GES : un match nul Québec – Ottawa

À quelques jours d’intervalle, le Commissaire au développement durable du Québec et le Commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada ont rendu leurs rapports respectifs  sur la gestion gouvernementale des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Bilan ? Un résultat nul : un gros zéro pour Québec comme pour Ottawa.

Les rapports pointent des lacunes considérables au provincial comme au fédéral.

À Québec, c’est surtout la reddition de comptes qui fait défaut avec le Plan d’action sur les changements climatiques 2006-2012, composé de 26 mesures et doté d’une enveloppe budgétaire de plus de 1,5 milliard de dollars.

Le principal problème, note le commissaire Jean Cinq-Mars, c’est que Québec n’évalue pas l’efficacité de ces mesures. Le gouvernement se contente de publier le bilan annuel des émissions de GES au Québec, comme ci celui-ci était le résultat direct de ses actions. 

Or le bilan des émissions est probablement avant tout lié à des facteurs qui ne dépendent pas de l’action du gouvernement, principalement la situation économique – plus des usines ferment, moins elles émettent de GES, et moins il y a de camions sur les routes.

Or entre 2004 et 2009, le nombre d’usines au Québec a diminué de 20%. Avec ou sans plan d’action, les émissions auraient baissé !

C’est un peu comme si on notait le QI d’un enfant sur son bulletin pour savoir s’il a bien travaillé à l’école. Pas pertinent.

Si Québec est un bien mauvais élève, Ottawa a carrément décroché.

Le Canada n’a tout simplement aucune chance d’honorer ses engagements pour 2020 en matière de changements climatiques, inscrits dans l’accord de Copenhague et transposés dans la Stratégie fédérale de développement durable de 2010, affirme en effet le commissaire fédéral Scott Vaughan.

L’approche sectorielle de diminution des émissions de GES que prône le gouvernement Harper tarde beaucoup trop à être traduite en mesures réglementaires qui forceraient des gains.

Ainsi, aucun réglement  n’a encore été élaboré pour encadrer le secteur des produits pétroliers et du gaz, deuxième plus grand émetteur de GES au pays.

Quant aux nouveaux réglements sensés encadrer les centrales électriques au charbon, ils ne s’appliqueront pas avant 2020 à 34 des 47 centrales existantes, et pas avant 45 ans aux centrales construites d’ici 2015 !

On ne sait pas non plus combien vont coûter ces nouvelles mesures, ni ce qu’elles donneront.

À lire aussi dans son rapport, le bilan désastreux de la gestion des sites contaminés fédéraux.

Laisser un commentaire

C’est comme si les gouvernements et leurs dirigeants ne vivaient pas sur la même planète que nous.Pensent-t-ils immigrer sur Mars ou ailleurs?