Gare au cocktail de jus et de médicaments !

Si le mélange médicaments et alcool désole, l’effet des médicaments et celui du jus s’excluent… Boire du jus d’orange, de pomme ou de pamplemousse réduirait presque à néant l’efficacité de nombreux antibiotiques et médicaments, comme ceux pour traiter l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Ce sont les conclusions auxquelles sont parvenus des chercheurs de l’Université de Western Ontario, à London.

Si le mélange médicaments et alcool désole, l’effet des médicaments et celui du jus s’excluent… Boire du jus d’orange, de pomme ou de pamplemousse réduirait presque à néant l’efficacité de nombreux antibiotiques et médicaments, comme ceux pour traiter l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Ce sont les conclusions auxquelles sont parvenus des chercheurs de l’Université de Western Ontario, à London. Selon leurs expériences, la narangine, substance à l’origine de l’amertume de certains fruits, empêcherait certaines molécules médicamenteuses de filtrer vers le système sanguin. Mieux vaudrait donc attendre quatre heures après avoir pris un médicament avant de boire un verre de jus.

Pour un meilleur vaccin contre la grippe

Le vaccin contre la grippe saisonnière a eu des ratés en Amérique du Nord l’hiver dernier. Alors que le taux de protection du vaccin se situe habituellement entre 70 % et 90 %, il n’a été que d’environ 44 %, et les hôpitaux ont accueilli un nombre record de patients grippés qui avaient pourtant été inoculés. C’est qu’une souche du virus avait été mal choisie, et le vaccin ne pouvait lutter contre cette forme de grippe. Afin de mieux protéger la population, des chercheurs réclament donc que le processus de décision relatif à la composition du vaccin soit revu.

Chaque année, on retrouve dans le vaccin trois des grandes familles du virus de la grippe — H3N2, H1N1 et influenza B —, des souches qui évoluent constamment et subissent régulièrement des modifications génétiques. Chaque année, un groupe restreint d’experts — composé des membres des centres de surveillance de la grippe de l’OMS, des représentants des fabricants du vaccin et des organismes nationaux de réglementation des médicaments — se réunit donc pour déterminer les souches grippales qui entreront dans la composition du vaccin pour la saison à venir. Une rencontre a lieu en février pour l’hémisphère Nord et en septembre pour l’hémisphère Sud. Pourquoi si tôt ? Parce qu’il faut six mois pour cultiver les substances immunisantes.

Mais cette réunion se tient à huis clos. Et c’est ce manque de transparence que le bio-informaticien Steven Salzberg reproche à l’OMS dans une critique qu’il a récemment publiée dans Nature. En ouvrant la discussion à l’ensemble du milieu scientifique, au lieu de réserver le débat aux quelques participants invités, les chercheurs pourraient profiter de l’expertise internationale de généticiens, d’épidémiologistes et d’autres spécialistes, et ainsi éviter le désastre de la dernière année. Il suggère aussi de rendre publics les éléments présentés lors des discussions — y compris les données d’expériences effectuées en laboratoire et les fragments du code génétique des différentes souches de grippe. Ces derniers restent confidentiels, bien qu’ils constituent une des plus importantes sources d’information pour l’avancement de la recherche. Bref, dans ce cas comme partout en science, l’heure est à la collaboration et au partage des données, et non à une culture du secret désuète.

Mots d’actualité

Radicaux libres persistants

On savait que la combustion de carburant produisait des radicaux libres nocifs pour la santé, mais qui étaient éliminés aussitôt libérés. Les scientifiques viennent cependant de découvrir un nouveau type de radicaux libres, qu’ils qualifient de « persistants », car ils peuvent se maintenir dans l’air indéfiniment et voyager sur de grandes distances. Ces particules chimiques oxydantes de taille nanométrique, qu’on trouve en suspension dans l’air des villes, auraient les mêmes effets néfastes que le tabac : elles seraient à l’origine de maladies cardiovasculaires et de certains cancers du poumon des citadins. Les scientifiques évaluent que, selon le niveau de pollution du quartier où elle vit, une personne pourrait respirer l’équivalent de 25 à 300 cigarettes par jour.

Conseil santé

Vous vous êtes blessé ? Léchez votre plaie ! Des chercheurs néerlandais ont découvert une substance contenue dans la salive, l’histatine, qui non seulement aurait des propriétés antibactériennes, mais qui faciliterait la cicatrisation des blessures. Cela expliquerait pourquoi certains animaux lèchent instinctivement leurs écorchures. Cette découverte pourrait faire de la salive une nouvelle source de médicaments destinés aux personnes qui souffrent de blessures chroniques, comme celles liées au diabète. Et puisque l’histatine serait peu chère à produire, elle pourrait devenir aussi répandue que l’alcool à friction ou les crèmes antibiotiques.

Quoi de neuf au Québec ?

Alors que le jeu compulsif commence à peine à être étudié dans le domaine de la santé mentale, une nouvelle accoutumance fait son apparition : la dépendance à Internet. Une première étude effectuée dans le réseau de la santé du Québec révèle que, sur 40 000 patients, une centaine ont déjà consulté une personne-ressource à ce sujet. C’est encore peu, mais les chercheurs s’attendent à une augmentation du nombre de consultations. Il existe actuellement très peu de données sur cette dépendance. C’est pour cette raison que les chercheurs de l’Institut universitaire sur les dépendances de Montréal tenteront de mieux comprendre ce phénomène et d’élaborer des techniques d’intervention. « Si le problème n’est pas encore très répandu, nous connaissons toutefois des cas lourds d’adolescents qui ne sortent plus, n’ont plus de relations interpersonnelles et sont isolés depuis deux ou trois ans devant leur écran d’ordinateur ; leur langage se limite à celui des personnages des jeux auxquels ils s’adonnent avec d’autres joueurs en réseau », affirme Louise Nadeau, professeure au Département de psychologie de l’Université de Montréal.

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