Fluorer l’eau : danger ou pas ?

La blogueuse Valérie Borde revient sur cette nouvelle étude qui laisse entendre que l’ajout de fluor dans l’eau du robinet peut mener à un taux plus élevé d’hypothyroïdie, une maladie qui affecte la glande thyroïde.

Verres d'eau : le mythe déboulonné
Photo : iStockphoto

Mardi, plusieurs médias ont rapporté une nouvelle étude sur la fluoration de l’eau qui laisse entendre que celle-ci pourrait présenter un danger pour la santé.
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Certains en ont même conclu que boire de l’eau fluorée pouvait faire prendre du poids et déprimer. Du délire ! Les fabricants de boissons gazeuses et d’eau embouteillée doivent se frotter les mains…

Avant de croire à toutes ces sornettes, voici quelques éléments à considérer.

D’abord, rappelons que d’innombrables chercheurs se sont penchés, dans les dernières décennies, sur les risques de fluorer l’eau et en sont arrivés à un immense consensus : malgré des centaines d’études, on n’a jamais pu trouver le moindre effet négatif sérieux de la fluoration, alors que ses bénéfices en matière de santé publique sont, en revanche, très clairs.

L’Organisation mondiale de la santé, la Société canadienne du cancer et d’innombrables autres organisations soutiennent cette mesure de santé publique, même si elle inspire la plus grande méfiance à une petite partie de la population — sans doute un reliquat de l’époque de la guerre froide, où la fluoration était décrite comme certains par une arme russe secrète…

Que dit donc cette nouvelle étude ?

Stephen Peckham, professeur à l’Université de Kent, en Angleterre, a compilé les diagnostics d’hypothyroïdie posés par les médecins de famille britanniques partout au pays.

Puis, il s’est concentré sur la région de Manchester, qui ne fluore pas l’eau du robinet, et celle des West Midlands, où elle est fluorée.

En comparant les deux, le chercheur montre que les médecins de la région où l’eau est fluorée rapportent 40 % de plus de cas d’hypothyroïdie qu’à Manchester, qui n’ajoute pas de fluor à son eau.

Cela peut-il être dû au hasard ? À d’autres éléments qui n’ont pas été pris en compte dans l’étude ? Au fait que les médecins d’une zone où l’on fluore l’eau sont plus attentifs aux anomalies de la thyroïde de leurs patients ? Au fait que le chercheur, auteur de l’étude qui a beau détenir un titre universitaire, est aussi impliqué dans une organisation qui milite contre la fluoration de l’eau ?

Toutes ces réponses sont possibles.

Avant de tirer quelque conclusion que ce soit de cette étude, il y aura bien d’autres éléments à vérifier.

Tout d’abord, il faut laisser le temps à la communauté scientifique de critiquer la méthodologie de cette étude qui, même si elle a été publiée dans une revue savante respectable — le Journal of Epidemiology and Community Health —, n’est peut-être pas exempte d’a priori métholologiques ou statistiques.

Ensuite, on pourrait, partant de ces données, voir si la même corrélation se produit dans d’autres villes d’Angleterre qui fluorent ou non leur eau.

Il serait sans doute facile de vérifier également si, par exemple, on observe une différence dans les taux d’hypothyroïdie entre le Québec, où 3 % de la population boit de l’eau fluorée, et l’Ontario, où 76 % de la population en consomme.

Si ces études devaient montrer une corrélation systématique entre le niveau de fluor dans l’eau et le taux d’hypothyroïdie dans la population (et on n’en est vraiment pas là), il faudrait sans doute aller plus loin, car on sait — depuis 150 ans — que le fluor peut affecter la sécrétion d’hormones thyroïdiennes.

Il faudrait alors vérifier que la quantité totale de fluor consommée par la population, par l’entremise de l’eau potable et des aliments, peut réellement avoir des conséquences néfastes sur la thyroïde aux doses préconisées.

Une bonne partie de ce travail a déjà été fait, selon la revue de littérature scientifique Fluoride in Drinking Water : A Scientific Review of EPA’s Standards, publiée en 2006 par le National Research Council américain, qui rapporte des dizaines d’études sur les liens entre fluor et thyroïde.

Les conclusions sont très claires : jusqu’à preuve du contraire, les bénéfices de la fluoration de l’eau dépassent largement les risques.

La prévalence de l’hypothyroïdie dans la population mondiale tourne autour de 3 %, les femmes et les personnes âgées étant les plus souvent affectées.

Ce trouble, qui correspond à une diminution de la quantité d’hormones produite par la thyroïde, peut — lorsqu’il est important — donner une variété symptômes non spécifiques, comme de la fatigue ou un gain de poids, lesquels peuvent être dus à d’innombrables autres causes.

L’hypothyroïdie à la naissance, si elle n’est pas traitée, peut affecter le développement intellectuel.

À l’échelle mondiale, la première cause d’hypothyroïdie est une alimentation déficiente en iode, qu’on combat par exemple en ajoutant de l’iode dans le sel de table.

Dans les pays riches, où les carences en iode sont inexistantes (ou à peu près), la première cause d’hypothyroïdie est une maladie auto-immune, la maladie de Hashimoto, qui provoque une inflammation de la thyroïde. Des études sur des jumeaux, notamment, ont montré que ce trouble était le plus souvent d’origine génétique.

Jusqu’à présent, on n’a jamais trouvé de disparités régionales dans la prévalence de l’hypothyroïdie qui ne soit pas explicable, et la fluoration de l’eau n’a jamais été mise en cause.

Un autre élément pourrait peut-être aussi être pris en considération dans toutes ces études : la véritable épidémie de surdiagnostics de cancers de la thyroïde, dont la prévalence a triplé en 40 ans alors que la mortalité, elle, n’a pas changé.

De nombreuses personnes ont subi une ablation de la glande thyroïde depuis quelques années. Se pourrait-il que ce phénomène ait des répercussions sur les taux d’hypothyroïdie rapportés par les médecins ?

Cela, aussi, pourrait être vérifié.

Bref, laissons les scientifiques faire leur travail avant de nous alarmer, car une chose est sûre : même si jamais — et ce serait étonnant — la fluoration devait être remise en cause, il est CERTAIN que c’est très, très, très loin d’être la menace la plus sérieuse qui plane sur l’humanité en ce moment.

Il y a infiniment plus de danger à traverser la rue qu’à boire de l’eau du robinet, fluorée ou non — et si les militants antifluor mettait leur énergie au service de causes plus graves (comme les changements climatiques), la planète s’en porterait certainement mieux !

Le ministre Gaétan Barrette, appelé à commenter cette étude, a déclaré à La Presse :

«Une hirondelle ne fait pas le printemps, un électron ne fait pas le courant, et une étude ne fait pas une science [a-t-il dit, dans un corridor du Parlement]. La science, elle est faite par une série d’études qui se corroborent. Lorsqu’une étude sort, elle doit être corroborée par d’autres études.»

«Il n’y a pas un gouvernement sur la planète qui va prendre une décision sur la base de cette étude-là.»

Il a parfaitement raison, même s’il y a sans doute des manières moins cassantes d’expliquer aux Québécois comment fonctionne la recherche scientifique…

* * *

À propos de Valérie Borde

Journaliste scientifique lauréate de nombreux prix, Valérie Borde a publié près de 900 articles dans des magazines depuis 1990, au Canada et en France. Enseignante en journalisme scientifique et conférencière, cette grande vulgarisatrice est à l’affût des découvertes récentes en science et blogue pour L’actualité depuis 2009. Valérie Borde est aussi membre de la Commission de l’éthique en science et en technologie du gouvernement du Québec, en plus d’être régulièrement invitée dans les médias électroniques pour commenter l’actualité scientifique. On peut la suivre sur Twitter : @Lactu_Borde.

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Malgré toutes les évidences scientifiques, il n’y aura pas plus de fluoration au Québec parce que, en vertu d’un principe de précaution maintenant élevé au rang de vérité transcendantale, les ministres et les élus municipaux ne voudront pas assumer les risques qui y sont associés. La colonne vertébrale de nos leaders est victime d’une scoliose inquiétante, si bien que ceux-ci plient devant le moindre obstacle, la moindre opposition. Il se replient alors derrière le principe de précaution, qui est devenu la tarte à la crème de toutes les minorités en proie à la peur, la superstition, la religion ou aux diktats des pseudo-sciences.

Effectivement, le principe de précaution est devenu l’argument ultime quand tu n’as pas d’argument valable.

Le fluorure n’est que légèrement moins toxique que l’arsenic et légèrement plus toxique que le plomb. Qui accuserait l’arsenic ou le plomb d’être des poisons?
Le seuil maximal pour assurer la protection pour les espèces aquatiques en eau douce est de 0,12 mg/l (ppm) selon Environnement Canada. L’eau des municipalités fluorées se situe entre 0,6 et 0,8 mg/l.
Selon le rapport du National Research Council de 2006, un apport entre 0.01 à 0.03 mg/kg/jour de fluorure a des effets nuisibles sur la fonction de la thyroïde quand l’apport en iode est inadéquat. Un apport efficace pour réduire la carie dentaire serait 0.04 mg/kg/jour selon Warren et Levy mais cet apport est au seuil de l’apport toxique qui cause la fluorose dentaire évalué à 0,05 mg/kg/jour, un apport facilement dépassé quand l’eau est fluorée. La fluorose est le signe d’un apport toxique de fluorure.

Quand on gagne sa vie en faisant la promotion du charlatanisme, on est mal avisé de critiqué les autres.

Par exemple, vous oubliez de noter que naturellement l’eau dépasse souvent la norme que vous donnez en exemple. C’est d’ailleurs de cette façon que l’on a découvert l’effet du fluor sur les caries.

Juste comme cela. Le corps humain contient naturellement 2 g de fluor, C’est l’élément le plus abondant après le fer.

Il y a une différence entre boire quelques verres d’eau par jour et faire la soupe les bouillons cuire les légumes et le rest notre corps n’est pas fait que de dents. On mets assez de produits chimique dans l’eau pas besoin de rajouter un poison si on pense aux médicaments qui laissent des résidus dans l’eau(antibiotiques) assez c’est assez.

Avez-vous quelque chose sur lequel vous baser pour avancer que le fluor est un poison? D’ailleurs, comment définissez-vous un poison?

Les bienfaits du fluor, ils sont dans le dentifrice, qu’on ne consomme pas ensuite. Le danger avec la fluoration de l’eau, même si c’est apparemment impossible à prouver scientifiquement, c’est comme pour n’importe quel métal lourd ou polluant: la bioaccumulation. Le principe de précaution que vous pourfendez est là pour éviter cette accumulation car il y a du fluor et ses dérivés dans nombre de médicaments aussi, d’où le risque, minime, mais réel.

Désolé, mais c’est faux comme argument. Il n’y a pas 50000 source de fluor dans l’environnement. C’est assez facile de faire un bilan total.

L’autre chose qu’il faut savoir, c’est que le corps humain contient naturellement 2 grammes de fluor.

Il y a autant d’études qui prouvent les bienfaits que les méfaits. N’oublions pas que ce sont les enfants qui bénéficient du fluor. Alors pourquoi ne pas leur en donner, comme ça c’est déjà fait, comme rince bouche au mois ou à la semaine (je ne me souviens pas de la dose). Donne – t-on des médicaments à une population entière quand seule une section de celle-ci en a besoin? Que dire des impacts sur nos cours d’eau et de ses habitants? Il y a peu d’études la dessus.

C’est assez minime comme impact global, vu que dans bien des cas le niveau naturel de fluor est comparable ou supérieur à celui nécessaire pour la prévention des caries.

La consommation de l’eau fluorée en soit n’est pas si grave et non vraiement démontrée. Ce qui m’inquiète c’est l’accumulation du fluor. À titre d’exemple, prenez la consommation de l’eau traité dans un ville comme Trois-Rivière. Calculer sur une base annuelle le nombre totale de litre fluoré (bu ou non comme un lavage d’auto fluoré, la vaisselle, les bains). Vous allez obtenir le nombre de kilo de fluor qui sont retouner au fleuve ou dans l’environnement. Vous prendrez votre décision après.

Justement, c’est pas beaucoup. La concentration en fluor naturelle est à peu près 10 % de la concentration après traitement à Montréal. Je ne pense pas que la ville de Montréal détourne 10 % du débit du fleuve pour ses besoins.

C’est absolument impensable de fluorer l’eau. Avez-vous pensé au nombre de dentistes qui n’auraient plus de caries à plomber? Le nombre de pertes d’emplois que ça provoquerait? Les assureurs seraient aussi touchés par cette perte de revenus. Les primes d’assurances diminueraient.

Ça créerait même une déflation suivie d’une récession!

:-))

Je ne suis pas un « spécialiste » des milieux aquatiques, ni un savant bardé de diplomes en chimie-biochimie, par contre je me suis amusé à faire un test que tout le monde peut faire: 1) Prenez deux verres d’eau du robinet; 2) prenez un indicateur à chlore comme celui que vous utilisez pour évaluer le degré de chlorination de l’eau de votre piscine et versez en quelques gouttes dans le premier verre;il devrait être coloré vu qu,il y a du chlore dans l’eau potable. 3) placez durant 2-3 minutes trois de vos doigts dans l’eau du second verre; 4) Enlevez vos doigts et mettez quelques gouttes d’indicateur de chlore. 5) Posez vous la question où est passé le chlore et demandez vous quels effets l’eau chlorée peut faire à votre peau, aux fruits et légumes que vous devez rincer avant de manger… et maintenant rajoutez du Fluor!!!
En outre je n’aime pas l’idée d’un précédent légal qui autoriserait un groupe d’intervenants à mettre n’importe quelle substance dans l’eau potable sous le simple prétexte que des « spécialistes reconnus » ou « des autorités » ont évalué que c’était sans dommages ou bénéfiques au consommateur. On retrouverait rapidement des antidépreseurs, des « médicaments » dans l’eau. pourquoi pas?

Pour votre gouverne, la fonction du chlore est de stériliser l’eau. C’est pour cela qu’il réagit avec la matière organique.

En passant, saviez-vous que le thé contient beaucoup plus de fluor que l’eau potable?

la fluoration de l’eau est un gaspillage des fonds publics. Seulement 1% de l’eau est utilisée pour la consommation humaine. Ce n’est pas de savoir si c’est bon ou pas, mais de savoir si c’est utile et pour qui? Pis, moi, je ne veux pas qu’on me force à prendre un « médicament » que je ne veux pas. Si c’est pour les dents des enfants défavorisés ce truc là, je trouve que ça coûte cher en titi. Une brosse à dents et un dentifrice seraient plus profitable. Savez-vous quelle sorte de fluor on veut mettre dans l’eau et d’où ce produit provient? Il me semble qu’avant de s’envoyer quelque liquide que ce soit dans le corps, il faut savoir d’où ça vient. Le gouvernement est en restriction budgétaire, pourquoi ne pas couper dans la fluoration?

Madame Borde s’abreuve au dogme de la fluoration et son raisonnement a peu de valeur considérant qu’elle n’est pas une spécialiste en la matière.Le Prix Nobel de médecine (2000) le Dr. Arvid Carlsson se prononce contre la fluoration pour plusieurs raisons dont une question d’éthique.
Imposer a toute une population, un traitement dentaire coercitif, sans tenir compte d’une posologie, sans tenir compte de l’âge et de la condition de santé des individus est une atteinte à l’ethique et contraire aux principes de médecine moderne. Un autre spécialiste, que Madame Borde aurait intérêt à connaître est le Dr. Hardy Limeback, ex-président de la Canadian Association for Dental Research. Il a oeuvré sur le Subcommittee on Fluoride in drinking water de la U.S National Academy of Sciences. C’est Le spécialiste canadien en la matière. Lui qui était auparavant favorable à la fluoration s’oppose maintenant à cette pratique archaïque qu’il qualifie d’obsolete, inutile et dangereuse. Pour en connaître les raisons consulter le site http://fluoridealert.org/articles/limeback/: Les gens ne sont pas dupes. Le réseau d’aqueduc n’est pas le bon moyen pour véhiculer un traitement dentaire. 99% du produit sert à flusher la toilette, laver la vaisselle, l’auto, la piscine, etc, etc. Quelle efficience en matière de santé publique!

Aucun organisme gouvernemental réglementaire ne surveille la qualité thérapeutique, alimentaire ou sanitaire des produits chimiques de fluoration, classés comme produits toxiques et dangereux par Environnement Canada, présentés frauduleusement sous la classification de produits chimiques de traitement de l’eau, pourtant ne visant pas à traiter l’eau mais les gens, classification légale qui ne permet pas leur usage comme agents thérapeutiques contre la carie dentaire ou comme sources nutritionnelles de fluorure. Dire que de grands organismes de santé ont donné leur aval à une telle aberration. Vrai mais incroyable!

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