Fermer Gentilly pour cause de leucémies ? Non !

Je n’ai pas encore vu le documentaire Gentilly or not to be qui sort ces jours-ci et sera diffusé le 17 septembre sur Télé-Québec. Mais les interventions publiques de sa coréalisatrice Guylaine Maroist et les commentaires rapportés dans les médias m’inspirent la plus grande méfiance.

Voici donc quelques faits à connaître avant de gober tout rond certaines opinions présentées dans ce «documentaire-choc».

Les leucémies

Le taux de leucémies dans les environs de Gentilly serait anormalement élevé, et plusieurs études récentes auraient démontré que ce phénomène se produit systématiquement autour des centrales nucléaires. Les environs de la centrale sont déconseillés aux femmes enceintes et on ne devrait pas consommer les fruits et légumes cultivés là, si l’on en croit Madame Maroist.

Faux.

Aucune des études sérieuses dont on parle n’est aussi catégorique, seule l’enflure médiatique a transformé leurs résultats en inquiétudes.

L’étude réalisée en France et publiée dans le International Journal ef Cancer a notamment donné lieu à toutes sortes d’interprétations farfelues, comme l’explique très bien le journaliste scientifique Sylvestre Huet du quotidien français Libération.

Ce qui a semé la panique, c’est que les auteurs de cette étude ont découvert qu’entre 2002 et 2007, le taux de leucémies à moins de 5 km des centrales françaises avait été supérieure à la moyenne nationale.

Mais les militants et nombre de journalistes se sont bien gardés d’évoquer les deux réelles conclusions de cette publication scientifique :

– entre 1990 et 2007, le taux de leucémies autour des centrales n’a pas augmenté. N’importe quel statisticien vous dira que des données relevées sur 17 ans sont plus solides que les mêmes données relevées sur seulement 5 ans.

en aucun cas, cet excès temporaire de leucémies ne peut être relié à la radioactivité émise par la centrale, qui est 1000 fois plus faible que la radioactivité naturelle. Les doses reçues par des enfants vivant dans bien des régions françaises sont largement supérieures à celle reçues par les enfants des environs des centrales.

Aux environs de Gentilly, la Direction régionale de la santé publique suit depuis 21 ans le taux de leucémies et de malformations congénitales, entre autres. Aucun de ses relevés n’a quoi que ce soit d’inquiétant.

L’excès statistique dans le nombre de leucémies relevés en 2003 et 2004 n’est pas significatif, comme l’explique très bien le Dr Grenier dans cet article du Nouvelliste, et rien ne permet de le relier à la présence de la centrale.

Les experts

La coréalisatrice dit avoir été convaincue de l’importance de réaliser ce documentaire parce que des physiciens nucléaires et des médecins s’inquiètent de Gentilly.

Certes.

Mais pourriez-vous me donner une seule bonne raison de faire plus confiance au Dr Éric Notebaert qu’aux autres médecins du Québec en matière de sécurité nucléaire, alors que ce professeur adjoint de l’université de Montréal et urgentologue n’est ni spécialiste de la leucémie, ni de la santé publique ou environnementale, ni de l’épidémiologie ?

Et pourquoi devrions-nous faire une confiance aveugle à Monsieur Michel Duguay, professeur en génie à l’université Laval, qui n’a pas travaillé en physique nucléaire depuis plusieurs décennies mais coordonne le mouvement Sortons le Québec du nucléaire ?

Pourquoi à lui plus qu’à d’autres ? Quid de l’opinion d’autres spécialistes en physique nucléaire, qui au Québec sont certes proches d’Hydro-Québec mais qu’on ne devrait pas considérer d’emblée comme «pourris» pour autant ! Et pourquoi ne pas interviewer les auteurs des études européennes plutôt que ceux, très minoritaires, qui les critiquent , comme le consultant britannique Ian Fairlie?

Des centaines d’autres médecins et physiciens nucléaires ont des opinions radicalement différentes des «scientifiques» interviewés dans ce documentaire.

Comment trancher ? Madame Maroist ne semble pas le savoir, et c’est fort dommage.

Répétons-le donc encore une fois : la vérité ne sort pas de la bouche de ceux qui émettent des opinions, mais de ceux qui analysent les faits de manière rigoureuse et le prouvent.

Que Dr Notebaert critique de manière scientifique les données de la santé publique autour de Gentilly et qu’il publie ses résultats dans une revue savante, et on en reparlera.

Il n’y a pas de conspiration du silence. Nous ne vivons pas dans une dictature où l’on empêche les scientifiques qui contestent l’opinion majoritaire de publier.

Faut-il s’inquiéter de la présence de tritium à Gentilly ?

«Aucune dose de radiation n’est sans risque, affirme l’Académie nationale des sciences américaines». Voilà comme la coréalisatrice Guylaine Maroist justifie face à Anne-Marie Dussault qu’il faille s’inquiéter des doses de tritium que l’on retrouve dans l’environnement de Gentilly.

Certes. Mais ce raisonnement n’a tout simplement aucun sens, car le risque nul est une utopie.

Nous vivons dans un monde où rien n’est sans risque. On peut s’étouffer avec une gorgée d’eau. Une bouffée de cigarette une fois dans votre vie accroit votre risque de cancer. Et je ne vous parle même pas des dangers de la voiture ou du vélo !

Le principe de précaution que réclame Madame Maroist ne s’applique pas à n’importe quoi. Va-t-on interdire les voitures au nom du principe de précaution parce qu’elles constituent la cause numéro un de mortalité accidentelle ?

De même qu’on ne peut pas donner une distance à parcourir en vélo sur une route qui vous garantisse un risque nul d’accident, on ne peut pas établir une dose de radiation en deça de laquelle le risque est nul.

Et de même qu’on travaille à rendre nos routes plus sécuritaires, on s’assure que les doses de tritium dans l’environnement restent très très très en deça de ce qui est vraiment dangereux.

C’est cette notion de risque relatif qui échappe complètement à bien des anxieux du nucléaire, qui s’inquiètent d’un risque infime alors qu’ils sont sous la menace constante d’autres risques infiniment plus sérieux.

Fermer Gentilly ?

Il y a un paquet de bonnes raisons de vouloir fermer la centrale nucléaire de Gentilly, comme je l’expliquais dans cette enquête. Et le gouvernement de Pauline Marois se doit de prendre une décision rapide pour que l’on évite des réfections inutiles.

Mais tous les arguments ne se valent pas. Et il y a à mon avis bien plus à craindre du coût exhorbitant des travaux et du manque de transparence total d’Hydro-Québec que du risque de leucémie dans les environs.

Quant au risque d’accident du type Fukushima, il doit lui aussi être largement relativisé, comme je l’ai déjà expliqué dans un précédent billet.


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Je salue votre article et votre appel à la prudence. La centrale nucléaire de Gentilly et toutes les questions qui s’y rattachent devraient être examinées dans un perspective scientifique, selon des bases solides… Mais, soyons réalistes, c’est le Québec… Je veux dire, dès que le documentaire va être diffusé et que la machine médiatique va s’enclencher, il sera trop tard… Les gens vont croire ce qu’ils veulent et les médias ne les aideront pas. Je doute fort que la dame qui a réalisé le documentaire soit interviewée par des journalistes ou des animateurs qui vont la questionner quant à la valeur factuelle de ses affirmations. Y’a personne qui va la confronter ou debunker son documentaire… Personne qui va remettre la question dans un contexte objectif… On est pas rendus là, et c’est bien triste. Quand il y a encore des gens qui croient au pouvoir des cristaux, comment voulez-vous que l’on demande à ces gens de faire la différence entre des études sérieuses et des anecdotes sur un sujet dont la dangerosité est ancrée dans les esprits…

Continuez tout de même d’essayer! C’est la seule voie!

Enfin un commentaire intelligent dans cet océan d’alarmistes, pseudos experts, experts auto-déclarés, études tronquées. Même l’étude de Fairlie publiée en 2007 n’était pas alarmiste et concluait sur la base des études épidémiologiques que le taux d’occurence des cancers était dans les marges statistiques. Bref, aucune conclusion d’augmentation ne peut être tirée. Par contre, il s’est posé en militant pour le risque zéro.

Comme la plupart des gens, je n’y connais rien. Mais je veux souligner l’honnêteté de madame Borde, pour qui il aurait été si facile d’applaudir le film « Gentilly or not to be » étant donné sa conscience bien connue des problèmes environnementaux. Elle ne l’a pas fait, parce que le film n’était pas assez rigoureux à son avis. Bravo!

Il faut être réaliste pour Gentilly 2, il y a beau avoir toute sorte de campagne de peur, tout est une question de coût et de pollution, Gentilly était au plus haut niveau de protection, double et triple protection dans toute éventualité d’accident de toute sorte à travers le monde, au contraire de Chernobyl donc l’accident n’aurait jamais été possible à Gentilly 2, il y aurait eu un 2 ième système de refroidissement d’urgence en réserve, ce que Cheenobyl n’avait lorsque le système principale est tombé en panne. J’ai eu la chance de visiter Gentilly 2, comme touriste avec visite guidé en 2001 août, la dernière année de visitable, après le 11 septembre, Gentilly 2 est devenu fermé au touriste. À l’entrée, comme à la sortie nous étions mesurés au dosimètre, s’il y a des doses supplémentaire au rayon naturel venant de l’espace, ce qui est toujours bien en deçà, vous avez plus de risque d’accumuler trop de rayonnement par des radiographies sur un an que résider autour d’une centrale pour un an. s’il y a des statiques de cancer autour des centrales, il me semble que des statistiques sur les travailleurs à l’intérieur des murs de béton serait beaucoup plus important à démontré leur dangerosité ? Dans le passé la philosophie était que le nucléaire remplacerait toutes les énergies, que l’humain pouvait maîtriser les risques de cette énergie avec toute la technologie moderne et qu’il faillait en développer l’expérience pour l’avenir. Aujourd’hui avec les accidents accumulé ( Chenoblyl, le Japon, etc…) toute ces philosophies sont revus, surtout qu’avec les dettes des pays ou des provinces qui s’accumule, il faut être parcimonieux dans ses dépenses. Gentilly 2 coûtera 1G$ pour fermer définitivement, mais aurait coûté encore 3G$ pour la rénover, sans compter le coût d’entretien des déchets à maintenir pour 200,000 ans avant qu’il soit inoffensif, enveloppés dans du béton, dont les déchets de Gentilly I sont déjà sur place et ceux qui s’accumulait de Gentilly 2. Pour résultat à la sortie de 20 cents le kw, nous n’avons pas besoin de ça ici, laisser ce trouble au pays qui prendront ce risque, le coût du kw avec éolienne est de 9 cents, le barrage hydraulique La Romaine 6,4 cents. Et il reste encore à développer les hydroliennes qui pourrait être dans les 8 cents. Avec tous les véhicule de transport qui nous entour vous avez bien plus de chance d’attraper un cancer par les produits pétrolier non brûle par le moteur comme le benzopyrène, benzoanthracènes, hydrocarbure polycyclique et j’en passe, etc…

Vous avez bien raison de souligner le fait que l’argumentaire économique en faveur du déclassement de Gentilly-2 est beaucoup plus solide que d’éventuels impacts sur la santé. À ce sujet je rejoins entièrement les déclarations des économiques Jean-Thomas Bernard et P.-O. Pineau qui se questionnent sur l’utilité de la réfection, une opération coûteuse et à l’issue incertaine.

J’ajouterais cependant certains éléments à la réflexion économique entourant l’avenir de la seule centrale nucléaire québécoise. Il faut savoir que la demande d’électricité au Québec stagne depuis le sommet de 171 TWh atteint en 2007 et que les différentes projections d’Hydro-Québec prévoient une augmentation de la demande inférieure à 1%/an au cours de la prochaine décennie. Par ailleurs, de l’aveu même des dirigeants d’Hydro-Québec, les cours du gaz naturel aux États-Unis affectent à la baisse les prix des exportations dans les marchés les plus lucratifs, comme celui de la Nouvelle-Angleterre. Dans un tel contexte, les mises en service récentes (Grand-Mère, Toulnustouc, Péribonka, Chute-Allard/Rapides des Coeurs, Eastmain-1, Eastmain-1-A-Sarcelle-Rupert), les contrats de production éolienne, de biomasse et de petite hydraulique ainsi que la construction du complexe La Romaine créent des conditions de surplus qu’il faudra gérer au cours des prochaines années, comme ce fut le cas au début des années 1980 avec la mise en service de la première phase du complexe La Grande.

Déjà, Hydro-Québec a annoncé ses couleurs en fermant la centrale thermique de Tracy, en convertissant la turbine à gaz de Cadillac (près de Rouyn-Noranda) en compensateur synchrone d’ici 2014 et en prolongeant pour une sixième année consécutive la centrale de cogénération au gaz de Trans-Canada Energy à Bécancour. À ce sujet, la décision de la Régie de l’énergie qui est tombée hier précise que le surplus de production aurait atteint 8,7 TWh en 2013 avant la fermeture de TCE. Par ailleurs, à coût unitaire égal, l’hydraulique, avec son espérance de vie de 75 à 100 ans et ses bas coûts d’exploitation est certainement préférable à une technologie nucléaire dont la durée de vie est estimée à 25 ans. La conjoncture est donc favorable à la fermeture de Gentilly-2, qui n’a produit que 3,2 TWh d’électricité en 2011.

Sans rejeter du revers de la main les impacts environnementaux et de santé publique qui auraient mérité des études vraiment indépendantes, je pense que les arguments en faveur du déclassement de Gentilly-2 sur une base strictement économique sont suffitants en l’instance.

«Je n’ai pas encore vu le documentaire …»

Alors de quoi parle-t-on, Mme Borde ?

Avant d’en faire une critique, il aurait été sage de le regarder.
Est-ce que vous agissez de la même façon avec les Études que vous citez ?
C’est plutôt ça qui m’inquiète.

Excellent votre exposé, en faisant une recherche, voici un article qui mentionne que le coût du gaz naturel aux USA pourrait rester bas jusqu’en 2020 : http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201205/14/01-4525250-le-gaz-nuit-aux-exportations-delectricite.php ,ce qui réduira l’exportation d’électricité durant ces été. La Central Gentilly permettait de régularisé le réseau et était plus serviable sur les pointes durant l’hiver. Avec toutes ces nouvelles sources d’électricité que vous mentionnez, en plus de la central thermique au Diesel de Tracy qui peu être lancé en fonction en quelque minute pour rétablir le réseau si nécessaire, le déclassement de la centrale devient de plus en plus évident sur le niveau économique, bien avant toute dépense d’étude sur tous les risques. Correction sur le coût de production de Gentilly 2 une fois rénové pourrait être dans les 12 cents/kw, selon ce site de référence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Gentilly

L’étude française dont vous parlez conclut qu’il faudrait rechercher d’autres facteurs de risque reliés à la proximité des centrales nucléaires. D’autres facteurs que celui des émissions gazeuses calculées qui lui s’est révélé non significatif. Non pas qu’il n’y a pas de lien entre les centrales nucléaires et les leucémies. Ils ont réellement obtenu des résultats qui montrent un risque supplémentaire en fonction de la localisation pour la période 2002-2007 : «Overall, the results suggest a potential excess risk over 2002-2007 that may be due to unknown factors related to the proximity of NPPs.»

Je tiens à souligner que le risque calculé des émissions gazeuses est un risque théorique basé sur un modèle théorique de la dispersion de ces émissions et de leurs effets sur le corps humain. De plus, il ne tient compte que d’une partie des émissions des centrales. Il ne tient aucunement compte des émissions liquides ni de la pollution de l’eau, ni des émissions accidentelles de ces centrales. Tandis que les résultats strictement basés sur la localisation géographique qui sont des résultats expérimentaux directs eux montrent un risque statistiquement significatif. Il y a clairement une différence de validité scientifique entre ces 2 types de résultats que vous ne soulignez pas.

En ce qui concerne les périodes étudiés des effets des centrales nucléaires, il est inexact de prétendre qu’une longue période est plus significative qu’une période plus courte. Tout dépend des émissions réelles durant ces périodes et des effets locaux et globaux d’autres émissions radioactives durant ces périodes qui viennent accentuer ou masquer les effets de la période. Par exemple les données du début des années 1990 peuvent ne pas être aussi significatives en Europe à cause des suites des nuages radioactifs de Tchernobyl en Europe dont les particules radioactives peuvent avoir été respirées et avalées même quelques années après leur passage. Ce n’est pas aussi évident que vous le prétendez.

Je trouve très navrant qu’au Québec plusieurs journalistes donnent trop de crédibilité à des documentaires engagés mais dont les propos sont manifestement erronés. Ayant consacré ma carriere dans le secteur nucléaire (europe, USA, Canada, Asie et un peu à Gentilly), j’ai rarement vu pareil ramassit d’exagérations pseudo-scientifiques dans un même documentaire. La question de réfectionner Gentilly m’emeut peu quoique une fois que l’on a développé l’expertise en nucléaire (je pense aux études supérieures en génie nucléaire à Poly, l’expertise développée au Québec – Zetec, Olympus NDT, Velan, SNC) je trouve dommage de dire que fermer Gentilly-2 n’aura que peut d’impact sur le tissu industriel du Québec. Déja c’est difficile de maintenir nos industries, quand on concède un créneau, sa renaissance est virtuellement impossible et ce sont d’autres pays qui en profitent.

J’aimerai tout de même attirer votre attention sur une réalité qui a déja été révélé par M. Pineau dans la Presse. Le Québec avec ses centrales hydrauliques situées à des milliers de kilomètre est très vulnérable. Hydro-Québec répète qu’il faut environ 10% d’energie thermique entre Montréal et Québec, et ce fait est INCONTESTABLE malgré ce que les environnementalistes bien pensant affirment. Un jour, il y aura soit des centrales nucléaires (j’en doute) ou soit plusieurs centrales aux gaz naturels (Schiste ou autre) sinon, des pannes majeures sont à prévoir. Mais cette réalité semble échapper aux québecois qui ont refusé coup sur coup la centrale du Sûroit et la réfection de Gentilly-2. Moi j’ai ma génératrice au cas où, et vous?

En terminant, je trouve que les environementalistes sont perdant à promouvoir des documentaires de ce type. Personnellement, je trouve que tous le mouvement vert s’est discrédité et je ne vois plus du même oeil les reportages sur les gaz de schistes.

Salutations

@Michel Barbeau
Vous vous inquiétez vraiment pour rien. Comme le mentionne madame Borde dans la seconde phrase de son billet, la couverture médiatique accordée au soi-disant documentaire (moussée par les réalisateurs eux-mêmes) est nettement suffisante pour avoir une bonne idée de son message, de son orientation ideologique… et de ses lacunes… qu’elle est d’ailleurs, loin à être la seule à identifier.

Je trouve Mme Borde très courageuse de faire un tel rappel à la raison dans un dossier où malheureusement les opinions ont souvent plus de poids que les faits.

J’ai aussi beaucoup aimé le commentaire de « bouchecl », qui donne les arguments économiques justifiant l’abandon de la filière nucléaire. Comme J.-M. Aussant d’ailleurs qui a eu le courage de dire dans son comté qu’il faudrait déclasser la centrale Gentilly II pour des raisons économiques.

Bravo à vous deux, pour votre courage.

J’ai déjà cru au nucléaire, mais la bêtise de certaines compagnies associée à la désinformation de certains groupes de lobbys me portent à croire que l’utilisation sécuritaire et économique de l’atome ne se fera pas dans le XXIe siècle et surtout pas au Québec.

@Gilles Daoust:

Ah, le fameux argument de l’équilibre du réseau de transport! L’évolution récente du réseau de transport et les projets d’investissement de TransÉnergie semblent plutôt démontrer qu’Hydro-Québec n’est pas aussi inquiet que vous par rapport à ce « 10% d’énergie thermique entre Montréal et Québec ».

Avec la fermeture définitive de Tracy en 2010-2011, la mise en réserve de TCE-Bécancour pour 2013 et des 280 MW de La Citière (pour l’été), il ne reste plus que 1050 MW de thermique entre Montréal et Québec (le 635 MW de Gentilly-2 et le 411 MW de la turbine à gaz de Bécancour, à côté). Et ça, c’est lorsque G-2 n’est pas à l’arrêt, comme c’est souvent le cas depuis quelques années. L’argument de stabilité du réseau ne semblait pas inquiéter Hydro-Québec pour la période de la réfection, puisque l’entreprise n’a pas pris de mesures spéciales pour mobiliser du thermique de secours pendant les mois d’arrêt forcé. Plutôt que de dmander à HQP de maintenir du thermique, TransÉnergie semble plutôt opter pour une solution « transport », avec l’ajout de milliers de MVA de compensation (statique, shunt ou synchrones) ou par la reconfiguration du réseau principal.

« Les environs de la centrale sont déconseillés….et on ne devrait pas consommer les fruits et légumes cultivés là, si l’on en croit Madame Maroist. »

Au départ cette dame est complètement ignorante du milieu dont elle parle. Je vous mets au défi de trouver, dans un rayon de 5 KM 50 douzaines de carottes ou de navets cultivées sur place et destinées à la vente publique. Les cultures maraîchères les plus près sont la pomme de terre à environ 30 KM. De plus il n’a pas de village à moins de 6 KM de la centrale. Les deux villages les plus près sont Gentilly et Bécancour quelques centaines d’individus chacun.

Donc sur quel nombre de population ces études sont fondées? 50 agriculteurs ou les travailleurs du parc industriel exposés que seulement 40 heures par semaines?

Depuis 60 ans les deux catastrophes nucléaires ne sont rien comparé à celles causées par la chimie et le pétrole.

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« …sans compter le coût d’entretien des déchets à maintenir pour 200,000 ans avant qu’il soit inoffensif,… » (fra)

Encore une exagération. Les contres nous donnent toujours de la désinformation. Certains produits peuvent émettre de la radioactivité pendant 4 millions d’années. Ce qu’ils ne nous disent pas est que c’est radioactivité 0. Or voilà que moi-même je suis radioactif. Sui-je dangereux pour moi-même?

Vous savez Monsieur que les écolos nous font toujours des peurs de bonhomme sept heures pour parvenir à leur fin. Ils sont aussi menteurs que l’industrie. En fait ces produits, les déchets très radioactifs, peu nombreux, une fois enfouis n’émettront pas plus de radio que celle naturelle (par un processus naturel) et nos descendants auront mille ans, je crois pour les récupérer à des fins énergétiques déjà en développement présentement.

Pour ce qui est des coûts l’hydro est sous estimé l’éolien est sur estimé etc.

Sur le plan énergétique, nous sommes choyés au Québec…pour l’instant. L’éolien est une mine d’or pour nous pour la raison que nous pouvons la stocker. Même si c’est cher, je suis aussi d’avis que nous devons conserver la centrale nucléaire et en reconstruire une autre dans plusieurs années pour garder l’expertise. L’avenir, on ne le connais pas.

Bien entendu le pétrole est énormément plus dangereux, le plus dangereux. Il nous empoisonne lentement mais sûrement.

@bouchecl
Quand on parle de stabilité du réseau, cela couvre plusieurs aspects. Le principal avantage d’une centrale thermique avec turbine à vapeur (TCE comprend 4 turbines directes et n’offre pas la possibilité de balancer le réseau) est de corriger le facteur de qualité (déphasage courant tension) et ainsi fournir plus de puissance et aussi ralentir le vieillissement des équipements (l’énergie non corrigée est perdue en chaleur). Ainsi Gentilly-2 met 810 MVAR sur le réseau ( et non 635 MW – c’est la puissance nette) en plus de permettre de corriger les écarts de tension. De plus, Gentilly-2 est près des centres de consommation et il n’y a pas de perte dans les lignes et équipements (environ 20%).

Quand on parle de stabilité, on parle également de sécuriser l’approvisionnement. Pas besoin de rappeller le verglas en 1998 et la pertes de lignes de la Baie-James il y a 2 semaines.

La centrale Tracy a été fermée à cause du coûts du Mazout, la faire fonctionner en continue courterais plus de 1 milliard par année en combustible. Toutefois Tracy n’est pas définitivement fermé, HQ se garde l’option de la reconversion aux gaz naturel.

Le fait le plus troublant pour le Québec est que nous serons affecter par la baisse de pluviométrie qui menace le continent nord américain. Déja dans les années 90, il y a eu 5 années consécutives avec des précipitations inférieures de 30% dans la région des bassins de HQ. En 2010, le réservoir de Manicouagan était à son plus bas historique (-75 pieds). Cette année, nous avons connu un hiver sec, une fonte rapide et un été sec. Ce désordre climatique plait aux viticulteurs mais aura un impact important sur le production hydraulique (L’ontario a affiché une baisse de revenu cet été car ses réservoirs sont vides!).

Le vrai problème pour Hydro-Québec est le gaz de schiste. Les prix aux USA tombent et la production augmente, les coûts de production au Québec montent (merci aux éoliennes – remplacé G2 par des éoliennes couteras 10 milliards) et Hydro est coinçé par les promesses du PQ de geler les prix. Les profits d’Hydro sur les ventes d’électricité sont de l’ordre de 200 M$ alors les échanges sur le marché SPOT sont de l’ordre de 2000 M$. Dans très peu de temps, Hydro pourrait devenir déficitaire si rien n’est fait pour ajuster les prix et générer de l’electricité à prix compétitif pour les marchés extérieurs.

Salutations,

Monsieur Daoust, on sait très bien que vous voulez sauver les emplois chez SNC. Cependant, je me dois de vous rappelez que les pertes de transmission dans le réseau ne dépassent pas 10%. D’autre part, les changements climatiques vont augmenter et non pas diminuer les précipitations pour les grands barrages. L’inverse est vrai cependant dans le sud du Québec. D’ailleurs, cela peut poser un problème pour Gentilly-II car la centrale s’approvisionne en eau dans le fleuve.

C’est drôle que vous mentionnez le marché spot, car vous savez très bien qu’une centrale nucléaire n’a pas une puissance modulable. C’est les grand barrage qui donnent cette capacité. De plus, pour ce qui est du prix de l’électricité. les ventes d’HQ ont doublé l’an passé et ses profits ont a peine bougés. Il n’y a plus de marché pour de l’électricité au prix de Gentilly-II. La crise économique a cassé la demande. J’ai appris récemment que même en Ontario, il y a des surplus. Et la situation ne va pas changer de sitôt.

@ Yvan Dutil.
Ma réflexion a dérivée hors du sujet de Gentilly-2. En fait, mon point aurait du porté sur les options pour remplacer la production de Gentilly-2. Plusieurs faits portés à ma connaissance m’ont convaincu que Hydro délaisse le nucléaire et aimerais bien s’investir dans les centrales aux gaz. Voici ce qui me met la puce à l’oreille. Une présentation de Thierry Vandal faite jeudi dernier énoncant que les conditions pour la réfection ne sont plus réunit et que le coût de production avec les gaz de Schiste est le plus bas sur le marché. C’est a peu de chose près la position du prof. Jean-Olivier Pineau à Radio-Canada hier qui citait 3.5 c/kw-hr. Donc la réfection n’aura pas lieu, tout au moins suivant le calendrier annoncé. Mais d’autres fait indiquent que le site de Gentilly va continuer à jouer un rôle important: renforcement au coût de 110 M$ de l’interconnection Gentilly-Nicolet-Bécancour. Construction d’une usine d’eau déminéralisé à coté de la centrale TAG (qui jouxte Gentilly-2). Si la production à Gentilly-2 cesse, autre chose se prépare et je suis près à gager ma chemise qu’Hydro aimerait bien réfectionner Tracy et TAG pour les convertir en usine à gaz à cycle combiné. Hydro troquerai une centrale nucléaire pour deux centrales du Sûroit! C’est le jeu que font les pays qui sortent du nucléaires n’est-ce pas?

Pour de qui est du niveaux des réservoirs, la grande sécheresse des années 90, et celle du réservoir de Manicouagan en 2010 et le verglas de 1998 ne laisse rien présager de bon pour le futur.

Salutations,

Bonjour Mme Borde,

J’ai lu votre texte, et ait regardé attentivement le reportage Gentilly or not to be à Télé-Québec. Je suis rarement blanc ou noir, et dans ce cas-ci, c’est profondément noir.

Quiconque entérine le nucléaire ne comprends pas les dangers actuels et futurs, ou alors a une totale indifférence aux autres (et ses enfants).

Les raisons, forts simples, du désir de reconduire la centrale vient des lobyistes qui tirent les ficelles de notre économie. Encore. Ils ne voient pas et ne veulent pas voir les dangers, seul l’argent les motive.

Je vous invite à réviser sérieusement votre texte. Ca ne fait pas sérieux dans un tel journal qu’est le Devoir.

À bon entendeur…

Monsieur Daoust, vous n’est pas sans savoir qu’Hydro-Québec possède une centrale au gaz immédiatement à coté de Gentilly-II justement afin de pouvoir la supporter en cas de panne du réseau. Depuis, trois ans environ, la priorité est passé de la production d’énergie à la gestion de la demande. À l’heure actuelle, le réseau d’Hydro-Québec souffre de problèmes structurels en raison d’un bouclage insuffisant. Par moment aussi, il y a des problèmes localisés d’appel de puissance. Ces appel de puissance occasionnent plus de pertes par effet Joule et rend vulnérable les équipements électriques qui n’ont plus du tout la résistance des équipements du passé.

Du point de vue financier, il serait probablement plus rentable de faire rouler des centrales au gaz que de construire de nouveaux barrages et des éoliennes. Notez que dans ces deux cas, il faut bien faire vivre les bureaux d’ingénieurs et maintenir des emplois en région. Cependant, il faudra voir qu’est-ce que cela donne du point de vue macroéconomique.

Pour ce qui est de la production, je ne m’inquiète pas trop. Malgré la faible pluviométrie que vous décriez, Hydro-Québec a eu des surplus de 8,6 TWh l’an passé. On vient d’inaugurer Estmain-1A (2,3 TWh), on aura bientôt la Romaine (8 TWh) et les nouvelles éoliennes plus les petites centrales (±5TWh). On est loin d’être dans la misère énergétique.

j’ai vu le film hier, c’est vrai que la manière utilisée par les écologistes pour présenter leur point de vue semble intentionnellement alarmiste ce qui les discrédite en partie du moins. Ils m’ont personnellement accroché cependant lorsqu’ils rapportent l’écart astronomique qu’il y a entre les normes de tolérance sur les radiations lorsqu’on compare celles du Québec (du Canada) avec celles des autres pays (les USA en particulier).

Je trouve bien intéressant les réflexions précédentes des quelques personnes qui de toute évidence connaissent très bien le sujet et le secteur de l’énergie, j’en retiens qu’Hydro-Québec a une très bonne marge de manœuvre (beaucoup de surplus d’énergie) pour plusieurs années encore. Comment expliquer alors la volonté si grande d’Hydro-Québec (avant les dernières élections) d’entreprendre la réfection de Gentilly Ii ? Est-ce possible qu’un facteur important motivant ce choix – peu importe le prix à payer piur le Québec – soit de soutenir l’industrie nucléaire canadienne (production et vente des réacteurs Candous ) ?

Les déchets nucléaires sont à eux seuls une raison de fermer cette centrale.

Il y a aussi l’usure, l’erreur humaine et la négligence. Je pense à Fukushima, où l’entreprise falsifiait les rapports d’inspection. Tout accident a un coût humain tout simplement inacceptable.

Ensuite le coût de production de cette électricité est élevé et plus la centrale va vieillir et plus il va l’être.

Pas besoin de parler de leucémie.

Le jour où vous cesserez de poser les questions et de donner vous-même toutes les réponses les réponses, vous deviendrez une vraie journaliste d’enquête.

Hydro-Québec a finalement demandé la fermeture définitive de Gentilly-2 pour des raisons de coût trop élevés de réfection de réfection du réacteur de type CANDU. J’applaudi mais je suis à 100% convaincu que cette fermeture devait se faire tout autant pour des questions de sécurité de la population du Québec évidentes que simplement économiques. Pour flatter votre égo, traitez les écologistes de bande d’idiots tant que ça plaira, mais une chose est certaine: le problème relié à la production du tritium en est une extrêmement grave et relié de manière permanente aux réacteurs nucléaires de type CANDU. Il y a trois types de radiations nucléaires: Gamma, Alpha et Bêta. La bêta est la moins dangereuse de toutes parce qu’elle peut être nettoyé de vêtements ou de la peau sauf qu’elle est abondante et que lorsqu’elle est absorbée, elle se fixe de façon permanente aux tissus de tous les organismes humains vivant aux abords de ces centrales nucléaires. Il s’agit là d’un risque non négligeable que les populations environnantes ne devraient jamais avoir à courir; idem pour le radon. Mais, ça c’est une autre histoire. Je ne serai plus vivant lorsque le «moppage» de cette maudite centrale nucléaire sera terminée dans 50 ans. Des centaines et des centaines de centrales nucléaires moins dangereuses devront bientôt être démantelées dans le monde. Lorsque ça va survenir, les cheveux vont probablement vous dresser sur la tête. L’héritage que le nucléaire est en train de laisser à l’humanité peut très bien signifier l’extinction de toute vie sur terre.