Gaz de schiste : dans deux ans ou jamais?

La nouvelle ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a provoqué tout un séisme en annonçant que le moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste au Québec pourrait être permanent plutôt que limité à une période de deux ans, comme l’avait décidé le gouvernement libéral sous la pression des opposants.

Deux ans semblait clairement un délai trop court pour que l’on puisse évaluer l’impact de l’exploitation d’un point de vue scientifique, économique et social.

La fracturation hydraulique, qui a permis l’essor de l’industrie aux États-Unis, a été exploitée sur une base commerciale pour la première fois en 1998, au Texas.

Les cachotteries de l’industrie, permises par un système réglementaire défaillant, ont longtemps empêché toute recherche indépendante, notamment quant aux impacts environnementaux de cette technique.

La diffusion du film Gasland en 2010 a secoué l’opinion publique et forcé les autorités à réagir. Mais les études publiées depuis sont encore largement insuffisantes pour que l’on puisse dresser un portrait clair des dangers réels de cette technologie.

Le analyses menées par des organismes gouvernementaux, comme l’Environmental Protection Agency, sont encore critiquées pour leur manque d’indépendance. Et les résultats de la plus importante étude, conduite par l’EPA, ne seront pas connus avant 2014.

Au Québec, l’Étude environnementale stratégique recommandée par le BAPE doit en théorie être terminée en novembre 2013. Une vraie blague!

Compte tenu de l’état actuel des connaissances, elle ne pourra alors représenter qu’un simple débroussaillage de la question, d’autant plus que ses travaux ont été largement critiqués eux aussi, notamment par le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste.

Faut-il pour autant rejeter purement et simplement cette technologie ?

Pas à n’importe quel prix. Car la consommation d’énergie continue de croître au Québec, et il va bien falloir combler les besoins.

Or aucune forme d’énergie n’est exempte de défaut, quand on combine les questions environnementales, économiques et sociales. Tout est affaire de compromis.

Au delà de ses impacts potentiels sur les ressources en eau, le climat ou la santé de la population, le gaz de schiste au Québec présente un inconvénient majeur : les réserves sont situées dans le sud du Québec, dans une zone où on a déjà bien du mal à faire cohabiter une population croissante et les terres agricoles essentielles pour le Québec. Et comme on ne peut pas déménager les sols fertiles…

Reste qu’avec la fermeture annoncée de la centrale nucléaire de Gentilly, le report à une date probablement très lointaine de l’exploitation des gaz de schiste et les probables freins au développement des hydrocarbures qu’imposera un gouvernement aussi résolument vert, il va falloir doter d’urgence le Québec d’une nouvelle politique énergétique.

Madame Ouellet, la balle est dans votre camp!

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Après visionnement de Gentilly Or Not to Be, comment croire les opposants aux gaz de Schiste qui prèchent tout comme leurs collègues du nucléaire par la démagogie et la peur et qui profitent sans scrupule de l’ignorance des gens sur des sujets très complexes pour leur en mettre plein la vue en empruntant des détours simplistes qui n’exposent que leur point de vue. Quand Dominic Champagne se dit expert (sur les ondes de Télé-Québec Bazzo.tv) en gaz de Schiste parce qu’il a beaucoup lu sur le sujet, eh bien ma foi, je crois que je pourrais excercer bien des professions dès demain. Mais j’ai l’honnêteté et la sagesse de connaître les limites des technologies dans mon domaine et de ne pas induire en erreur les gens qui utilisent mon expertise. Et je dois avouer qu’après 28 ans, je continue d’apprendre des trucs qui m’étonnent et me font voir que la connaissance est bien relative.

Je me méfie maintenant de l’opinion des écologistes sur cette industrie. Je demande à voir les études et en autres celles commandées par le BAPE avant de me faire une opinion. Et comme André Boisclair et Lucien Bouchard y sont favorable, et bien ça doit pas être aussi néfaste que le prétend les opposants.

Le débat s’annonce très mouvementé et ça ne se jouera surtout pas sur le terrain de l’objectivité car à ce jeu, les opposants y sont perdant.

Voici un lien pour étayer mon point. Peut-on écouter les scientifiques avant de se prononcer?

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/energies-environnement/221135044/gaz-schiste-et-si-on-ecoutait-scientifiques

Concernant l’attitude assez pressé de notre nouvelle ministre des ressources naturelles, est-ce que quelqu’un pourrait lui faire suivre ce lien, elle semble trop à l’écoute du lobby environnementale.

http://www2.lactualite.com/valerie-borde/2011-03-04/avis-aux-politiciens-en-cas-durgence-appelez-la-science/

Salutations,

Mme. Borde je respecte tout le monde. Mais si on me prend pour un imbécile je réplique sur le même ton. Je vois que votre NÉTIQUETTE ne l’accepte pas. C’est votre blogue. Mais je réitère.

Diplome et supidité ne sont pas mutuellement exclusif.
Bonne journée

Le problème de l’analyse environnementale stratégique est qu’elle n’allait nul part. De plus, les représentants de l’industrie sur le comité en minait la crédibilité. Que le BAPE reprenne la balle au bond est probablement une bonne chose pour tout le monde.

Dommage que «sur le terrain de l’objectivité» les opposants soient «perdants» et ce indépendamment des critères de rigueur mis en place pour structurer leur argumentaire alors que les promoteurs, sans égards à leurs intérêts financiers privés, soient d’emblée considéré «gagnant» car objectif de nature.

Ensuite, utiliser la notoriété de personnalités publiques pour promouvoir des produits ou projets, demeure une technique marketing plutôt usitée qu’il convient de déconstruire rationnellement pour faire les meilleurs choix. MM. Bouchard et Boisclair ne sont pas bénévoles pour défendre l’opinion de l’industrie gazière et pétrolière. La rigueur qui leur est propre relève davantage de l’utilisation du discours et de la construction de l’image corporative que de l’analyse minutieuse d’impacts sociaux ou environnementaux qui risquent de survenir vraisemblablement après que l’industrie se soit retirée de l’exploitation et que les puits soient abandonnés au domaine public.

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