Gaz de schiste et effet de serre : qui a raison ?

Le gaz de schiste permettrait-elle de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, comme l’affirmait récemment la ministre Nathalie Normandeau, ou représenterait-elle au contraire une hausse de ces émissions, comme l’ont dit aux audiences du BAPE des fonctionnaires du MDDEP?

La vraie réponse ? On n’en sait rien, tout ceci étant hautement hypothétique et fort difficile à évaluer.

Cherchons quand même à estimer qui a le plus de chances d’avoir raison.

Selon la ministre, les émissions diminueraient parce que l’industrie québécoise, qui consomme beaucoup de mazout, pourrait remplacer celui-ci par du gaz naturel qui produit beaucoup moins de GES lorsqu’il est brûlé.

C’est vrai. À la condition toutefois que 1)  les gros consommateurs de mazout passent effectivement au gaz, ce qui n’a rien d’évident et 2) que leur décision dépende du lieu d’où vient le gaz, ce qui est encore moins certain.

C’est d’un tout autre bilan dont parlent les fonctionnaires du MDDEP : celui des GES produits directement par l’exploration puis l’exploitation de gisements de gaz.

Le «document de travail» déposé in extremis par le MDDEP devant le BAPE donne une idée des quantités générées, en reproduisant l’estimation produite par le Department of Environment Conservation (pdf) de l’État de New-York, d’où le MDDEP tire l’essentiel de ses références,

Cette estimation a elle-même été calculée à partir des informations fournies par l’industrie.

Dans le cas du shale de Marcellus, exploité dans l’État de New-York, chaque puits émettrait, lors de la phase de production du gaz,  environ 12 000 tonnes équivalent CO2 de GES par an.

Dix puits exploités génèreraient 55 500 tonnes de GES, en raison des économies d’échelle.

Admettons que ce soit à peu près la même chose au Québec (on est dans des hypothèses, car là non plus rien ne le prouve!).

Si l’industrie devait forer 250 puits par an,  comme elle l’annonce, cela représenterait donc 1, 3 million de tonnes de GES de plus par an pour le Québec.

Pour que le bilan global soit positif, il faudrait donc que la substitution du mazout par du gaz naturel fasse disparaître année après année plus de 1,3 million de tonnes de GES.

C’est beaucoup, sachant qu’en 2007, le Québec dans son ensemble a émis 88,3 millions de tonnes de GES, dont 28,7 millions proviennent de sources industrielles, selon l’Inventaire des émissions de gaz à effet de serre du Québec.

Le remplacement du mazout par du gaz naturel a déjà commencé. Dans les deux dernières années, cette substitution aurait permis de diminuer les émissions de GES de 272 000 tonnes au Québec, selon un représentant de Gaz Métro.

272 000 sur deux ans contre 1,3 million par an? Il en manque encore beaucoup pour donner raison à Madame Normandeau.

Ce chiffre serait-il plus élevé si le gaz naturel était produit ici ? Peut-être, mais cela reste à voir, et c’est de toute manière impossible à calculer.

Mais le pire, c’est que même un bilan négatif pour le Québec pourrait être bon pour le climat de la planète, puisque les émissions de GES pourraient baisser ailleurs si des usines, aux États-Unis par exemple, remplacent leur mazout par du gaz naturel québécois !

Évidemment, l’inverse est aussi vrai…

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En regardant un peu, on peut avoir un aperçu du potentiel de réduction des GES par la migration mazout/gaz naturel au Québec. Sur le site du MRNF, on peut voir que le Québec consommait en 2007 1,6 Gl de mazout lourd et et de mazout léger, donc 3.2 Gl de mazout. De plus, un plan lancer en 2007 proposait 25 M$ de subvention pour aider les industries à passer du mazout lourd au gaz naturel, le tout visant une réduction de 500 Ml de mazout lourd et 1 Mt de CO2. Si on fait l’hypothèse que chaque 500 Ml de mazout transféré au gaz naturel émet 1 Mt CO2 de moins, on obtient environ 6 Mt de CO2 de réduction potentielle ceci étant un ordre de grandeur et non un chiffre précis. Donc si il y a augmentation de 1.3 Mt de CO2 par an à cause des nouveaux puits et qu’on change tout le mazout pour du gaz naturel, dans 5 ans on se retrouve au même point qu’aujourd’hui, c’est-à-dire que le Québec émettra autant de CO2.
La conversion totale est peu probable. Le programme, qui vise les années 2007-2012 en a remplacé environ 4% à date avec 25 M$ de subvention. Ainsi, si conversion il y a, elle sera faite avec les deniers publics.
Il faut aussi vérifier la production des puits. Aux États-Unis, ils produisent en moyenne 5600 m3 de gaz par puits. À production égale il faudra au dessus de 1500 puits pour remplacer l’équivalent énergétique du mazout utilisé au Québec. En faisant le calcul on voit alors que si tout le gaz d’un puits est envoyé pour un remplacement de mazout, il n’y aura pas nécessairement de gain!
Et il reste aussi d’autres variables à l’équation comme qu’est-ce qui arrive si le Québec arrête de consommer du mazout. Est-ce que les raffineries vont le brûler à l’interne?, le raffiner en carburant, etc.
Les affirmations de Mme Normandeau ne sont donc pas du tout triviales. Pour en avoir le cœur net, il faut réaliser une analyse du cycle de vie de type conséquentielle. Quelle sera la conséquence de la production massive de gaz de schiste au Québec. On a d’ailleurs un des meilleurs centres de recherche au monde dans le domaine l’analyse du cycle de vie à Montréal (le CIRAIG). À suivre

Le gaz de schiste est une ressource importante qui commence d’avoir un impacte partout dans le monde. En Pologne, par exemple, des compagnies majeures comme ConocoPhillips, ExxonMobil, Talisman Energy et Chevron font des recherches sur ce gaz, et ceci indique que le Pologne pourrait être un des premiers pays en Europe de gagner leur indépendance en ce qui concerne l’énergie et des ressources naturelles. Si vous aimeriez de faire plus de lecture sur le gaz de schiste en Europe, je vous suggère ce lien : http://www.naturalgasforeurope.com

Ouain… Y’a de l’eau dans le gaz des communications au gouvernement du Québec! Est-ce que l’eau dans le gaz de schiste ça donne le même effet? Pas étonnant que la cacophonie se soit installée!

@ Jean-François Lacerte :
octobre 8, 2010 à 14:12

« Ouain… Y’a de l’eau dans le gaz des communications au gouvernement du Québec! Est-ce que l’eau dans le gaz de schiste ça donne le même effet? »

Peu importe M. Jean-François Lacerte, ce que je peut vous dire c’est qu’il y a du gaz dans l’eau au Québec, et je suis sérieux.

C’est environ à 1 600 mètres de profond.

En avez-vous entendu parler?

C’est probablement le second vol que nous subiront, mais il à été soudé au premier.

Nous sommes naÏfs de donner nos richesses et d’applaudir les américains qui les encaissent.

Ça me fait tellement rire – ou pleurer – qu’on me chante l’indépendance énergétique… on nous prend vraiment pour des imbéciles!

Comment peux t’on parler d’indépendance lorsqu’on nous vendra NOTRE PROPRE GAZ au même prix que le gaz importé… et que la majorité de ce que je paierai se retrouvera dans les poches d’exploitants étrangers!

Ça sent l’arnaque plus que le gaz tout ça!

Nos élus parlent du bout des lèvres de l’augmentation des redevances, et ils refusent catégoriquement de revoir le régime des permis d’exploration… et on nous parle de vouloir d’enrichir les québécois! J’y vois plutôt un pillage bien organisé!

ET EN PLUS, qu’on ne vienne pas me parler d’autonomie énergétique alors que l’industrie du gaz a soulevé dès la première journée au BAPE qu’un des avantages principal de notre gaz est la proximité avec le marché de la côte est américaine!

Moi, ça me dit qu’on est en train de se faire passer un gros sapin collectif!

ok!

arretez!

il est mort le projet: Talisman a compris la tribu. Le projet est reporté.

félicitations! faudra maintenant trouver d’autres projets créateurs de richesse a démolir. N’oubliez pas que si le Québec dégageait assez de richesse pour payer ses programmes sociaux généreux, on aurat plus acces a l’argent des provinces voisines qui, elles, vont de l’avant.

je propose qu’on rebaptise le Québec pour le nommer »moronie occidentale »