Grippe porcine et médias

Au Québec, les médias traitent la grippe porcine avec responsabilité, et joueront sans doute un rôle fort important dans la lutte contre le virus.

Jusqu’à présent, on ne peut pas, en toute honnêteté, accuser les médias de semer la panique au sujet de la grippe porcine. Au contraire, il me semble que la presse québécoise, dans son ensemble, se montre prudente, rigoureuse et responsable. On ne peut en dire autant de la presse britannique, par exemple.

Les médias d’ici accordent de plus en plus d’espace aux médecins, en particulier les microbiologistes et infectiologues, pour qu’ils viennent eux-mêmes expliquer la situation à la population. Règle générale, les Karl Weiss et autres médecins qui interviennent à la télé ou qui sont cités par la presse écrite possèdent un grand souci de vulgariser. Ils donnent l’heure juste, tout en faisant les nuances qui s’imposent.

Les médias les plus sérieux, comme Radio-Canada, comptent de plus en plus de journalistes scientifiques chevronnés, capables d’exercer un jugement critique sur l’information médicale.

Les seuls dérapages que j’ai observés depuis le début de cette crise proviennent du public, et non pas des médias. Sur certains blogues ou dans les tribunes téléphonique, des adeptes de la «théorie du complot» sévissent à qui mieux mieux. Ils affirment par exemple, sans aucune preuve à l’appui, que la crise de la grippe porcine a été créée de toutes pièces par les compagnies pharmaceutiques. Aucun argument ne peut venir à bout de la mauvaise foi de ces paranoïaques pour qui Elvis n’est pas mort et pour qui les attentats du 11 septembre sont l’œuvre de la CIA…

Non seulement les médias ne créent pas la panique, ils pourraient même jouer un rôle fort utile dans la lutte contre l’influenza porcin H1N1. L’information se propage aujourd’hui à une vitesse beaucoup plus grande que la grippe, ce qui n’était pas le cas du temps de la grippe espagnole, en 1918.

«Seule une préparation exhaustive, et minutieuse, presque militaire de notre système de santé pourra limiter les dégâts humains et matériels d’une pandémie semblable à celle de 1918. La lutte contre les maladies infectieuses, c’est à la fois la science de Pasteur, Koch et Fleming, et les concepts stratégiques de Von Clausewitz et Napoléon: vitesse, vitesse, vitesse… dans notre intervention», écrivait cette semaine le microbiologiste-infectiologue de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, Karl Weiss.

«Vitesse, vitesse, vitesse»…Les médias modernes se distinguent justement par leur vitesse. Ils peuvent, en un sens, aider les gouvernements et les populations à intervenir rapidement si la situation dégénère.