Grippe: le pire est passé!

Réjouissez-vous, le pic de la saison de la grippe est derrière nous!

(iStockphoto)
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Bonne nouvelle! Après la période un peu intense des Fêtes, le nombre de cas de grippe diminue depuis une semaine. Le pic de contagion, situé cette année du 25 décembre au 7 janvier, est donc bien derrière nous, comme on l’a annoncé dans le numéro du 17 janvier de Flash grippe, le bulletin Internet du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) sur la question. Une bonne nouvelle pour tout le monde, surtout pour les grands malades.

2016-2017 semble par ailleurs une assez «bonne» année, avec un taux de prévalence inférieur à la moyenne. On se souvient au contraire de 2014-2015 comme d’une grosse année grippale, notamment en raison de l’inefficacité exceptionnelle du vaccin. Par ailleurs, en 2015-2016, le pic de grippe avait été bien plus tardif, en mars.

Source: MSSS
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Des urgences tout de même occupées

La grippe a néanmoins frappé fort durant les Fêtes, mettant à mal les personnes âgées et poussant les urgences à un haut niveau de congestion, ce qui n’aura pas été de tout repos pour le personnel des hôpitaux.

Parce que si le nombre des cas de grippe confirmés était inférieur à celui des dernières années, le nombre de consultations pour des symptômes grippaux était à peu près dans la moyenne, ce qui montre que d’autres virus, probablement moins virulents, ont aussi circulé.

Il faut rappeler que la grippe cause des symptômes plus sévères qu’un simple rhume ou une «bronchite»: on trouve généralement une fièvre élevée (39 °C et plus), de la toux et des douleurs musculaires intenses. Ces symptômes sont souvent accompagnés de maux de tête, frissons, perte d’appétit, fatigue, mal de gorge, congestion nasale ou écoulement nasal. Et ça dure une bonne semaine.

Pour ce qui est des traitements, on prescrira dans certains cas des antiviraux (à ne pas confondre avec des antibiotiques) pour les patients les plus gravement atteints — notamment ceux devant être hospitalisés — et qui consultent moins de 48 heures après le début des symptômes. Mais l’efficacité réelle de ces antiviraux demeure limitée.

Pour le reste, les recommandations habituelles sont de mise: repos, hydratation, analgésiques pour apaiser les symptômes… et patience. Si vous avez des trucs qui vous font du bien, tant mieux. Mais sachez qu’aucun «casse-grippe» n’est vraiment reconnu comme efficace.

Il est surtout important de limiter ses contacts avec les autres, de bien se laver les mains et de nettoyer les surfaces contaminées pour éviter de propager ce virus très contagieux.

Source: MSSS
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Même si le pic est passé, cela ne signifie pas que vous serez épargné de la grippe, même si je ne vous la souhaite pas, puisque le virus circule encore. Dans certaines régions de l’Est québécois, le niveau de propagation reste d’ailleurs élevé.

Un vaccin efficace cette année

Heureusement, le profil du vaccin administré cette année correspond bien au virus A de type H3N2 qui a causé la presque totalité des infections constatées. Autre bonne nouvelle, les données préliminaires montrent qu’il est efficace. Comme le pic grippal est derrière nous, la vaccination systématique n’est plus recommandée à partir de maintenant.

Virus de la grippe A vu au microscopie électronique à contraste de phase. Image: Open-I
Virus de la grippe A vu au microscope électronique à contraste de phase. Image: Open-I

Pour ce qui est de la grippe «B», elle est demeurée presque absente, mais elle culmine d’habitude plutôt en avril. Les experts recommandent d’ailleurs toujours le vaccin pour prévenir les complications chez les groupes à risque, notamment les bébés âgés de 6 à 23 mois, les enfants de 2 à 17 ans et les personnes nouvellement admises dans un CHSLD n’ayant pas encore été vaccinées.

Comme je l’ai déjà précisé à de multiples reprises, le vaccin est sécuritaire, contrairement à ce qu’on lit souvent. Il n’est presque jamais lié à des complications. Le seul risque potentiel, plus ou moins démontré par les données scientifiques, est une hausse minime du taux d’une maladie appelée syndrome de Guillain-Barré chez les gens vaccinés.

Mais il faut surtout savoir que la vaste majorité des cas de Guillain-Barré sont plutôt causés… par des virus comme celui de la grippe! Par ailleurs, je rappelle aussi que la grippe n’est pas une maladie bénigne, surtout pour les jeunes enfants, les personnes âgées et les grands malades, de sorte que le vaccin pour la grippe comporte des avantages pour tous ces gens. Je vous réfère à mes textes antérieurs pour une discussion plus en profondeur à propos de la sûreté et de l’efficacité des vaccins.

L’efficacité des vaccins tourne habituellement autour de 60 %. En clair, cela signifie que si vous entrez en contact avec une personne contagieuse, votre risque d’attraper la grippe diminue de 60 %. Ou encore, que pour 100 personnes qui auraient pu attraper la grippe, seulement 40 en souffriront. Et pour les gens vaccinés qui attrapent tout de même la grippe, il s’agira souvent d’une forme moins intense. Et non, ce vaccin ne rend pas malade et, surtout, ne donne pas la grippe.

Un taux d’efficacité de 60% peut vous paraître limité, mais en réalité, c’est un facteur important de protection, autant pour la personne vaccinée — surtout si elle souffre de maladies chroniques — que pour la santé publique, en raison du nombre de cas de grippe rapportés annuellement et de leurs conséquences sur les services de santé.

Bref, pour tout le monde, à commencer par les patients, mais sans oublier les travailleurs de la santé, l’annonce de la diminution du nombre de cas de grippe est toujours une bonne nouvelle et une excellente manière de commencer l’année.

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Rédaction assurée par la Dre Isabelle Rouleau, Ph.D., avec la collaboration du Bureau de surveillance et de vigie (BSV). Les personnes suivantes ont participé à la préparation du présent numéro: Dre Danielle Auger, Dr Hughes Charest, Dre Monique Landry, Dr Bruno Turmel.

Si, comme professionnel de la santé ou non, vous souhaitez être tenu informé et recevoir par courriel les bulletins Flash grippe, vous pouvez vous abonner directement sur le site du MSSS à cette adresse.

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Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal.


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