Halloween: le drame des chauves-souris

Voilà une histoire effrayante à raconter pour l’Halloween.

Il était une fois une bestiole que la majorité des gens trouvaient affreuse et que l’on associe depuis des temps immémoriaux aux pratiques de magie noire et de sorcellerie.

La chauve-souris rend pourtant de grands services à l’humanité. Mais alors qu’elle est gravement malade, on commence à peine à s’en préoccuper.

Même si plus des deux tiers des 1 240 espèces de chauve-souris sont insectivores, les quelques espèces qui se nourrissent du sang de mammifères (essentiellement du bétail)  leur ont valu la lugubre réputation de vampires, prêts à surgir à la nuit tombante pour s’attaquer aux humains.

Ajoutez une propension à porter des saletés comme la rage ou le SRAS,  et vous comprendrez pourquoi les chauves-souris sont malaimées et font peur.

Pourtant, elles constituent un des piliers de l’agriculture partout dans le monde : sans leur appétit vorace pour les insectes, il faudrait utiliser des quantités astronomiques de pesticides pour protéger les cultures.

Elles sont aussi essentielles pour réguler les populations d’insectes porteurs de toutes sortes de maladies, du virus du Nil à la malaria en passant par la fièvre jaune.

Plus tôt cette année, des chercheurs de l’Indiana ont estimé qu’une colonie de 150 chauves-souris  installée dans cet État consommait à elle seule 1,3 million d’insectes par an.

Ils ont calculé que les chauves-souris qui vivent aux États-Unis font économiser aux environs de 22 milliards de dollars à l’agriculture américaine chaque année. Leur étude a été publiée dans Science.

Le drame, c’est que les populations de chauves-souris sont en train de s’effondrer.

Une maladie, le syndrome du museau blanc, repérée pour la première fois en 2006 dans une grotte près d’Albany, dans l’État de New York, a tué plus d’un million de chauve-souris dans les deux premières années après son apparition, et l’hécatombe se poursuit dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord.

Le champignon responsable de la maladie, Geomyces destructans, vient tout juste formellement d’être identifié par des chercheurs (voir leur étude dans Nature), qui ont aussi confirmé qu’il se transmet facilement d’une chauve-souris à l’autre.

Il a aussi fait son apparition en Europe chez neuf espèces de chauves-souris, selon une étude qui vient d’être publiée dans Trends in ecology and evolution. On ne sait pas encore s’il a affecté les chauves-souris autant qu’en Amérique du Nord.

Pour l’instant, il n’y a aucune solution en vue, et les spécialistes sont très inquiets. Jamais une maladie touchant les mammifères n’a fait autant de victimes en aussi peu de temps.

Ça, ça fait peur.

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