Il est temps d’agir pour assurer la sécurité des piétons

Si l’accident où un petit garçon a été frappé à un passage pour piétons peut nous aider à prendre conscience de l’importance de changer nos comportements sur la route, de respecter davantage les piétons et de faire preuve de plus de civisme, on pourra dire qu’il n’aura pas été complètement inutile.

Photo : La Presse canadienne

Le 6 décembre dernier, en plein cœur de Montréal, rue Saint-Joseph, un jeune garçon de 3 ans frappé par un véhicule sur un passage pour piétons a failli y laisser sa vie. Il récupère actuellement de ses blessures à l’hôpital. Mes pensées sont avec lui et ses parents.

Quelques jours plus tard, une vigile organisée par les gens du quartier montre à quel point cet événement dramatique a touché, au-delà de l’enfant, de la famille et des amis, un peu tout le monde. Il y a des leçons à tirer de tout ça.

Vigile tenue au coin des rues Hutchison et Saint-Joseph le dimanche 15 décembre. Photo : Alain Vadeboncoeur.

Si cet accident peut nous aider à prendre conscience de l’importance de changer nos comportements sur la route, de respecter davantage les piétons et de faire preuve de plus de civisme, on pourra dire qu’il n’aura pas été complètement inutile. Qui sait, c’est peut-être malheureusement ce qu’il nous fallait pour nous réveiller, collectivement.

Le but ici n’est pas de juger la conductrice. Il y a des instances pour cela qui feront leur travail. Le vrai but est d’améliorer notre culture de conducteurs — je m’inclus dans le lot — parce que bien honnêtement, n’importe lequel d’entre nous pourrait frapper un piéton dans un moment de distraction. Et que dans une rencontre entre un piéton et une voiture, le piéton perd tout le temps.

Comment faire pour être plus conscient de l’importance de respecter les passages pour piétons ? Comment éviter que 2020 ne soit pas une nouvelle année record, après 2019, pour les accidents impliquant des piétons ? Parce qu’on parlerait en 2019 de 22 décès de piétons à Montréal. C’est plus que les 20 homicides qui seraient actuellement dénombrés sur le même territoire.

En parler, pour prendre conscience du problème, c’est déjà un pas dans la bonne direction. Sensibiliser, c’est bien, et c’est un des mandats de la Société de l’assurance automobile du Québec. Améliorer la signalisation et les feux de circulation, c’est tout aussi important et c’est ce que Montréal a annoncé en octobre. Plusieurs élus convaincus étaient d’ailleurs présents à la vigile de dimanche.

Mais, personnellement, ce que je ne trouve pas normal, c’est surtout qu’une infraction qui pourrait coûter la vie à un piéton n’entraine qu’une mince conséquence : 100 $ d’amende… et aucun point d’inaptitude. Le coroner Yvon Garneau l’a pourtant rappelé lundi, dans cet article de La Presse : « La conséquence doit être proportionnelle au danger ». Elle ne l’est pas.

Lorsque je parle des passages pour piétons sur les réseaux sociaux, on dirait que « l’indiscipline des piétons » obsède plus de monde que celle des automobilistes. Au fait, devinette : qu’est-ce qui se ressemble entre les deux ? Simple : le piéton perd dans les 2 cas. Et ce qui est différent ? La conséquence : 100 $ contre une jambe ou même la vie.

Pour nous aider à être plus conscients du problème, j’ai proposé le mois dernier que le non-respect des passages pour piétons entraine une conséquence plus substantielle dans le Code de la sécurité routière : 300 $ d’amende plutôt que 100 $ et trois points d’inaptitudes. J’ai aussi lancé une pétition, sur un coup de tête, à cet effet. Au moment de la publication, on compte déjà plus de 12 000 signataires, preuve qu’il s’agit bel et bien d’un enjeu de société. Je vous ai parlé en novembre dernier.

Les gens veulent donc changer les choses. Mais pour y réussir, au-delà de la sensibilisation et de la signalisation, il faut durcir les conséquences d’un tel manquement. Cela passe par une modification du Code. Pour y arriver, le ministre des Transports, François Bonnardel, doit montrer qu’il a compris le message et qu’il est prêt à agir.

Je souhaite que le ministre entende bien les gens rassemblés dimanche coin Hutchison et Saint-Joseph par une journée froide. Qu’il relève les 12 000 signatures la pétition et qu’il la signe lui-même, pourquoi pas ? Et qu’il propose une modification des conséquences pour que cette faute grave entraine une conséquence à la hauteur du risque posé, comme le dit très bien le coroner Garneau.

C’est ce que je lui demande, que nous lui demandons, que les parents du jeune garçon lui demandent sans doute aussi. Et qu’on applique davantage les lois régissant cette offense. La bonne nouvelle, c’est qu’il semble y avoir de l’écoute au sein de son cabinet : une rencontre est confirmé pour la mi-janvier avec le ministre. Je vous en donnerai des nouvelles.

D’ici là, pensons aux piétons, adaptons notre conduite, respectons les passages pour piétons, pour éviter d’autres drames comme celui qui a failli faucher une petite vie de trop.

Quant à moi, je ne lâcherai pas le morceau jusqu’à ce changement au Code de la sécurité routière.

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10 commentaires
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Il y a là certainement des éléments de solution. À mon sens, Il vaudrait la peine d’aborder la situation dans toutes ses dimensions aussi, incluant réduire le risque que de tel incidents malheureux se produisent à la source. Il suffit d’être piéton, cycliste, usager du transport en commun et automobiliste à Montréal pour vite réaliser qu’une culture un peu “délinquante” existe à tout les niveaux des usagers de la route au Québec, ce qui augmente les risques considérablement. Un exercice similaire dans les rues de Copenhague ou Stockholm est une expérience complètement différente, on y trouve des gens beaucoup plus conformistes aux règles de sécurité routières, où Il est mal vu de traverser la rue hors passage à piétons ou de passer “sur la jaune foncée”…

Je ne comprends pas qu’on ait besoin d’une Land Rover, Hummer ou toute autre voiture du même acabit pour circuler dans les rues de Montréal. Ça en dit long sur l’esprit des conducteurs de ces voitures qui sont faites pour circuler dans le désert ou dans des endroits difficiles d’accès.

Vous avez raison de demander un durcissement de la loi, mais on ne peut installer un policier à toutes les traverses piétons. Il faut donc sensibiliser autant les automobilistes (peine perdue?) que les piétons qui ont aussi leur part de responsabilité. Je frémis chaque fois que je vois un piéton traverser les yeux rivés à son cell. Plate à dire, mais on ne doit jamais faire confiance aux automobilistes dont beaucoup croient à tort qu’ils ont la priorité (curieusement, une fois le permis obtenu, certains oublient instantanément les règles de conduite et de civilité). Un jour, coin Laurier & Berri (en face d’une école!), j’ai compté au moins une vingtaine de voitures qui ont passé tout droit même si à l’évidence, il était clair que je voulais traverser. Tannée d’attendre, j’ai mis le pied dans la rue et levé un bras. Bien pouvez-vous croire qu’un chauffard a baissé sa vitre sans ralentir en me criant que j’étais dangereuse (en termes moins polis). Pour lui ou pour moi? Depuis ce temps, je suis méfiante, j’attends toujours que la voie soit libre et si par un rare bonheur, un automobiliste s’arrête, je m’engage en gardant un contact visuel et en le saluant tout en surveillant les autres qui le suivent de trop près… Ainsi, je m’assure de rester en un seul morceau.

Bonjour Je crois que nous sommes prêts pour une campagne de publicité de la SAAQ nous expliquant comment aborder ces traverses. Je ne suis jamais certain d’avoir la bonne approche…. Merci

Il faudrait commencer par enseigner aux piétons à respecter la signalisation! J’utilise le métro et je vois souvent des piétons faire n’importe quoi sans faire attention. Les conducteurs de véhicules sont déjà stressés au max par le traffic intense, les vélos, les travaux et la signalisation. Je crois que c’est à nous de nous protéger en étant vigilants. Nous n’avons que nous-mêmes et la signalisation à surveiller. C’est plus facile.

Il y a des passages pour piétons qui sont très dangereux, parce qu’ils ne sont pas situés à des intersections où il y a des stops et des feux de circulation. Dans certains cas, ces passages donnant priorité aux piétons leur donnent trop confiance qu’ils peuvent passer sans regarder, et les automobilistes sont parfois surpris par le comportement ou la présence de piétons là où ils ne s’y attendent pas. Les villes qui mettent ces passages piétonniers dangereux devraient reconnaitre leur part de responsabilité lorsqu’il y a des accidents.

Certains de ces passages, s’ils étaient tout simplement éliminés, forceraient les piétons à regarder attentivement lorsqu’ils veulent traverser, ce qui serait plus sécuritaire. Dans d’autres situations, un piéton circulant sur le trottoir peut faire un changement de trajectoire en virant à gauche pour traverser sur un passage piétonnier. Ce changement brusque de trajectoire n’est pas prévisible pour un automobiliste, et un accident peut facilement arriver.

J’ai déjà frappé un piéton qui a décidé de traverser un boulevard à cinq voies, parce qu’il voyait son autobus de l’autre côté. Il n’a pas traversé sur un passage piétonnier, et, dans ma direction, le feu de circulation plus loin était au vert, alors que ce piéton croyait qu’il était au rouge et que j’aurais dû commencer à freiner (il y avait effectivement quatre feux rouges, qui empêchaient les automobilistes des deux voies de gauche de tourner à gauche, et un seul feu vert pour ceux qui allaient tout droit). Heureusement, il n’a pas été blessé: j’ai freiné suffisamment vite, mais il a quand même bossé mon capot de voiture.

J’ai aussi évité plusieurs collisions. Une fois, c’est un jeune garçon qui s’est brusquement mis à traverser la route, en passant entre les voitures à ma droite: impossible de le voir venir. Je ne l’ai pas touché, mais ses parents auraient dû le retenir par la main pour traverser. J’ai aussi eu deux cyclistes qui ont bifurqué brusquement à gauche ou à droite juste devant ma voiture, sans qu’il soit possible de prévoir leur comportement erratique.

Et pas plus tard que l’été passé, j’ai manqué frapper un autre cycliste juste en repartant après avoir fait un stop, alors que je croyais la voie libre. Il roulait en sens inverse sur une route à sens unique, là où il y avait en plus une pléthore de piétons, et un stop pour les voitures sur les deux rues à sens unique qui se croisaient.

J’ai moi-même, en tant que cycliste, frappé une voiture. La conductrice avait coupé ma voie alors que le feu de circulation dans ma direction venait de tourner au vert. Je n’ai rien eu, mais le vélo était scrap, et la voiture avait au moins deux grosses bosses.

Dur, dur, d’éviter toutes les situations dangereuses! Et on culpabilise facilement les automobilistes! Ils vont toujours trop vite, et ce, peu importe leur vitesse réelle! Mais il est vrai qu’en cas d’erreur, c’est le piéton ou le cycliste qui écope…

Ma fille Majorie a été happée par une voiture à Mc masterville le 3 décembre dernier, sur un passage piéton. Je vais militer pour que le code de la sécurité routière soit revu.

Il y a quelques années, dans La Presse papier, on a publié un article: PIÉTONS EN DANGER. On y mentionnait qu’il y avait plus d’accidents piétons entre novembre et fin mars. J’ai répliqué: PIÉTONS SOYONS VISIBLES. Et on m’a publié.
Les piétons traversent n’importe comment, ils sont généralement vêtus de noir et portent capuchon dépassant de la figure de quelques pouces ce qui devient des ANGLES MORTS. Les cyclistes souvent sont aussi vêtus de noir et n’ont pas de réflecteurs, ni sur eux, ni sur leur vélo.
J’habite rue Letourneux et Avenue de Coubertin où ça circule beaucoup. Il y a des lignes blanches pour traverser en plus d’un arrêt Stop. Généralement les automobilistes en tiennent compte, je dirais 95%. Je m’assure quand même toujours de bien regarder de chaque côté ce qui est facile puisqu’il y a un terre-plein au milieu.

Ce n’est pas juste pour les piétons. Chez-nous dans mon petit coin de pays, c’est le laisser allée total. Cette semaine, à une intersection et T une camionnette à passé outre à une intersection tout simplement, je pense, qu’il n »y avait pas de voiture sur la route en perpendiculaire. Après avoir regardé, le conducteur a tout simplement continuer sa route comme si rien n’y était. Pas de problème, il n’y avait pas d’auto; pourquoi faire un arrêt?. C’est la même chose sur les feux rouges, on ne fait que ralentir. Pourquoi s’arrêter il n’y a pas personne. Comme le dit la chanson: Il sont où les polices, il sont où. Il sont où les police il sont où…..

Joyeuses fêtes à tous!
3 conditions essentielles pour assurer la protection des citoyens aux passages piétonniers: 1.La Ville doit s’engager à entretenir les passages en tous temps ( peinture. lumières. panneaux, etc…) 2.Exiger des piétons à lever le bras à l’horizontale pour signifier leur intention de traverser et Lever les yeux pour s’assurer que les véhicules aient eu le temps de s’ajuster…ne pas les prendre par surprise ( ceci demande très peu d’effort ) 3.Après avoir eu le temps de s’ajuster dans un délai raisonnable,les conducteurs doivent se conformer aux règlements sous peines d’amendes sévères…Ottawa l’a fait il y a 50 ans , pourquoi pas Montréal en 2020?