Fukushima : vers un peu de »sagesse nucléaire »?

Faut-il renoncer au nucléaire comme le demande Greenpeace… qui commémore le premier anniversaire du séisme et du tsunami de Tohoku, et l’accident nucléaire de Fukushima en se gardant bien de distinguer le bilan de ces deux catastrophes dramatiques !

Le séisme et le tsunami ont fait près de 20 000 morts et disparus. Des dizaines de milliers de survivants sont traumatisés par ce qu’ils ont vécu, ils ont perdu des proches, leur maison, leur emploi, et tremblent à chaque nouvelle secousse.

L’accident nucléaire, lui, n’a tué personne.

Même si la centrale était vieille et mal entretenue et qu’elle était coupée du monde au pire de la crise à cause des ravages du tsunami dans ses environs, même s’il y a eu plusieurs cafouillages de la compagnie Tepco et du gouvernement japonais dans l’information du public, le pire a été évité.

Personne n’a reçu de dose radioactive mortelle à court ou à long terme, la centrale a été stabilisée et il n’y a eu aucun mouvement de panique qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

Ce n’était pas pour autant un accident anodin, loin de là. Plus de 100 000 personnes ont à peu près tout perdu en devant évacuer les 20 km aux alentours de la centrale, qui resteront inhabitables pour des décennies.

Malgré les messages rassurants des autorités et du monde médical, plusieurs craignent les conséquences des doses de radioactivité qu’ils ont reçues dans les quelques heures qui ont précédé leur évacuation.

Les messages alarmistes des militants anti-nucléaires ne font rien pour leur faciliter la vie.

Greenpeace a raison : Tohoku est une catastrophe naturelle, Fukushima a été provoquée par l’homme.

C’est toutefois en bonne partie grâce à l’énergie nucléaire que le Japon a pu devenir un pays riche alors qu’il est pauvre en autres sources d’énergie. Richesse qui lui a entre autres permis de développer une expertise unique au monde dans la gestion du risque sismique, qui amoindrit considérablement le bilan des centaines de séismes qui s’y produisent chaque année.

Même si Fukushima a atteint le même niveau sur l’échelle de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’accident a eu des conséquences bien moins graves que celui de Tchernobyl.

Autre époque, autre pays, c’est évident. Et depuis Fukushima, on peut gager que l’énergie nucléaire est encore un peu plus sûre qu’avant, ne serait-ce que grâce aux inspections réalisées un peu partout dans le monde suite à l’accident au Japon.

Au lendemain de la catastrophe, on disait que Fukushima signerait l’arrêt de mort du nucléaire.

Un an plus tard, bien des gens commencent à se dire que si rien de pire ne peut arriver, le nucléaire n’est peut-être pas une si mauvaise idée.

Coup de chance toutefois que l’accident n’a pas eu lieu dans une zone plus peuplée. S’il avait fallu vider Tokyo de ses habitants, le Japon ne s’en serait sans doute pas remis avant des décennies.

Dans le monde, plusieurs centrales sont situées dans des zones bien plus peuplées que les environs de Fukushima.

Et rien ne dit que le prochain accident nucléaire, qu’il se produise dans 2, 50 ou 400 ans (le risque zéro n’existant pas), n’aura pas des conséquences plus étendues que celles que vit actuellement le Japon.

Si nous devions tirer une seule leçon de Fukushima, ce devrait être de se montrer collectivement un peu plus raisonnable avec cette forme d’énergie.

Ne pas la diaboliser comme le fait Greenpeace, ni l’encenser comme le fait souvent l’industrie en ne reconnaissant pas qu’il y aura toujours des accidents potentiellement graves quoi qu’on fasse.

Mais apprendre à l’utiliser avec discernement, là où elle est utile, difficile à remplacer et bien surveillée et contrôlée.

La décision de l’Allemagne de renoncer au nucléaire va augmenter ses émissions de 70 millions de tonnes équivalent CO2 par an, car ce sont probablement des centrales au charbon qui prendront la relève.

À l’inverse, la décision de Québec de poursuivre le nucléaire en  remettant à jour la centrale Gentilly-2 risque de coûter fort cher, pour un bénéfice potentiel très mince.

La Chine, elle, n’a pas un instant songé à renoncer à construire de nombreuses centrales nucléaires, qui lui permettront peut-être de satisfaire ses énormes besoins en énergie avec un peu moins de charbon à l’avenir. L’exploitation du charbon fait près de 2000 morts par an en Chine (sans compter les ravages de la pollution…).

Quant à la décision de l’Iran de poursuivre son programme de nucléaire civil, elle fait craindre le développement d’un inquiétant arsenal nucléaire militaire.

Peut-on, dans ce contexte, rester tout simplement  »pour » ou »contre » le nucléaire?

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Bonjour,

J’ai une question, pourquoi les centrales ne sont-elles pas construites sous terre, dans d’anciennes mines désaffectées?

En effet, un accident ne serait pas dramatique. On pourrait même créer des complexes sous-terrains vastes à plusieurs réacteurs au même endroit, disposés en étoile. Comme ça, si un réacteur doit être condamné, on ferme l’accès à cette galerie et on continue avec les autres.

À plus de 800-1000 mètres de profondeur, aucune radiation ne parviendrait à la surface, la gestion des déchets pourrait être faite en place, un accident serait contenu en place, aucune chance d’être attaqué par des terroristes, etc. Bref que des avantages.

De toute façon, le métal radioactif qui fond (comme à Tchernobyl ou Fukushima) va finir par perdre toute sa radioactivité en surface, contenu dans des caissons qui doivent être refait périodiquement à grands frais et dangereusement, ou bien va couler dans la terre, alors tant qu’à faire, laissons le couler sous la terre à un endroit qui n’est pas dangereux et qui n’affectera pas l’environnement (avec les nuances à mettre sur le terme environnement).

Je sais que cette idée semble se buter à un refus dans l’opinion publique, mais quelles sont les objections logiques?

la question qu’il faut plutôt se poser : faut-il laisser à l’État la gestion du nucléaire? SI tout ce que j’ai entendu lors d’audiences publiques sur le sujet à Regina est vrai, alors c’est toujours le gouvernement qui assure les centrales nucléaires

Que « Greenpeace » ne diabolise-t-elle pas? Seuls les pays développés de l’Occident en ont peur. Le pays émergents s’en fichent et s’équiperont en centrales nucléaires, en profitant de notre expérience, et de la baisse du prix de l’uranium.

Une position équilibrée et pondérée. Une qualité que j’apprécie beaucoup chez vous. Merci madame Borde.

@Nicolas Paillard: qu’elle soit au charbon, au gaz ou nucléaire, il faut une très grande quantité d’eau pour le fonctionnement d’une centrale thermique. C’est pour cette raison que les centrales thermiques de grandes envergures sont toujours près d’un plan d’eau.

Christian

@ Christian Bellefleur

Rien n’empêche la centrale d’être sous terre, vous savez, il faut de toute façon des pompes fonctionnant en permanence pour retirer l’eau des mines (en fait, plusieurs mines se trouve sous des lacs) et pour descendre de l’eau, un simple tuyau ferait l’affaire.

L’accès à l’eau est nécessaire, soit, mais ce n’est pas une raison pour ne pas mettre une centrale sous terre.

Quel argument sert pour ne pas isoler une centrale sous terre?

Vous dites: «Personne n’a reçu de dose radioactive mortelle à court ou à long terme». Vous parlez de la radiation directe. Mais que pensez-vous des cancers qui seront provoqués à long terme à cause de l’inhalation ou de l’ingestion de particules radioactives comme celles de césium?

Vous dites: «la centrale a été stabilisée». Mais que penser du fait que la centrale a des fuites d’eau de refroidissement et que cette eau doit être remplacée à l’aide d’injection continuelle d’eau nouvelle?

Ne vous en faites pas le moutongris Tokyo Electric Power co qui a été très négligente, négligence causant la dernière catastrophe, qui a falsifié des documents pour cacher de nombreux accidents et qui a une réputation de menteur est privée et très capitalisse.

Finalement une entreprise privée qui se fout de la population pour amasser quelques dollars.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tokyo_Electric_Power_Company

Le nucléaire fait peur déraisonnablement et Greenpeace se sert de cette peur pour se faire connaître et ainsi se financer. Pourtant le pétrole et le charbon sont mille fois plus dangereux.

C’est comme le naufrage du Titanic qui, malgré le sérieux, n’a fait que seulement 1 491 victimes, mais c’est de celui-là que l’on se rappelle. Pourtant il y a eu nombre catastrophes beaucoup plus importante qui ont fait 2 000-4 325-8 000-9 300 morts.

Mais on se rappelle du spectaculaire Titanic, comme on à peur du spectaculaire nucléaire.

Le danger du nucléaire vient surtout du fait que l’on veut économiser quelque sous comme pour le pétrole.

Le charbon n’a pas donné sa place non plus: 1 099 morts.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Courrières

Madame vous sous-estimez la situation.

Fukushima , c’est pas fini.

Vous devriez aller faire vos devoirs et faire un tour là-bas à fukushima comme reporter. De votre bureau vous n’êtes au courant de rien. Encore des médias qui occultent les faits véridiques.

Et vous avec vos idées de sous-terre, vous savez ce qu’est une explosion avec du nucléaire ????

Je suis bien déçu de lire tout cela

Vous avez parfaitement raison, à date, le nucléaire n’a causé aucune perte de vie. J’ai travaillé plus de cinq année à Gentilly 2 et aussi en Roumanie sur le réacteur canadien CANDU.
Ces installations sont des merveilles de la technologie, avec la NASA, les deux sont des industries de pointes essentielles au développement de la science. Le nucléaire, sans aucun doute, pour le moment, l’énergie de l’avenir,et mille fois mieux que le charbon.

Un élément dont on ne parle jamais dans le nucléaire est quoi faire avec les déchets nucléaires. C’est la que réside le réel danger.
Et avec la prolifération des centrales, la quantité de déchets augmentera exponentiellement.
Mais encore un fois ce n’est pas nous qui en souffriront le plus mais les générations futures.
Dettes gouvernementales et déchets nucléaires: meme combat, meme solution: pelletons par avant

Ce billet, par ailleurs fort juste sur de nombreux aspects occulte une problématique très pragmatique : Le coût de l’énergie nucléaire. Je me retrouve personnellement du côté des ‘anti’ pur et dur, lorsqu’on s’aperçoit que si on considère le coût de développement, de la recherche, de l’exploitation, et du démentèlement, on est dans le même ordre de grandeur que le renouvelable. Sans compter les ressources en uranium, limitées, polluantes, et génératrices de terribles tensions géolitiques

Les déchets nucléaires sont toujours l’un des grands épouvantailles préférés de GreenPeace. Or, un consensus sur le combustible usé a été de facto convenu entre toutes les parties intéressées en Europe, aux USA et au Cananda. Ce consensus est que la méthode la plus économique et sécuritaire pour le combustible usé est de le laissé sur le site de production prendant environ 50 ans. Pourquoi? Et bien voici la réponse pour le combustible des CANDU:
1. Après 7 ans passé dans une piscine, il a perdu 1000 fois de son activité et peux être entreposé sécuritairement à sec.
2. Après 50 ans sortie du réacteur, l’activité est reduite de 1 millions de fois et présente peu de risque pour le transport et la population.
3. Après 200 ans, le combustible épuisé CANDU est moins radioactif que l’uranium naturel et peut donc être transporter sans aucune mesure spéciale.
4. Après 500 ans TOUS les éléments issus de la fission se sont désintégrés et il ne reste que 0,2%de plutonium, 0,3% de U-235, 1,2% d’atomes métalliques légers et le reste est du U-238 qui est pratiquement stable.

Ne me dites pas que le plutonium est dangereux car dans toutes nos demeures nous possédons des petites quantités d’Américium 241, petit cousin du plutonium 239 et qui ont en commun le même mode de désintégration et la même énergie. L’améridium sert entre autre de source d’ionisation pour les détecteurs de fumée.

Et pour ceux qui n’ont pas vécu la mise au point du Pacemaker, ils étaient alimentés par une source de Plutonium 288 de 2.4 curie – de quoi tuer toute la population de Montréal si on se fie à GreenPeace. Or il restait en circulation environ 100 de ces pacemaker en 2005 et aucun patient n’en est décédé. Étrange non. Eh bien pas si étrange car la désintégration du Plutonium se fait par émission de particule Alpha et que l’énergie est convertie en chaleur avec très peu de radiation ionisante et aucun effet biologique.

Retournons au combustible usé qui sera disposé dans une gallerie de mine peu profonde car une fois le plutonium désintégré en U-235, le combustible usé sera de nouveau utilisable dans un CANDU après un léger enrichissement.

@ Ray Ten
Votre commentaire plaiera surement aux Hedge funds qui ont investi massivement dans l’uranium il y a quelques années pour profiter du boom annoncé de l’énergie nucléaire.
Heureusement il ya eu Fukishima pour rafraichir la mémoire à la population sur les dangers du nucléaire.
Le prix de l’uranium s’est effondré au grand désarroi des spéculateurs. Ils comptent sur le passage du temps pour repartir leur croisade pro-nucléaire.
Votre commentaire est juste et rassurant si on suppose qu’il n’y a plus de déchets qui se rajoute.
Dans 50 ans, il n’y aura presque plus de danger pour les déchets PRODUITS CETTE ANNÉE. Mais que faites-vous des déchets produits en 2061! Ils seront dangereux. et tous les déchets produits entre maintenant et 2062 !!!

Monsieur Langlois,
c’est du baratin tout cela. L’énergie nucléaire est tout SAUF l’énergie de l’avenir. Et oui, le nucléaire a coûté la vie à de nombreuses personnes, peut-être pas récemment, je vous l’accorde, mais l’environnement de même que la population subit encore aujourd’hui les répercussions désastreuses d’erreurs nucléaires d’il y a bien longtemps. On peut développer cette énergie tant qu’on le voudra, elle restara toujours incertaine, dangereuse et excessivement nocive pour l’environnement. Un gros gâchis.
C’est sûr que comparativement au charbon, elle paraît bien … mais en 2012, on peut faire beaucoup mieux qu’utiliser ces deux ressources. Pensez-y bien.

M. Ray Ten à parfaitement raison. Je le redis Greenpeace sont déjà venus chez moi pour me faire peur avec plein de déformations et de mensonges ou de prés jugés. Je connaissait le nucléaire bien mieux que la quéteuse de Greenpeace.

Et oui toujours la fameuse peur des déchets. Et là on « s’astine » et fait peur aux autres sur un sujet que l’on ne connais absolumnet pas. Sa me fait penser aux chicanes de fédéralisses et séparatisses ou dans le temps des « astinations » en propriétaires de Fords et de GM.

La dangerosité des déchets est poussée à une exagération maximale. Il faut penser qu’il y a des gens qui les manipulent en toute sécurité des décennies.

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@ Haurore

Vous nous faites peur aussi.

En fait combien depuis 70 ans les centrales nucléaires ont-elles raflées de vies?

Et combien de centaines de milliers de vies le gaz, le pétrole, le charbon et le bois en ont fauchés?

Combien de gens subissent les répercussions , blessures handicaps, d’accidents nucléaires depuis 70 ans?

Combien de gens subissent les répercussions , blessures handicaps, d’accidents du au gaz au pétrole au charbon et au bois? Probablement des millions.

Maintenant faites nous un bilan des dégâts du au nucléaire versus un bilan des dégâts causés par le charbon et le pétrole et le bois.

Il me semble que les gens devraient êtres conscient que ce n’est pas le nucléaire qui détruit l’environnement, mais les combustibles fossiles et végétaux qui deviennent une catastrophe à la grandeur le la planète.

@ youlle
Vous avez raison le nucléaire n’est pas dangereux;
parlez-en à Marie Curie.
Le nucléaire n’est pas rentable. Ca coute très cher pour se protéger des radiations
On se sert des radiations nucléaires pour irradier les aliments et ainsi tuer les bactéries, mais ce n’est évidemment pas dangereux pour l’homme !
On se sert des radiations pour tuer les cellules cancéreuses. Les oncologues l’ utilisent sans parcimonie et sans se protéger car tout le monde sait que ce n’est pas dangereux !
Please dig it

@ Youlle

Pour défendre Haurore. Ça vous arrive de sauter une partie d’un commentaire pour vous plaire. Je rafraîchis votre mémoire :

« C’est sûr que comparativement au charbon, elle paraît bien … mais en 2012, on peut faire beaucoup mieux qu’utiliser ces deux ressources. Pensez-y bien. »

J’ajouterai pétrole et gaz. Quand Greenpeace parle contre le nucléaire (avec des techniques douteuses j’en conviens), ça me surprendrais que c’est pour défendre le charbon, le pétrole et le gaz…

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