Gaz de schiste: une étude confirme les risques pour l’eau potable

Du méthane provenant de grandes profondeurs se retrouve dans les puits d’eau potable des maisons situées à proximité de puits d’exploitation du gaz de schiste, confirme une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (texte intégral en pdf sur le site de l’université Duke)

Jusqu’à présent, la présence de gaz dans l’eau avait été signalée par des résidents et rapportée par les médias, mais c’est la première fois qu’une étude scientifique indépendante en confirme l’origine.

L’industrie a toujours prétendu qu’il était très peu probable qu’un tel phénomène se produise.  

Stephen Osborn et ses collègues de l’Université Duke, en Caroline du Nord, ont étudié des puits d’alimentation en eau potable situés dans l’État de New York et en Pennsylvanie, où l’industrie exploite le shale de Marcellus et le shale d’Utica.

Ils ont comparé la quantité de méthane présente dans 26 puits d’alimentation en eau situés à moins d’un kilomètre d’un ou plusieurs puits d’exploitation du gaz, à 34 autres puits tirant leur eau de nappes comparables du point de vue géologique, mais plus distantes des exploitations de gaz.

Résultat: en moyenne, les premiers contenaient entre 19 et 64 milligrammes de méthane par litre, contre 1,1 mg/l pour les seconds. Toute une différence!

La concentration de méthane relevée dans plusieurs des puits était au delà de ce qui est considéré comme sécuritaire par le US Department of Interior (10 à 28 mg/l). Cette est reste potable, même elle accroit les risques d’incendies ou d’asphyxie en milieu clos.

Selon les chercheurs, le méthane retrouvé dans ces puits a la même signature géochimique que celui que l’on retrouve en profondeur dans les shales de Marcellus et d’Utica exploités dans cette région, et correspond aussi aux échantillons de gaz prélevés à la sortie de ces puits.

Cela ne veut pas dire que ce phénomène se produira systématiquement si l’on creuse des puits d’exploitation du gaz de schiste, même à des profondeurs bien au delà des nappes phréatiques.

Mais cette étude montre qu’il faut être prudent… et confirme le besoin criant d’analyses indépendantes.

Bonne nouvelle, en revanche: les chercheurs n’ont retrouvé aucune trace de fluide de fracturation dans l’eau potable.

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7e paragraphe: « Cette est reste potable, même elle accroit les risques d’incendies ou d’asphyxie en milieu clos. »

Que signifie cette phrase?

En réponse à Sébastien, sans être devin, je suppose qu’une erreur s’est glissée et qu’il faudrait lire: « Cette eau reste potable….. »

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