Frais de scolarité : des scientifiques pour le carré blanc

Un groupe de scientifiques s’est joint hier aux médecins, à l’UPA et à d’autres groupes qui réclament un moratoire sur la hausse des frais de scolarité en arborant un carré blanc, dans le but de rétablir la paix sociale au Québec.

Christiane Ayotte, chercheure à l’INRS-Institut Armand-Frappier réputée mondialement pour ses travaux sur le dopage, Cyrille Barette, spécialiste de la biologie de l’évolution à l’Université Laval, Claude Villeneuve, titulaire de la chaire en écoconseil à l’université du Québec à Chicoutimi, Louis Fortier, océanographe à l’université Laval et directeur du réseau pancanadien ArcticNet figurent entre autres parmi les 60 signataires initiaux de la lettre publiée.

Certes, aucun de ces scientifiques ne se prononce dans le débat sur les frais de scolarité en s’appuyant sur ses travaux de recherche.

Tous connaissent cependant bien la réalité des universités qui les emploient, et celle des étudiants qui sont nombreux dans leurs laboratoires.

On reproche souvent aux scientifiques d’être isolés dans leur tour d’ivoire et de ne pas être assez présents dans les débats de société.

Dans la tempête actuelle, leur prise de position est importante et mérite d’être entendue. Gageons qu’ils seront nombreux, dans les prochains jours, à s’ajouter à la liste des «Scientifiques pour le retour à la paix sociale».

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« paix sociale » n’est qu’un euphémisme pour statut quo. Les carrés blancs veulent couper court pour soutenir les enfants gâtés qui n’ont pas gain de cause dans l’opinion publique (si les sondages son fiables)

« Vous dérangez mon laboratoire! Je demande un moratoire! »
Ces fonctionnaires au bord de la crise de nerfs, après dix blessés et trois bombes fumigènes, témoignent de l’esprit de Munich. Renoncer aux principes démocratiques et à l’État de droit sous la menace insignifiante d’une extrême-minorité, c’est permettre à des groupes corporatistes de prendre la société en otage.
Aujourd’hui, des étudiants en sciences humaines qui prennent quatre ans pour obtenir un baccalauriat, demain des enseignants (ils s’y préparent, voyez-les s’agiter), puis après, tous ceux qui pourront établir un rapport de force, méprisant au passage les élections et le parlement. Aux policiers la paix sociale, aux pompiers l’incendie ravageur, aux enseignants la nouvelle session, aux médecins les files d’attente, aux ambulanciers….
Ah çà ira, çà ira, çà ira….sous l’applaudissement de nos mutins de Panurge, comédiens, artistes, commentateurs affublés du titre d’arbitres de l’opinion, leaders du PQ passant du rouge au vert, puis du vert au blanc…Kaladéoscope de la couardise et de la pensée molle.
Elles sont belles nos élites.

Un moratoire achèterait du temps, mais cela ne règle pas le problème de base. La solution du moratoire est l’équivalent d’attendre la facture de la carte de crédit du mois prochain pour la règler, plutôt que de payer le compte courant… Cela risque de coûter beaucoup plus cher en bout de ligne.

Richard Feynman disait (traduction grossière) que les scientifiques étaient aussi caves que n’importe qui quand il sagissait de questions politiques.

Les carrés blancs sont pour la plupart des radis Daikon: blancs à l’extérieur mais rouges à l’intérieur. Les autres sont des frileux qui plient devant l’intimidation. Mme Courchesne ne fera pas dans le carré blanc…

En passant, puisque c’est un blogue scientifique, que pensez-vous de l’incapacité des étudiants boycotteurs d’organiser des votes électroniques afin de rejoindre le plus de gens possibles? Dans ma Faculté de Médecine, je vote par courriel plusieurs fois par année. Mais des organisations étudiantes noyautées par des gauchistes formées en sociologie ou en sciences politiques en sont incapables. Un billet là-dessus, Mme Borde?

Finalement, Joseph Facal a commenté sur les universités où a étudiée Mme Borde:
» En France, berceau de l’idée d’égalité, les universités sont, pour ainsi dire, gratuites. Mais il faut n’y avoir jamais mis les pieds pour proposer ce système en exemple. Les universités françaises tombent en ruines pour cause de sous-financement.
Les gouvernements, de gauche comme de droite, n’ont rien fait de sérieux pour stopper ce déclin. Résultat : un réseau parallèle de grandes écoles hyper-sélectives et très chères s’est développé. La demande pour de la qualité a généré une offre pour y répondre. »

@honorable,

Monsieur Facal et vous-même oubliez un détail : nombre de grandes écoles françaises, comme Polytechnique, la plus prestigieuse, et l’ENSCP où j’ai étudié, sont gratuites. Il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Par ailleurs il ne faut pas confondre mode de financement et montant du financement. La France a selon moi un mode de financement raisonnablement bon, mais elle investit trop peu dans son enseignement supérieur, comparé notamment à d’autres pays d’Europe comme l’Allemagne. Il y a aux États-Unis bien des diplômes coûteux pour les étudiants qui ne valent pas grand chose.

Bonjour.
Platon Philosophe grec (-428/-348)
Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.

@Mme Borde: je n’ai jamais oublié ce détail. Omis, sans doute, mais pas oublié. En fait, c’est le propre des commentaires que d’omettre beaucoup de choses, par manque d’espace.

De même, vous avez omis de faire un billet sur l’absence de vote électronique parmi les boycotteurs qui attirent votre sympathie. Cependant, je n’aurais jamais la malveillance de penser que vous avez oublié ce sujet…

@Valérie Borde Les écoles prestigieuses en France sont gratuites, mais tout de même fortement élitistes. Or, cette situation ne serait pas acceptable pour une bonne partie des opposants.

Élitistes dans quel sens ? Les écoles publiques sélectionnent leurs étudiants sur concours et en fonction des résultats académiques. Croyez-moi, il faut travailler pas mal fort… En seconde année d’université, avant d’intégrer mon école d’ingénieur, j’avais 40h de cours en classe par semaine. Je me souviens particulièrement des mardis avec 2h de physique, 2h de maths, 4h de travaux pratiques de chimie et 2h de philo dans la même journée. Et pas mal de devoirs. Les étudiants qui étaient en classes préparatoires aux grandes écoles travaillaient tout autant, voire plus.
Quant à l’origine sociale des étudiants, effectivement, il y avait plus de gens de classe moyenne ou aisée que de classe défavorisée. Mais la profession la plus représentée chez les parents des étudiants était, de loin, celle d’enseignant au primaire ou au secondaire. Faut croire que ça pousse pas mal à valoriser l’éducation dans ce milieu 🙂

@ honorable

Vous avez surtout omis de vous excuser.

Il est vrai qu’à la Université Louis-et-Maximilien de Munich (13 prix Nobel) les frais de scolarité ne sont que 550 Euros par trimestre. Honorable, pouvez vous nous dire quel est le rapport $/Nobel à McGill ?

@Valérie Borde « Les écoles publiques sélectionnent leurs étudiants sur concours et en fonction des résultats académiques. Croyez-moi, il faut travailler pas mal fort. »

Justement, cela correspond à ma définition d’élitiste. Cependant, cette approche serait tout aussi totalement inacceptable pour les étudiants qui sont dans la rue.

J’ai été sympathqiue jusqu’à ce que la CLASSE veule détourner les fonds de recherches pour réduire la part des étudiants. Quelle idée stupide.

Une solution pour régler le conflit: rendons gratuite le réseau de l’université du Québec et déréglementons les frais pour les autres universités. Ainsi, les cancres auront leur lieux de rassemblement et ceux qui veuleut un diplôme de qualité feront les sacrifices nécessaires.