« I’m an English, my dear »

C’est la journée de l’ADN, et Alain Vadeboncœur nous dévoile ses origines génétiques… qui l’ont beaucoup surpris. Quand génétique et généalogie vont de pair.

(Photo: iStockphoto)

J’ai choisi cette journée de l’ADN pour faire mon coming-out génétique. Rien de moins, comme je l’ai annoncé hier sur ma page Facebook. Un statut qui a d’ailleurs suscité moult hypothèses et débats, portant notamment sur l’origine de l’expression « coming-out », que je ne savais pas aussi particulièrement liée à la communauté gaie. Je m’excuse donc pour l’emprunt, mais mon annonce est tout de même sérieuse.

Alors voilà : je suis un Anglais, presque majoritaire à part ça. Ben, c’est ça, mon coming-out. I’m an English. Pas d’un point de vue linguistique, ma mère trouvant que je suis relativement « poche » à l’oral et mon Antidote me montrant chaque jour que je n’en comprends pas trop la syntaxe.

Non, je suis un Anglais génétiquement parlant. Et je n’ai rien contre ça, je trouve même l’idée plutôt amusante. D’où le lien évident avec le jour de l’ADN, puisque la génétique, ça se passe pas mal dans l’ADN, pour qui l’ignore. (** Voir ajout à la fin)

La journée de l’ADN est tenue chaque année au Canada et ailleurs dans le monde et tombe chez nous le 25 avril en 2017. Elle a été instituée en souvenir des travaux des découvreurs Watson et Crick sur la structure de l’ADN, publiés en avril 1953, et est liée à l’achèvement du projet Génome humain, en avril 2003.

Ainsi, moi, Québécois né à Outremont, fils de Pierre Vadeboncœur, écrivain, descendant de Paul Mirabin dit Vadeboncœur, né en France en 1727 à Clairac, et de Marie Gaboury, travailleuse sociale, Franco-Ontarienne descendante d’Antoine Gaboury, né en France en 1640 à Larochelle et arrivé sur la côte de Beaupré en 1677, je suis tout de même anglais, à 46 % pour être précis.

Et, tenez-vous bien, alors que je souffre rien qu’à regarder de la tauromachie, je suis aussi ibérique, à hauteur de 18 % ! (Pour ceux qui n’ont pas lu Astérix en Hispanie, c’est à peu près l’Espagne d’aujourd’hui. Et en fait, je suis encore plus mélangé que cela.)

Origine géographique de mes gènes, telle qu’établie par Ancestry.

 

À ces origines anglaise et ibérique s’ajoutent un petit côté irlandais, à 12 %, des proportions substantielles de Scandinave, d’Italo-Grec, de Finlandais, d’Européen de l’Est et de Russe, avec un petit 2 % venant d’Asie de l’Ouest (de type Caucase) et un soupçon (moins de 1 %) de Juif européen et d’Amérindien. Je suis donc génétiquement un citoyen du monde — comme vous, fort probablement. Méchant mix.

Et figurez-vous que je n’ai presque rien de français, ou franc, ou gaulois, je ne sais trop, dans tout cet ADN. Mon père, auteur dont je descends et grand amoureux de la France, aurait été déçu. Pour ma part, j’aurais tellement aimé voir sa tête s’il avait découvert sa propre carte génétique. Sans doute aussi étonnante que la mienne. To be or not to be, ben c’est ça…

L’ADN et la géographie

C’est en tout cas ce que m’indique ce test génétique tiré d’un millilitre de salive, envoyée par la poste il y a quelques semaines et dont je viens de recevoir les résultats — qui m’ont tout de même sonné un peu. Effectué par Ancestry, site généalogique format géant auquel je suis abonné depuis quelques mois, le test utilise des marqueurs génétiques de l’ADN afin de déterminer l’« origine » géographique de nos gènes.

Et je mets le mot « origine » entre guillemets. En fait, il vaudrait mieux dire « passage », puisque rien de tout cela n’est véritablement original, n’est-ce pas. On utilise des marqueurs ancrés dans certains gènes, auxquels sont liés par recoupement des lieux où des communautés demeurées stables assez longtemps ont pu s’implanter et se multiplier. Bref, on élabore une signature qui mélange géographie et génétique durant les siècles qui nous précèdent.

On parle d’une zone parfois très imprécise (comme la partie amérindienne en moi), parfois bien localisée (comme mon petit côté irlandais), qui cible des populations relativement fixes pendant un certain temps, ce qui indique une sédentarisation géographiquement précise. Autrement dit, c’est une marque inscrite dans le sol du vaste brassage des gènes menant de nos ancêtres jusqu’à nous.

Cartographie de mes origines génétiques

 

Mes racines européennes

Comme on peut s’y attendre, la plupart de ces gènes caractérisés viennent dans mon cas des territoires européens. Je m’attendais aux gènes « anglais », parce que mon arrière-grand-mère, Caroline Traher, arrivée en Amérique à deux ans sur un bateau parti d’Angleterre pour New York — j’ai raconté cette belle histoire dans « Les acteurs ne savent pas mourir » —, descendait elle-même de la grande famille anglaise des Chamberlain. Mais cela ne devait me donner qu’un huitième (12 %) de gènes « anglais ».

Malgré mon teint pâle, mes taches de rousseur (jadis) et mes yeux bleus, il est improbable que 46 % de mes gènes viennent d’elle.

Alain Vadeboncœur avec quelques dents en moins et quelques cheveux en plus

 

D’autres ancêtres, pas encore bien identifiés, ont certainement contribué à ce phénotype. Au fait, le phénotype correspond à l’expression physique des gènes. Parce qu’on peut avoir tel ou tel gène, mais leur expression varie beaucoup d’une personne à l’autre, selon différentes circonstances. Dans mon cas, il est facile de m’associer davantage aux gens du Nord, les Irlandais et les Anglais, mais aussi les Scandinaves, les Finlandais, les Européens de l’Est, voire les Russes.

Mes traits physiques n’ont toutefois pas grand-chose à voir avec le phénotype de mes aînés, ma sœur Rachel et mon frère André, aux yeux et aux cheveux bien noirs — je veux dire dans leur glorieuse époque, même s’ils en possèdent encore beaucoup plus que moi.

De leur côté, on peut penser que les gènes ibériques, italo-grecs, juifs européens et amérindiens se sont davantage exprimés, ou bien que dans le brassage général, qui sait, ils en possèdent peut-être plus. Je vais justement leur proposer d’effectuer aussi un test génétique, afin d’examiner la variabilité d’un enfant à l’autre et de découvrir s’il y a un lien entre les cartes et l’apparence — donc le phénotype.

Il reste que la présence de ces traits ibériques, surtout, et juifs européens ne m’a pas surpris, puisque nous soupçonnions déjà que le nom de mon ancêtre Paul Mirabin (dit « Vadeboncœur », qui n’est qu’un surnom, introuvable en France) avait des origines ibériques, et peut-être juives.

Pour ce qui est des gènes « amérindiens », même s’il est difficile d’en trouver avec précision l’origine dans ma généalogie, la rumeur courait depuis mon enfance que nous avions un lien de parenté avec Louis Riel. J’ai justement découvert notre ancêtre commun, Jean-Baptiste Gaboury, grand-père de Marie-Anne Gaboury, elle-même grand-mère maternelle de Louis « David » Riel, l’homme politique rebelle pendu le 16 novembre 1885 à Regina, un lointain cousin.

Lignée de Louis Riel menant à mon ancêtre Jean-Baptiste Gaboury

 

Découvrir la généalogie

Mon intérêt pour la généalogie est plutôt récent. C’est en découvrant le site Ancestry et en m’y amusant durant quelques semaines — j’ai jusqu’ici remonté à la source d’environ 500 parents — que j’ai été fasciné par ces lignées. Et surtout, par la facilité de remonter aux « origines », relatives du moins — au-delà des années 1600, il est difficile de trouver des pistes.

Sur un tel site, comme il en existe plusieurs — Ancestry serait le plus vaste —, on trouve aussi une banque de 9 milliards de documents originaux numérisés, qui constituent une incroyable mémoire généalogique, dans bien des cas. Ainsi, j’ai pu trouver sans peine le certificat de mariage… de mon arrière-grand-père Ulric Gaboury avec l’organiste Caroline Traher, dont j’ai parlé plus haut.

Certificat de mariage d’Ulric Gaboury et de Caroline Traher, mes arrière-grands-parents.

 

Il semble même que ces marqueurs génétiques peuvent aider à découvrir de nouvelles lignées, les bases de données généalogiques pouvant être croisées avec celles de l’ADN. Je me suis posé des questions sur la confidentialité, même si le site la garantit. Mais au final, j’ai jugé le risque mineur, en regard de l’intérêt de retrouver ses origines et d’écrire un peu de son histoire. Notez qu’il n’y a aucune analyse des risques médicaux.

L’ADN au cœur de la vie

J’ai toujours été fasciné par l’ADN, mais je ne m’attendais pas un jour à ce qu’il m’aide à repérer les traces de mes ancêtres lointains de cette manière, à partir du cheminement géographique complexe des gènes qui me composent, dans les migrations survenues au fil des siècles et des millénaires.

Alors que je donnais l’autre soir une conférence dans un séminaire de philosophie sur un sujet tout à fait joyeux (la mort), j’ai demandé aux participants une définition de la vie. Bon nombre ont surgi, mais la plus étonnante était celle-ci : un assemblage de protéines arrivant à se reproduire elles-mêmes. J’étais soufflé : c’est exactement cela. That’s it, finalement.

La vie est en effet un assemblage de protéines d’une complexité inouïe, assemblées en cellules, puis en tissus, puis en organes, enfin en un corps complet et relativement stable durant des décennies, transportant au cœur de chacune de ses cellules une copie d’un code génétique unique qui fonde justement notre individualité.

Mais surtout, ce code dirige l’ensemble de l’orchestre et a pour objectif suprême… de se reproduire lui-même, en se mélangeant avec un autre code venant de la même espèce. Et jusqu’ici, il y réussit plutôt bien. Tout cela doit évidemment se passer avant le mort de la personne qui le porte.

Nous nous demandions aussi en conférence comment concilier l’idée de l’espoir avec la certitude que nous allions mourir. L’un de ces espoirs, c’est que la collectivité survit (généralement) à la mort individuelle. Mais surtout, au-delà de notre existence limitée dans le temps, nous sommes aussi les passeurs de cet ADN, qui demeure en continuité directe avec celui de nos ancêtres et qui continuera de se propager aussi loin que notre descendance ira.

ADN humain. Source : Open-I

 

Dans le passé, on ne parle pas d’une transmission limitée à l’espèce humaine, une forme bien récente de vie, mais bien à toutes ces espèces — que nous étions ! — depuis les tout premiers débuts de l’évolution, il y a plus de quatre milliards d’années, quelque part dans un océan perdu. Depuis la nuit des temps, ce code génétique, graduellement transformé au fil de l’évolution, s’est transmis sans interruption, pour donner celui qui nous fonde aujourd’hui, sans doute à partir d’un petit nombre d’ancêtres lointains communs.

Il est troublant de constater que mes gènes ont parcouru ces terres devenues l’Angleterre, l’Irlande, l’Espagne, l’Italie et tant d’autres lieux dans ce monde. Si les traces trouvées dans mon ADN sont fragmentaires, elles témoignent de cet immense parcours dans le temps et l’espace, de siècle en siècle, de place en place, d’espèce en espèce et de génération en génération.

Cette continuité historique et ce passage sont d’une ampleur gigantesque, mais au fond comparable, à une échelle bien différente, à mon parcours individuel dans le temps et l’espace de ma vie, d’autant plus que j’ai visité la plupart des régions où sont passés ces gènes. Si j’y retourne, il me semble que je regarderai le sol et les gens d’un autre œil.

Le fil du hasard

L’ampleur de ce parcours génétique me donne le vertige, mais pas autant que le fil du hasard qui me lie à tous ces gènes du passé. D’une inouïe complexité, composé d’événements aussi innombrables qu’imprévisibles, de mes ancêtres lointains jusqu’à mes quatre grands-parents, puis de mes deux parents jusqu’à moi et mes quatre frères et sœurs — puis à mes trois enfants, produits de ma lignée et de celle de ma femme —, cette somme de hasard me paraît impossible à appréhender.

Si on recule ne serait-ce que de quelques centaines d’années, la probabilité que je me trouve ici un jour en train d’écrire ce texte est bien proche de zéro. Et pourtant. C’est comme ça pour chacun d’entre nous. Cela relativise un peu le sentiment d’individualité, non ? Well

Mais ce qui est aussi formidable, c’est que je sois, au terme de cet immense voyage, un Québécois habitant aujourd’hui à Longueuil, parlant français, et que mes vraies racines, auxquelles je m’identifie spontanément, ce sont ces lieux, cette langue, cette ville, cette géographie, cette culture, ces gens, cette famille, ce travail — même si tout cela n’a qu’un rapport infiniment lointain avec ce que je viens de découvrir sur ma génétique. Il ne faut jamais oublier que la culture est un formidable accélérateur de l’évolution du réel.

Malgré tout, il est bien difficile, après avoir constaté la complexité de ces racines génétiques et tout le cheminement historique qu’elles représentent, de ne pas éprouver un vertige qu’on pourrait appeler de « citoyen du monde » — ce que nous sommes aussi tous et toutes. Nous sommes chacun de nous la synthèse et l’expression suprême de ces sources génétiques, géographiques et culturelles, inscrites dans un parcours infiniment plus complexe que tout ce que nous pouvons imaginer. This is juste amazing, indeed. I mean just, mom.


Mes trois enfants, à l’époque où ils n’avaient pas encore de permis de conduire, où l’on voit que les gènes du Nord sont bien représentés aussi.

**

AJOUT

À la suite de discussions aussi intéressantes qu’éclairantes sur Facebook, je pense que la conclusion à propos de mon origine prédominante anglaise est erronée, et je remercie mon collègue Simon Villeneuve d’avoir soulevé la question. En effet, il semble qu’en raison de l’interdiction de ce type de tests génétiques en France, ce territoire soit sous-représenté dans ce genre d’analyse, ce qui expliquerait la prédominance étonnante de mes gènes anglais, ibériques et irlandais. Je continue d’explorer cette question et je vous reviendrai probablement avec un nouveau texte là-dessus, et sur ce qui a conduit à cette erreur (si c’est le cas) de ma part. Comme quoi, quand on en arrive à une conclusion étonnante, mieux vaut vérifier les faits plusieurs fois et envisager toutes les hypothèses pour l’expliquer. Peut-être que mon père pourra ainsi continuer à reposer en paix. Mais bon, j’assume, et je laisserai le texte tel quel.

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Ce qui nous ramène à la phrase célèbre de Hubert Reeves : Nous sommes des poussières d’étoile. Donc, plus qu’un citoyen du monde, une parcelle d’Univers !

Bel article qui exprime ce que je viens de découvrir en complétant récemment mon voyage généalogique et génétique pour trouver ma famille et mes ancêtres. Tout comme vous fervent francophile, je découvre la moitié de mon arbre française et l’autre moité anglaise et irlandaise. Les ancêtres de mon arbre me semblent plus fiables que l’actuel rapport d’ethnicité de la cie. Quelle belle famille!

Merci M. Vadeboncoeur pour ce texte si instructif et savoureux ! J’en sais peu sur ces tests … qu’en bout de ligne, on descend tous d’une Ève scientifique originaire d’Afrique ! Qu’il y a un ADN-Y provenant de notre père) et un ADN-MT (MiTtochondrial, provenant de notre mère). Que l’on doit savoir que les résultats obtenus proviennent d’un échantillon spécifique, pas nécessairement représentatif, i.e. de ceux qui ont choisi d’eux-mêmes de passer ce test avec une entreprise spécifique, ex. ANCESTRY. Que plus les techniques d’analyse d’ADN se raffineront; que plus la base de données des entreprises (comme celle d’Ancestry) augmentera et deviendra représentative de plusieurs pays du monde, plus leurs résultats seront valides. Qu’actuellement, les lois canadiennes ne nous protègent pas, ni nos descendants, contre l’utilisation par un tiers des résultats de tests ADN. Que faire ou faire faire d’abord notre arbre généalogique complet (ça peut nous donner près de 2000 ancêtres) est un bon point de départ: – patrilinéaire (routes nos lignées paternelles et maternelles);- et matrilinéaire (notre lignée de mère en fille). Mais pourquoi ne pas s’amuser un peu en attendant … et faire comme vous avez fait !

Y a t’il utilité, autre que par curiosité scientifique de faire passer un test d’ADN à ses frères et soeurs? En principe, les frères et soeurs n’ont-ils pas obligatoirement tous le même bagage génétique puisqu’il provient des 2 mêmes personnes, même si celui-s’exprime différemment au final? N’est-ce pas grâce aux similitudes certifiées 99% et + qu’on peut reconnaître sa fratrie? Le danger de faire passer un test d’ADN à ses frères et soeurs est qu’un de la fratrie reçoive un résultat tellement différent des autres de la famille qu’il découvre avec stupeur qu’il n’est pas le fils du père qu’il croyait… Drame familial en vue!

Bonjour !

Une hypothèse : une partie de votre patrimoine pourrait être d’origine normande. Les Normands ont conquis l’Angleterre au début du dernier millénaire et il y a parenté génétique entre les deux peuples.

Les Normands étaient aussi des héritiers des Scandinaves.

Une ascendance Normande aurait un profil génétique similaire à une ascendance Britannique.

Que c’est bien dit ! Je viens de me découvrir une autre ascendance scandinave par Guillaume le Conquérant dont je descends. Merci.

J’ai obtenu sensiblement le même résultat. Plus anglais encore parce que c’est ma grand-mère qui était d’origine britannique. Mais ceci dit, Ancestry inclut tout le Nord-Ouest de la France dans la la catégorie Anglais, ce qui a tout de même des assises historiques, et une bonne part du Sud dans la catégorie Espagnol, ce qui me rassure sur mon ancêtre toulousain. Mais j’avouerai qu’à prime abord j’ai moi aussi trouvé le résultat (rien de Français…) shocking.

J’ai aussi fait le test mais avec 23andMe qui a une banque génétique beaucoup plus grande qu’Ancestry mais les résultats se ressemblent un peu: pour moi aussi la majorité est anglo-irlandaise (35%) mais j’ai près de 20% d’ancêtres français – allemands. Comme j’étais aussi en train de faire mon arbre généalogique je n’avais pas encore trouvé d’ancêtre anglais ni irlandais, j’ai voulu en savoir plus et j’ai découvert qu’en fait mes origines remontent aussi au Doggerland, terre émergée entre ce que sont aujourd’hui les îles britanniques, la France, l’Allemagne et le Danemark – ces peuples furent déplacés par l’inondation du Doggerland il y a environ 8 000 ans lors de la fonte de la calotte glaciaire arctique et, semble-t-il d’un accident survenu en Amérique du Nord lorsqu’un énorme lac qui était enclavé derrière un glacier s’est soudainement déversé dans la mer lors de la fonte dudit glacier (le National Geographic a quelques articles très intéressants sur ce territoire).

Qui plus est j’ai aussi finalement découvert une ancêtre « anglaise », Elizabeth Price, qui fut enlevée à Deerfield, Massachusetts en 1704 lors d’un raid des forces françaises et amérindiennes sur ce village et au cours duquel une centaine de ses habitants furent kidnappés et amenés à Montréal. Elizabeth se convertit au catholicisme et devint Élisabeth et épousa un Montréalais en 1709. Enfin, aussi grâce au test génétique, j’ai découvert par l’ascendance mithocondriaque (par les mères) qu’une de mes ancêtres est Catherine Pillat (Pillard) qui immigra de France et qui fut le sujet d’une controverse à savoir si c’était bien elle ou plutôt une femme amérindienne qui portait un nom semblable: or, l’ADN de ses descendants confirme qu’il s’agit bien de la Française mais celle-ci était aussi issue, par les mères, d’une femme tatare qui faisait partie probablement des raids que faisaient ce peuple il y a environ 5 000 ans en Europe… Ce gène est propre à cette population d’Asie centrale et à aucune autre.

Ces tests ainsi que les recherches généalogiques sont très intéressants et méritent certainement qu’on s’y prête car on se rend compte, comme l’ont dit d’autres, que nous sommes réellement des poussières d’étoiles et que le racisme est une espèce de chimère qui n’a aucun fondement réel si ce n’est que dans l’esprit déviant de ceux qui le professent.

Très intéressant, je vais lire là-dessus. J’ai vu ceci dernièrement : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1026386/brexit-geographique-separation-physique-royaume-uni-europe-continentale
Pour votre ancêtre Catherine Pillard, voici le résultat ADN-MT sur un site gratuit :
TRI0006 PILLARD Catherine (Fille du Roi) [*]
Haplogroup(e) ADN-mt: A10
Mutations rCRS: A73G A235G A263G 315.1C 522- 523- C544T C16223T A16227C C16290T T16311C G16319A T16519C
http://miroise.org/catalogue/tri0006/

Merci d’avoir expliqué l’absence de la France dans mon ADN. Il me semble qu’il incomberait à Ancestry d’indiquer ceci clairement à leurs clients francophones du Québec. Selon eux, moi aussi je viens de Grande-Bretagne, Irlande, Italie/Grèce, Espagne et Portugal en grande partie. Rien de plus exotique, même pas mon ancêtre amérindienne dont l’existence est bien connue dans la famille.

Il serait intéressant de tester l’ADN de votre frère et de votre soeur pour tenter de vous assurer du sérieux de cette compagnie.

Ou de faire le même test, mais avec une autre entreprise. On en a cité une dans les commentaires de l’article.

Intéressante cette étude généalogique à partir des gènes, qui amène des éléments qu’une simple étude des documents anciens ne pourrait préciser. Par contre, le fait que le territoire français – duquel un grand nombre de Québécois tirent leurs origines – n’ait pas été répertorié génétiquement parlant enlève une certaine crédibilité à ce test. Vous le soulignez justement.

Par ailleurs, j’aimerais souligner une erreur dans le paragraphe où vous évoquez vos origines. J’ai dû relire deux fois avant de comprendre ce qui clochait et qui créait une confusion. En fait, il aurait fallu lire au masculin plutôt qu’au féminin le bout de phrase qui suit le nom d’Antoine Gaboury: «né en France… et arrivé sur la Côte de Beaupré…»

En effet, ces tests ADN ont idéalement pour but de nous indiquer nos racines les plus lointaines, idéalement jusqu’en Asie, Afrique, etc. Idéalement confirmés par notre arbre généalogique complet ainsi que par des test ADN. Et idéalement par plus qu’une entreprise ou organisation pour fins de comparaison. Par exemple, les résultats que j’ai obtenus ci-dessous auraient avantage à être confirmés par une ou plusieurs autres sources sur mon ADN. Car sur la base de la connaissance de mon arbre généalogique, je vois sur ce site gratuit que:
– mon ancêtre patrilinéaire paternel aurait ceci : « Haplogroup(e): ADN-Y J-M172>CTS1192 » http://miroise.org/catalogue/tri0029/ E
Début d’une explication sur un autre site : « les études d’ADN ancien qui ont montré que les populations Néolithiques d’Anatolie et d’Iran (zones montagneuses) sont dominées par les haplogroupes G2a et J » http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?category/ADN-du-chromosme-Y – Wow ! C’est un bon début.

Je dirais que connaître notre généalogie la plus complète possible est tout aussi amusant que l’ADN car elle peut nous apporter des surprises! On descend tous d’un roi et d’un pendu comme dirait l’autre.

Voici plusieurs exemples. J’ai ainsi découvert les lieux ont ont vécu mes ancêtres, en ai visité au Québec, Nouvelle-Angleterre, France et Espagne et que, surprise ! je descends de Charlemagne et son épouse allemande Hildegard de Vinzgau – par la fesse gauche ! – par Josette de St-Paul-Forcier, arrière-arrière-petite-fille illégitime de Jeanne Le Marchand. http://www.shrt.qc.ca > t/PDF/20070317.pdf > table 90; francogene.com et http://habitant.org/leneuf/LeMarchand_Charlemagne.htm
– Selon le CD payant Francogene 2016, cette Josette, ma petite bâtarde, aurait cet « ADNmt prédit (lignée par les femmes) : Haplogroupe : W3a2
Signature : T119C C146T C152T A189G T204C G207A A247G 522.1A 522.2C 309.1C A16129G T16187C C16189T T16209C G16230A G16255A T16278C C16292T C16311T. » Explication : http://miroise.org/GparADN/classementadnmt/

Et autre surprise, Charlemagne descend d’Henri Ier d’Angleterre, fils de Guillaume le Conquérant de Normandie & Mathilde de Flandre. Réf. http://habitant.org/leneuf/LeMarchand_Charlemagne.htm et Émission Qui êtes-vous avec Guy A. Lepage, saison 1, épisode 5.

Et, par mon couple d’ancêtres John Maclure/Janet Finn, américains capturés à Canso par les Français du Cap Breton, j’ai des gouttes de sang américain, écossais des Highlands, irlandais, allemand et néerlandais. Que par Pierre Salvaye, j’ai du sang italien du Piémont; que par André Robidou, j’ai du sang espagnol de la Galice. Que j’ai des racines acadiennes par Genevière Leblanc, famille acadienne expulsée et ré-établie à Yamachiche. Que mon ancêtre originaire de Plouha en Bretagne où je suis allée a été capturé par les Anglais à la Malbaie et n’est jamais revenu. Que j’ai beaucoup de sang français, mais aussi une goutte de sang anglais, belge et amérindien. Que que mes petits ont du sang portugais des Açores que ses parents ont visités.

Et beaucoup d’autres trouvailles passées et à venir, l’ADN confirmant les lignées généalogiques connues ou les suppléant dans les cas d’adoption.

Un aspect que je n’ai pas réussi à résoudre concernant mes ancêtres (bien au-delà du Français Pierre Perras, marié à Jeanne Lasnier-Launière) est le nombre de ces ancêtres. On sait que chaque personne a deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, ainsi de suite. La formule deux à la puissance x donne le nombre d’ancêtres. Or en faisant le calcul pour plusieurs générations, on obtient un nombre qui dépasse la population mondiale. En effet, 2 à la puissance 28 égale 268 millions, 2 à la puissance 29, le double soit 536 millions d’ancêtres. En prenant comme hypothèse une génération tous les 25 ans soit quatre par siècle, au début des années 1300 (2 à la puissance 28 ou sept siècles), j’avais 248 435 456 ancêtres (comme les personnes de ma génération). Ce qui est bien car la population mondiale était estimée à 392 millions (https://ourworldindata.org/world-population-growth/). Mais où trouver les 536 millions d’ancêtres de la génération précédente?
Quelqu’un peut-il éclairer ma lanterne?

Vous trouverez sûrement une réponse à vos calculs et questionnements sur internet. Selon moi, la population d’auj. est la population nette et non brute. Nous descendons tous, dit-on, d’Ève, notre mère scientifique d’Afrique, qui a transmis ses mitochondries à toutes ses filles. Si c’est le cas, toute la population actuelle descend d’elle et est donc originaire d’Afrique, tous frères et soeurs ! Par ailleurs, Guillaume le Conquérant et par conséquent ses propres ancêtres à lui, ont énormément de descendants et sont probablement nos ancêtres, dit-on. Là aussi, la réponse devrait se trouver sur internet.

Si nous remontons 7 générations nous avons tous 128 ancêtres: 2 parents, 4 gr-parents, 8ar gr parents, 16 ar ar gr-parents, 32, 64, 128….
Nous avons donc des gênes de plusieurs pays , surtout pour nous qui sommes nés en Amérique.

« …on estime à 90 % la contribution du peuple fondateur [avant 1759] au patrimoine génétique canadien-français actuel. » [nb fondateurs très majoritairement originaires de France]
http://nouvelles.umontreal.ca/article/2013/10/07/evolution-genomique-inattendue-en-400-ans-dhistoire-canadienne-francaise/
******
Ce qui suit peut aider à mieux comprendre les tests et résultats d’ADN des « Canadiens-français », un sujet de plus en plus populaire au Québec :
– Explication de la « généalogie génétique ou par ADN » (un projet québécois)
http://ggdna.blogspot.ca/ (et http://miroise.org/ dont j’ai parlé plus haut et dont la base de données gratuite comprend plusieurs fondateurs-trices d’ici)
– EUPEDIA – GENETICS
(site européen bilingue, sérieux, très complet, qui explique tous les haplogroupes Y et MT, leur origine et leur migration depuis les débuts)
http://www.eupedia.com/europe/origines_haplogroupes_europe.shtml

Polygénisme, raciologie, craniométrie: ces saloperies ont répandu le délire de la race tout au long du 19e siècle et elles étaient prises dur comme fer pour des sciences. Ainsi les anthropologues physiques furent les organisateurs, vers 1870, des zoos humains, qui ont tant contribué à répandre le racisme scientifique dans la population. Il semble que ces calembredaines soient de retour sous une autre forme.

Ce n’est pas exactement que les races n’existent pas, même si c’est presque ça. C’est bien pire que si elles n’existaient pas: c’est qu’elles nous ramènent à avant l’Homme, avant notre échappée hors de la nature, avant que nous marchions debout, «quand nous n’étions qu’un anthropoïde, un morceau de nature parmi d’autres» (comme disait le chef de maquis Vercors dans son vigoureux ‘Discours aux Allemands’ de 1949). La classification de l’humanité par races – donc sur la base de quelque chose de physique, d’héréditaire, de génétique – classe l’homme par tout ce qui n’est pas spécifique à l’Homme mais commun à l’ensemble des mammifères. D’où par exemple l’obsession nazie d’identifier les juifs par des traits physiques, ce qui est bien sûr délirant car on peut avoir n’importe quelle tronche et être juif.

Le racisme, bien avant d’en arriver au délire supplémentaire des « races » supérieures et inférieures, c’est d’abord le déterminisme biologique, c’est-à-dire la croyance que les peuples, les nationalités, les civilisations correspondraient à un saucissonnage PHYSIQUE de l’humanité, sur le pattern des sous-espèces du règne animal. Or la culture et l’histoire sont par définition immatérielles et ne sauraient donc être déterminée biologiquement: les peuples, les nationalités, les civilisations sont quelque chose que chaque individu DEVIENT de son vivant, non quelque chose qu’il serait déjà à la naissance. En sorte que les peuples ne sont séparés les uns des autres que par leur ignorance mutuelle, qui est franchissable, et non par de prétendus « liens du sang » qui, s’ils existaient, seraient infranchissables. Et c’est pourquoi vous n’êtes pas anglais le moins du monde, cher monsieur Vadeboncoeur, à moins bien sûr d’avoir vécu ou grandi dans une société anglophone.

L’impact de la pensée raciale sur l’esprit humain a été décrit en 1938 par le penseur Benedetto Croce:

«La division en races de l’humanité, sitôt qu’elle cesse d’être une simple classification et devient une réalité, est une cause de troubles pour cette humanité et, si elle en avait le pouvoir, elle la détruirait, en raison de la scission inguérissable qu’elle produit entre les peuples, qu’elle rend étrangers les uns aux autres.»

Ou comme disait le général Amadou Toumani Touré au lendemain des massacres rwandais : « L’ethnicisme est un faux débat. »

Ou encore, allons-y a contrario. Selon la biologiste Biljana Plavsic, idéologue grand-serbe et complice de génocide en ex-Yougoslavie, les Bosniaques musulmans auraient soi-disant « attaqué la substance biologique du peuple serbe ». Voilà la clé du génocide lui-même. En fait, serbe et substance biologique, peuple et substance biologique sont des contraires.

L’évolution des « peuples, nationalités et civilisations » s’inscrit dans la durée selon ma croyance. Ex. « On ne naît pas femme, on le devient. » S. de Beauvoir. Ma vision personnelle est que je suis la somme de tous mes ancêtres jusqu’à l’Ève et l’Adam scientifiques originaires d’Afrique qui sont eux-mêmes un des résultats de l’évolution – aléatoire? – de la vie sur terre. Que nous sommes tous et toutes les enfants de la vie qui avons migré sur terre pour arriver là où chacun et chacune se trouve aujourd’hui, de l’assemblage chimique ou spirituel le plus simple au plus complexe. C’est me rappeler mon voyage depuis les débuts du monde jusqu’à aujourd’hui, en engrangeant révélations, certitudes, doutes ou réfutations.

L’ajout est important car tout au long de ma lecture de votre texte je me demandais quel était la fiabilité de ce test génétique. J’avais des doutes et votre ajout confirme mes doutes.

J’ai envoye votre article a quelqu’un que je connais chez Ancestry. L’erreur de votre ami est de penser qu’Ancestry determinait votre groupe ethnique comme un sondage: plus il y a de gens de France, par exemple, plus exact sera la reponse. Mais ce n’est pas le cas: puisqu’il y a peu de « kit » vendus en France, cela veut dire que vous ne retrouverez pas ou peu de cousins vivants. La comparaison de votre adn est faite contre des exemples qu’ils ont verifies l’ascendance, qu’on divise en 26 groupes.

« Peu importe ce que des scientifiques chevronnés peuvent avancer : la race est, politiquement parlant, non pas le début de l’humanité mais sa fin, non pas l’origine des peuples mais leur déchéance, non pas la naissance naturelle de l’Homme mais sa mort contre nature. » – Hannah Arendt

Ces histoires d’ascendance (et autres ‘ancestry, bloodlines, lineage, « ethnic stock ») sont de la bouillie pour les chats. Les fameux « groupes ethniques » (les peuples, quoi) ne sont aucunement quelque chose d’héréditaire. Il y a une seule origine de tout le genre humain. « Ethnos », dans l’original grec, ne signifie aucunement hérédité. La chose a d’ailleurs déjà été dite dans L’Actualité, même si ça commence à faire longtemps (mars 1997 !), dans le cadre d’une entrevue avec le journaliste Ray Conlogue dont voici un court extrait.

« L’ethnie n’a rien à voir avec la race. Ce sont les médias canadiens-anglais qui utilisent les mots « racial » et « ethnique » comme s’ils étaient interchangeables. La racine grecque du mot ethnie est ‘ethnos’, qui veut dire nation. Au temps des Grecs, le mot identifiait des gens qui partageaient une même culture, pas un même sang. »

À cela il faut ajouter qu’ethnie est – comme ‘souche’ et ‘héritage’ – une notion foncièrement défectueuse, puisque son sens oscille entre deux sens contraires (culture ou nature) au gré locuteurs. Ce qu’a bien compris le sociologue français et sénégalais Jean-Martin Coly :

« »Ethnie » va osciller dès son origine entre le registre de la nature, du fait de ses fondements biologiques en référence aux types raciaux, et celui de la culture, en raison de sa volonté d’appréhender les différences d’ordre linguistique. »

Alors, par exemple, il y a « ethnie » au sens de Ray Conlogue (culturel) et « ethnie » au sens des ânes d’Ancestry (naturel-biologique). Les deux sens sont antonymes. Quand un terme désigne à la fois une chose et son contraire, lâche le terme.

Et comme j’aime bien citer des antifascistes historiques italiens, laissons la parole au libéral Benedetto Croce, qui combattait dès ses œuvres de jeunesse (fin 19e siècle) « la tendance des sciences de la nature à inclure l’histoire dans leurs schémas », ce qui déjà faisait de lui un très précoce antiraciste.

«La nationalité est un concept spirituel et historique, en devenir donc, et non pas un concept naturaliste et immobile comme celui de race. »

M. Vadeboncoeur, vous avez parlé de rousseur. Ceci vous intéressera peut-être … La revue d’histoire Cap-aux-Diamants est à la recherche je de personnes rousses pour une étude. Voir sur leur page Facebook.
Un billet sur les personnes rousses de Michel Beaudry dans le J MTL.
http://www.journaldemontreal.com/opinions/michel-beaudry

M. Vadeboncoeur, vous avez parlé de rousseur qui concernerait 2% de la population mondiale selon M. Beaudry ci-dessus. Et vous avez parlé de yeux bleus. Il semblerait que 8% de la population mondiale a les yeux bleus. Que tous avaient les yeux foncés jusqu’à une mutation génétique intervenue il y a entre 6000-10 000 ans dans la région de la mer Noire.

Bref, ce fameux racisme dont on nous parle tant (mais avec quelle compétence par contre, là c’est vraiment une autre histoire) consiste précisément à prendre les peuples pour des races, à prendre la culture pour la nature, à prendre l’histoire pour la biologie, bref à prendre pour héréditaire ce qui ne l’est pas : des lanternes pour des vessies, en somme.

Il n’y a rien de génétique dans le fait d’être anglais. C’est par abus de langage qu’on appelle « anglais » quelque chose qui devrait s’appeler, mettons, AX109w – ou quelque autre code alphanumérique comme pour les groupes sanguins.

Ces répugnantes sornettes naturalistes, ressurgies inopinément des boulamites du XIXe siècle, sont la négation du genre humain, comme je croyais – à tort – qu’on l’avait définitivement compris en 1945. Pour utiliser l’excellent vocabulaire de l’antifasciste libéral Giuseppe Antonio Borgese dans son ‘Goliath’, j’entre en guerre contre « les superstitions biologiques ».

« …un code génétique unique qui fonde justement notre individualité. »

Vous savez ce qu’il y a d’amusant avec l’ADN ? C’est que cette substance peut être prélevée indifféremment sur mon cadavre ou sur moi vivant. Alors pour mon individualité, on repassera !

La civilisation – toute civilisation, peu importe laquelle, n’importe laquelle – est le processus par lequel l’Homme échappe à la nature. Le naturalisme, c’est le contraire.