Fukushima: inquiétudes en hausse et risques pour l’alimentation

Deux semaines après le tsunami, la situation est encore loin d’être sous contrôle à Fukushima.

Hier, trois travailleurs ont été irradiés dans le bâtiment à demi inondé de la turbine du réacteur 3, et deux d’entre eux ont dû être hospitalisés.

L’origine de cette contamination n’est pas encore claire, mais il semble bien que les barres de combustible du réacteur 3 connaissent de sérieux problèmes.

L’analyse qu’en fait l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire en France est inquiétante:

L’enceinte de confinement ne semble plus étanche selon les indications de pression ; cette perte d’étanchéité serait à l’origine de rejets radioactifs « continus » non filtrés dans l’environnement. Les dégagements de fumées constatés le 23 mars se sont arrêtés. L’IRSN analyse les causes potentielles de défaillance du confinement du réacteur n°3. Une des hypothèses examinée par l’IRSN concerne l’éventualité d’une rupture de la cuve suivie d’une interaction entre le corium (mélange de combustible et de métaux fondus) et le béton au fond de l’enceinte de confinement.

Un tel accident pourrait se traduire par un rejet massif de matières radioactives dans l’environnement.

L’Agence de sureté nucléaire japonaise (NISA) publie désormais un bilan de l’état des six réacteurs à chaque nouvel événement.

Sans entrer dans les détails, la radioactivité continue d’augmenter lentement autour de la centrale, et les vents la dispersent sur une zone de plus en plus étendue.

Il y a fort à parier que ce soit encore le cas pour plusieurs semaines.

Le gouvernement japonais a conseillé aujourd’hui aux personnes résidant entre 20 et 30 km de la centrale d’évacuer cette zone. Elles ne risquent toujours pas d’être contaminées en restant calfeutrées à l’intérieur de leur domicile, mais cet enfermement forcé qui se prolonge risque maintenant de leur nuire sérieusement.

C’est désormais la contamination par l’alimentation qui retient toute l’attention.

Si l’iode disparait rapidement, à cause de sa demi-vie de 8 jours, le césium est là pour longtemps, puisque sa demi-vie est de 30 ans. Tant que de fortes pluies ne l’auront pas dilué ou enfoui profondément dans le sol, les eaux de surface et les plantes vont continuer de le capter.

À ce jour, à moins de consommer d’énormes quantités d’aliments contaminés, les risques pour la santé sont négligeables, selon les chiffres publiés. les normes ont été dépassées à plusieurs endroits.

Pour rassurer la population, les autorités ont interdit la vente de plusieurs légumes dans les préfectures entourant Fukushima.

À Tokyo, l’eau du robinet est déconseillée aux bébés de moins d’un an. La municipalité a commencé à distribuer des bouteilles aux parents.

Mais ces messages rassurants ont plutôt eu l’effet inverse. À Tokyo, même si les adultes ne courent aucun risque, la population s’est ruée sur l’eau embouteillée.

Comme dans beaucoup d’autres pays industrialisés, une bonne partie de la population préfèrait déjà l’eau embouteillée, particulièrement à Tokyo, où le goût de l’eau du robinet a longtemps été jugé… épouvantable.

Dans les dernières années, la ville avait cependant fait d’énormes efforts pour rendre son eau plus agréable à boire et en faire la promotion.

Quitte à augmenter son volume de déchets à traiter, elle est même allée jusqu’à embouteiller l’eau de la ville, vendue sous la marque Tokyo Sui, pour en faire un produit plus «branché»!

La région affectée par le tsunami produit le quart du riz du pays, une culture largement subventionnée qui permet au Japon d’être quasiment autosuffisant en riz. Elle est aussi très importante pour la pêche.

Même si seule une petite partie des produits sont contaminés, c’est toute l’industrie qui va en pâtir.

Le lait, heureusement, est surtout produit au Japon sur l’île d’Hokkaïdo, bien loin de Fukushima. À Tchernobyl, il fut une source majeure de contamination pour la population environnante.

La plaine du Kanto qui abrite Tokyo produit cependant une part non négligeable des cultures maraichères du pays, qui peuvent aussi fixer la radioactivité.

Et comme un malheur ne vient jamais seul, ces cultures sont aussi affectées par une autre catastrophe naturelle: l’éruption du volcan Shinmoedake, à 1500 km au sud, sur l’île de Kyushu.

Depuis janvier, ce volcan connaît sa plus forte éruption en 50 ans. Il a déjà forcé l’évacuation de centaines de personnes et recouvert de cendres les cultures maraichères qui s’étendent sur ses pentes.

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Alors que la France à depuis mercredi dernier été capable de détecter des nuages radioactifs venus du Japon et l’annoncer à la population de manière responsable sans créer de panique…alors que l’Islande aussi à dû confirmer des traces radioactives dans l’environnement directement parvenues du Japon de manière tout aussi responsable, c’est le black out total ici au Canada ! c’est à croire que les nuages en question font du saute mouton sur le continent Nord Américain depuis la mi mars ! car ne pouvant traverser ou survoler le ‘bouclier’ de la censure et la désinformation médiatique qui règne en maître sur le continent !
ou alors c’est une de deux hypothèses : soit on manque tellement de moyens de base pour pouvoir déceler des traces radioactives et pouvoir les identifier comme venant du Japon de manière tout aussi responsable que d’autres pays qui respectent leur public…, soit 2ème hypothèse; c’est pire, et que nous devons être tellement contaminés par nos propres déchets radioactifs, nos mines, nos industries lourdes…que nos responsables jugent les traces radioactives japonaises comme des poussières insignifiantes…des cacahuètes à côté !

je dois dire qu’après un sérieux tour sur internet, et la lecture d’articles très crédibles qui datent d’avant le seisme Japonais sur le monde occulte du traitement des matières radioactives ou la sécurité publique par rapport à ce sujet au Canada, j’ai bien peur que la deuxième hyppothèse soit de mise ! hélas…

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