Géniaux avant 40 ans, et après ?

C’est vers la fin de la trentaine que les éclairs de génie ont tendance à frapper.

Photo © AFP/Getty Images
Photo © AFP/Getty Images

« Une personne qui n’a pas apporté de contribution majeure à la science avant l’âge de 30 ans ne le fera sans doute jamais », a un jour dit Albert Einstein.

Un commentaire qui fait écho à son propre parcours, lui qui a publié sa théorie de la relativité restreinte à l’âge de 26 ans. Mais, à en croire une étude américaine du National Bureau of Economic Research, Einstein a peut-être eu tort. Et ce ne serait pas la première fois.

Des chercheurs ont analysé les carrières de grands inventeurs et de scientifiques ayant gagné un prix Nobel, puis, après recoupement des données, sont arrivés à la conclusion que c’est vers la fin de la trentaine que les éclairs de génie ont tendance à frapper.

Graphique-Génies-1

Plus le temps passe, plus les scientifiques tardent à effectuer de grandes découvertes, montre le graphique ci-dessous. Mais est-ce si étonnant ? Aujourd’hui, ils doivent étudier de 5 à 18 ans à l’école, puis de 18 à 30 ans à l’université afin d’obtenir tous les diplômes nécessaires à la poursuite de leurs recherches. Au début du XXe siècle, la majorité des lauréats du prix Nobel achevaient leur doctorat à 25 ans, un âge qui ne voyait plus aucun vainqueur dans le domaine de la physique ou de la chimie à la fin du siècle.

Graphique-Génies-2

Selon The Atlantic, une étude datant de 1977 avait déjà signalé que les prix Nobel de physique avaient en moyenne 36 ans au moment de leur percée, alors que les chimistes étaient plutôt âgés de 39 ans et les médecins de 41 ans.

Les découvertes capitales deviennent moins fréquentes à mesure que l’âge se fait plus avancé car l’on investit moins de temps dans l’apprentissage à mesure que l’on vieillit, et les connaissances acquises deviennent de moins en moins pertinentes.

Pas d’inquiétude, toutefois, pour ceux qui ont roulé leur bosse 40 ans ou plus sur la Terre. L’étude ne présente qu’une moyenne, et nombreux sont les exemples qui viennent la faire mentir. Après tout, Robert Frost a écrit 92 % de ses poèmes après 40 ans, et Paul Cézanne a peint plus d’un tiers de toutes ses œuvres dans la soixantaine, celles vendues le plus cher ayant même été réalisées durant la dernière année de son existence.

Tant qu’il y a de la vie…

Les commentaires sont fermés.