Grippe H7N9 : une menace sérieuse ?

Le virus H7N9 de la grippe aviaire a fait une vingtième victime en Chine, où 102 personnes ont contracté ce nouveau sous-type de la grippe depuis le mois de mars.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, on ne dispose pour l’instant d’aucune preuve de transmission d’humain à humain.

L’OMS a tout de même délégué vendredi une équipe internationale de 15 experts sur place pour étudier les cas de «foyers familiaux» où plusieurs personnes auraient contracté la grippe sans avoir été en contact avec des volailles. Son premier compte-rendu sera dévoilé le 24 avril.

Selon Zeng Guang, épidémiologiste en chef au Centre chinois de prévention et contrôle des maladies, cité dans le Beijing News, les autorités n’ont pas pu faire de lien clair avec une exposition significative à des volailles pour 40% des victimes.

Même si la Chine a mis sur pied des mesures de prévention semblables à celles instaurées lors de l’épidémie de SRAS en 2003, le virus continue de se propager. Des cas ont été recensés dans quatre provinces chinoises ainsi qu’à Shanghaï et à Pékin.

La contamination pourrait être déjà bien plus étendue, puisqu’on a maintenant la preuve que le virus peut être asymptomatique. Le 15 avril, il a été découvert chez une petite fille de 4 ans qui n’avait aucune symptôme mais avait été en contact avec une autre fillette de 7 ans qui, elle, a dû être hospitalisée, rapporte le magazine Nature.

Le virus passe aussi inaperçu chez les oiseaux. Il pourrait donc s’installer sans qu’on puisse prévenir les cas en repérant des foyers de contamination.

D’ailleurs, même si le virus a été isolé chez des dizaines de milliers de poulets et d’autres oiseaux, mais chez aucun cochon, on ne connait pas encore les espèces animales qui pourraient agir comme réservoir de contamination.

Pour l’instant, il n’y a pas lieu de paniquer. On est loin des conditions d’une pandémie, et il n’y a pas lieu de restreindre les voyages sur place.

Mais la situation est tout de même sérieuse, car le fait qu’on trouve des cas asymptomatiques pourrait indiquer que le virus est en train de  réorganiser son patrimoine génétique pour s’adapter à l’humain… et qu’il pourrait du même coup devenir plus contagieux.

Il faudra au moins six mois à l’industrie pharmaceutique pour développer un vaccin.

La bonne nouvelle, c’est que les autorités chinoises semblent faire tout leur possible pour permettre aux autorités sanitaires et scientifiques du reste du monde de se pencher sur ce nouveau virus.

Le 29 mars, la séquence génétique complète du virus a été déposée dans la base de données GISAID – un consortium internationl de recherche sur la grippe né en 2006 – par le Centre chinois de prévention et contrôle des maladies.

Des chercheurs chinois ont même déjà publié dans Nature, en accès ouvert, toutes les données disponibles sur le cas d’une femme de 52 ans décédée le 3 avril  de cette grippe.

Et d’ici quelques jours, le Laboratoire national de microbiologie du Canada, situé à Winnipeg, devrait recevoir ses premiers échantillons de virus pour les étudier.

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