Fukushima: le pire est arrivé

Le coeur du réacteur numéro 1 de la centrale de Fukushima a fini par percer le fond de sa cuve de confinement en de multiples endroits, a reconnu cette semaine la compagnie Tepco, selon une dépêche de l’agence Kyodo News.

Plus rien ne sépare donc le coeur du réacteur de l’environnement extérieur, et on ne voit pas par quel miracle la même chose ne va pas arriver dans les réacteurs 2 et 3.

Plus de deux mois après le tsunami, on se demande pendant combien de mois, voire d’années, il va falloir continuer de refroidir le coeur des réacteurs et accumuler de l’eau contaminée pour maintenir la centrale sous contrôle.

Avec des cuves percées, on n’est pas près d’arriver à mettre en place des circuits de refroidissement en boucle comme on l’envisageait.

Comment et où va-t-on retraiter toute cette eau ? Comment s’assurer qu’une bonne partie ne finira pas dans l’océan à cause du ruissellement ?

La seule bonne nouvelle ces jours-ci pour les Japonais, c’est l’arrêt d’une autre centrale nucléaire pour cause de risque sismique trop élevé.

Le 6 mai, le premier ministre Naota Kan a ordonné l’arrêt des deux derniers réacteurs en service de la centrale de Hamaoka, située dans la préfecture de Shizuoka, à environ 200 km au sud-ouest de Tokyo.

Cette centrale de Chubu Electric est considérée comme la plus dangereuse du Japon en raison du risque sismique.

Selon les évaluations du gouvernement, la probabilité d’un séisme de magnitude supérieure ou égale à 8 est de 87 % dans les 30 prochaines années pour la région de Hamaoka.

Plusieurs sismologues réclamaient une réévaluation de cette centrale depuis des années. Il aura fallu l’accident de Fukushima pour qu’ils soient entendus.

Le premier réacteur a été mis à l’arrêt aujourd’hui, le second suivra demain, selon Chubu Electric.

La centrale doit être stoppée le temps d’être renforcée et protégée par des murs anti tsunamis, mais personne n’a encore donné d’estimé pour une date de redémarrage.

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Euh je pense que vous avez mal interprété ce qui a été rapporté par Kyodo News.

Pour le moment en aucun cas le combustible radioactif n’est en contact avec l’environnement. Sinon le ton utilisé aurait été bien plus alarmant.

Dans une centrale de type Fukushima, on trouve 3 barrières de confinement :

– l’alliage de Zirconium autour des pastilles d’uranium qui forment ainsi les crayons de combustible.

– le circuit primaire qui est tout le dispositif de refroidissement

– l’enceinte de confinement tout autour

Ce qui a été dit c’est que le circuit primaire a été effectivement percé de trous dus à la fonte de l’uranium qui n’était pas suffisamment immergé dans l’eau pour être refroidi.

Pour le moment et jusqu’à ce que la situation évolue, l’enceinte de confinement elle n’est toujours pas percée, c’est cette ultime barrière qui sépare la centrale de l’environnement.

Les Japonais doivent vraiment tenter tout leur possible pour éviter que cette dernière barrière ne cède.
En attendant nous n’en sommes pas encore là. Le pire n’est donc pas encore arrivé, il est encore à venir.

Finalement c’est la preuve qu’il ne faut pas laisser de tels joujoux dans les mains de l’entreprise ou de sociétés pauvres.

Quand des problèmes de sécurité arrivent ils ferment les yeux. Quand ça saute ils mettent la faute sur les autres ou se sauvent en courant.

Le pire est arrivé il y a bien longtemps : envisager sereinement l’implantation de centrales nucléaires sur des zones sismiques, dans un pays exposé aux tsunamis. Un enfant de 6 ans ne le ferait pas. L’homme ne pouvant être plus fort que la nature (quel que soit le scénario, la nature nous réservera forcément des exceptions qui rendent ensuite la situation incontrôlable et désespérée), et les ingénieurs étant limités au niveau imagination (revenir aux fondamentaux, refroidir une centrale en fusion avec des sceaux d’eau et des hélicoptères, on croit rêver), bref, implanter ce projet en toute quiétude, puis, quelques années après, pleurer parce que 30 ou 50 kilomètres de pays risque d’être totalement ravagé par cette mort silencieuse et invisible n’est que pure folie. Autant garantir qu’une boite de cigares rangée sur la cheminée ne prendra jamais feu. C’est stupide, c’est humain en somme, et ça fait le kilo-watt rudement risqué tout de même, et ce pour des centaines d’années. Qui peut calculer ce risque ? Pour combien de temps encore ?

Comme le précise « Anonymous » le pire n’est pas encore arrivé.

Ce qui est écrit, c’est que le « reactor’s pressure vessel » est percé, c’est la cuve du réacteur qui contrôle la pression (en somme le réacteur serait actuellement en dépression). Je suppose (mais je ne suis pas sûr) que ce devrait être au niveau des l’étanchéités des tuyaux qui traversent la cuve, lesquelles ont dû fondre. Cela ne signifie pas qu’il y ait encore fuite du combustible qui apparemment serait encore emmagasiné dans ses piles, en revanche cela pourrait rendre la restauration des circuits de refroidissement plus complexe ou plus longue. Rien n’indique qu’il ne soit pas possible de « patcher » la cuve, de restaurer les joints d’étanchéité ou d’apposer une sous cuve, ou bien ajouter une enveloppe secondaire ou une combinaison de tout cela. Dans ce cas le refroidissement devrait pouvoir reprendre.

Ce que j’aime beaucoup de la part des japonais, c’est qu’ils prennent le taureau par les cornes, cherchent des solutions et trouveront des solutions. Tandis qu’ils acceptent d’admettre leurs erreurs. Ainsi, le Japon dit qu’il avait pris du retard pour les énergies renouvelables, la géothermie, la biomasse, l’éolienne et bien sûr le soleil. J’ai le sentiment (je peux évidemment me tromper) que les japonais parviendront comme ils l’ont fait dans d’autres domaines à faire progresser ces technologies et que ce ces malheurs sortira quelques choses de bon. J’espère aussi que nous nous entendrons et iront de l’avant sur le chemin de la coopération, que de telles crises nous rendront meilleurs et nous aideront aussi tous à progresser.

Il est possible toutefois de faire avancer les technologies issues du nucléaire, notamment pour ce qui relève du traitement des déchets. Et ici dans ce cas les réacteurs de Fukushima et son contenu sont devenus des sortes déchets qui représentent un défi à relever pour la communauté internationale.

Ayant toujours été plutôt « niponnophile », peut-être que mes propos manquent d’objectivité. Dans ce cas n’en faites pas mention !

Le pire ???

une autre explosion nucléaire au Japon et un nuage qui fait le tour du monde ? Eh bin dis donc……

« Ce que j’aime beaucoup de la part des japonais, c’est qu’ils prennent le taureau par les cornes, cherchent des solutions et trouveront des solutions. »

C’est le PPP tellement défendu par l’entreprise privée, le Peuple va Payer Pour. PPP.

Ce qui me rend fou dans l’histoire c’est qu’en France cette actualité sur la centrale japonaise ne nous arrive qu’en bride. Quand on sait que c’est le pays le plus nucléarisé au monde, on soupçonne rapidement une réelle volonté a vouloir étouffer cette catastrophe. Pays des droits de l’homme, développé (soit disant (et je suis français)) on préfère l’idéologie de l’argent et du bénéfices plutôt que la sécurité des concitoyens.
Pour calmer les esprits ils vont nous donner une analyse bidon de l’agence de sureté nucléaire française qui dira que tout va bien et aucune zone n’est dangereuse au niveau sismique ( la preuve en Italie^^ )

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