Fukushima: quelles hausses de radioactivité ambiante ?

Le niveau de radioactivité continue d’augmenter dans les environs de la centrale de Fukushima où la situation n’est pas encore sous contrôle. Bonnes et mauvaises nouvelles du jour :

– l’armée japonaise est parvenue à larguer 30 tonnes d’eau de mer par hélicoptère sur le réacteur 3 et sa piscine, mais on ne connait pas encore l’efficacité de cette mesure;

– TEPCO a commencé à installer une nouvelle ligne électrique à haute tension pour acheminer plus de puissance aux pompes qui injectent l’eau de mer dans les réacteurs et leurs piscines. Certaines de ces pompes étant endommagées, il faut aussi travailler dessus;

– des informations contradictoires circulent sur l’état des piscines des réacteurs 3 et 4;

– les tests de radioactivité menés dans la population n’ont pas révélé de graves cas d’exposition. Quelques personnes auraient été au delà des normes mais ont été décontaminées rapidement, ce qui n’aura pas d’impact sur leur santé;

– la zone évacuée s’est légèrement agrandie. Les gens doivent être déplacés de plus en plus loin car les places manquent dans les abris.

La grogne commence à monter sur la manière dont les autorités communiquent – ou tardent à communiquer – les doses de radioactivités ambiantes.

Il est impossible de savoir si elles font bien les choses, puisque les données ne sont pas publiques. Mais si j’habitais sur place, j’y réfléchirais à deux fois avant de quitter ma maison sans qu’on m’en ait donné l’ordre.

Il faut comprendre que la radioactivité dans l’air ambiant peut augmenter d’un coup puis redescendre très rapidement, sans que cela ne soit dommageable pour la santé. Seule la dose cumulée sur une certaine période de temps est importante.

Il faut aussi se méfier des chiffres qui font peur, comme lorsqu’on annonce que la radioactivité ambiante à Tokyo a brusquement été multipliée par 37. Seul compte le résultat de ce genre de calcul, et non le facteur multiplicatif.

Donner en continu l’ensemble des valeurs brutes à la population ne ferait qu’accroître les risques de panique et un certain filtrage est nécessaire. Jusqu’à quel point ? C’est là que les choses n’ont rien d’évident.

Au Japon, plusieurs sites internet permet d’accéder à des données journalières, comme celui-ci (en japonais), dans la préfécture d’Ibaraki, située entre Fukushima et Tokyo.

En France, où la mesure de la radioactivité est on ne peut plus sensible à cause du grand nombre de centrales nucléaires, les autorités ont depuis quelques jours donné un accès en temps réel aux données du réseau de surveillance

J’ai essayé à plusieurs reprises de m’y connecter… en vain, le site semble trop achalandé (voilà une leçon à tirer de la présente catastrophe: prévoir que de tels sites peuvent être submergés…).

Même si je ne doute pas un seul instant que les données recueillies par ce réseau n’ont strictement rien d’inquiétant, cela montre à quel point la population s’inquiète… et risque de s’inquiéter encore car elle  n’a pas les outils nécessaires pour interpréter les données.

Le CRIIRAD, une association chien de garde du nucléaire en France, a aussi son propre réseau de surveillance et un laboratoire agréé de mesure de la radioactivité.

Au Canada, le Réseau canadien de surveillance radiologique ne publie pas ses données au fil des jours.

Les Canadiens doivent se contenter du dernier message de Santé Canada et de la Sécurité publique à ce sujet, qui date du 14 mars et nous assure que «le gouvernement suit de près la situation» et «les centrales nucléaires japonaises ne devraient pas constituer de risque pour le Canada».

Cela me semble un peu léger pour rassurer une population qui continue quand même de s’inquiéter!

Le Canada et la France sont aux deux extrémités du spectre pour ce qui est de communiquer les informations sur la radioactivité ambiante. Un juste milieu me semblerait plus raisonnable.

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