énormes tumeurs chez des rats de laboratoire. « Oui, les OGM sont des poisons », avait alors écrit à la une le magazine français Le Nouvel Observateur, malgré les critiques virulentes de nombreux scientifiques qui estimaient que cette étude ne valait rien.

Ce qui a suivi montre à quel point ce genre d’affirmation péremptoire et la panique qu’elle entraîne peuvent faire mal à la science et détourner chercheurs et argent public de questions beaucoup plus préoccupantes.

Dans les mois après la publication de cette étude, deux agences gouvernementales françaises chargées de la surveillance des OGM et des aliments réfutèrent elles aussi ses conclusions. Elles recommandèrent toutefois, par précaution, de vérifier que la durée des tests effectués jusqu’alors par l’entreprise Monsanto et d’autres chercheurs était réellement suffisante : les résultats seraient-ils différents si, plutôt que de sacrifier les rats à 90 jours pour voir s’ils avaient des signes de tumeurs, on continuait les tests six mois, voire un an ou deux ?

Trois études d’envergure furent alors lancées en Europe, dont les conclusions viennent de tomber. Bilan : rien. Les 15 millions d’euros qu’ont coûté ces études, et les milliers de rats qu’on a dû tuer pour les réaliser, n’ont rien changé : aucune tumeur n’est apparue.

Sur le plan scientifique, cette histoire rappelle qu’avant de s’acharner à chercher un éventuel effet nocif à plus ou moins long terme, il faudrait d’abord avoir de bonnes raisons de soupçonner qu’un tel effet existe, à cause de mécanismes biochimiques ou cellulaires qui pourraient être affectés. Or, rien ne permet de croire que consommer du maïs transgénique est susceptible de donner un cancer. S’obstiner sur la durée des tests n’aurait pas dû être une priorité de recherche.

À la place, il aurait peut-être fallu se préoccuper un peu plus d’une conséquence bien réelle de ces OGM résistants au glyphosate. Leur invention a en effet rendu l’agriculture mondiale très dépendante de cet herbicide… ce qui a entraîné une augmentation du nombre de mauvaises herbes qui résistent au glyphosate ! Ce produit est donc voué à devenir de moins en moins efficace. Comment s’en passer, sans pour autant sacrifier les rendements ni le remplacer par d’autres herbicides potentiellement plus dangereux ? Voilà la question de recherche prioritaire !

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1 commentaire
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Je suis désolé de constater qu’encore une fois l’a eugleme Volontaire prime chez notre espèce. Ces rats ne sont pas soumis au même niveau de stress que les etres humains et n’ont pas le même régime alimentaire du tout et pas les mêmes conditions de vie.
De plus, on ne parle pas de l’effet combiné de tous ces produits arrosés de différents pesticides et herbicides. Lorsque les médecins donnent plus d’un médicament à un patient ils doivent composer avec les effets combinés mais on ne fait pas la même chose pour les produits chimiques qu’on ingèrent en toute confiance. Or personne n’a fait la preuve que c’etai Sans danger.
De plus avec le nombre de laitue et d’autres Produits alimentaires frais arrosés de ces cochonneries rappelés ces dernières semaines; Vous voulez toujours prendre le risque de croire que vous serai pas là personne qui attrapera la listériose ou autre???
Vive le bio local et c’est bon pour notre économie aussi!
Bien à vous

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