Gaz de schiste: ce qui est vraiment inquiétant avec ces fuites

Du méthane s’échappe de la majorité des puits d’exploration de gaz de schiste, a-t-on appris récemment. Des inspecteurs du ministère des Ressources Naturelles du Québec ont visité 31 puits à l’automne dernier et repéré du gaz à l’air libre à la surface de 19 d’entre eux, comme ils l’expliquent dans ce document déposé au BAPE.

Faut-t-il s’en inquiéter ?

Forcés d’expliquer la chose, les représentants de l’industrie gazière affirment qu’il n’y a rien là, comme on peut le lire sur le site de l’Association pétrolière et gazière du Québec, dont on vient d’apprendre qu’elle sera désormais dirigée par l’ancien premier ministre Lucien Bouchard. Lors de tout forage pétrolier ou gazier, même bien fait, de petites quantités de méthane s’échappent souvent des puits.

De fait, ce phénomène est bien connu dans l’industrie.

D’une part le gaz peut s’échapper par l’évent du tubage de surface, un dispositif justement conçu par évacuer du gaz qui pourrait s’être retrouvé entre le coffrage de béton du puits et le fond de celui-ci, si le colmatage n’a pas été bien fait.

D’autre part, du gaz peut aussi migrer à l’extérieur de ce tubage de surface. Il provient alors de poches de gaz emprisonné près de la surface ou de gaz provenant de sources plus profondes qui s’est frayé un chemin le long du puits, selon le MRNF.

Les quantités qui s’échappent dans l’atmosphère sont généralement minimes. Seules les émanations dites «sérieuses» font l’objet de travaux, non seulement parce qu’elles occasionnent beaucoup d’émissions de GES, mais surtout parce qu’elles coûtent cher en gaz perdu.  

En utilisant le terme d’émanation plutôt que de fuite, l’industrie distingue ce qui est normal dans ce genre d’opération de ce qui ne l’est pas. Mais ce jargon ne change strictement rien au fait que du méthane se dégage dans l’atmosphère, comme vous le comprendrez en écoutant ce débat entre des représentants de Talisman Énergy et Nature Québec.

Selon les chiffres de l’EPA, l’industrie pétrolière et gazière est responsable de 22 % des émissions de méthane des États-Unis. Sur les 346 milliards de pieds cubes de méthane émis par cette industrie, 6 milliards sont dus aux fuites provenant des puits de production et aux torchères qui servent justement à brûler ces émanations perdues.

C’est peu comparé aux 43 milliards qui proviennent des valves pneumatiques utilisées notamment pour contrôler le débit de gaz, ou aux 40 milliards de pieds cubes de méthane émis par les compresseurs lors du stockage et de la transmission du gaz par pipeline.

Ce qui m’inquiète le plus dans toute cette histoire, c’est qu’à la lecture du document du MRNF, on dirait que les fonctionnaires viennent tout juste de découvrir l’existence de ces émanations.

Dans leur document, ils citent d’abord la littérature industrielle, qui spécifie que le principal problème que pose ces fuites est l’émission de gaz à effet de serre et la perte de ressource, avant de convoquer d’urgence l’industrie pour des explications:

Dès que le Ministère a eu connaissance d’émanations de gaz de certains puits, les compagnies concernées ont été contactées afin de les informer de la situation, de leur demander un rapport sur la situation et de les convoquer à une rencontre à être tenue dans les plus brefs délais au Ministère. Ces compagnies ont été rencontrées quelques jours plus tard. Un état de situation portant sur le nombre de puits qui avaient des émanations de gaz, la nature de ces émanations, le débit, la pression des émanations ainsi que les risques qu’elles représentent, leur a été demandé. Il a également été exigé de ces compagnies de fournir au MRNF, dans les meilleurs délais, le suivi qu’elles comptent faire pour remédier à la situation et assurer la sécurité.

Un tel affolement face à un phénomène considéré comme normal dans l’industrie me semble pour le moins troublant.

Soit les fuites ou émanations observées sont vraiment hors normes, auquel cas il y a lieu de s’inquiéter des compétences des compagnies, soient elles sont parfaitement habituelles, et c’est alors la réaction des fonctionnaires qui n’est pas appropriée.

Dans les deux cas, cela n’a rien de rassurant.

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Les fuites qu’il y a au Québec en ce moment et bien quand il y a les mêmes fuites aux USA les gazières reçoivent l’ordre de fermer immédiatement le puits. Les Québécois sont en train de se faire coloniser d’applomb en plus que nous assistons au vol du siècle, 10¢ l’hectare en pliene zone agricole et en Colombie Britanique c’est 12,000$ l’hectare en plein milieux de rien à 100 milles de la plus proche zone peuplé.

Il y a pire que les fuites car à long termes il y a pollution des eaux et effondrement des poches vide laissées vides par ces compagnies

« Il y a pire que les fuites car à long termes il y a pollution des eaux et effondrement des poches vide laissées vides par ces compagnies »

Je regrette Tétraèdre, vous ne connaissez rien au gaz ni au pétrole avec vos poches vides.

Une étude de la littérature interne des compagnies gazières a, à mon avis, de bonnes chances de laisser apparaître la distinction des termes : émanation et fuite. C’est d’ailleurs ce que laisse entendre Valérie Borde. Néanmoins, ce qui ne doit pas nous échapper (comme du gaz…sic !) c’est que toutes émanations soient-elles, elles ne se limite pas au gaz de schiste, mais à toute l’exploitation méthanière depuis l’origine. C’est cependant rien à comparer à qui pourrait se libérer «naturellement» (rétroaction positive en conséquence du réchauffement global par l’usage des hydrocarbures) du (ex-)pergélisol et des mers.

N’importe qui de moindrement intelligent sait que les poches vides s’effondrent, même les poches vides libérales

Le régime Duplessis refait surface dans notre politique économique. Les gaz de la démagogie sont libérés.

Pour régler la question des poches et des risques d’effondrement.

«Les pores des roches sédimentaires souterraines sont très souvent occupés par de l’eau. Dans les gisements d’hydrocarbures, le pétrole et le gaz ont expulsé l’eau en occupant les ESPACES INTERSTITIELS.»
«Le terme « roche-réservoir » n’est pas tout à fait adapté, puisque LES GISEMENTS SONT CONTENUS NON PAS DANS DE VASTES CAVITÉS MAIS DANS LES MICROSCOPIQUES PORES DE LA ROCHE, où le pétrole est exploité.»
http://www.memo.fr/article.asp?ID=THE_ENE_010

Ces chiffres ne tiennent plus : « Washington malmène les gaz de schiste dans une étude ». canoe.ca, 28 janvier 2011. « Dans l’étude relayée par le site Internet ProPublica, l’EPA affirme que ses anciennes prévisions qu’elle avait publiées en avril ne comptent plus. La quantité de méthane qui s’échappe dans l’atmosphère notamment par les puits de gaz de schiste est deux fois importante.

L’agence révise également la quantité de méthane produite lors de la fracturation hydraulique qui serait 9000 fois plus élevée que celle rapportée en avril dernier.

Lorsque toutes ces nouvelles émissions sont comptées, la filière du gaz naturel en souffre et devient à peine 25 % plus propre que le charbon, rapporte le site Internet citant l’étude américaine. »

Dans le contexte de soutenir le développement durable, bien sûr qu’il peut y avoir des fuites, surtout en termes de savoir comment s’esquiver de ses responsabilités.

Pourquoi vouloir stimuler la régression des ressources non renouvelable aux moments ou c’est encore le moins nécessaire? De l’énergie à bon marché il n’y en a jamais eut autant de disponible.

Dans ce contexte les fuites ne sont pas vraiment aussi inquiétantes. Elles serviraient même à établir nos réserves pour plus tard, si jamais on pouvait se rappeler ou est sont.

C’est cela savoir bien gérer dans une perspective étroite, où absence de défaillances est confondue avec absence de risques, et irresponsabilité devient presque vertu.

Pour s’en convaincre, il ne suffit que d’écouter :

Allo, allo, votre rapport fait état, … il appert que …, pourriez vous donner des détails …, quelles sont les conséquences et les risques …

Tout va très bien madame la ministre, tout va très bien, tout va très bien …

Selon la littérature, en fonction des conditions …, les risques seraient … Dans ce dernier cas il ne peut y avoir d’explosion que …. (Pas avant d’avoir refermé le livre peut-être?)

Dès que la Ministre a eu connaissance d’émanations de gaz de certains puits, elle en a informé ceux qui les avaient provoquées, pour leur demander de rapporter ce qu’ils pouvaient en dire …

« HEU, HEu, Heu, heu … »

Mais de là à dire que l’on s‘affole. Non pas dans une maison de fous, où l’on improvise certes, mais d’une manière digne et pausée.

Et il n’y a pas lieu de s’inquiéter non plus au sujet des compétences des compagnies.

Couper les coins, certes ce n’était peut-être pas la meilleure façon de simplifier, (quoique ce soit le plus simple pour réinventer la roue).

Le problème c’est qu’après, ces compagnies en furent réduitent à toujours se demander quels coins pouvaient manquer, alors que c’était la faute à la technologie qui n’existait pas.

Une technologie qui n’existe pas encore.

Les sociétés font passer leur profil largement avant de penser à la sécurité des citoyens. Elles sont loin d’être compétentes sur la gestion des risques notamment écologiques encouru par les populations car cela ne fait pas partie de leurs préoccupations.
Face à des géants, il faudra une mobilisation massive jusqu’aux plus hauts niveaux politiques et il ne faudra pas attendre les rapports des politiques pour que les citoyens, devenant peu à peu de superexperts du sujet, se regroupent, se coordonnent et puissent fournir des arguments scientifiques, concrets et des contre-expertises indiscutables et percutantes,afin de convaincre nos politiciens européens que la recherche et l’exploitation des gaz de schiste est une abération sanitaire et une monstruosité écologique.PS: il faudra étudier la toxicité de chacun des produits employés pour le forage.
Dr Kuhn
PS: n’attendez aucun discours honnête quand des milliards d’euro ou dollars sont en jeu. La technique de communication des industriels et parfois des politiques sera le plus souvent celle du copie-collé ou du « disque rayé » (Discours rassurant et toujours le même mais qui ne répondra jammais à une question précise que vous posez).