Inondations, tornades, incendies, volcans, sécheresse… la faute à qui?

Les catastrophes naturelles font la une des journaux ces jours-ci: inondations au Québec, tornades dans le Midwest, incendies en Alberta, éruption volcanique en Islande, sécheresse en France… Partout, la même question: à qui la faute?

On aimerait bien trouver un coupable sur lequel se défouler. Le climat? Le gouvernement ou les municipalités ? Les gens qui habitent là où il ne faut pas? Dieu? La fin du monde ?

Et si c’était les innombrables contradictions entre ce que l’on sait de ces événements, la manière dont on s’y prépare et le risque que l’on est prêt à supporter ?

Bienvenue au paradis des raisonnements biaisés.

D’abord, il faut être conscient que les catastrophes naturelles feront toujours des dégâts, sans cesse plus coûteux en pertes humaines et économiques au fur et à mesure que la population du globe augmente et qu’elle s’enrichit.

On a beau savoir de mieux en mieux s’en protéger, on n’atteindra jamais le risque zéro.

Coincées entre l’air chaud du golfe du Mexique et l’air froid qui descend des Montagnes Rocheuses, les plaines du Midwest ont toujours été propices aux tornades. Celles-ci se produisent dans bien d’autres régions du monde où elles passent inaperçues. Mais sans victimes ni médias, qui entendrait parler de ces phénomènes météo violents? 

L’intensité d’une tornade se mesure d’ailleurs surtout en fonction des dégâts qu’elle fait – c’est l’échelle de Fujita améliorée – plutôt qu’à partir de ses caractéristiques météorologiques.

La ville de Joplin, au Missouri, était-elle bien préparée à affronter ce risque ?

On peut en douter quand on voit l’état de son hôpital, gravement touché. Les hôpitaux devraient toujours être les bâtiments les plus indestructibles d’une ville (justement parce qu’ils sont vitaux lors de catastrophes).

Semble-t-il que le grand nombre de maisons mobiles pourrait aussi expliquer l’ampleur des dégâts. Il est peut-être temps de réglementer ces habitations dans cette région!

D’un autre côté, il se peut que cette tornade ait été d’une intensité si exceptionnelle pour cette ville qu’elle ne justifiait pas qu’on s’y prépare.

On oublie souvent qu’il y a une limite raisonnable au risque que l’on peut considérer, et qu’on ne peut pas systématiquement blâmer les autorités quand cette limite a été dépassée. Après tout, sortez-vous toujours dehors coiffé d’une protection anti chute de météorite?

Il faut admettre que rien ne nous protègera jamais contre l’exceptionnel, mais se préparer au mieux à ce qui est probable. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

Prenez les inondations au Québec.

À notre époque, acheter une maison au bord de l’eau – et parfois y installer un cinéma maison dans le sous-sol! – devrait impliquer de penser sérieusement au risque que ces décisions représentent.

Si les assureurs ne couvrent pas les inondations au Canada, c’est qu’ils ont fait leurs calculs. Et ce n’est pas à l’État d’assumer toutes les conséquences de mauvaises décisions !

Un minimum de responsabilisation des villes et des individus est nécessaire pour décourager les choix trop risqués, comme celui de bâtir sa maison ou d’octroyer des permis de construction en zone inondables.

Pour les riverains, il reste donc trois solutions en l’absence d’assurance: déménager pour une endroit moins risqué, s’auto-assurer en gardant un coussin financier «au cas où», ou accepter le risque de perdre, comme au casino.

On oublie aussi souvent de comparer le risque que représentent les catastrophes naturelles à bien d’autres causes de mortalité, voire aux bénéfices qu’elles peuvent apporter.

Ainsi, du temps où l’aviation n’existait pas, l’Europe avait tout à gagner des cendres des volcans islandais qui fertilisaient ses sols. Subir quelques retards aériens, si pénibles soient-ils, est un tout petit prix à payer en comparaison des services rendus à l’agriculture européenne par les volcans islandais!

Et que dire de la richesse que procurent aux Américains l’exploitation agricole des plaines du Midwest, si propices aux tornades soient-elles.

Autre paradoxe: alors qu’on a maintenant peur de tout, on ne réussit pas à s’entendre collectivement sur un des grands dangers qui nous guette en matière de catastrophes naturelles : les changements climatiques.

Même s’il sera toujours impossible d’attribuer directement un événement météorologique extrême aux perturbations du climat, il est clairement établi que celles-ci augmentent le risque de catastrophe.

Le consortium Ouranos conseille d’ailleurs plusieurs démarches (pdf) aux villes pour mieux gérer le risque accru d’inondations qu’entrainent les changements climatiques au Québec.

Ce n’est certainement pas la dernière fois que la rivière Richelieu déborde de son lit!

On peut toujours se consoler en se disant que chaque catastrophe de grande ampleur fait avancer la prise de conscience, même s’il est prouvé qu’on n’apprend malheureusement guère de ces événements

Laisser un commentaire

»Ce n’est certainement pas la dernière fois que la rivière Richelieu déborde de son lit! »

Effectivement, et à cause des changements climatique la situation ne peut que se reproduire de plus en plus fréquemment.

Comment se fait il que les municipalités concernées émettent toujours des permis de construction dans les zones à risques ? Pourquoi le gouvernement du Québec n’est-il pas capable de comprendre qu’il faut revoir ce qu’est une zone à risque et surtout s’adapter aux nouvelles réalités du changement climatique ?

Je présume que ce serait trop »simpliste » comme solution pour les grands experts du gouvernement qui nous gouvernent. En ce sens, je dirais que c’est la faute au gars qui a les deux mains sur le volant, sans doute trop occupé à préparé le patronage qui aura lieu dans le Nord.

Jean GODBOUT
victime d’un crime d’État

La première fois que j’ai fait du vélo sur la route 133, le long de la rivière du Richelieu, j’étais sidéré : c’est truffé de barrages, de digues. Ces installations sont mortelles pour la vie aquatique, car elles perturbent le fonctionnement normal des cours d’eau. Les médias refusent possiblement de dire que quelques unes de ces digues ont cédé sous la force de l’eau. Oui ! La force de l’eau, une autre force de la nature, tant fascinante qu’effrayante.

Et je n’en reviens tout simplement pas que l’on ait construit autant de maisons, d’autoroutes, de centres commerciaux, d’édifices à bureaux, etc. à proximité des rivières qui débordent chaque printemps.

En construisant une maison près d’une rivière sur une plaine, on risque d’être inondé. Dans ou près d’une forêt, il y a risque de passer au feu. Et imaginez ce que c’est, construire une centrale nucléaire dans une région géologiquement très active (comme le Japon).

Conclusion : qui est le plus fort ?
La N-A-T-U-R-E !

Oui, il faut arrêter de se fier au gouvernement et commencer à utiliser son propre jugement. Si je m’installe au bord de l’eau, la rivière peut déborder, C’EST NATUREL ! Maintenant, que l’on amplifie ces phénomènes par notre pollution est peut-être moins perceptible que la simple équation eau + pluie forte = débordement.

De plus, on augmente les risques quand on comble nos marécages, qui absorbent une partie de la hausse des eaux, pour en bétonner les rivages (voir St-Jean-sur-Richelieu).

Il y a un bon épisode de la regrettée émission Pure Laine où on voit que les Québecois se sont fiés longtemps à la Providence et maintenant on se fie aveuglément aux pouvoirs politiques.

Il y a un responsable pour les changements climatiques: La procrastination du Gouvernement Fédéral, ainsi que les électeurs qui ne jurent que par l’Economie. On aura la planète qu’on mérite.

Dans certains cas, avant de demander à sa ville un permis de construction, ne devrait-on pas faire ses devoirs pour ensuite accepter le risque que nos décisions comportent. Pourquoi tous les citoyens auraient-ils à payer (l’argent dépensé pour compenser une partie des pertes ne vient tout de même pas totalement de la poche de nos politiciens!) pour le manque de jugement ou le risque que certains citoyens sont prêts ou devraient être prêts à assumer? D’autres acceptent de se construire près d’une autoroute ou d’un chemin de fer et s’empressent ensuite d’exiger la construction d’un mur anti-bruit aux frais des contribuables. Ne faut-il pas assumer les choix que l’on fait, les risques que l’on est prêt à prendre? On a beaucoup parlé ces temps-ci des décisions et gestes discutables posés par certains élus municipaux. C’est peut-être une autre occasion de demander aux gens d’aller voter le temps venu.

Nous devrions mettre un bouchon à tous les puits de pétrole dans le monde, penser a rénover avec cette technologie qui nous a tant couté, et travaillé à trouver des alternatives à ce maudit pétrole qui est la cause de la perte de l’humanité…. Le fruit défendu n’était de croquer dans une pomme mais bien de croquer dans notre planête que l’homme dévore sans plus en finir!!!quelle triste fin(faim)

Les plus populaires