Faut-il (encore) avoir peur des trous dans la couche d’ozone ?

La couche d’ozone suscite un regain d’inquiétude, car elle ne se rétablit pas au rythme prévu.

Photo : NASA

La couche d’ozone, qui protège la vie sur Terre contre les rayons ultraviolets (UV) nocifs, suscite un regain d’inquiétude, car elle ne se rétablit pas au rythme prévu. Pourtant, le grand trou situé au-dessus de l’Antarctique s’était largement résorbé depuis la signature, en 1987, du protocole de Montréal, ratifié depuis par 197 pays.

La destruction de la couche d’ozone est due à l’émission de gaz de synthèse contenant du chlore et du brome, comme les chlorofluorocarbures (CFC). Les scientifiques avaient calculé que, ces gaz persistant 50 ans dans l’atmosphère, leur interdiction ferait diminuer de 2 % par an leur concentration dans la stratosphère, ce qui permettrait à la couche d’ozone de se reformer.

Or, en 2018, des chercheurs américains ont évalué que depuis 2013, la concentration atmosphérique en CFC-11, un des gaz incriminés, ne baissait que de 0,4 % par an, signe que 13 000 tonnes étaient toujours émises annuellement quelque part sur Terre. Les principaux coupables ont été trouvés en 2019 par le New York Times et une ONG américaine : 18 grosses usines chinoises produisaient encore du CFC-11, utilisé surtout pour fabriquer de la mousse isolante.

Le gouvernement chinois semble être intervenu et une nouvelle étude publiée dans la revue Nature montre que les émissions de CFC-11 ont recommencé à diminuer d’environ 1 % par an. Une autre analyse basée sur des stations d’échantillonnage japonaises et sud-coréennes confirme aussi qu’une source majeure de CFC-11 dans l’est de la Chine s’est tarie. 

Le problème, selon les chercheurs, c’est qu’il reste bien d’autres sources illégales. Le réseau de surveillance atmosphérique est encore déficient dans plusieurs régions du monde, notamment en Inde et au Brésil, qu’on soupçonne également d’abriter des fraudeurs.

En 2020, des trous d’une taille et d’une durée records sont apparus puis ont disparu au-dessus de l’Arctique entre janvier et avril, puis au-dessus de l’Antarctique entre août et décembre, sous l’effet de puissants vortex polaires. L’Organisation météorologique mondiale craint que la combinaison de ces vortex, qui gagnent en puissance avec les changements climatiques, et des émissions illégales ne rende plus probable la formation de grands trous dans les prochaines années.

Or, contrairement à l’ozone dont est constitué le smog, l’ozone stratosphérique joue un rôle crucial dans la protection de la vie sur Terre contre les effets nocifs des UV issus du Soleil. Une augmentation des UVB pourrait notamment causer plus de cancers de la peau chez beaucoup d’animaux, dont les humains, perturber la croissance des plantes et affecter le phytoplancton dans les océans.

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Très bon article.
J’ai de la difficulté à comprendre pourquoi dans la phrase: « L’Organisation météorologique mondiale craint que la combinaison de ces vortex, qui gagnent en puissance avec les changements climatiques, et des émissions illégales NE RENDE plus probable la formation de grands trous dans les prochaines années »
RENDE est négatif et au singulier.
Merci.

Je pense que c’est la « combinaison de ces vortex » qui rend plus probable etc. Donc singulier. Quant au « ne », il ne correspond pas à une négation. Je ne suis pas grammairien, mais je pense qu’il s’agit d’un « ne » explétif après les verbes exprimant la crainte. Donc malheureusement, la formation des trous d’ozone est plus probable.